Anders Erikson Sparrman, né le à Tensta (province d'Uppland) et mort le à Stockholm, est un médecin, naturaliste et abolitionniste suédois.

Élève de Carl von Linné à l'université d'Uppsala, Anders Sparrman a effectué plusieurs voyages en Afrique et en Asie. Encore étudiant, il s'est rendu à Canton à bord d'un navire de la Compagnie suédoise des Indes orientales. Il a ensuite séjourné au Cap et a étudié la flore et surtout la faune de la région. Depuis le Cap, il a également pris part au deuxième voyage de James Cook en tant qu'assistant botaniste et a ainsi été l'un des deux disciples de Linné à avoir effectué le tour du monde.

De retour en Suède, il exerce les fonctions de conservateur des collections de l'Académie royale des sciences de Suède à Stockholm. Dans le cadre de ces fonctions, il participe à une expédition en Afrique de l'Ouest. Si elle constitue un échec du point de vue scientifique, cette expédition permet à Sparrman de se renseigner sur la question de l'esclavagisme. À son retour en Europe, Sparrman témoigne devant la Commission du commerce britannique en faveur de l'abolition de l'esclavage.

En Suède, il reprend son poste à l'Académie pendant une dizaine d'années, exerce différentes fonctions au Collegium Medicum de Stockholm, puis passe les dernières années de sa vie en exerçant comme médecin des pauvres dans le quartier de Klara. En tant qu'écrivain, Anders Sparrman a notamment publié un récit de son séjour en Afrique du Sud et de son voyage autour du monde avec James Cook.

Biographie Jeunesse

Famille et formation Anders Sparrman est le fils d'un pasteur et détenteur d'un master en philosophie, Éric Sparrman, et de Brita Högbom... Il naît le dans la paroisse de Lena, puis ses parents s'établissent à Tensta, dans la province d'Uppland, où le père devient pasteur.. À partir de l'âge de neuf ans, il étudie à l'université d'Uppsala, alternant toutefois avec des périodes d'éducation à la maison.. En 1762, âgé de , il entame des études de médecine et est dès lors étudiant à plein temps. Il y reçoit notamment les enseignements du naturaliste Carl von Linné, à partir d'une date non connue exactement. De 1763 à 1765, il assiste ce dernier dans ses (vaines) tentatives de naturaliser en Suède des arbres à thé ramenés de Chine par le capitaine Carl Gustaf Ekeberg.. Il poursuit ses études de médecine après son retour de Chine et son inscription à la Société de chirurgie en 1770... S'il passe de premiers examens en 1770, il ne réalise toutefois pas son doctorat.

Voyage en Chine (1765-1767) alt=Photo contemporaine de l'ancien bâtiment de la Compagnie suédoise des Indes orientales à Göteborg. Il s'agit d'un grand bâtiment de briques rouges surmonté d'un toit en cuivre.|vignette|Siège de la Compagnie suédoise des Indes orientales à Göteborg. Le , peu après le décès de son père, il interrompt momentanément ses études et part pour un voyage en Chine d'un navire de la Compagnie suédoise des Indes orientales commandé par Carl Gustaf Ekeberg..

Son rôle exact pendant le voyage sur le bateau reste peu clair. Si plusieurs auteurs disent que Sparrman en a été le médecin de bord, Kenneth Nyberg fait remarquer que cette indication n'apparait pour la première fois que dans sa biographie posthume rédigée par l'Académie royale des sciences de Suède et que, dans les registres de la Compagnie, il est qualifié de matelot. Rolf Du Rietz pense lui que ni la fonction de médecin, ni celle de matelot ne sont probables et que Sparrman a plutôt été considéré à bord comme un "jeune gentleman".. Sparrman lui-même dit dans l'oraison funèbre qu'il prononce après le décès d'Ekeberg avoir été le cadet à bord du bateau.

Il semble que ce voyage est rendu possible par des liens de voisinage. La propriété d'Ekeberg dans le village d'Altomta est en effet située à côté du domicile des Sparrman, dont il est certainement proche. Selon Sparrman, c'est Ekeberg qui lui a donné l'envie de réaliser de grands voyages, envie que ce voyage en Chine viendra confirmer. Bien plus tard, en 1790, il prononcera l'oraison funèbre d'Ekeberg à l'Académie. Ekeberg est le premier des protecteurs dont bénéficiera Sparrman et il a de grandes connaissances des sciences naturelles et est membre de l'Académie royale des sciences de Suède. Cette dernière souhaite enrichir ses collections botaniques et zoologiques avec de nouveaux spécimens d'extrême Orient. Sparrman, grâce à ses connaissances acquises à l'université, peut donc se rendre utile à la fois sur le navire et à terre. Le bateau fait escale à Java à l'aller et à Sainte-Hélène et à l'île de l'Ascension au retour. Il ramène des plantes et des animaux, essentiellement des insectes, tant de Chine que de Java.. En 1768, il décrit son voyage à Canton dans une thèse réalisée pro exercitio sous la direction de Linné et intitulée Iter in Chinam. Les résultats scientifiques du voyage sont modestes et cette thèse consiste essentiellement à énumérer et à décrire brièvement des plantes, des papillons et d'autres espèces animales observés pendant le voyage.

Séjours au Cap et voyage avec James Cook

Premier séjour au Cap (1772) Ekeberg obtient de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales qu'elle autorise Anders Sparrman à effectuer des recherches d'histoire naturelle dans la colonie du Cap. Ekeberg pourrait avoir agi auprès de cette compagnie sur demande de Linné, mais il n'est probablement pas pour rien dans le choix de Sparrman pour cette mission, celui-ci ne s'étant jusque-là pas particulièrement distingué parmi les élèves de LinnéLinné lui-même ne semblait pas disposer des contacts suffisants pour obtenir directement une telle autorisation, une précédente tentative de sa part ayant échoué en 1753 .. Sparrman, qui n'a que très peu d'argent, obtient un poste de précepteur chez J. F. Kirsten, un riche colon, d'abord à Simon's Town, puis à Alphen, grâce à une lettre de recommandation de Linné et, au soutien d'Ekeberg. Il voyage à bord du Stockholms Slott, un navire de la Compagnie suédoise des Indes orientales, partant de Göteborg en et arrivant au Cap en . Le voyage lui-même est offert par la Compagnie, sur demande d'Ekeberg et de Linné. Il retrouve au Cap le naturaliste Carl Peter Thunberg, un autre apôtre de Linné avec qui il avait étudié à Uppsala et qui est alors au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Toutefois, contraint de travailler pour gagner sa vie, Sparrman ne peut consacrer qu'un temps limité à la botanique et à la zoologie. Il réalise tout de même des excursions avec Thunberg autour du Cap et une excursion de huit jours en direction de Paarl avec Franz Pehr Oldenburg, lui aussi ancien élève de Linné. Dès ce premier séjour au Cap, il apparait clairement que Sparrman est davantage intéressé par la zoologie et l'ethnographie que par la botanique.

Circumnavigation avec James Cook (1772-1775) alt=Carte du monde montrant les itinéraires des trois voyages réalisés par James Cook autour du monde.|gauche|vignette|Itinéraire du deuxième voyage de James Cook en vert. Lorsque James Cook arrive en , au début de son deuxième voyage dans le Pacifique qui a pour but de déterminer si la Terra Australis existe, Johann Reinhold Forster et son fils Georg, deux naturalistes qui participent à l'expédition, rendent visite à Sparrman et lui proposent de l'engager comme assistant.. Sparrman hésite et décide finalement d'accepter d'une part parce que d'autres naturalistes sont également présents au Cap et d'autre part parce qu'il pense qu'un Suédois doit participer à ce voyage. Il prend donc part au deuxième voyage de James Cook, quittant le Cap le et voyageant successivement en Nouvelle-Zélande, en Polynésie, à l'île de Pâques et à la pointe méridionale de l'Amérique du Sud. Il est ainsi, avec Daniel Solander, l'un des deux disciples de Linné à avoir accompli le tour du monde.

Du point de vue de la botanique, les découvertes sont moins riches que pendant le premier voyage de James Cook, au cours duquel la côte australienne avait été explorée. Par ailleurs, la part du travail réalisé par Sparrman dans le domaine de la botanique est difficile à estimer puisque ces travaux sont réalisés en commun avec les Forster et qu'il ne publie par la suite pas d'articles scientifiques à ce sujet. Dans l'introduction de son Characteres generum plantarum paru en 1776, Johann Reinhold Forster précise toutefois que Sparrman a décrit les plantes découvertes pendant l'expédition, que Georg Forster les a dessinées et que lui-même s'est consacré exclusivement aux descriptions d'animaux. Sparrman découvre par ailleurs plusieurs espèces d'oiseaux pendant ce périple.

Sur l'île polynésienne d'Huahine, il est attaqué par des autochtones, peut-être parce qu'il a tué des oiseaux considérés comme sacrés ou parce qu'ils souhaitaient s'emparer de ses habits. Le , il revient au Cap. Les collections naturalistes rassemblées pendant le voyage sont divisées entre Sparrman et les Forster. La part de Sparrman est rapatriée en Suède aux frais de l'Académie royale des sciences de Suède.

Second séjour au Cap (1775-1776) alt=Peinture représentant un quagga vu de côté. Le quagga est une sous-espèce du zèbre. Il en a les rayures noires, mais son pelage est pour le reste majoritairement brunâtre et non blanc.|vignette|Un Quagga (Equus quagga quagga). Sparrman reste, lui, au Cap où il exerce à nouveau la médecine afin de financer sa propre expédition en Afrique du Sud. En compagnie de Daniel Immelmann (1756-1800), il entreprend en une expédition de huit mois dans l'intérieur des terres où il s'intéresse notamment aux mammifères. Ce voyage le conduit à Caledon, à Mossel Bay, dans le désert du Petit Karoo et finalement dans la baie d'Algoa. Il publiera, entre 1777 et 1780, les descriptions de dix mammifères dans les Actes de l'Académie, dont celles, inédites jusque-là, du Buffle d'Afrique (Syncerus caffer) et du Bushbuck du Cap (Tragelaphus sylvaticus)Le Bushbuck du Cap est actuellement plutôt considéré comme une sous-espèce du Guib harnaché.. Les travaux de Sparrman seront très utiles à des zoologues tels que Georges-Louis Leclerc de Buffon, Thomas Pennant ou Jean-Nicolas-Sébastien Allamand et il est considéré comme l'un des zoologues les plus observateurs et les plus performants de son temps. Il s'intéresse tant à l'anatomie qu'au comportement des mammifères qu'il étudie. Sparrman n'hésite pas à critiquer ses confrères, notamment Allamand, pour l'inexactitude de leurs descriptions. Il ramène également en Suède un jeune quagga et un hippotrague bleu, deux espèces aujourd'hui éteintes et procède à la première dissection d'un rhinocéros. Ils se trouvent désormais tous deux au Musée d'histoire naturelle de Stockholm. Sparrman a par ailleurs excavé, dans la province du Cap-Oriental, un monticule de pierres, ce qui constituerait la première activité archéologique sur sol sud-africain.

Pendant son séjour au Cap, Sparrman commence également une collection d'insectes et découvre environ de charançons. Ses découvertes en matière de botanique sont plus modestes, Thunberg ayant déjà largement exploré la région, et Sparrman ne peut décrire que trois nouvelles espèces (Ekebergia capensis, dont le nom latin fait d'ailleurs référence à Carl Gustaf Ekeberg, capitaine du navire sur lequel il s'est rendu en Chine, , baptisée ainsi en l'honneur du roi Gustave III, et ). C'est également pendant qu'il vit en Afrique du Sud que Sparrman se voit décerner, en 1775, le titre de docteur en médecine honoris causa par l'Université d'Uppsala.

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