L'histoire des maires de France retrace l'évolution du mode de désignation des maires des communes de France, au fil de l'histoire politique du pays.

Origine La naissance de la commune en tant que telle remonte au . Au , le maire fait son apparition. En effet, dès lors que la commune était reconnue juridiquement et politiquement, il lui restait à se doter de représentants. Selon l'époque et les lieux, on parlera de « pairs », d’« échevins », de « mayeursNormandie, Picardie, Lorraine. », de « conseillers », de « syndics » ou de « consuls ». Dans la France du sud, on parlera donc, plus spécifiquement, de « consulat » dont sont membres les consuls, généralement choisis au nombre de trois parmi les « conseillers ». Ils sont cooptés par les grandes familles bourgeoises de la ville. Cette institution est très présente entre la fin du et jusqu'à la Révolution, œuvrant pour la sécurité de la ville, sa salubrité et réglant la vie économique.

Le mot « maire » trouve son origine dans le polyptyque d'Irminon, ouvrage de droit d'un abbé de Saint-Germain-des-Prés au . Il emploie le mot « maior » quand il parle du représentant du domaine : c'est celui qui administre le village pour le compte du seigneur.

Historique Ancien Régime Mise à mal par l'effondrement des économies et des structures rurales causé par la guerre de Cent Ans, l'institution se développe après celle-ci pour répondre au besoin d'administrer de nouveau les campagnes pour le compte de propriétaires non résidents. À la fin du , les maires achètent leur charge pour E. Meunier, Histoire de Saint-Martin-sur-Oreuse, in Contact, IV, Bulletin paroissial, Thorigny-sur-Oreuse, 1990.. Souvent, celle-ci revient par intermittence aux mêmes plus importants censitaires. L'institution décline avec le développement et la spécialisation des compétences de l'administration royale, la prévôté (juge, prévôt, lieutenant, procureur fiscal, greffier, huissier), ce avant même le début des guerres de religion.

Par l'édit royal de 1692 les fonctions de magistrats élus sont supprimées et dans la plupart des villes sont créés un office de maire et des offices d'assesseurs en remplacement des syndics choisis par les assemblées d'habitants. La vente des nouveaux offices permet de renflouer les caisses de l'État.

Des édits de 1764 et 1765 tentent de briser ce système arbitraire en proposant un maire choisi par le roi sur proposition de trois candidats.

L'administration municipale reste sous le contrôle de l'intendant général jusqu'à la Révolution française.

De 1789 à 1799 Période reprenant la Révolution française, la Première République et le Directoire.

Les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour deux ans et rééligibles par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

Avec Thermidor (), la Constitution du 5 fructidor an III (), met en place les municipalités cantonales. Chaque commune élit dorénavant un agent municipal qui participe à l'administration de la municipalité cantonale. L'agent municipal passe sous l’autorité des « présidents des municipalités cantonales ».

De 1799 à 1848 Période reprenant le Consulat, le Premier Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet.

La Constitution du 22 frimaire an VIII () revient sur l'élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de , par le Premier consul de la République pour les autres.

Avec la loi du 28 pluviôse an VIII (), l'appellation de maire revient, qui remplace celle d'agent municipal. Il n'est plus considéré un représentant de sa commune, vision de la Révolution française mais comme un fonctionnaire public soumis au sous-préfet ou au préfet. Lors du vote des comptes, le maire est remplacé par un membre du conseil municipal désigné à l'avance par ses collègues à la majorité absolue d'un vote.

L'arrêté du 2 pluviôse an IX () détermine diverses missions du maire : il gère le budget, « la répartition et la levée des contributions directes » et les dépenses ; il signe « les actes de la vie municipale », comme l'état-civil ou les permissions de voirie ; il contrôle les polices municipale, des cimetières et de la voirie ; il est responsable de « la lutte contre les bêtes sauvages ou les nuisibles, veille à la propreté et la salubrité du domaine public » ; il veille « à la publication et à l'application des lois et règlements ».

Le même arrêté désigne le maire comme le seul chargé de l'administration de la commune, les conseillers ne sont consultés que lorsqu'il le juge utile. Le maire exerce ce pouvoir absolu jusqu’en 1867.

Le système de désignation du maire change pendant les Cent-Jours.

La Restauration conserve la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de , par le préfet pour les plus petites) mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.

Du à 1851 Pendant la Deuxième République, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de . Les maires des chefs-lieux d'arrondissement, de département et les villes de et plus, continuent d'être nommés par le préfet.

De 1851 à 1870 Pendant le Second Empire, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de et pour à partir de 1855.

De 1870 à 1982 Dans un premier temps, le système napoléonien est conservé avec des modifications opportunistes.

Au début de la République les maires sont élus par le conseil municipal mais dès 1873, pour les chefs-lieux (du département au canton) et pour les villes de plus de , le maire reste nommé par le préfet. Cette situation est étendue à toutes les communes le par le gouvernement de BroglieJean-Marie Mayeur, Les débuts de la République, Le Seuil 1973, coll. Points, , ce qui permet au personnel politique de procéder à des révocations en masse dans la perspective d'élections nationales.

C'est le qu'une loi sur l'organisation municipale, qui inspire encore de manière substantielle la législation actuelle, est promulguée ; elle établit le principe de l'élection du maire et des adjoints par le conseil municipal, quelle que soit l'importance de la communeArticle 76 de la loi du , Léon Morgand, La loi municipale : commentaire de la loi du sur l'organisation et les attributions des conseils municipaux. Organisation, Berger-Levrault, Paris, 1884-1885, , sur Gallica. (sauf pour Paris). Elle fixe le mandat à quatre ans« Les grands principes de la loi municipale de 1884 », Sénat, consulté le Article 41 de la loi du , Léon Morgand, La loi municipale : commentaire de la loi du sur l'organisation et les attributions des conseils municipaux. Organisation, Berger-Levrault, Paris, 1884-1885, , sur Gallica..

La loi du porte de quatre à six ans la durée du mandat des conseillers municipaux et donc des mairesGuillaume Marrel, Renaud Payre, L'allongement du mandat en 1929 : une redéfinition de l'espace politique municipal, in Le temps des mairies, Frédéric Sawicki dir., Politix, , 2001, (en ligne)..

Sous Vichy, par la loi du , les maires des communes de plus de sont nommés par le gouvernement, ceux des communes de à , par le préfet. Les maires des communes de moins de sont élus par le conseil municipal..

À Paris, le maire est élu à partir de 1977.

Cas de l'Alsace et de la Moselle En Alsace-Lorraine, de 1871 à 1918, annexé au Reich allemand, les maires sont nommés pour 6 ans par le président du district (Bezirkspräsident), qui est l'équivalent du préfet.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Alsace et la Moselle étant rattachées au Reich allemand, les maires des villages, issus de la communauté villageoise sont nommés par le commissaire de l'arrondissement (Landkommissar des Kreises) qui est plutôt un administratif. Ceux des grandes villes, investis par le parti national-socialiste (NSDAP), sont généralement des Allemands et dépendent directement du Gauleiter ou chef du Parti pour la région.

Records Maire le plus âgé Charles Edmond Mathis (Éhuns (Haute-Saône)), serait le maire ayant été en fonctions à l’âge le plus avancé, 101 ans, élu plusieurs fois, il totalise 71 ans de mandat de maire de 1878 à 1884 puis de 1888 à 1953. Roger de Lattre de Tassigny (1855-1956) maire de Mouilleron-en-Pareds de 1911 jusqu'à sa mort à 100 ans passés, père du maréchal Jean de Lattre de Tassigny. Louis Philipon (Juvigny (Aisne)) serait l'un des maires ayant été en fonctions à l’âge le plus avancé, 98 ans. Il serait également le cinquième maire ayant eu le mandat le plus long, 69 ans de 1929 à 1998Les maires de Juvigny sur francegenweb.org.

Maire le plus jeune André Cornu (Bazolles (Nièvre)) a été nommé en 1815 à 19 ou 20 ansActe de naissanceDocument communal. Jérôme Negroni (San-Lorenzo (Haute-Corse)) a été élu en 2009 à l'âge de 20 ansÀ 20 ans, Jérôme Negroni devient le plus jeune maire de France, Corse-Matin, 2 septembre 2009, mais il est possible que certains maires aient été élus à l'âge de 18 ans, minimum légal depuis 1974. Hugo Biolley (Vinzieux (Ardèche)) a été élu en 2020 à l'âge de 19 ansÀ 19 ans, Hugo Biolley est le plus jeune maire de France, Ouest-France, 25 mai 2020, il devient donc le plus jeune maire de FranceA 19 ans, l’Ardéchois Hugo Biolley est (pour l’instant) le plus jeune maire de France, L'Obs, 25 mai 2020.

Liste des mandats les plus longs