Bangor est une commune française, située sur l'île de Belle-Île-en-Mer, dans le département du Morbihan en région Bretagne.
Géographie
Situation
Bangor est une des quatre communes de Belle-Île-en-Mer, dont le territoire s'étend sur la côte sud-ouest exposée aux vents dominants, tandis que le bourg chef-lieu est situé presque au centre géographique de l'île. Bangor possède les sites les plus sauvages de Belle-Île.
Communes limitrophes
Relief
L'altitude de la commune varie de 0 à 58 mètres. Le littoral, très déchiqueté, est constitué d'une succession de falaises rocheuses et de criques abritant de petites plages. L'intérieur des terres présente l'aspect d'un plateau échancré par quelques vallons au fond desquelles coulent de modestes cours d'eau qui terminent leur course au fond des criques.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BangorLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Hameaux et lieux-dits
Le territoire de Bangor compte une trentaine de villages et hameaux, parmi lesquels :
Kervilahouen : hameau côtier de la côte sauvage où séjourna Claude Monet en 1886 ; Domois : hameau donnant accès à une crique sur la côte sauvage ; Goulphar : site du phare de Goulphar et du port de Port-Goulphar, où s'installa le peintre australien John Peter Russell ; Kérel : hameau avec plage et port de pêche ; Donnant : hameau à proximité de la plage de Donnant, la plus grande de la côte sauvage, bordée par les plus hautes dunes de Bretagne ; Herlin : hameau avec plage de sable fin ; Envague : hameau où séjourna John Peter Russell avant de s'installer à Goulphar ; Parlevent : hameau perché exposé aux vents dominants ; Grand Village : l'un des principaux hameaux de la commune.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme
Typologie
Au , Bangor est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Institut national de la statistique et des études économiques en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols
vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie(en hectares)Tissu urbain discontinu1,0 %26Aéroports1,0 %26Terres arables hors périmètres d'irrigation15,4 %396Prairies et autres surfaces toujours en herbe28,3 %726Systèmes culturaux et parcellaires complexes28,6 %733Pelouses et pâturages naturels2,1 %53Landes et broussailles22,2 %571Mers et océans1,3 %34Source : Corine Land Cover.
Habitat
En 2019 on recensait à Bangor. étaient des résidences principales (34,4 %), des résidences secondaires (61,9 %) et 51 des logements vacants (3,7 %). Sur ces , étaient des maisons (95,8 %) contre 40 seulement des appartements (2,9 %).
+ Le logement à Bangor (56) en 2019. Bangor. Morbihan. France entière. Résidences principales (en %)34,474,982,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)61,917,99,8 Logements vacants (en %)3,716,28,1
Toponymie
Bangor, selon Léon Fleuriot et Hervé Abalain, serait formé du radical Ban signifiant « supérieur, suprême » et Gor « troupe ». Il est usuellement donné le sens de « monastère » à BangorCette étymologie reprend celle de Léon Fleuriot suivi par Hervé Abalain (Les noms de lieux bretons. Universels Gisserot. 2000.), ainsi que celle, en anglais, de A.D. Mills - Dictionary of British Place-names. Oxford University Press. 1991, 2003.Hervé Abalain : Les noms de lieux bretons - Universels Gisserot. 2000 - Page 55.. Alternativement, Bangor serait un vieux mot celtique qui désignerait l'enclos autour d'un monastère.
Histoire
Préhistoire
vignette|redresse|La Pierre Sainte Anne.
La commune était bien occupée dès la préhistoire comme en témoigne un menhir : la Pierre Sainte Anne, haute de et pesant 6,2 tonnes.
Antiquité
Moyen Âge
Le prieuré de Bangor a été pendant dix siècles le chef-lieu de l'île. Il a été fondé par des moines bénédictins venus coloniser et repeupler l'île à partir du ; on ne sait pas s'il s'agit de l'abbaye de Bangor en Irlande d'où l'on sait que des moines comme saint Colomban sont venus évangéliser l'Armorique, ou du Monastère de Bangor-Fawr, fondé au Pays de Galles vers 545 sur le détroit de Menai.
La colonisation a consisté à diviser l'île en quatre paroisses dont Bangor occupe le milieu, et chaque paroisse en petits domaines concédés aux familles résiduelles de l'île ou aux colons que les moines font venir de Bretagne.
Au , l'île est dévastée par les Vikings, et le prieuré est placé sous la protection séculaire des comtes de Cornouaille (en Bretagne armoricaine). En 1029, le comte de Cornouaille Alain Canhiart confie l'île à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé qu'il vient de fonder. Celle-ci relevant directement du pape, Belle-Île bénéficie d'une immunité qui ne la fait relever ni de l'évêché de Vannes, ni du duché de Bretagne. L'administration de l'île est déléguée à un prévôt de l'abbaye qui dispose du pouvoir temporel (droit de basse, moyenne et haute justice qui s'exerce tantôt à Belle-Île tantôt à Quimperlé), puis uniquement à Quimperlé à partir de 1408.
Un autre comte de Cornouaille confie l'île aux Bénédictins de Redon qui parviennent à en prendre possession après de longues contestations de l'abbé de Quimperlé. Le prieuré reste au même endroit que celui de leurs prédécesseurs (à l'emplacement actuel du camping municipal de Bangor) et ils construisent à Palais un fort qui deviendra par la suite la capitale de l'île à la place de Bangor.
Belle-Île reste sous le gouvernement des moines jusqu'au , époque où les attaques incessantes des pirates les obligent à résigner leur seigneurie dans les mains du roi, ou plutôt à la régente Catherine de Médicis qui inféode l'île aux Gondi, alors titulaires du duché de Retz. Mais les terres restent sous le régime de mainmorte jusqu'à l'afféagement de la fin du .
Occupation anglaise et arrivée des Acadiens (1761-1765)
En 1761, durant la guerre de Sept Ans, Belle-Île est occupée par les troupes britanniques qui s'y maintiennent jusqu'en 1763, date à laquelle le traité de Paris restitue l'île à la France. L'occupation laisse l'île pillée et partiellement dépeuplée.
En 1765, à la suite du Grand Dérangement, 78 familles acadiennes représentant 363 personnes sont installées sur l'île par les États de Bretagne, dans le cadre d'un afféagement des terres du domaine royal. Parmi les familles établies à Bangor, on compte 32 des 78 familles de l'île. Les principales familles pionnières portent les noms de Leblanc, Granger, Trahan, Terriot et Daigre.
L'intégration fut progressive : près de 90 % des mariages impliquant un Acadien furent des unions mixtes. Après 1785, environ un quart des familles acadiennes demeurèrent définitivement sur l'île, tandis que 30 % rejoignirent la Louisiane pour devenir les ancêtres des Cajuns. Une croix acadienne, à l'est du bourg de Bangor, commémore aujourd'hui leur arrivée.
XIXe siècle
Le phare de Goulphar, également appelé grand phare de Kervilahouen, est édifié de 1826 à 1835 d'après les plans du physicien Augustin Fresnel, ingénieur en chef de la Commission des phares. Mis en service le , sa tour en granit de 52,25 mètres s'élève à 92 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait l'un des phares les plus puissants d'Europe avec une portée de 50 kilomètres. Le mécanisme est exposé à l'Exposition universelle de 1855 à Paris. Le phare est inscrit aux monuments historiques en 1995, puis classé en 2011.
Le sémaphore du Talut est mis en service en 1862Office de tourisme de Belle-Île-en-Mer, Les Sémaphores de Belle-Ile, consulté le 13 septembre 2014..
À partir de 1871, Belle-Île abrite une colonie pénitentiaire où sont détenus des communards. Entre 1871 et 1878, près de 4 000 communards transitent par l'île, dont certains en route vers la Nouvelle-Calédonie.
L'aérodrome de Belle-Île situé sur le territoire communal a été inauguré en 1954.
Politique et administration
Administration municipale
Population et société
Démographie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, dont l'édifice actuel date de 1855, a remplacé une église plus ancienne dont certaines pierres ont été remployées ; l'église servit d'hôpital aux troupes anglaises pendant l'occupation de 1761-1763. Le grand phare de Kervilahouen : situé sur la commune de Bangor, conçu par Augustin Fresnel et mis en service en 1836, c'est l'un des phares les plus puissants d'Europe. Sa tour de granit de culmine à au-dessus du niveau de la mer ; il est visible à (environ 50 km). Classé monument historique en 2011. Un menhir : la Pierre Sainte Anne, haute de et pesant 6,2 tonnes. Les aiguilles de Port-Coton, formations rocheuses rendues célèbres par les toiles de Claude Monet peintes en 1886. La station radar de Port-Coton. Une croix acadienne à l'est du bourg, commémorant l'arrivée des familles acadiennes en 1765.
Bangor dans les beaux-arts
Des peintres ont représenté des paysages de la commune. Parmi les plus connus : Henry Moret : Goulpher (pour Goulphar), 1895 ou 1896, Paris, musée d'Orsay ; Claude Monet, qui séjourna à Kervilahouen en 1886 et y peignit une quarantaine de toiles sur les falaises et les aiguilles de Port-Coton.
Personnalités liées à la commune