Le maquis du Haut-du-Bois ou maquis d'Éloyes, dont l'élément primitif est né du refus du Service du travail obligatoire (S.T.O.), s'est constitué en unité de combat au sein des Forces françaises de l'intérieur des Maquis des Vosges. À ce titre, il a payé un lourd tribut en vue de la libération du secteur de la région d'Éloyes. La distribution régulière de tracts et journaux appelant à la résistance confortaient les actions armées des maquisards.
La création du maquis d'Éloyes Le , après une mission, deux membres des FFI, Maurice Hocquaux et un adjudant, sont arrêtés par des policiers français. Grâce à de nombreux appuis, leur libération est obtenue.
Le groupe se structure et atteint la trentaine, par adjonction de résistants des villages voisins. Le maquis d'Éloyes se crée au Haut-du-Bois, sur le territoire de la commune de Xamontarupt, au sein du des Vosges. Son premier chef est le lieutenant Romman, un ancien gendarme. Le terrain de parachutage de l'Aclimont est homologué par Londres sous le nom de code de RoiteletXamontarupt (Vosges) combat du 9 septembre 1944.
Un camp de toile constitué de tentes et de parachutes permet le logement des hommes. Le ravitaillement provient de prélèvements chez les collaborateurs, ou présumés comme tels. Un boulanger d'Éloyes fournit le pain, tandis que le moulin Hocquaux approvisionne en pâtes, ce qui permet des réserves en nourriture suffisantes dans l'ensemble.
Des sentinelles assurent la défense rapprochée, cependant la protection à distance est jugée insuffisante. Le nombre important d'allées et venues, y compris avec les véhicules, nuisent à la discrétion du dispositif, et la discipline générale manque de rigueur.
Les missions se poursuivent. Un premier accrochage a lieu à la Croix Bouquot, non loin du maquis entre une patrouille F.F.I. et un petit détachement allemand dont les membres sont en repos à Éloyes. Le responsable donne l'ordre de décrocher car l'armement est encore trop peu important.
Parachutages d'armes aux maquisards Le premier parachutage a lieu à Arches le Les opérations de sabotages, les actions de résistance, les parachutages.... Le code est « le chêne » et le message personnel est « Le coq mange des noisettes » ; il s'agit d'armement pour Épinal. Le , les maquisards du Haut-du-Bois reçoivent pour leur part le premier parachutage constitué de containers renfermant des grenades, des fusils mitrailleurs, des pistolets mitrailleurs ainsi que des fusils avec les munitions correspondantes. Le message personnel de cet envoi est « Le Soleil a rendez-vous avec la Lune ». Trois feux en triangle et un feu par à-coup, côté droit, constituent le signal de déclenchement du parachutage.
Le , des membres du maquis (une trentaine), conduits par l'adjudant Munch, tendent une embuscade peu avant la cascade de Tendon. Leur but est de délivrer des prisonniers en cours de transfert vers l'Allemagne. Après quelques coups de feu, les F.F.I. sont contraints de décrocher en raison de la supériorité numérique des Allemands.
Il n'y avait des livraisons d'armement qu'à l'endroit où des Jedburgh étaient parachutés. Ces derniers Jeds sont des groupes de trois hommes : un officier de liaison britannique, un officier français et un sous-officier anglais chargé des liaisons radio. Parachutés à partir de la mi-, ils ont pour mission d'appuyer, voire de coordonner et d'animer l'action F.F.I. C'est ainsi qu'une mission franco-britannique composée du major britannique Oliver Brown, du capitaine français René Karrière et du sergent-radio anglais Schmich, est parachutée près de Rambervillers. Hubert Hocquaux part les chercher à pied et les guide à travers bois, afin de les installer clandestinement au moulin de son cousin Marcel Hocquaux, le au soir.
Depuis le P.C. installé clandestinement au moulin de Marcel Hocquaux, le au soir, le capitaine René Karrière, représentant français de la mission franco-britannique, prend immédiatement contact avec les libérateurs. Il poursuit ainsi ses activités de coordination des actions F.F.I. et de liaison avec les Américains. Le major Oliver Brown, chef de la mission, en fait autant, à partir de la ferme où il se dissimule depuis quelques jours. Le troisième membre de l'équipe, le sergent-radio anglais Schmit, est déjà avec les Américains, chez Gustave Mathieu au Chaud Côté. Dans les moments de l'attaque du maquis du Haut-du-Bois, il avait rejoint ce lieu afin de poursuivre, avec plus de sécurité, ses missions de contact-radio avec Londres. Alors qu'il était dissimulé dans le grenier de la maison, des Allemands ignorant sa présence sont entrés dans la ferme afin d'y déposer leur matériel. Au mépris du danger, la famille Mathieu se charge de le faire fuir en discrétion dans la forêt, tout en continuant à pourvoir à son alimentation.
Les résistants agissant depuis leurs différents repaires : le moulin Hocquaux, chez Idoux (café du Cinéma) et chez Pierrat (le ferblantier), se mettent immédiatement à la disposition des libérateurs afin de leur servir de guides.
Dans la nuit du 8 au , un deuxième parachutage, avec les mêmes codes et messages personnels que lors du premier, apporte 150 grenades, 11 pistolets mitrailleurs STEN, 9 fusils, 250 pansements individuels et quelques effets d'habillement. Mais cela ne suffit pas pour armer tous les F.F.I. En effet, de plus en plus de réfractaires au Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) arrivent, provenant d'Éloyes et des communes voisines. Certains sont en unités constituées et armées, tels que le groupe de Golbey et la trentaine du Val-d'Ajol. Les effectifs atteignent plus de . Le nouveau chef du maquis, Henri Perrin d'Épinal dit Achille décide de renvoyer chez eux un certain nombre d'entre eux, non détenteurs d'armement.
Attaque du maquis Les maquisards savent que l'attaque du camp est imminente, car des renseignements leur parviennent sur les mouvements de troupes allemandes en cours. Pourtant, le samedi au matin, le chef du maquis, Achille, quitte le camp pour aller prendre contact à Éloyes avec le major Brown, chef de la mission franco-britannique. À son arrivée dans le village, il est arrêté par une patrouille allemande, interrogé et détenu dans le bâtiment de l'ancienne poste, près de l'hospice. Il est libéré le soir même. Le lieutenant Romann, chef de la première Centaine, est également absent du maquis puisqu'il a quitté le camp auparavant avec un groupe manifestement surarmé.
Des résistants, « une centaine environ », qui viennent de recevoir un deuxième parachutage d'armes légères, sont présents dans le maquis. En l'absence de son chef, le lieutenant Girod en a pris le commandement. Afin d'assurer une défense efficace, il fait placer un fusil-mitrailleur dans la direction nord du camp, un autre en haut du ravin du ruisseau du Ruxelier, permettant en même temps de contrôler le chemin menant vers Cheniménil et Jarménil. Un troisième est embusqué à la source du Ruxelier.
De semblables dispositions sont prises en direction d'Éloyes par le lieutenant Scheider, et vers l'est par le lieutenant Gaillot. Pendant ce temps, le sous-lieutenant Villemin et l'adjudant Pierson assurent l'évacuation en bon ordre vers Purifaing du reste des maquisards non armés. Vers , Alexandre née Hocquaux, de Jarménil, se rend au maquis pour prévenir que les ennemis arrivent. En effet, un bataillon allemand encadré par des S.S. se déploie depuis l'aube à Éloyes, Cheniménil et Jarménil. Avec des camions et deux chenillettes de transport de troupe, il investit le plateau du Haut-du-Bois à partir des deux derniers villages cités.
L'attaque débute à la mi-journée dans le ravin du Ruxelier que les Allemands abordent en rampant sur chaque flanc. Le combat est violent, mais il se révèle rapidement inégal. Pourtant, une chenillette d'accompagnement ennemie est détruite. Le lieutenant Girod se porte en avant de la défense. Il est blessé par une balle à l'omoplate, deux balles dans le mollet et un éclat de grenade à la cuisse droite. Ses camarades l'évacuent. Il sera soigné ultérieurement à l'hôpital de Remiremont.
Devant la pression allemande de plus en plus forte et les pertes subies, tués et blessés, les maquisards sont obligés de décrocher, non sans avoir incendié le dépôt de munitions. L'ordre de repli donné par l'adjudant Munch sauve la vie de beaucoup de F.F.I., lesquels parviennent à s'échapper, avec une vingtaine de blessés, vers le massif du Fossard, en s'infiltrant au travers du verrou allemand, installé sur le chemin menant au moulin Hocquaux à la Bisoire.gauche|vignette|Jean Schneider et Léon Lohner vignette|Raymond Legrand Ils laissent sur place , à savoir : Marcel Bolmont, Émile Deschaseaux (Le Val-D'ajol), Paul Dufour (Éloyes), André Lacuve (Archettes), Raymond Legrand (Archettes), César Remy, Alphonse Rost, Marcel Valentin (Archettes), Christian Lohner (Remiremont) et Jean Schneider (Arches). Dans les mêmes moments, le père de Paul Dufour, Louis Dufour, est fusillé à Jarménil. Sont également fusillés à Cheniménil Jean David (), Albert Delaitre () et Joseph Ulrich ().
Dans l'après-midi, des avions alliés, prévenus par le radio anglais du groupe de liaison franco-britannique, arrivent de la base de Saint-Dizier. En deux passages au ras des arbres dans le sens Éloyes-Jarménil, ils mitraillent les troupes allemandes, lesquelles subissent de lourdes pertes, qui s'élèvent, « paraît-il », à une centaine de morts et environ deux cents blessés.
Après l'attaque, une trentaine de maquisards restent ensemble en unité constituée et continuent leur action. Une partie de ce groupe tombe à Ménafaing. D'autres attendront les Américains sur les rives de la Moselle ou vers Dounoux et Xertigny. Beaucoup de maquisards du Haut-du-Bois poursuivront la lutte dans l'armée française jusqu'à la victoire.
Le samedi , Éloyes est définitivement libéré par le d'infanterie US, commandé par le colonel Paul D. Adams.
L'embuscade Le à la mi-journée, le d'infanterie US, dont des unités se trouvent en difficulté du côté de Ménafaing, sollicite de l'aide pour tenter de contenir une contre-attaque allemande. À la suite d'un malentendu, un officier du R.I. présent à Éloyes demande alors à un sous-officier du maquis un renfort en F.F.I. Il s'agit d'aller boucher un trou dans le dispositif du Fossard avec tout le personnel disponible, évalué à . Un groupe se forme aussitôt, composé de résistants peu entraînés et mal armés. Un camion G.M.C. les transporte, par la rue des Chênes et la Suche, vers le massif du Fossard. Ces hommes débarquent du véhicule au Chaud Côté devant la ferme appartenant à Gustave Mathieu. Quelques-uns demandent au fils de la maison, Georges (), de se joindre à eux. Celui-ci, rentrant d'une longue mission de guidage des Américains vers Tendon, décline la proposition car il souhaite prendre son repas auparavant.
Sans l'attendre, les combattants poursuivent la mission. Leur marche à travers la forêt s'effectue sans difficulté. À un certain moment, le groupe se sépare en deux. Une équipe continue par le bois, le long du ruisseau, tandis que l'autre progresse plus rapidement. Pour elle, le chemin est désormais à découvert, dans le long pré en pente qui mène à la ferme de M. Perrin de Ménafaing. Les servants d'une mitrailleuse allemande ont alors tout le loisir de les observer dans leur approche. Ces derniers sont de nouveau présents dans le secteur après le repli partiel et temporaire d'une unité américaine. Ils occupent cette ferme dans la cave de laquelle se trouve la famille Perrin, composée de la mère Louise et des enfants dont Jean-Marie (). Une voisine Ancel née Thomas est avec eux. Lucien Perrin est quant à lui dans la ferme de M. Mathieu du Chaud Côté.