Sobieski, né le au château d'Olesko, près de Lviv (alors en république des Deux Nations), et mort le à Varsovie, roi de Pologne de 1674 à 1696 et grand-duc de Lituanie, est un héros national polonais, notamment en raison de sa victoire sur les Turcs devant Vienne en 1683.

Biographie Jeunesse Jean Sobieski, dont la famille fait partie du clan Janina, est le fils de Jakub Sobieski (1580-1646), voïvode de Ruthénie et Kasztelan de Cracovie, et de , petite-fille du hetman Stanisław Żółkiewski. Après des études de philosophie à l'Académie de Cracovie (Akademia Krakowska), aujourd'hui connue sous le nom d'université Jagellonne, il voyage avec son frère Marek en Europe, puis entreprend une carrière militaire et s'illustre dans les guerres contre l'Empire ottoman, les Tatars, les Moscovites, les Cosaques et les Suédois. Attiré par la France, il épouse une Française, Marie-Casimire (Marysienka), veuve de Jean Sobiepan Zamoyski, voïvode de Kiev, et suivante de la reine Louise-Marie de Gonzague (Maria Ludwika).

Accession au trône En 1668, le roi Casimir le nomme grand hetman (commandant en chef des armées polonaises). À l'abdication de , Michael Korybut Wisniowiecki est élu roi de Pologne. Jean Sobieski se range du côté de l'opposition, ce qui lui vaut une semi-disgrâce, bien vite oubliée en raison de ses nombreux succès contre les Turcs, notamment à la bataille de Khotin en 1673, et de la mort du roi. Sobieski est à son tour élu roi, quasi unanimement, par les grands électeurs de la szlachta (la noblesse), le , et couronné le .

La guerre contre les Turcs. Jan Sobieski héros national vignette|gauche|310px|Jean Sobieski III repoussant les Turcs au siège de Vienne en 1683, tableau monumental de Jan Matejko exposé dans une salle du Vatican consacrée à cet événement. Une des ambitions de est de rassembler l'Europe chrétienne dans une guerre contre l'Empire turc ottoman et de chasser cette puissance expansionniste, de religion musulmane, qui était parvenue, au fil des siècles, à conquérir militairement une grande partie du sud-est de l'Europe et qui tentait alors de submerger sa partie occidentale. Sobieski s'allie au Saint-Empire romain germanique et rejoint la ligue catholique du pape .

Selon l'historien polonais Oscar Halecki, projetait d'occuper la Prusse avec l'aide des Suédois et celle de la France. Mais cette entreprise est vite condamnée à l'échec, en raison de l'opposition des magnats (noblesse polonaise) et de la guerre initiée par l'Empire ottoman, qui l'oblige à s'allier aux Habsbourg, dynastie impériale d'Autriche. En 1676, il remporte la victoire de Zurawno contre les Turcs.

Son plus grand succès survint le à la bataille de Vienne, où il parvint à vaincre de manière décisive l'envahisseur ottoman, qui menait le siège de la capitale autrichienne. Sobieski commandait les troupes polonaises, aux côtés des troupes impériales d'Autriche placées sous les ordres de de Lorraine. Le résultat éclatant de son action permit de chasser une fois pour toutes l'armée ottomane commandée par Kara Mustafa, pourtant supérieure en nombre et sur le point d'attaquer.

Sobieski avait prévu d'attaquer le , mais il se rendit compte que les Turcs étaient en ordre de bataille dès le 12. À quatre heures du matin, les troupes de Sobieski fortes d'environ attaquent une armée turque d'environ . Vers dix-huit heures, Sobieski charge avec ses hussards ailés et enfonce les lignes ennemies qui détalent dans la plus grande confusion. La bataille de Vienne est terminée.

Sa gloire de héros national polonais et de défenseur du monde chrétien est née de cette victoire qui ferma définitivement les portes de l'Europe occidentale aux Turcs ottomans. De leur côté, les Ottomans le surnommèrent le Lion de Lechia (« Lion de Pologne »).

Le pape et les dignitaires étrangers le surnomment « Sauveur de Vienne et de la civilisation occidentale ».

Dans une lettre à son épouse, il écrit qu'à la suite de cette bataille : . La fête du Saint Nom de Marie fut instituée en la mémoire de cette victoire.

Jean Sobieski meurt le , dernier souverain qui a essayé de renforcer les prérogatives de la monarchie déjà bien entamée dans ce que les contemporains décrivent comme une république nobiliaireEdmond Dziembowski, Le Siècle des Révolutions, Perrin 2018 .

Bataille de Podhajce (1667) * Bataille de Bracław (1671) * Bataille de Mohylów (1671) * Bataille de Kalnik (1671) * Bataille de Krasnobród (1672) * Bataille de Niemirów (1672) * Bataille de Komarno (1672) * Bataille de Kałusz (1672) * Bataille de Khotin (1673) * Bataille de Bar (1674) * Bataille de Lwów (1675) * Bataille de Trembowla (1675) * Bataille de Wojniłów (1675) * Bataille de Żurawno (1676) * Bataille de Vienne (1683) * Bataille de Parkany (1683) * Bataille de Jazłowiec (1684) * Bataille de Żwaniec (1684) * Bataille de Jassy (1686) * Bataille de Suczawa (1691)

Mort et funérailles

Il meurt au château de Wilanów, à Varsovie, le . Il est inhumé dans la crypte royale de la cathédrale du Wawel à Cracovie. Une urne avec son cœur se trouve dans un sarcophage à la chapelle royale de l'église des Capucins à Varsovie.

Montesquieu, dans son Spicilège p471-472, écrit une anecdote que le cardinal de Polignac lui aurait raconté concernant la mort du roi :

Son épouse, Marie Casimire, est morte à Blois en 1716. Sa dépouille a ensuite été ramenée en Pologne pour être enterrée auprès de son époux dans la cathédrale du Wawel à Cracovie.

Hommages

Sobieski, surnommé par les Turcs « le Lion du Lechistan » (Pologne en turc), fut certainement le plus grand roi de Pologne.

La constellation de l'Écu de Sobieski a été appelée ainsi en son honneur en 1690 par l'astronome polonais Johannes Hevelius.

Une salle du musée du Vatican lui est dédiée.

La marque polonaise de vodka Sobieski est nommée en son honneur.

Mariage et descendance vignette| Sobieski avec son fils par Jerzy Siemiginowski-Eleuter. se marie le avec Marie-Casimire-Louise de La Grange d'Arquien (1641-1716), veuve de Jean Sobiepan Zamoyski. Ils eurent , dont un grand nombre moururent en bas âge; seuls quatre survivront:

Jacques Louis Henri Sobieski (1667-1736), prince de la couronne ; Thérèse-Cunégonde (1676-1730), épouse en 1695, Emmanuel, électeur de Bavière (1662-1726) ; Aleksander Benedykt Sobieski (1677-1714) ; Konstanty Wladyslaw (1680-1720) ;

Ascendance

Notes et références

Annexes Bibliographie Jean III Sobieski, Lettres du roi de Pologne Jean Sobieski, à la reine Marie Casimire, 1826 . Tatham, John Sobieski, Oxford, 1881. Dupont, Mémoires pour servir à l'histoire de Sobieski, Varsovie, 1885. Salvandy, Histoire de Pologne avant et sous le roi Jean Sobieski, (, nouvelle édition, Paris, 1855. Coyer, Histoire de Jean Sobieski, Amsterdam, 1761 puis 1783. Waliszewski, Acta (, Cracovie, 1684. Rieder, ., König von Polen, Vienne, 1883. Chelmecki, König J. Sobieski und die Befreiung Wiens, Vienne, 1883. Du Hamel de Breuil, Sobieski et sa politique de 1674 à 1683, Paris, 1894.

Liens externes

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