thumb|upright|Système d'alerte à court terme à O'Fallon (Illinois), aux États-Unis (2006). Ces haut-parleurs sont notamment destinés à annoncer les tornades.
L'alerte aux populations est l'action de prévenir les populations de l'arrivée d'un danger afin que celles-ci puissent s'en protéger. Son but est de minimiser le nombre de victimes.
Définition et caractéristiques au sens de l'UNISDR
Au sens de la , l'alerte rapide est l'. L'UNISDR précise que cette définition englobe l’éventail des facteurs nécessaires pour assurer une réponse efficace aux avertissements. Un système d'alerte précoce comprend quatre éléments clés : la connaissance des risques ; le suivi, l'analyse et la prévision des risques ; la communication ou la diffusion d'alertes et de mises en garde ; et des capacités locales à répondre à l’avertissement reçu.
L'expression « système d'alerte intégré » est également utilisée pour souligner que les systèmes d’alerte doivent inclure toutes les étapes allant de la détection des dangers jusqu'à la réponse mise en place au niveau communautaire.
Prérequis La mise en place d'un système d'alerte dans un pays requiert d'avoir d'une part un réseau de veille permettant de détecter le problème à temps, et d'autre part une structure pouvant déclencher le système d'alerte, en relation avec le réseau de veille. Il faut distinguer les structures locales, pour les accidents industriels ou les catastrophes naturelles d'ampleur locale (par exemple inondation), et les structures nationales ou supra-nationales pour les catastrophes de grande ampleur ou dont la prévision nécessite de gros moyens (par exemple ouragan, tsunami, nuage toxique ou radioactif de type Tchernobyl, bombardement).
Le pays doit ensuite mettre en place une infrastructure pour diffuser l'alerte, en général : une cellule de contact avec les médias ; des moyens de contact entre les administrations locales et l'administration centrale chargée de la sécurité civile ; et un moyen de prévenir massivement et rapidement les populations, en général un signal sonore (réseau de haut-parleurs ou de sirènes couvrant le pays). Dans les pays où la population est de plus en plus équipée d'appareils « nomades » connectés à Internet (téléphones portables, smartphones, tablettes numériques) se développe la notion de médias sociaux pour la gestion des urgences, ou MSGU (en anglais : SMEM, ). Outre les moyens habituels, l'alerte pourrait ainsi être diffusée sur les réseaux sociaux.
Un des points critiques est la possibilité de diffuser l'alerte en cas de défaillance des infrastructures.
La population doit être formée à la reconnaissance du signal et à la conduite à tenir. La préparation doit prendre en compte les risques les plus probables pour chaque région. Les consignes doivent être simples, en distinguant deux types de situations : celle requérant un confinement, et celle requérant l'évacuation immédiate. Il faut donc dans l'idéal deux signaux distincts.
Fonctionnement des alertes à travers le monde États-Unis
Aux États-Unis, l'alerte aux populations se fait par radio et par télévision, avec le système appelé Emergency alert system (EAS). Ce système a remplacé le Emergency broadcast system (EBS) en 1997, qui a lui-même été créé en 1963 pour remplacer le CONELRAD (Control of Electromagnetic Radiation).
Les messages d'alerte sont des messages numériques (succession de bits) d'un format normalisé. L'en-tête indique la nature du message (il est émis quatre fois afin d'éviter les déclenchements erronés). Ces messages peuvent être envoyés par les stations primaires qui peuvent être nationales (national primary, NP), de l'État (state primary, SP) ou bien locales (local primary, LP). Les messages sont relayés par les relais de l'État (state relays, SR) jusqu'aux acteurs locaux. Les relais locaux, ou participating national sources (PN), sont les stations de radio et de télévision (systèmes de diffusion par câble ou par voie hertzienne), les autres services sous la coupe de la Federal Communications Commission (FCC), ainsi que des entreprises participant au programme ; les particuliers possédant une radio compatible EAS peuvent directement décrypter les messages de l'EAS.
En cas d'urgence nationale, une notification d'action d'urgence (emergency action notification, EAN) est envoyé par le président des États-Unis ou leur représentant à toutes les stations relais pour indiquer le début de l'alerte ; les émissions des stations relais sont alors interrompues et remplacées par le message d'alerte, qui commence par un signal sonore de huit secondes composé par deux sons sinusoïdaux émis en même temps et de fréquence (entre le sol ♯ et le la aigu) et (entre le si ♭ et le si aigu), qui est un accord dissonant (il provoque une sensation désagréable, avec des battements interférentiels). Ce signal sonore est suivi par un message vocal indiquant la nature de l'alerte et les consignes à suivre. Lorsque l'alerte est levée, le Président envoie un message de fin (emergency action termination, EAT).
La plupart du temps, l'EAS est activé pour des risques climatiques (tempêtes, ouragans). Au cours d'un niveau local ou de l'état d'activation, un message est généralement limité à environ deux minutes avant la fin du code de message est envoyé par l'appareil. Contrairement à ses prédécesseurs, elle, le niveau local EAS vise à donner des informations de base sur la nature de l'urgence et les instructions de nouvelles locales, tout continue de la couverture des médias et des mises à jour sur l'événement (l'EAS peut être activé de nouveau, le cas échéant). Le système est testé une fois par semaine. La plupart de ces essais consistent à peine l'en-tête et de message et de codes en cours d'envoi, précédée par un bref message indiquant qu'il s'agit d'un test sur les stations de radio. Ces tests sont toujours fait au niveau local. Cependant, une fois par mois, une procédure différente est utilisée. Ces tests comprennent également la tonalité et un bref essai de script (cette fois-ci sur toutes les stations), avant la fin de message codes. Habituellement, ces essais sont réalisés sur le plan local, mais sont parfois effectuées à l'État ou au niveau national.
Dans le système précédent (EBS, avant 1997), le signal d'alerte n'était pas numérique mais analogique. Le signal d'avertissement (accord dissonant) était diffusé durant 28 secondes, les 20 premières secondes déclenchaient l'arrêt des émissions normales et les 8 dernières secondes étaient diffusées à l'antenne en préalable au message d'urgence. Le basculement des émissions normales à la diffusion du message d'alerte (retransmission du message de la station primaire) était effectué manuellement. Pour les déclenchements nationaux, une confirmation de l'alerte était relayée par les agences de presse Associated Press (AP) et United Press International (UPI) pour éviter les erreurs ou canulars. Entre 1976 et 1996, l'EBS a été activé plus de , pour des événements météorologiques.
Un système de sirène est mis en place dans les villes. Depuis 2001 est mis en place le signal d'alerte continu (alert), souvent utilisé pour les alertes météorologiques (tornades, ouragans), un signal montant et descendant (attack), normalement réservé aux raids aériens mais utilisé pour d'autres raisons depuis la fin de la guerre froide, et aussi un signal deux tons (Hi-Lo), le même que les véhicules de secours français, utilisé notamment par les sirènes reliées aux casernes de pompiers pour appeler les pompiers volontaires. D'autres signaux existent comme le « Westminster Chimes », où les sirènes de type électroniques jouent le son du célèbre carillon de Big Ben. Ce signal est en général utilisé pour des tests. Les signaux réglementaires peuvent être assistés de messages vocaux (voice alarm). Les sirènes sont testées au niveau municipal, du comté ou de l'état, à différentes fréquences. Par exemple, San Francisco teste ses sirènes chaque mardi, et beaucoup de petits villages testent leur sirène chaque jour à midi (noon whistle), vestige de l'époque industrielle ou la sirène était aussi utilisée pour signaler l'heure de midi aux fermiers ou aux ouvriers. Certains villages testaient même leur sirène quatre fois par jour, en général à 8h du matin, midi, 16h et 20h, où elles rythmaient le travail des ouvriers et des fermiers.
Union européenne Selon la directive de l'Union européenne établissant le code des communications électroniques européen, « au plus tard le , les États membres veillent à ce que, lorsque des systèmes d’alerte du public pour les cas d’urgence ou de catastrophes majeures, imminentes ou en cours, sont en place, des alertes publiques soient transmises aux utilisateurs finaux concernés par les fournisseurs de services mobiles de communications interpersonnelles fondés sur la numérotation. »Article 110 de la
Belgique Après les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, les sirènes ont été abandonnées ; le démantèlement s’est achevé en 2019. Depuis le , le système unique Be-Alert est opérationnel. Il permet au Centre de gestion de crise d’envoyer SMS, appels téléphoniques et mails.
France vignette|Sirène d'alerte aux populations de Stiring-Wendel (Moselle) Selon le code de la sécurité intérieure, le code d’alerte national contient les mesures destinées à alerter et informer en toutes circonstances la population soit d’une menace ou d’une agression au sens de la défense nationale, soit d’un accident, d’un sinistre ou d’une catastrophe au sens de la sécurité civile. Ces mesures sont mises en œuvre par les détenteurs de tout moyen de communication au public. avant la codification : et .
Les mesures destinées à informer la population comprennent : la mise à disposition permanente d’informations sur l’état de vigilance qui a pour objet de prévenir ou de signaler certains risques naturels ou technologiques ou certaines menaces ; l’émission sur tout ou partie du territoire soit d’un message d’alerte, soit du signal national d’alerte, soit de l’un et de l’autre ; la diffusion, répétée tout au long de l'événement, de consignes de comportement et de sécurité à observer par la population ; l’émission soit d’un message de fin d’alerte, soit du signal national de fin d'alerte, soit de l’un et de l’autre.
Compte tenu des plans d’organisation des secours, l’information porte notamment sur : les caractéristiques de l’événement (origine, étendue, évolution prévisible), dans la mesure où celles-ci sont identifiées ; les consignes de protection qui, selon le cas, peuvent porter notamment sur la mise à l’abri des populations, les dispositions à prendre par celles-ci en cas d’évacuation, la restriction de consommation de certains aliments, la distribution et l’utilisation de produits de santé ; les consignes spéciales, le cas échéant, pour certains groupes de population.
Les mesures d’alerte sont déclenchées sur décision de l’une des autorités suivantes : le Premier ministre ; le préfet de département ou, à Paris, le préfet de police ; le maire qui informe sans délai le préfet du département.
S’agissant des installations ou ouvrages concernées par un plan particulier d'intervention (par exemple Seveso), les mesures d’alerte peuvent être déclenchées par l’exploitant dans les conditions fixées par le préfet de département.
Les messages d’alerte sont notamment diffusés par : les services de radiodiffusion sonore et de télévision dont la liste est fixée par un arrêté conjoint du ministre chargé de la sécurité civile et du ministre chargé de la communication ; les centres d’ingénierie et de gestion du trafic, les centres régionaux d'information et de coordination routières et le Centre national d'information routière (« bison futé ») ; les équipements des collectivités territoriales ; les équipements des réseaux internes délivrant des informations au public dans les gares, les métros, les ports et les aéroports.
Signal national d’alerte