Caro est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne. Elle fait partie de la communauté de communes De l'Oust à Brocéliande Communauté
Géographie Situation
À proximité de la petite ville de Malestroit, la commune rurale de Caro occupe une position excentrée au nord-est de son bassin. D'une superficie de , elle est bordée par huit autres communes : Réminiac, à l'est, Augan au nord, Monterrein au nord-ouest, la Chapelle-Caro et Saint-Abraham à l'ouest, Saint-Marcel au sud-ouest et Missiriac et Ruffiac au sud. Ses dimensions sont relativement importantes, soit d'est en ouest et du nord au sud.
Relief L'altitude moyenne de la commune est de . Le bourg occupe une position centrale et dominante au cœur d'un réseau abondant de villages et de hameaux. Positionné sur un point haut (environ ), il surplombe un paysage particulièrement vallonné. Bien que modeste, cette altitude est l'une des plus élevées du pays de Guer à Ploërmel.
Paysages et habitat Le remembrement de 1976 a profondément transformé l'identité bocagère. de la commune mais elle reste relativement boisée, notamment au centre et vers l'est. La lande de Chêne-Tort, ou bois de Chêne-Tort, a conservé son caractère forestier, matérialisant la séparation avec les communes voisines de Monterrein et de la Chapelle-Caro au nord du village de la Gajale.
Géologie Géologiquement.., le territoire communal de Caro est positionné sur le synclinal paléozoïque isolé de Réminiac., constituant le contrefort méridional de l'ellipse de Réminiac.. Cette assise briovérienne est dominée par le schiste. À l'ouest, une bande de terres alluvionnaires du quaternaire s'étend jusqu'à l'Oust, principale rivière de la région.
Le Bas-Caro, des villages de Kesrablon à la Bourzaie, est sous-bassée de schiste du briovérien moyen et supérieur (ère Primaire). Une bande de grès traverse la commune du bois de Chêne-Tort jusqu'au village de la Métairie-Neuve (cambrien et trémadocien), englobant le bourg. Le schiste lui succède pratiquement sur tout le reste la commune. À l'extrémité nord-est, une autre enclave de grès entoure le village de la Ville-Buo. Des gisements fossilifères schisteux existent, notamment au hameau de Chaudeveille sur les hauteurs du bourg et au Valet.
Le grès a fait l'objet d'une exploitation à usage de d'empierrement des routes et des chemins, ainsi qu'à la construction. De nombreuses maisons sont bâties avec cette pierre extraite jadis du sol communal. Il est établi également que la tour-clocher de l'église paroissiale de Caro. a été bâtie avec des pierres de grès provenant de la Ville-Buo. Le schiste a également été exploité, d'anciennes cavités témoignent de la présence d'une ancienne carrière ardoisière à la Gerbaudaie. Son exploitation a pris fin dans les années 1960.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Oust, les Arches, le Raimond, la Maurinais, le ruisseau de Gardeux, le ruisseau de Gerguy, le ruisseau de Raimond et divers autres petits cours d'eau..
L'Oust, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de La Harmoye et se jette dans la Vilaine à Rieux, après avoir traversé ..
Les Arches, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Augan et se jette dans l'Oust à Saint-Congard, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CaroLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Gland ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploërmel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Caro est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Ploërmel, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (88,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,7 %), zones agricoles hétérogènes (22,4 %), forêts (9,4 %), zones urbanisées (1,9 %), prairies (1,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est mentionné sous les formes Caroth en 833 et 1131, Caroch de nouveau en 1131, Charoth en 1148, ecclesia de Karou en 1330 et Caro au .
Caro, en breton Karozh, a le sens de Karv , ar c'harv, substantif masculin prononcé "Karo", et signifiant « le cerf ». Ce sens se retrouve signifié dans les armoiries de la commune. Caro pourrait aussi venir du mot Carrofum, qui équivaut au mot latin quadruvium (carrefour)..
Deux autres hypothèses de traduction sont également possibles :
- En se basant sur le nom "Caroth" présent en 833, 856, 859 et 878. En effet, la partie "Car" serait à rapprocher du vieux breton "Caer" qui signifie village. La seconde partie "Roth", quant à elle, pourrait être associée au breton "Ros" qui signifie "tertre". La traduction serait alors le village du tertre ce qui semble parfaitement correspondre à la géographie.
- En se basant sur le nom "Caroch" présent en 1131. La partie "Car" signifiant toujours village, la seconde partie "Roc'h" signifiant le rocher, ce qui donnerait le village du rocher. Cette hypothèse pourrait se tenir si on trouvait des dolmens/allées couvertes à proximité comme c'est le cas aux lieux-dits Kerroc'h à Ploemeur (dolmen), Kerroc'h à Quéven (dolmen à couloir), Kerroch à Plouharnel (dolmen) ou Kerroc'h à Plouneour-Trez. Ou si le village de Caro avait été déplacé depuis un autre endroit à proximité de l'un de ses mégalithes, la stèle du Pommant, le menhir de Bodel ou l'une des allées couvertes du Chêne-Tord, du Grand-Village, du Fray ou du Lobo... On n'en connaît aucune preuve.....
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Karozh.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 29,0 % des toponymes de la commune sont bretons.
Histoire
Préhistoire Plusieurs monuments funéraires mégalithiques ont été édifiés sur le territoire de Caro par les hommes de la Préhistoire, parmi lesquels certains subsistent encore de nos jours : l'allée couverte du Grand Village ; l'allée couverte de Caro ; l'allée couverte de Lobo ; l'allée couverte de la Gajale.
Antiquité La voie romaine de Juliomagus (Angers) à Vorgium (Carhaix), dite «Chaussée d'Ahès», sert aujourd'hui de limite avec la commune de Missiriac. Une borne leugaire romaine, (distance indiquée en lieues gauloises) a été trouvée en 1976 au lieu-dit « les Terres de Crohenneuc », lors de travaux effectués sur la chaussée. Elle est dédiée au César Tetricus le Jeune et datée d'entre la fin 270 et le début 274 après J.CAnnales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Année 1978, 85-3, Patrick André, Le milliaire de Caro (Morbihan) : une dédicace à Tetricus-le-Jeune : pp. 349-360..
Une seconde borne milliaire, dédiée aux empereurs de la première Tétrarchie et datée des années 293-305, ne porte pas d'indications de distance. Elle sert actuellement de socle à la croix du cimetière. Cette christianisation en guise de remploi lui a permis d'éviter une destruction plus définitive.
Moyen Âge
L'acte de donation du patrimoine noble du seigneur Wiakalsn, qui se fit moine à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, signé par Condeloc, un des moines fondateurs de l'abbaye, fut signé au au château du Liscoët..
En 1131 les dîmes de l'église paroissiale de Caro furent réunies à celles de la chapelle de la Madeleine de Malestroit..
Jean-Baptiste Ogée cite comme maisons nobles à Caro en 1300 le château du Bodel, la seigneurie de Rampouet, le Beyzit, le Guine-des-Touches, la Barre, le Cleyo, la Guiodais, le Coy, la Bouexière, le Lobo, Caro, le Vaupinel, Trevegat. Il ajoute à cette liste pour l'année 1660 le Fresne, le Tay, la Briandais et le Bois-Rouaud.
Temps Modernes
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Caro en 1778 :
Révolution française
De La Noë, recteur, ainsi que S. Razin et H. P. Cou, tous deux curés de Caro, font partie des signataires d'un texte publié le par le journal L'Ami du roi annonçant l'opposition des signataires à la Constitution civile du clergé..
Le 19 floréal an IV () une colonne de soldats républicains forte de à hommes, commandée par les adjudants généraux Simon et Crublier, se heurta à une bande de Chouans composée de 700 à 800 hommes au château de la Bourdonnaye ; n'osant pas les attaquer de suite et en ayant perdu la trace ensuite, Simon et Crublier laissèrent leurs soldats se livrer sur les communes de Caro et Monterrein à un pillage qui dura deux jours..
Le A. Marteville et P. Varin, continuateurs d' Ogée, décrivent ainsi Caro en 1843 :
En 1854 la commune de Caro, ainsi que de nombreuses communes des alentours, est ravagée par une épidémie de dysenterie..
En 1873 « des habitants de La Chapellle, de Caro, de Lizio, de Quily, de Plumelec (Morbihan) demandent le rétablissement, dans le plus bref délai, de la royauté en la personne de Henri V, héritier légitime de la couronne de France »..
Le
La Belle Époque