Laurence (ou Lawrence Biographie de Lon Myers On trouve les deux orthographes pour le prénom) Eugene Myers dit Lon Myers ou encore L. E. Myers (né le à Richmond en Virginie et mort le à New York dans l'État de New York) est un athlète américain, spécialiste de nombreuses disciplines allant du sprint au demi-fond. À un moment ou à un autre de sa carrière, Myers a détenu tous les records américains et ce du 50 yd (environ ) au mile (environ ). Sur son épreuve fétiche, le , sur laquelle il est rarement battu, il fait passer son record personnel de en 1878 à en 1881, devenant également le premier homme à courir en moins de 50 secondes. À son époque, il a couru plus de en moins de cinquante secondes et plus de en moins de deux minutes que tous les athlètes amateurs et professionnels réunis. En dépit d'une santé fragile et déclinante en fin de carrière, il parvient à dominer les meilleurs athlètes britanniques de l'époque, à l'image de Walter George, sur des distances pourtant considérées comme leur chasse gardée. Lon Myers est perçu par les spécialistes comme l'un des plus grands athlètes du .

Jeunesse Laurence Myers naît le à Richmond en Virginie. Sa mère meurt de tuberculose alors qu'il n'est encore qu'un nourrisson. Malade durant son enfance, les médecins lui déconseillent toute activité physique jusqu'à l'âge de quatorze ansRobert Parienté et Alain Billouin, La fabuleuse histoire de l'Athlétisme, Paris, Minerva Press, 2003, , . Il passe son enfance dans le sud avec son père Salomon A. Myers, alors que les États-Unis sont en pleine Guerre de Sécession. Lon, comme il est surnommé par ses amis et sa famille, écrit alors pour des magazines ou des journaux. Relatant certains faits de sa vie, Myers rapporte qu'il a probablement commencé à courir à l'âge de deux ans. Encore enfant, ses camarades l'opposent déjà contre des coureurs plus rapides contre lesquels il ne connaît pas la défaite. Vers l'âge de treize ou quatorze ans, il devient membre d'une équipe de baseball où ses talents de coureur sont mis à contribution. Scolarisé au lycée de Richmond, il se prend de passion pour l'athlétisme, et notamment pour le saut en longueur.

En 1875, Myers obtient son diplôme du lycée de Richmond. Lui et son père déménagent alors et s'installent à Jersey City, où Laurence rejoint une nouvelle équipe de baseball, dans laquelle il attire l'attention par sa capacité à « couvrir du terrain ». Son père l'encourage à faire du sport en extérieur pensant que c'est un bon moyen d'améliorer la mauvaise santé qu'il a héritée de sa mère. Peu de temps après, il abandonne pourtant ce sport pour devenir comptable dans une entreprise de vente de médicaments, Schiefflein & Co. Mais après trois ans, sa santé se détériore et son médecin soupçonne même une tuberculose. Il lui conseille alors de pratiquer des activités en extérieur afin de renforcer sa capacité pulmonaire. Travaillant à l'époque avec un Canadien ayant une certaine réputation en tant qu'athlète, il se risque un jour à dire qu'il peut battre son collègue à la course et au saut alors qu'il n'est pas au mieux de sa forme. Ce dernier relève le défi et les deux hommes se rendent le dimanche suivant à Coney Island où se trouve une plage. Myers remporte tous les jeux qu'ils organisent. Son ami, impressionné par ses capacités, lui conseille de participer aux compétitions programmées tous les dimanches par les différents clubs à New York ou dans les environs. En 1878, Myers décide d'entamer une carrière de coureur amateur.

Carrière sportive (1878-1888) Quand il commence sa carrière, l'athlétisme ne compte pas autant de compétitions qu'aujourd'hui, mais Myers attire rapidement l'attention des organisateurs. À cette époque, ce sont les Britanniques qui sont la référence mondiale de ce sport et de nombreux doutes pèsent quant à la régularité des records établis par les coureurs américains. En effet, aux États-Unis, aussi bien les spectateurs que les coureurs ne s'intéressent qu'au vainqueur d'une course et pas à la longueur de la piste ou à la façon dont a été réalisée la mesure de la performance. Malgré les améliorations effectuées dans ces deux domaines, les Britanniques sont encore suspicieux. En battant tous les records américains du au mile, Lon Myers va mettre fin à ces doutes. Il apporte ainsi la crédibilité aux athlètes américains en battant des records à la fois en Amérique et en Grande-Bretagne.

Débuts (1878) thumb|Siège du Manhattan Athletic Club en 1889 L'Américain dispute sa première course aux Jeux du New York Athletic Club, à Mott Haven dans le Bronx, le , organisés spécialement en l'honneur des élections présidentielles. Myers participe à deux épreuves : le et le . Sur la première, il bénéficie d'une avance de (environ ). Sans expérience des compétitions et nerveux, il manque son départ et ne prend que la deuxième place, ce qui ne lui permet pas d'accéder à la finale puisque seuls les vainqueurs sont qualifiés. Sur le quart de mile, aidé par un handicap de (environ ), il remporte sa série en et peut donc prendre part à la finale qu'il gagne avec près de deux mètres d'avance en . Plus tard, Myers raconte à propose de cette course qu'il « aurait pu la gagner sans avantage ».

À la recherche d'un entraîneur, il approche John Fraser, un Écossais renommé, fabricant de chaussures de sport. Au premier abord, Fraser est réticent à l'idée d'aider un homme toussotant et visiblement fragile, même s'il a entendu des échos favorables de sa première course. Finalement, il accepte de l'entraîner non sans s'attirer la crainte de sa femme qui est convaincue que Myers va tuer son mari en lui transmettant sa tuberculose. Cependant, même si sa mère est morte de cette maladie, Myers ne l'a jamais contractée. Apprenant cela, Myers finit par convaincre Fraser qu'il est sûr de battre tous ses adversaires la saison suivante.

Émergence (1879) Début , Myers, alors membre du Knickerbocker Yacht Club, participe aux Jeux d'hiver en salle du New York Athletic Club, qui se tiennent au Gilmore's Garden. Il est inscrit sur et avec handicap. Le , il remporte ses séries sur les deux distances, respectivement en (avantage de ) et (avantage de ) et se qualifie donc pour les finales. Plus tard dans la journée, lors de la finale du , il se classe deuxième Résultats des Jeux d'hiver du New York Athletic Club, article du New York Times daté du 4 janvier 1879, un yard seulement derrière le vainqueur, après une fin de course très serrée. Le lendemain, il obtient également la deuxième place sur , lors d'une course où lui et le vainqueur tombent à terre, épuisés par leurs efforts. Sur ces deux courses, il est chaque fois battu par des hommes à qui il laisse de longs départs ( pour le et pour le ) Résultats des Jeux d'hiver du New York Athletic Club. Deux jours plus tard, il s'aligne au départ d'un avec handicap aux Jeux d'hiver du Knickerbocker Athletic Club. Malade et insuffisamment remis de ses efforts, Myers est éliminé dès les séries. Rétabli, il revient à la compétition le , lors des Jeux d'hiver d'un autre club, le Scottish-American Athletic Club. Myers est inscrit pour la première fois sur . Dans cette course sans handicap, il est entouré de dix-sept concurrents très aguerris Jeux d'hiver du Scottish-American Athletic Club Le plateau du est constitué de coureurs réputés. Malgré cela, il remporte la course en , avec une marge de Résultats des Jeux d'hiver du Scottish-American Athletic Club, article du New York Times daté du 2 mars 1879, après avoir attaqué ses adversaires dans le dernier tour. alt= Emblème de Laurence Myers en forme de diamant rouge cerise.|vignette|Emblème de Laurence Myers Dans les mois qui suivent, sa santé lui fait à nouveau défaut et il est notamment contrarié par des accès de malaria. À ce propos, il remarque plus tard qu'il est malade un jour et à nouveau en forme le suivant. Il montre également un faible pour le jeu et ne résiste pas à une partie de poker, pouvant jouer toute la nuit. Il change alors de club, puisque le , il participe aux Jeux d'hiver du Columbia College Boat Club sous les couleurs du Manhattan Athletic Club, arborant ainsi pour la première fois le célèbre diamant rouge cerise. Il est engagé sur avec handicap, bénéficiant d'une avance de , par rapport au détenteur du record des États-Unis Edward Merritt. Néanmoins, cet avantage ne lui permet pas d'être placé par rapport à ses adversaires. Au mois de mai suivant lors des Jeux du Jersey City Athletic Association, il a plus de succès sur cette distance qu'il enlève facilement en , abaissant sa précédente marque de cinq secondes Résultats des Jeux de printemps du Jersey City Athletic Club, article du New York Times daté du 11 mai 1879 et devançant de le deuxième. Peu de temps après, le , il se trouve opposé pour la deuxième fois à, Edward Merritt, champion national du en 1876 et en 1877 Champions des États-Unis sur . À la surprise générale, il défait le champion américain en le dépassant dans les cent derniers yards avant de couper la ligne en Myers bat Merritt aux Jeux de printemps du Staten Island Athletic Club Myers remporte le , article du New York Times daté du 25 mai 1879, avec d'avance. Cette défaite suscite un vif intérêt puisque, la semaine suivante, les deux hommes se retrouvent aux dixièmes Jeux de printemps du New York Athletic Club. Contrairement à la semaine précédente où il a effectué la course en tête avant de se faire passer dans les cinquante derniers yards, Merritt décide d'attendre jusqu'au où il accélère afin de dépasser Myers. Merritt coupe la ligne en , deux yards devant Myers Merritt bat Myers aux Jeux de printemps du New York Athletic Club, article du New York Times daté du 31 mai 1879. Lors de cette course, Myers alors souffrant, est parti contre l'avis de ses amis, battre le record des États-Unis de la distance de , détenu par William Wilmer depuis 1878. Dominant la course sur les trois cents premiers yards, il s'effondre ensuite laissant le champ libre à Merritt qui le bat dans les cinquante derniers yards Défaite de Myers face à Merritt, . Également engagé sur , il remporte la course en . Quelques semaines plus tard, lors des Jeux de printemps du Manhattan Athletic Club, Myers améliore son record personnel sur cette épreuve, le portant à . Le , il court le avec handicap dans le cadre d'une rencontre du MAC. Il remporte sa série en . Mais, lors de la finale, il n'obtient que la deuxième place, battu d'un yard par un adversaire à qui il a laissé . Le temps de Myers est remarquable compte tenu de la piste très lente du MAC dont les lignes droites sont trop courtes et les virages trop serrés. Ce temps est alors le plus rapide du coureur américain. Une semaine plus tard, au meeting du Plainfield Athletic Club dans le New Jersey, il dispute le et le avec handicap. Remportant sa série et sa demi-finale sur la première épreuve, il échoue à la troisième place en finale. Sur le , il gagne la course en . En juillet, aux Jeux du Scottish-American Athletic Club, il s'essaie sur le mile en Résultats des jeux du Scottish-American Athletic Club, article du New York Times daté du 5 juillet 1879. Il manque le record américain de Merritt () de moins d'une seconde. Un duel avec William Wilmer, détenteur du record américain du est programmé avant d'être annulé car Wilmer s'est cassé une jambe. Myers participe à plusieurs courses pendant le reste de l'été avant d'améliorer son record personnel sur le quart de mile, le aux Jeux d'automne du MAC avec . Cependant ayant ralenti dans les vingt derniers yards pour couper la ligne en marchant, il aurait dû courir et ainsi battre le record des États-Unis.

Premier record