Brazil est un film de science-fiction britannico-américain réalisé par Terry Gilliam et sorti en 1985.

Situé dans un monde dystopique, Sam Lowry est un employé d'un ministère de l'information dont la vie change à la suite d'une faute de frappe.

Salué par la critique et bien qu'ayant rencontré un succès en Europe, le long métrage connaît un échec à sa sortie aux États-Unis. Il devient par la suite un film culte.

Synopsis Dans une dystopie totalitaire, industrielle et bureaucratique, hyper-consumériste et polluée, Sam Lowry (Jonathan Pryce) est employé subalterne du gouvernement - au service des archives - qui s'échappe d'un réel consternant en se rêvant en guerrier ailé sauvant une fée en détresse.

La préoccupation qui s'impose dans les médias est la lutte contre le terrorisme, les attentats se succédant à un rythme rapide. L'administration est infaillible, mais l'erreur est humaine et, à la veille de Noël, le cadavre d'une mouche tuée par un fonctionnaire impatient se coince dans un téléscripteur du service des recoupements, provoquant une erreur de frappe dans la copie du mandat d'arrêt qu'il recevait. Cela conduit à l'arrestation brutale et à la mort du fait d'un interrogatoire infructueux du cordonnier Archibald Buttle à la place de l'ingénieur-chauffagiste renégat et terroriste présumé Harry Tuttle.

Ce drame humain se résout au sein du ministère en un imbroglio administratif, qui place le chef de service de Sam dans une situation gênante, du fait que son service a débité les frais de l'arrestation sur un mauvais compte. Il appelle à la rescousse son meilleur adjoint, qui n'est autre que Sam. Ce dernier découvre l'origine de l'erreur et propose pour solution de restituer à la veuve de Buttle le trop-prélevé moyennant la signature d'un reçu qui mettrait fin au problème. Mais comme elle n'a pas de compte bancaire, il devra aller lui porter le chèque à domicile. Sur place, il découvre d'une part la réalité misérable du commun des mortels et d'autre part le drame humain résultant de l'incident bureaucratique. Et par le trou découpé au plafond par la milice lors de l'arrestation, qui n'a pas été réparé, il aperçoit la voisine du dessus, Jill Layton (Kim Greist). Or, voici qu'elle ressemble trait pour trait à la femme qui hante les rêves récurrents de Sam. Celui-ci essaie aussitôt d'entamer un dialogue avec elle, mais elle s'échappe et Sam ne parvient pas à la suivre.

Jill, qui n'est pas une personnalité ordinaire, tente avec obstination d'aider Buttle à établir ce qui est arrivé à son mari, mais ses efforts se heurtent à la bureaucratie totalitaire qui refuse que ses erreurs soient rendues publiques. À son insu, la voici désormais considérée comme un agent subversif et une complice terroriste de Tuttle.

Rentré chez lui, Sam découvre une fournaise, il appelle donc au téléphone l'unique structure habilitée à réparer la climatisation, Central Service. Le délai de réparation annoncé est très lointain, ce qui désespère Sam car la situation est urgente. Mais il se trouve que Tuttle (Robert De Niro), qui travaillait auparavant pour Central Service et qui en est parti à cause de son aversion pour la paperasse fastidieuse et répétitive, a intercepté l'appel téléphonique de Sam et vient à la rescousse de manière inattendue. Tuttle répare la climatisation de Sam, mais voici que deux employés de Central Service, Spoor (Bob Hoskins) et Dowser (Derrick O'Connor) arrivent inopinément, ce qui oblige Sam à les éloigner pour permettre à Tuttle de s'échapper. Il s'en tire en exigeant d'eux un formulaire administratif, ce qui les met en fureur. Les ouvriers vont se venger un peu plus tard en démolissant l'appartement de Sam sous prétexte de maintenance des canalisations... et découvrir la preuve de l'intervention de Tuttle, occasion de lancer une procédure répressive.

Par ailleurs, Sam, qui use des accès que lui donnent sa fonction aux archives découvre que le dossier de Jill est classé secret et que le seul moyen d'y accéder est d'être promu au service de l'extraction d'informations. Il avait jusqu'ici refusé une telle promotion, que tentait de lui imposer sa mère, Ida (Katherine Helmond), séduisante mondaine qui gravite dans les sphères du pouvoir, et doit ses succès à la chirurgie plastique rajeunissante du Jaffe, au contraire de son amie Alma, systématiquement loupée par le Dr Chapmann. Sam revient sur son refus avec l'aide du ministre-adjoint, M. Helpmann (Peter Vaughan), qu'il sollicite lors d'une fête organisée par Ida. Ayant enfin obtenu les coordonnées de Jill, et sa profession de camionneuse, Sam la retrouve in extremis avant qu'elle ne soit arrêtée. Il lui avoue maladroitement son amour, puis provoque un chaos gigantesque en la contraignant à fuir les agents du gouvernement. Ils finissent dans un centre commercial et sont témoins d'un nouvel attentat terroriste. Des agents du gouvernement arrivent, matraquent tout le monde et emmènent Sam qui prétendait les empêcher de malmener une victime. Il se retrouve brièvement détenu en garde à vue.

Premier indice de sa disgrâce, Sam est réprimandé à son travail par son nouveau chef, Mr Warrenn (Ian Richardson), qui lui reproche son manque de productivité. Sam rentre chez lui et découvre que les deux employés de Central Service ont repris possession de son appartement, le transformant en glacière. Tuttle apparaît alors en catimini et aide Sam à se venger de Spoor et Dowser en intervertissant deux canalisations, ce qui remplit d'eaux usées leurs combinaisons.

Jill trouve Sam devant son appartement et celui-ci l'emmène dans un abri qu'il croit sûr : l'appartement inoccupé d'Ida. Profitant de sa connaissance des lieux ministériels, Sam la laisse le temps d'accéder au bureau de M. Helpman et de falsifier l'état civil de Jill pour la définir comme décédée, mettant ainsi fin à la traque qui la concernait. Les deux amants partagent enfin la nuit de passion amoureuse dont Sam rêvait. Mais le lendemain matin, un commando de policiers débarque soudainement et les arrête. Sam apprend ensuite que Jill a été tuée alors qu'elle résistait à son arrestation. Accusé de trahison pour avoir abusé de son nouveau poste, Sam est soumis à un interrogatoire, ligoté sur une chaise dans une impressionnante pièce cylindrique vide, afin d'être torturé par son vieil ami, Jack Lint (Michael Palin) dont c'est la fonction au ministère de l'information.

Alors que Jack est sur le point de commencer la séance de torture, le voici tué d'une balle en plein front. C'est Tuttle et un commando de résistants qui font irruption, tombant littéralement du ciel, pour délivrer Sam en un combat héroïque en faisant exploser le bâtiment du ministère. Tuttle et Sam, désormais passé dans le camp des terroristes, s'enfuient ensemble. Au moment où les deux hommes semblent sauvés, Tuttle disparaît sous les yeux de Sam, englouti en pleine rue par une myriade de feuilles de paperasse surgies des airs. La poursuite policière reprend.

Sam arrive chez sa mère où il tombe en pleine cérémonie funéraire mondaine. C'est l'amie d'Ida, qui est décédée à la suite d'une énième opération de chirurgie esthétique à l'acide. Sam retrouve sa mère rajeunie au point d'être maintenant semblable à Jill et trop occupée à être adulée par de jeunes hommes pour se soucier du sort de son fils. Les agents du gouvernement surviennent, interrompant les funérailles et renversant le cercueil de la défunte. C'est en tombant dans celui-ci que Sam échappe à nouveau à ses poursuivants. Traversant un vide obscur, il atterrit dans une rue de ses rêveries et tente d'échapper à la police et aux monstres en escaladant un tas de conduits flexibles. Il ouvre une porte,et se retrouve à sa surprise émerveillée dans le camion conduit par Jill.

Les deux quittent la ville ensemble, et parviennent, au bout de la route, dans un univers naturel verdoyant. Ce « happy end » dont le tour onirique révélait la vraie nature s'avère une chimère ; nous retrouvons Sam toujours attaché à sa chaise de torture, inerte et béat sous l'oeil critique de Jack et de M. Helpmann qui le déclarent perdu et quittent la pièce. Sam, qui s'est définitivement réfugié dans son rêve intérieur, demeure souriant et fredonnant Aquarela do Brasil pour lui-même.

Fiche technique Titre original et français : Brazil Réalisation : Terry Gilliam Scénario : Charles McKeown, Tom Stoppard et Terry Gilliam Musique originale : Michael Kamen Musique additionnelle : Kate Bush (chanson Sam Lowry's Dream) Photographie : Roger Pratt Décors : Norman Garwood Direction artistique : John Beard et Keith Pain Effets spéciaux : et Costumes : James Acheson Montage : Production : Arnon Milchan Coproduction : Patrick Cassavetti Sociétés de production : Embassy International Pictures et Brazil Productions Distribution : Universal Pictures Pays de production : , Langue originale : anglais Genre : science-fiction, dystopie, comédie noire Durée : 142 minutes (version européenne / ) Format : couleurs (Technicolor) - 1,37:1 ou 1,85:1 - - Dolby SRD Dates de sortie : France : Royaume-Uni : Canada : Classification : France : interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie

Distribution

Source :

Production vignette|Logotype du Ministère de l'Information dans le film. Genèse Avec — séquence d'ouverture de quinze minutes du film Monty Python : Le Sens de la vie () et satire brillante sur un groupe de vieux fonctionnaires qui déclenchent une mutinerie contre leurs superviseurs — l'ex- Terry Gilliam réalise un préambule à son film culte, Brazil. Baroque, post-moderne, néo-expressionniste, Brazil décrit un univers sombre, oppressant et fourmillant de détails, que l'on retrouve dans d'autres œuvres du réalisateur tels que Bandits, bandits (), Jabberwocky ou encore L'Armée des douze singes ().

Brésil Contrairement à ce que son titre laisse supposer, le film ne montre pas de lien direct et explicite avec le Brésil, mais plutôt avec le texte de la chanson Aquarela do Brasil (Ary Barroso) qui inonde continuellement ce film de variations orchestrales (Michael Kamen). Il s'agirait également du pays de provenance de l'insecte brouillant les pistes entre Buttle et Tuttle au début du film. En effet, l'idée originale de la séquence d'ouverture consistait à suivre le vol d'un insecte à partir d'une forêt brésilienne rasée par d'énormes scies mécaniques, avant de finir écrasé sur le mur d'un bureau du Ministère de l'Information (M.O.I.), entraînant la réaction en chaîne kafkaïenne que nous connaissons. Cette scène compliquée est l'une de celles que Gilliam a dû abandonner afin de respecter son budgetVoir le scénario original écrit par Terry Gilliam, Tom Stoppard et Charles McKeown..

Titre Voici l'explication de Gilliam :

Idée fondatrice

1984 de George Orwell

Durant l'année 1984, un véritable déluge d'articles, livres, entrevues et discours ont été voués aux visées prophétiques de George Orwell et de son classique littéraire, écrit en 1948. Dans ce contexte, il n'était pas surprenant de voir une seconde adaptation cinématographique, signée Michael Radford, prendre l'affiche.

Ainsi Brazil se présente-t-il comme une interprétation postmoderne des visées prophétiques de George Orwell. On y retrouve l'aspect dictatorial d'un empire bureaucratique auquel Sam Lowry, personnage principal, se trouve confronté. Alors qu'il se révolte progressivement contre le système , il suit la trace de la femme qui le hante, Jill, qui se révèle être un personnage plutôt insoumis et irrévérencieux. C'est cette quête de la réalité qui éloignera Sam de l'illusoire ambition bureaucratique et lui opposera une prise de conscience et de recul dans la découverte de choses simples et fondamentales.