Elisabeth Kübler-Ross, née le à Zurich en Suisse et morte le à Scottsdale (Arizona) aux États-Unis, est une psychiatre helvético-américaine, pionnière de l'approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie.

Elle est connue pour sa théorisation des différents stades émotionnels par lesquels passe une personne qui apprend sa mort prochaine (modèle Kübler-Ross). Elle a initialement appliqué sa théorie à toute forme de perte catastrophique. Elle s'est intéressée également aux expériences de mort imminente.

Le prix de recherche « Elisabeth Kübler-Ross » est décerné tous les deux ans par l'unité « Recherches en soins palliatifs, thanatologie et éthique en fin de vie » de l'institut universitaire Kurt-Bösch à Sion en Suissehttps://www.cairn.info/revue-infokara1-2008-2-page-75.htm.

Biographie Elisabeth Kübler naît le à Zurich. Elle est l'aînée de triplées : gauche|vignette|Les triplées Kübler : Elisabeth, Eva et Erika En 1942, désirant devenir médecin, elle travaille dans la clinique du docteur Karl Zehnder. L'arrivée des nazis en Europe de l'Ouest provoque un flux de réfugiés dont certains aboutirent dans cette clinique. Elisabeth Kübler prend en charge les besoins de nourriture et de vêtements. En 1945, avec les Volontaires pour la paix (IVSP, , voir Service civil international), elle se rend en France, principalement dans le village d'Écurcey, puis en Pologne en 1947, au milieu d'une épidémie de typhoïde. Au camp de concentration nazi de Majdanek, elle découvre les papillons noirs dessinés sur les murs par les enfants juifs avant de mourir (ce qui selon eux signifiait qu'ils « s'envoleraient », comme une chenille devient papillon) et qui deviendront plus tard les symboles de son travail. Elle déclare alors que c'est cette visite qui l'a convaincue de travailler pour les mourants. Atteinte de typhoïde, elle rentre en Suisse.

En 1951, elle passe l'équivalent du bac et est reçue à l'université de Zurich et reçoit son diplôme de médecin en 1957, se marie avec le médecin américain Emanuel Ross et se rend avec lui aux États-Unis.

Elle obtient son titre de psychiatre en 1963 à l'université du Colorado. À l'institut de psychanalyse de Chicago, en 1965, elle entreprend une psychanalysehttps://books.google.fr/books?id=-tRvxTw0nj4C&newbks=1&newbks_redir=0&printsec=frontcover&pg=PT48. À l'hôpital, elle entreprend un dialogue avec des patients en phase terminale, auquel assistent des observateurs derrière un miroir sans tain, avec l'accord des patients. Après un article dans , elle publie son premier livre en 1969 : (traduit en français sous le titre : Les derniers instants de la vie) qui lui apporte un énorme succès qui la submerge et où elle expose ses cinq étapes du deuil pour la première fois. Selon le docteur Mignot, ses confrères et l'hôpital où elle travaille n'apprécient pas ce succès qui évoque la mortalité dans les hôpitaux.

Après d'autres hôpitaux, elle se retrouve à Denver. Là, va commencer une expérience inédite qui bouleversera toute son existence à venir. Son supérieur doit partir en voyage en Inde, mais une conférence était prévue à Denver à la même date. Elisabeth aura la responsabilité de conduire le séminaire auprès des internes et des étudiants en médecine. Le thème sera : l'état psychologique du mourant face à la mort. Et pour cela, elle fera venir Linda, âgée de 16 ans, mourante, atteinte d'une leucémie pour parler de son état actuel devant le publicElisabeth Kubler-Ross, La mort, dernière étape de la croissance, 1997, Éditions du Rocher.

En 1972, elle s'intéresse aux expériences de hors-corps de Robert Monroe Joan Kron « The out-of-body trip: what a way to go! » New York Magazine 1976. Report on an experience at the Monroe Institute and discussion of OBE/NDE. Elle écrit la préface du livre de Raymond Moody (1975). Elle s'installe à Escondido, au sud de la Californie, où elle établit le centre de soin Shanti Nilaya. Elle organise des séminaires, dont le but est, selon elle, de Elle se consacre ensuite aux enfants qui vont mourir et aux victimes du SIDA.

Elle prend sa retraite en 1996 et, après plusieurs accidents vasculaires cérébraux qui vont la handicaper, elle meurt à 78 ans, le , à Scottsdale, en Arizona, en compagnie de son fils Kenneth et de sa fille Barbara.

En 2005, son fils Kenneth Ross a fondé la Fondation Elisabeth Kübler-Ross, qui existe encore aujourd'hui. Il existe des chapitres de la Fondation dans une douzaine de pays à travers le monde, dont la France.

Modèle Kübler-Ross

vignette|Les 5 étapes du deuil selon le modèle de Kübler-Ross : déni , colère, marchandage, dépression et acceptation.

Selon Elisabeth Kübler-Ross (1969), après un diagnostic de maladie terminale, on observe « cinq phases de deuil » (). Kübler-Ross a initialement appliqué ces étapes à toute forme de perte catastrophique (emploi, revenu, liberté). Cela comprend également la mort d'un être cher, le divorce, la toxicomanie, ou l'infertilité.

Déni (). Exemple : « Ce n'est pas possible, ils ont dû se tromper. » Colère (). Exemple : « Pourquoi moi et pas un autre ? Ce n'est pas juste ! » Marchandage (). Exemple : « Laissez-moi vivre pour voir mes enfants diplômés. », « Je ferai ce que vous voudrez, faites-moi vivre quelques années de plus. » Dépression (). Exemple : « Je suis si triste, pourquoi se préoccuper de quoi que ce soit ? », « Je vais mourir… Et alors ? » Acceptation (). Exemple : « Maintenant, je suis prêt, j'attends mon dernier souffle avec sérénité. » Il est important de noter que dans le livre original de Kübler-Ross de 1969, elle a inclus un graphique pleine page montrant clairement plus de cinq étapes. D’autres « étapes » incluses par Kübler-Ross étaient : le choc, le déni partiel, le deuil préparatoire (également connu sous le nom de deuil d’anticipation), l’espoir et le désinvestissement (le processus de désinvestissement de l’énergie mentale ou émotionnelle dans le monde extérieur). En outre, elle a mentionné d’autres « étapes » telles que la culpabilité, l’anxiété et l’engourdissement.

Kübler-Ross a déclaré que la seule source d'inspiration pour l'identification des « cinq étapes du deuil » était « L'ego et les mécanismes de défense » d'Anna Freud de 1936. Il est ironique que Kübler-Ross, qui était une fervente adepte de Karl Jung, ait pu obtenir son idée la plus célèbre de la famille Freud.

Kübler-Ross a également fait valoir que ces étapes ne sont pas nécessairement dans l'ordre indiqué ci-dessus, toutes les étapes ne sont pas non plus vécues par tous les patients, mais chaque victime en vivra toujours au moins deux.

Elle déclara être passée elle-même par les deux premières phases lors des huit dernières années de sa vie.

Hommage Sénateur honoraire de l'État, Louisiane, 1974vignette|Une rue nommée d'après Kübler-Ross dans sa ville natale de Meilen, en SuisseMembre honoraire, Société Mark Twain Prix de la femme de l'année, Ladies Home Journal 1977 Femme de la décennie (en sciences), Ladies Home Journal 1979 Prix Golden Plate – Académie américaine des réalisations 1980 Boursier à vie, Bibliothèque John F. Kennedy, 1987 Organisation nationale des soins palliatifs (NHPCO) – Prix des fondateurs 1993 Bibliothèque publique de New York – "Livres du siècle" – Les Derniers Instants de la vie (On Death and Dying), 1999 Les cent penseurs les plus importants du siècle – Time Magazine - 1999 Bibliothèque nationale de médecine – Inclus dans « Changer le visage de la médecine – Célébrer les femmes médecins américaines » 2003 Elle est inscrite au National Women's Hall of Fame, 2007. L'intégralité de l'"American Journal of Bioethics" de consacrée au 50e anniversaire de "On Death & Dying"

Culture populaire Les cinq stades de la mort annoncée sont cités et illustrés dans de nombreux films comme La Vie de David Gale (avec Kevin Spacey) ou All That Jazz (Que le spectacle commence) de Bob Fosse.

De nombreuses séries évoquent également le concept comme l'épisode 11 de la deuxième saison des Simpsons (Un poisson nommé Fugu). Dans la série Dr House saison 2 épisode 1, Cameron qui s'occupe d'une patiente atteinte d'un cancer du poumon demande de l'aide au House et reçoit comme unique réponse les cinq phases d'approche de la mort. Dans l'épisode 404 de la série Newport Beach (The O.C.), un psychologue explique les différentes étapes du deuil à Summer qui essaie de faire face à la mort de sa meilleure amie, Marissa. Ils sont aussi cités dans le premier épisode de Dead like me, lorsque George vient de mourir écrasée par le siège des toilettes de la station MIR. Les cinq étapes sont également citées dans Grey's Anatomy (saison 6, épisodes 1 et 2, après le décès de Georges O'Malley), servant de fil conducteur aux scénarios des deux épisodes ou dans la série Les Frères Scott, dans l'épisode 17 de la saison 3. Lucas et ses amis doivent faire face au décès de Keith et le scénario de l'épisode se découpe en cinq parties, celles des cinq stades de la Mort. Il y a aussi la sixième saison de la série Frasier (épisode 1 Good Grief) où le protagoniste perd son travail à la radio, et son frère, Niles, explique les cinq étapes du deuil à son père. Thomas Magnum dans Magnum P.I y fait également référence dans un épisode. Son nom est cite dans un épisode de la série American Dad. Dans la série Mon Petit Poney : l'amitié est magique, dans l'épisode 5 de la saison 5, Sieste d'hiver (Thanks for the Memories), la ponette Rainbow Dash apprend que sa tortue terrestre domestique va hiberner et qu'elle ne sera plus là tout l'hiver durant. Elle passe par les 5 phases d'acceptance du deuil, et parvient à l'acceptance, grâce à l'aide de ses amies.

Dans la mini-série Fallen Son: The Death of Captain America, chaque numéro a pour sujet les cinq stades de la mort annoncée : le déni est la réaction de Wolverine, la colère, celle des deux équipes des Vengeurs (New Avengers et Mighty Avengers), le marchandage, celle de Clint Barton, la dépression, celle de Spider-Man, et l'acceptation, celle de Iron Man.

Les cinq phases du deuil sont aussi évoquées à propos d'une séparation tout au début de l'épisode 2 de la saison 5 de Fais pas ci, fais pas ça, diffusé le mercredi à sur France 2.

Avec Vivre la fin des temps (2011), Slavoj Žižek analyse les différentes façons d'appréhender la crise du capitalisme. L'issue fatale que Zizek annonce renvoie au schéma des « cinq phases du mourir » de la psychologue Elizabeth Kübler-Ross : le déni (l'idée que la misère ou les cataclysmes, « Cela ne peut pas m'arriver »), la colère, le marchandage (« Laissez-moi le temps de voir mes enfants diplômés »), la dépression (« Je vais mourir, pourquoi me préoccuper de quoi que ce soit » et l'acceptation (« Je n'y peux rien, autant m'y préparer »).

Une courbe inspirée des travaux d'EKR a déjà été mise en cause dans la série de suicides qui a touché France Télécom. Le titre du document transmis à ses cadres par Orga Consultants : « Le Positionnement du salarié, les phases du deuil ». La société de coaching en management avait d'ailleurs ajouté, aux phases décrites par la psychiatre, une sixième étape très encourageante : celle de « l'intégration ».