d'Auxonne, aussi appelé de Bourgogne-Comté, né en 1172 et mort le - n.s., parfois mentionné dans la littérature simplement Histoire de la Franche-Comté, Gabriel Gravier et Jean Girardot, éditions Marque-Maillard ; Le pouvoir des comtes de Bourgogne au , Marie-Thérèse Allemand-Gay, Annales Littéraires de L'Université de Besançon.), fils d’ () et de Judith de Lorraine, petit-fils de comte de Mâcon et de Vienne et de Poncette de Traves, et arrière-petit-fils du comte et de Béatrice de Lorraine. , comte vassal de la branche palatine de Bourgogne, prit, à la mort de son père et après une période de tutelle par son oncle , comte de Vienne et de Mâcon, la tête de la branche aînée de Bourgogne-Comté avec le titre de comte de Bourgogne et d'Auxonne. Vers 1230/1233, il était le chef de Maison. apparaît pour la première fois dans les textes, avec son épouse (1174 - ), comtesse de Chalon, dans une donation faite à Auxonne en 1188Chifflet : Lettres sur Béatrice, Dijon 1656, ; L. Millot, Étude critique sur les origines de la ville d'Auxonne, sa condition féodale et ses franchises, Darantière, Dijon, , r. 3..

Il prit () pour épouse, qui lui donna un fils, Jean de Chalon l'Antique ou le Sage (comte de Chalon et d'Auxonne, il assure la suite des comtes de Bourgogne de la Maison de Chalon), une fille Béatrice (femme de Simon de Joinville et mère du célèbre chroniqueur de saint Louis, le sénéchal de Champagne Jean) et une deuxième fille, Clémence, d'abord abbesse de Baume-les-Nonnes, avant que d'épouser en 1212 . Mais il continua ses anciennes relations avec Blanche de Cicon dont il eut un fils, Étienne d'Oiselay. À la mort de son beau-père, il demanda et obtint la répudiation de Béatrice et vécut alors publiquement avec Blanche de Cicon. Puis, par intérêt, il épousa en 1214 Agnès de DreuxL. Millot, , et 103..

La branche d'Auxonne-Mâcon sous le joug des comtes palatins , comte d’Auxonne, issu du sang des comtes de Bourgogne d’une branche de la maison de Mâcon-Vienne-Bourgogne Comté, évincée par la descendance de Frédéric Barberousse et de Béatrice de Bourgogne-Comté, avait conçu l’espoir de ceindre la couronne de comte souverain dont ses ancêtres avaient disposéCartulaire de Hugues de Chalon, Introduction, .. En Comté de Bourgogne, la mort de l’empereur Frédéric Barberousse (), vrai souverain de la Comté, avait porté une sérieuse atteinte au pouvoir des palatins : l’empereur et le comte de Bourgogne cessaient d’être un même personnage. , qui recueillait l’héritage de sa mère Béatrice, n’exerçait qu’une influence secondaire. La faiblesse dont il faisait preuve, même s’il chercha à réduire ses vassaux à l’obéissance : en 1195, il battait et tuait le comte de Montbéliard., encourageait les prétentions de la branche cadette à remplacer la branche aînée. Les troubles survenus en Allemagne après la mort d’ († ), privant le palatin d’appuis venus d’Allemagne donna l’occasion à de mettre ses prétentions en avant.

L’hommage du fief d’Auxonne à tenait fortement les bords de SaôneLes comtes de Bourgogne possédaient depuis longtemps des biens en Amous, et en particulier : Biarne, Billey, Chevigny, Jouhe et sans doute aussi Villers-Rotin. Pérard : Recueil, , cité par Pierre Camp, Histoire Médiévale de la ville d’Auxonne, Association Bourguignonne des Sociétés Savantes, Dijon, 1960, et 24., par ses châteaux d’Oiselay, de Scey-sur-Saône, de Traves, de Frotey qui lui venaient d’une aïeuleLucien Febvre, Histoire de Franche-Comté, Éditions Arts et Littérature, Lons-le-Saunier, 2003, .. Fort des appuis des grands barons comtois, Gaucher de Salins, Richard de Montfaucon, comte de Montbéliard, il engagea la partie contre et entra en guerre contre lui. Il chercha l’alliance du duc de Bourgogne . C’est ainsi qu’ayant reçu l’approbation du prieur de Saint-Vivant de Vergy dont il tenait la cité en fiefDepuis une date que les historiens n’ont pas été en mesure de fixer. Garnier, Dunand, X. Girault avançant la date de 1135, contestée par P. Camp parce que s’agissant seulement d’une hypothèse.Auxonne n’était pas un fief des comtes palatins mais un fief du prieuré de Saint-Vivant de Vergy, primitivement de Saint-Vivant en Amous (ou Amaous)., Étienne prit en 1197, le titre de comte d’AuxonneUne seule fois et dans les conditions particulières où il inféodait Auxonne au duc de Bourgogne (Pierre Camp, Histoire Médiévale de la ville d’Auxonne, Association Bourguignonne des Sociétés Savantes, Dijon, 1960, )., se déclara vassal du duc de Bourgogne et inféoda Auxonne, faisant entrer la ville et son château dans la zone d’influence du duché de Bourgogne. Le plus favorisé dans cette affaire était le duc qui prenait position pour l'avenir et préparait la réunion définitive qu'il souhaitait, du comté d'Auxonne« Au , alors que se constitue le comté d'Auxonne, l'ancien pagus d’Amous (ou Amaous) apparaît divisé en une multitude de fiefs. […] le comté d’Auxonne est un des plus grands, mais rien ne permet d'indiquer avec précision quelle était au et au son étendue : il est certain seulement qu'elle était moins considérable que celle de l'Amous. On peut assurer que le comté d'Auxonne n'avait pas l'étendue du pagus primitif des rives de la Saône, que c'en était une subdivision ; que ce n'est pas le pagus en entier qui s'était transformé en comté, mais que le comté était un des fragments du pagus primordial. » Lucien Millot, Étude critique sur les origines de la ville d'Auxonne, sa condition féodale et ses franchises, . — cet ancien comté d’Amous, un des quatre pagiLa Bourgogne d’Outre-Saône étaient constituée de quatre pagi : l’Amous (ou encore Amaous), le Portois, le Varais, et l’Escuens. constitutifs de la Bourgogne d’Outre-Saône — à son duché.

Les luttes entre et Othon de Méranie Étienne sous la surveillance de l’empereur Philippe de Souabe s’était provisoirement réconcilié avec la branche palatine. Le , décédait. Il laissait une fille mineure Béatrice sous la tutelle de sa veuve. Le , Béatrice épousait le duc de Méranie qui devenait . Le soir mêmeE. Rougebief, Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne, Paris, 1851, . l’empereur Philippe tombait sous le poignard d’un assassin, victime d’une vengeance. Étienne se trouvait aux côtés de Philippe de Souabe à Bâle et à Strasbourg en juin 1207 ; il avait nourri le dessein de sceller la réconciliation de la branche palatine avec la branche cadette par le projet matrimonial de marier son fils à Béatrice. Il avait un affront à laver ; méprisant le fils, les tuteurs de Béatrice avaient donné sa main au Méranien.

Étienne, rassuré du côté de l’Empire, par la proclamation d' dont il suivait le parti, prit le titre comtal et n’hésita pas à recourir aux pires extrémités pour reconquérir ce qu’il appelait son patrimoine légitimeE. Rougebief, Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne, Paris, 1851, .. Étienne accabla son suzerain. Une lutte féroce s’engagea. Finalement, sous la médiation du duc , un traité fut signé le à Dijon à l’avantage du comte Étienne. Aux termes de cette paix, entre autres clauses en sa faveur, Othon de Méranie reconnaissait à le droit de porter le titre de comte vassal de Bourgogne, dont il avait été dépouillé depuis .

La bonne fortune du comte Étienne ne dura pas. En 1210, fut excommunié. Le couronnement de le , blessa au vif les intérêts politiques d’Étienne. lié par des liens familiaux et par reconnaissance, apporta un soutien invariable au comte Othon. Étienne resserra les liens avec le duc de Bourgogne en mariant son fils Jean à Mahaut, sœur du duc. Une paix précaire régna sur le comté de Bourgogne. Par un refus d’hommage d’Étienne pour Oiselay et RochefortPierre Camp, Histoire Médiévale de la ville d’Auxonne, Association Bourguignonne des Sociétés Savantes, Dijon, 1960, ; et Édouard Clerc, Essai sur l’Histoire de la Franche-Comté, , ., en décembre 1225, la guerre se ralluma et mis le feu à la Comté. RougebiefE. Rougebief, Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne, Paris, 1851, . dit que le nord de la province tenait pour la branche aînée alors que le midi soutenait le branche cadette. Il ajoute qu’Étienne avait avec lui Jean, son fils, Henri de la maison de Vienne, Josserand de Brancion, Hugues de Fouvent, Ponce de Cicon et d’autres puissants seigneurs ; il était en outre aidé par , qui depuis février 1225 avait acquis la baronnie de SalinsRésultant d’un échange entre d’un côté, Marguerite de Salins et son mari Joceran de Brancion et de l’autre avec la duchesse Alix, de la baronnie de Salins contre le château d’Aignay-le-Duc. Jean Richard, Les Ducs de Bourgogne et la formation du Duché du au , Société Les Belles Lettres, Paris, 1954, .. Le Méranien fit appel aux forces aux troupes de Lorraine, puis aux forces de , comte de Champagne. La guerre fut cruelle, envenimée par des haines de famille. connut la défaite. Ses forteresses du bord du Doubs, autour de la forêt de Chaux, de Gray-le-Mont, (Cne de Rancenay, Doubs), Montbarrey, Flageolet, Liesle, RosoyPierre Camp, Histoire Médiévale de la ville d’Auxonne, Association Bourguignonne des Sociétés Savantes, Dijon, 1960, . Lucien Febvre dans Histoire de Franche-Comté, , cite : de vifs combats autour de la forêt de Chaux, à Rozet-Fluans (aujourd’hui Roset-Fluans), Château-le-Bois et Gray-le-Mont. sont renversés, le pays d’Amous ravagé. La paix fut rétablie par le traité de Bèze en juillet 1227Traité de Bèze : E. Clerc donne pour date le (Essai sur l’histoire de la Franche-Comté, ). négocié par le cardinal Romain de Saint-AngeCartulaire de Hugues de Chalon, Introduction, ..

regagna l’Allemagne et laissa , comte de Champagne assurer la régence en Comté et qui lui prêta quinze mille livres.

Une des clauses du traité de Bèze précise qu’ rasera les murs du château de Chevigny, tout proche d’Auxonne, mais ne pourra détruire les fossés. Un acte de 1256, prouve que ce château appartenait à ÉtiennePierre Camp, Histoire Médiévale de la ville d’Auxonne, Association Bourguignonne des Sociétés Savantes, Dijon, 1960, . Il cite ses sources : Archives du Doubs, B. 396..

Une charte pour Auxonne Le duc de Bourgogne, avait accordé une charte de commune aux Dijonnais en 1183, son fils aux Beaunois en 1203. Il y avait eu aussi Nuits, Châtillon-sur-Seine, Saint-Jean-de-Losne en 1227. Étienne n'a pas résisté au mouvement communal qui se produisait alors avec force dans toute la Bourgogne, mais contrairement à son fils Jean de Chalon qui octroya de nombreuses chartes d’affranchissement aux populations comtoises, la charte d’affranchissement accordée aux Auxonnais en 1229 fut la première et la seule qu’il ait accordée. Lucien MillotLucien Millot, Étude critique sur les origines de la ville d'Auxonne, sa condition féodale et ses franchises, . conjecture qu’Étienne aurait pu accorder une franchise communale aux Auxonnais soit par générosité et par désir de voir régner des lois plus sages, peut-être aussi pour s'attacher les habitants et pouvoir en tirer profit en cas de guerre ou encore pour les deux causes. Il précise aussi qu’il est un motif qui se retrouve très souvent dans l'histoire des affranchissements et qu'il faut écarter ici : Étienne ne vendit pas sa charte, et nulle part on ne trouve trace d'un contrat de ce genre. Pierre CampPierre Camp, Histoire d'Auxonne au Moyen Âge, . pense que cette charte doit être interprétée comme une conséquence des guerres avec . Étienne venait d’être privé de sa forteresse de Chevigny et il voulait s’assurer l’appui des bourgeois Auxonnais en cas de futur conflit.

La charte reçut les sceaux d’Étienne, d’Agnès de Dreux, sa deuxième femme et de son fils Jean, né de son premier mariage avec Béatrice de Chalon.

Le comté d’Auxonne contre la baronnie de Salins