Camors est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Géographie Localisation La commune fait partie du Canton de Pluvigner, de la communauté de communes Auray Quiberon Terre Atlantique et dépend de l'arrondissement de Lorient. La commune s'étend sur et est entourée par les communes de Baud, de Pluvigner et de La Chapelle-Neuve. La commune se trouve à vol d'oiseau à au sud de Pontivy, à au nord-ouest de Vannes, à à l'est-nord-est de Lorient, à à l'ouest-sud-ouest de Rennes et à au sud-est de Brest.

Relief et hydrographie Située à une altitude moyenne de , celle-ci culmine à et est à son point le plus bas de . La rivière Ével et la rivière Tarun sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune de Camors. Ces deux rivières sont respectivement affluent et sous-affluent du Blavet. De nombreux ruisseaux prennent leurs sources sur la commune. Elle est située pour partie sur le massif des landes de Lanvaux dont elle constitue l'extrémité occidentale.

Les forêts de Camors et de Floranges La commune de Camors est couverte en grande partie par deux massifs forestiers, la forêt domaniale de Camors et la forêt de Floranges. Avec de boisCamors sur le site France, le trésor des régions, Roger Brunet, le taux de boisement de la commune est de 44 % contre 16,4% pour le département du Morbihan. Le substrat géologique de ces massifs forestiers est presque exclusivement constitué du granite de Lanvaux, à structure gneissique, qui génère des sols à ph acide. Ces forêts ont été achetées par Louis XVI en 1785 pour alimenter les arsenaux de Lorient en bois de marine et sont devenues propriété de l'État lors de la Révolution française. vignette|left|Outils en bois de la forêt de Camors vendus par des artisans de Baud vers 1920 (carte postale Mozais). vignette|left|Carte de la forêt de Camors et des Bois de Coët Fourno et Trelecan (Openstreetmap). La forêt de Camors (qui s'étend aussi sur les communes de Pluvigner et Baud), forêt domaniale, située sur un plateau granitique vers d'altitude à l'ouest du bourg de Camors, est vaste de de feuillus, notamment des boisements de chênes, de hêtres (recherchés pour la fabrication des sabots) et de châtaigniers, ainsi que des résineux (pins sylvestres et maritimes, sapins et épicéas). Elle est, ainsi que ses appendices les bois de Coët Fourno, de Quinipily et de Trélécan (qui sont des propriétés privées et appartiennent à la commune voisine de Baud pour les deux premiers cités, et à celle de Pluvigner pour le troisième cité), classée SNIEFF. L'ouragan d' a détruit de cette forêt..

Les habitants de Camors vivaient essentiellement de la forêt. Ils étaient charbonniers, sabotiers, scieurs de long, faiseurs de balais, bûcherons... Il y a eu jusqu'à deux cents bûcherons et quatre-vingt-dix sabotiers. Les scieurs de long étaient souvent aussi laboureurs, travaillant en forêt principalement à la saison morte, vivant dans des loges (cabanons) en forêt ; ce fut par exemple le cas de la famille Le Torriellec dont cinq générations successives au moins pratiquèrent ce métier. ; ce métier a disparu en raison de la mécanisation après la Seconde Guerre mondiale.

Jean-Baptiste Ogée écrit en 1778 qu' « il y a dans cette forêt de Camors une espèce de colonie de bûcherons qui, depuis plus de deux cents ans, sont occupés à couper le bois dont on fait une vente tous les quinze jours. Les seigneurs de Quinipily jouissent encore de ce privilège (...) »..

La religion et l'autorité civile n'avaient que peu d'emprise sur cette population vivant en forêt. Camors est une des seules communes de France où il reste en 2020 deux scieries et un sabotier. De nos jours encore, l'un des derniers sabotiers de Bretagne est l'entreprise du Sabot Camorien., fondée par Émilien Simon dans une cabane en bois, et reprise son fils Claude Simon, qui quitta la cabane au bout de pour s'agrandir et suivre la demande au vu du succès et de l'évolution du sabot. L'entreprise a été rachetée en 2022 par Jean Boutros..

La forêt de Floranges (qui s'étend aussi sur les communes de Pluvigner et La Chapelle-Neuve), également forêt domaniale, est située à l'est du bourg de Camors sur un plateau vers d'altitude ; elle est vaste de et contient des boisements analogues à ceux de la forêt de Camors. C'est également une ZNIEFF.. L'ouragan d’ a détruit une partie de cette forêt () qui a été replantée depuis en peuplements mixtes et notamment du chêne rouge d'Amérique. Elle contient aussi l'alignement de menhirs de Kornevec.

Un conte raconté par un cultivateur de Camors et retranscrit en 1899 commence ainsi : « Autrefois à Camors il y avait beaucoup de loups ; pour les prendre on creusait dans les sentiers des fosses profondes, plus larges vers le bas que par le haut et on les recouvrait de branches ».. C'est en raison de l'abondance des loups dans le passé que le bagad local a été dénommé Bagad Bleidi Kamorh ("Bagad des Loups de Camors"). Un autre conte raconte l'histoire d'un charbonnier de la forêt de Camors et de deux loups. ; un autre celle d'un enfant enlevé par des korrigans (nombreux, disait-on, en forêt de Camors)..

Des chasses à courre étaient organisées dans ces deux forêts. L'équipage de chiens courants le plus célèbre fut l'"équipage Goulaine" en 1896-1897, dirigé par le comte Geoffroy de Goulaine, dont le chenil se trouvait au manoir de Kerlagadec en Pluvigner..

Morphologie urbaine

La population se répartit majoritairement autour de trois pôles : le bourg, le village de Lambel-Camors et le village de Locoal-Camors.

Hydrographie

vignette|Le Trideur dans la Forêt de Floranges La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Evel, le Tarun, le Pont Fao, le ruisseau de Keronic, le Goah Roduhern, le Kervihan, le ruisseau de Kervocarnic, le ruisseau de Pont du, le ruisseau du Moulin la motte, le Trideur, le ruisseau du Groho et divers autres petits cours d'eau..

L'Ével, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Réguiny et se jette dans le Blavet à Quistinic, après avoir traversé .

Le Tarun, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bignan et se jette dans l'Ével à Baud, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CamorsLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang du le Petit Bois ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bignan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Transports

Urbanisme Typologie Au , Camors est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de CamorsUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols simplifiée de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est la suivante : forêts (48,2 %), terres arables (23,2 %), zones agricoles hétérogènes (16,5 %), zones urbanisées (7,2 %), prairies (4,1 %), végétation arbustive ou herbacée (0,7 %).. Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols détaillée de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de cette même base.

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 7,2 % 267Terres arables hors périmètres d'irrigation 23,2 % 862Prairies et autres surfaces toujours en herbe 4,1 % 152Systèmes culturaux et parcellaires complexes 16,3 % 604Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 0,2 % 8Forêts de feuillus 16,5 % 610Forêts de conifères 18,3 % 678Forêts mélangées 13,5 % 501Forêt et végétation arbustive en mutation 0,7 % 26Source : Corine Land Cover. L'occupation des sols de la commune met en évidence la prédominance de la forêt sur les espaces agricoles. Celle-ci occupe près de la moitié de la surface communale. Elle est constituée pour moitié de feuillus et pour moitié de conifères. Camors appartient en effet à la région naturelle des Landes de Lanvaux. Cette région était autrefois occupée par des landes mais celles-ci ont été remplacées par des plantations de résineux à partir de 1950..

Toponymie Le nom de la localité est mentionné sous les formes Camor en 1204 ; Kemorz en 1228Hervé Abalain - 2000 - Noms de lieux bretons - éditions Jean-Paul Gisserot - Page 61..

De [car / ker], « hameau, village » et [mourz] en vannetais, « humide, bourbeux ». Mais le site Internet de la commune donne une autre explication : le nom proviendrait de Conomor, appelé aussi Comorre..

Le nom breton de la commune est Kamorzh.

Le nom du hameau de Locoal-Camors proviendrait du breton lok qui signifie « ermitage » et de saint GoalMichel Priziac, Michel Mohrt, Kidour - 2002, Bretagne des saints et des croyances, page 227., , Gwal, Gurval, Gutual ou encore Gault, un ermite breton. qui aurait vécu une partie de sa vie dans la lagune d'Etel (donnant son nom à Locoal-Mendon), puis dans la forêt de Camors où il serait décédé..

Histoire

Préhistoire

De très nombreux monuments mégalithiques du néolithique et tumuli datant probablement de l'âge du bronze se trouvent dans la commune, principalement en forêt. Parmi eux, les Menhirs de l'Étoile, dont le Men Vras et le Men Vihan sont encore bien dressés en forêt, parmi d'autres à terre aux abords immédiats, l'allée couverte de Lann er Vein, l'alignement de Kornevec, en forêt de Florange, le menhir de l'Armoirie, en forêt de Florange et le dolmen à couloir du Grenan.

Antiquité