Gaoté est un village de l'ouest de la Côte d'Ivoire, et appartenant au département de Biankouma, dans la région des Dix-Huit Montagnes. La localité de Gaoté est un chef-lieu de commune Décret n° 2005-314 du 6 octobre 2005 portant création de cinq cent vingt (520) communes..
Histoire Gaoté est situé à 18 km de Biankouma. Il est peuplé d'environ . Typiquement Toura, le patois Toura y est parlé par tous à l'exception des fonctionnaires, tels que les instituteurs, les infirmiers et les agents de l'agriculture. Gaoté signifie « sur la montagne Gao ». Le village est composé de 7 quartiers représentant des regroupements de grandes familles. Les noms des habitants sont à consonance Malinké, afin de se dissimuler parmi les Malinkés pour fuir la razzia de Samory Touré, par le passé. D'autres familles portent des noms purement Toura. Gaoté comporte également un quartier plus moderne dans lequel toutes les familles se côtoient où se trouvent l'école primaire, le dispensaire et les centres de culte monothéiste.
La configuration de la population de Gaoté.
Gaoté est un village toura de côte d'Ivoire dans la région de Tonkpi, dans le département de Biankouma et dans la sous préfecture de Kpata.
Les premiers habitants de Gaoté sont les Gbiéminbo et ont pour totem principal la panthère. Ils sont arrivés sur la montagne Gô en fuyant les combats des traites des noirs et de la colonisation de SAMORY TORE. Ensuite, les döho-minbo qui eux viennent de Déhoulé (DINWLA). Et parmi ces döho-minbo, ce sont les grands parents de Zréwlaminbo qui ont été installés sur le mont GAO. A cette époque, il fallait être en grand nombre pour combattre les ennemis envahisseurs qui fuyant la traite négrière puis la colonisation de SAMORY TOURE cherchaient des terres d'asile. Sachez que dans la migration des peuples, quand un parent se déplace et va quelque part, il est suivi par d'autres frères. Cela se voit aujourd'hui même avec les migrants qui traversent la méditerranée. Surtout, au moment de la colonisation de SAMORY TOURE et de la traite négrière, le suivisme aux parents qui ont trouvé refuge dans un endroit était élevé. C'est ainsi que d'autres frères (les grands parents des Pré, des Dan et autres Tia) de celui qui est venu s'installer à côté des Gbiéminbos, l'ont suivi.
Les déplacés venus de Déhoulé, à qui le mont Gao leur a été donné par leurs tuteurs Gbiéminbo , vont commencer à devenir de plus en plus nombreux. Je rappelle que quand un déplacé arrive, son tuteur de frère lui donne une portion de terre.
Pour lutter efficacement contre les ennemis qui étaient à la recherche des terres, les Gbiéminbo font signer un contrat de défense avec les grands parents de Gbolémiinbo qui eux aussi ont trouvé refuge sur la terre occupée initialement par Gbiéminbo. pour combattre les adversaires qui tenteraient de leur ravir leurs terres. Ses guerriers de gbominbo avaient une arme fatale qui était que quand ils faisaient face aux ennemis, ces derniers devenaient automatiquement aveugles. En récompense, les tuteurs Gbiéminbos leur permettaient de cultiver sur des portions de terre un peu partout qui leur étaient attribuées. Voilà pourquoi, les Gboléminbos n'ont pas de terre fixe à Gaoté comme Drouba, pour les Döhominbo, comme Gö pour les gens de Gbiélé, comme Lèïm'ba pour les gens de Louagbawla.
Quant aux Zominbo, ils étaient les devins, les marabouts. Ce sont eux qui permettaient aux populations de voir à quels niveaux sont les ennemis afin que les guerriers s'apprêtent à aller les combattre. Le dernier héritier de leur chef que nous avons connus était Kièwrène.
Les gens venus de Déoulé étant devenus nombreux, n'ayant plus de terre à cultiver, ils vont s'attaquer au chef des Döhö-minbo qui n'était que GBANAN, donc leur frère qui avait plus de terres étant chef qui les a installés. Ils vont l'exécuter. Pour le faire, YABRI et ses complices vont faire un guet apens à GBANAN et son fils DAN à leur retour d'une mission car GBANAN était le chef des Döhominbos. Les descendants de YABRI sont les "pré" qui sont les Zawaléminbo. Après les avoir exécutés avant d'arriver au village, leurs corps ont été enterrés à GBANGUI qui est une forêt en bas du mont GAO, là où vivaient les Döhominbos.
Quand le chef GBANAN fut tué, la famille de Döhominbo constituée initialement de Zréwraminbo aujourd'hui, de Zawaléminbo aujourd'hui, de Driwèhiminbo aujourd'hui, de Louagbawla aujourd'hui, de Gbéïgui aujourd'hui et certains aussi partis à Ouindié, cette famille de Döhominbos va se disloquer.
Les descendants de DAN fils de GBANAN sont les Douo Sri, les Manga, les Vehi, les Manlés. Ce sont ceux qui forment aujourd'hui la famille de Louagbawla.
Yabri qui a exécuté GBANAN a pour descendants les pré de Zawaléminbo. Le reste de la famille qui sont les TIA, va se diviser en quatre parties dont les Zréwlaminbo, les Driwèhiminbo, ceux de Gbéigui et de Ouindié.
Depuis que certains des descendants de DAN fils de GBANAN ont appris l'histoire de leurs grands parents, beaucoup sont allés vivre à Blapleu, à Krogouilé, à Sangouiné et dans d'autres contrées.
Voici ce qui s'est passé et certains parents ont quitté Gaoté puisque leurs regards avaient changé sur les descendants de ceux qui ont tué leurs arrières grands parents pour la lutte de la conquête des terres.
La tradition de Gaoté.
A Gaoté, le chef de Terre est appelé Sèzan ou Loumin, c'est le chef du territoire ou du terroir villageois. Il se trouve être naturellement dans les rapports les plus étroits. Parmi ses fonctions se trouve en effet le sacrifice à la Terre, tous les ans à la saison sèche. Sèzan est une grande divinité qui a des rapports avec les morts, les âmes des ancêtres (Gôbos) puisque ceux-ci habitent la terre ainsi que l'eau. Une fois par an, dans le village, on offrait donc le sacrifice des ignames aux ancêtres pour la bénédiction des nouveau-nés et de la prochaine saison agricole pendant la fête des ignames au cours de la saison sèche. Le village préparait une certaine quantité de calebasses de riz et calebasses de vin de palme pour ceux dont les enfants devenaient majeurs en âge de se marier. Le Sèzan, le matin, accompagné des vieillards, des hommes, des femmes, des enfants du village, allait, au milieu de la place du marché, au lieu traditionnel du sacrifice. Il offrait un kola blanc, quatre poulets blancs, un jeune bouc. Il faisait gicler le sang des animaux sur le sol à la place consacrée et versait aussi un peu de vin de palme. Cela fait, on faisait cuire les animaux offerts et le village entier les mangeait en buvant le reste du vin de palme (ce n'est pas évidemment le Sèzan qui en avait le plus). Les masques sortaient et s'amusaient autour du village, tandis que la population dansait ensuite toute la journée et le soir où les masques doivent entrer dans le village, jeunes enfants et femmes rentraient dans la maison pour ne pas voir les masques. La fête durait un jour.
Le Sèzan, chose curieuse, ne s'occupait pas, ou guère, des affaires de justice. Je dis « chose curieuse » parce que la Terre est une divinité très crainte et très redoutée chez les touras. Elle a du reste le même caractère dans toute l'Afrique occidentale et soudanaise. C'était le Louti (nom mandé) ou chef de village qui réglait les affaires de justice courantes. Cependant le Sèzan avait une prérogative indiscutée : c'était lui qui était chargé d'empêcher d'éclater, s'il le pouvait, les guerres intestines de famille à famille ou de village à village. Il était chargé en tout cas de les faire cesser, au nom de la Terre offensée de ces batailles et de ces meurtres, Mais cet état de choses psychologique arrivant toujours au bout d'un temps plus ou moins long, le Sèzan le mettait à profit et faisait alors entendre la voix redoutable de la Terre. Il faut noter que le Sèzan, quoiqu'il soit le grand prêtre de la Terre, ne lui parle pas directement et n'a pas l'honneur immédiat de ses confidences. C'est un médium, un devin, (un zomi, qui vient de Zolé un des quartiers de Gaoté) qui parle avec la Terre et vient révéler ses désirs (qui sont des ordres) au Sèzan. Ainsi, le Sèzan, quelquefois, défend de cultiver ou même à utiliser une parcelle de terre à d'autres fins à certains endroits en disant qu'il existe là un village de morts et que ceux-ci ne veulent pas être dérangés. Les Touras ne cultivent le vendredi (grokouè) parce que c'est un jour de culture des morts et qu'on ne veut pas entrer en concurrence avec eux. On ne travaillait pas non plus le lendemain de l'apparition de la nouvelle lune parce que, si on le faisait, celle-ci attrapait tout, mangeait les produits et dévastait ainsi la culture.
Les Gôbos c'est le nom des morts (singulier et pluriel), des Doubles, des Ancêtres, des Mânes. ont leur féticheur, et, si on les néglige, ils empêchent la pluie de tomber et affament ainsi le village. De même ils lui envoient des maladies, toujours au cas où ils sont négligés. Ces Gôbo ne peuvent être vus ni par les femmes, ni par les enfants, ni par les non-initiés. Les Mânes, cependant, aiment leurs descendants, sont justiciers et amis de la paix et terminent de concert avec la Terre, les guerres intestines. D'autre part ils sont la source toujours vivifiante de la race puisqu'ils se réincarnent au bout d'un certain temps de séjour dans le pays des morts, dans le ventre des femmes de la tribu. Ils ne sont donc ombres que momentanément et passent leur existence éternelle, tantôt sur la terre comme vivants, tantôt encore, comme ombres, au sein de la Terre ou de l'Eau. Mais, ombres, ils sont aussi vivants en réalité que les vivants matériels. C'est pour aller chercher la bénédiction auprès de ces ancêtres que les dohomimbos partaient à Gökprogui tuer des poulets, des moutons et autres, tandis que les Gbiémimbos allaient à göligui qui était leur lieu de sacrifice. Il y avait deux fêtes pour les Gôbo (les morts) : l'une à Gökprogui et l'autre à göligui. L'offre du sacrifice réglé par la coutume était des poulets, du bouc, du bélier, de la kola blanc, des calebasses de riz cuit, des calebasses d'huile de palme, sans compter le vin de palme, des chiens particulièrement à göligui.