La dianétique est une théorie d'éveil spirituel ou de développement personnel créée par l'auteur de science-fiction et fondateur de la Scientologie L. Ron. Hubbard. Elle s'appuie sur de nouveaux concepts pseudoscientifiquesMineev, V. V. (2014). Введение в историю и философию науки [Introduction à l' histoire et la philosophie des sciences]. Directmedia. p. 84. . "[The long list of pseudoscientific concepts today includes: theory of torsion fields, cold fusion projects, wave genetics, japhetic theory, the theory of "living matter", "new chronology", eugenics, dianetics, cryonics, socionics...]" qui visent à l'identification et à la réduction systématique d'images mentales négatives inconscientes nommées engrammescf. Qu’est-ce que la Scientologie ? Glossaire, définition officielle : engramme.
« Dianétique » est un néologisme qui veut signifier « à travers l'âme » (du grec dia « à travers » et noos « âme »). Selon ses détracteurs, le suffixe « ique » sert aux pseudo-sciences à suggérer l'idée d'une science exacteLe terme « dianoétique » (du grec « dia » et « nooûs ») était déjà utilisé par les philosophes néoplatoniciens de l'antiquité tardive, comme Proclos, également appelé Proclus - Cf. Proclos, Éléments de théologie. Traduction, introduction et notes par Jean Trouillard, professeur à la Faculté des Lettres d'Angers, maître de conférences à l'Institut Catholique de Paris. Bibliothèque Philosophique Aubier, Editions Montaigne, Paris, 1965. Le terme « dianétique » n'est donc qu'une modification erronée (et à dessein) de la traduction française usuelle de la notion grecque.
Aucune étude scientifique, à ce jour, ne valide les présupposés et les pratiques de la dianétiqueUne résolution de l'American Psychological Association en 1950 attire l'attention sur « le fait que ces assertions ne sont pas étayées par des preuves telles qu'elles sont requises pour l'élaboration de généralisations scientifiques ». "Psychologists Act Against Dianetics", New York Times, 9 September 1950« À ce jour, aucune étude scientifique n'a établi la validité de ses théories sur la perception prénatale, les engrammes, la mémoire cellulaire, la rêverie dianétique ou les effets des auditions. La connaissance actuelle contredit les théories de Hubbard sur l'enregistrement des perceptions durant les périodes d'inconscience » Lee, John A. Sectarian Healers and Hypnotherapy, 1970, OntarioLe Hubbard Dianetic Research Foundation de Elizabeth dans le New Jersey publia : Dianetic Processing: A Brief Survey of Research Projects and Preliminary Results, Hubbard Dianetic Research Foundation, 1951 une brochure qui apportait les résultats de test psychométriques conduits sur 88 individus pratiquant la dianétique. Les critiques sont sceptiques au sujet de cette étude, à la fois à cause du biais de la source et parce que les chercheurs semblent attribuer tous les bénéfices à la dianétique sans considérer d'autres facteurs extérieurs possibles, en d'autres termes, les conclusions seraient dépourvues du contrôle scientifique requis. vignette|Ron Hubbard lors d'un séminaire sur la dianétique (Los Angeles, 1950).
Historique
Le premier article de Ron Hubbard sur la dianétique parut en mai 1950 dans le magazine Astounding Science-Fiction dont il était un auteur habituelLe cas L.Ron Hubbard, article de Francis Valéry paru dans Bifrost n°12. L'article avait été annoncé depuis plusieurs mois par le rédacteur en chef John W. Campbell qui le présentait comme un travail scientifique importantHistoire de la science-fiction moderne 1911-1984, Jacques Sadoul, 1984, p.199-200 . Selon J. Sadoul : « Campbell la présenta comme un travail scientifique de première importance et engagea toute son autorité morale pour le faire prendre au sérieux, se disqualifiant ainsi lui-même dans l'esprit des scientifiques véritables. La dianétique fut à Campbell ce que le Shaver Mystery fut à Palmer, à la différence que le rédacteur en chef dAstounding n'y perdit pas sa place. ».
En parallèle paraissait, le , le livre Dianétique : La science moderne de la santé mentale. Après plusieurs années de recherches personnelles, Ron Hubbard y déclare avoir identifié la source des maladies psychosomatiques. Pour lui, la dianétique correspond à une approche scientifique et rationnelle de la psychologie.
La méthode de dianétique connut un succès rapide. Dès juillet, le livre était un best-seller et des « clubs de dianétique » se créèrent un peu partout aux États-Unis pour expérimenter la méthode d'audition décrite par HubbardRon Hubbard, le gourou démasqué, Russel Miller, 1994; Pages 87-88 Lire en ligne. À ce moment, l'association américaine de psychiatrie exigea que la dianétique soit soumise à une enquête scientifique.
Toujours en 1950, Hubbard, écrivain de science-fiction, recherche l'appui d'A. E. van Vogt, un auteur de science-fiction populaire à l'époque. Très réticent au premier abord à apporter son soutien à Hubbard, Van Vogt finira quelques semaines plus tard par s'occuper d'une Hubbard Dianetics Foundation établie en Californie. Toutes les foundations établies aux États-Unis fermèrent en moins d'un an, faute d'argent.
Scientologie En 1952, Ron Hubbard fonde l'Église de scientologie, dont l'un des buts est de promouvoir et mettre en œuvre la dianétique. Dans les années 1990, cette organisation a successivement obtenu un statut fiscal de religion aux États-Unis, a été classée comme secte en Belgique, et a été qualifiée de « mouvement politique extrémiste » en Allemagne.
Théorie de la dianétique
Aperçu Le livre La Dianétique est sous-titré La puissance de la pensée sur le corps. Cet ouvrage compte 594 pages dans son édition moderne de 2003 en françaisLa Dianétique, New Era Publications France . Le livre, largement remanié au cours du temps, se veut le résultat de op.cit, p. 1 sans que l'auteur ne cite d'étude chiffrée vérifiable ni de publication dans une revue scientifique.
« Mental analytique » et « mental réactif » Dans la théorie « psychologique » formulée par Ron Hubbard, une première clé pour comprendre le fonctionnement de l'inconscient est la déconnexion entre le mental analytique actif et le mental engrammé réactif.
Le « mental analytique » ou moi sain correspond au fonctionnement de l'esprit quand son niveau de conscience est sain ou non perturbé. En régime normal, l'individu utilise son « mental analytique » pour agir face aux circonstances de manière rationnelle et adaptée.
Cependant, d'après Ron Hubbard, quand un sujet rencontre des situations de vie où il doit faire face à des épreuves ou chocs émotifs qui sont au-dessus de ses forces, il succombe. Dans ces circonstances, le précurseur de la scientologie indique que le « mental réactif » ou moi névrotique prend le relais, passant en un « pilotage automatique » très primaire et totalement inconscient. Il provoque typiquement immédiatement l'une ou l'autre des réactions suivantes : l'attaque, la fuite, l'évitement, la négation, selon l'engramme subi.
Dans cette théorie, aucune de ces réactions n'est considérée comme bonne. Le « mental réactif » agit sans raisonnement. Mais l'intervention du « mental réactif » ne prendrait place que lorsque le « mental analytique » est hors d'état. Ses interventions seraient donc inconscientes, non optimales, mais nécessaires pour éviter la « paralysie par indétermination ». Elles sont donc axées sur la survie, seul but vers lequel sont tournés les mécanismes de défense primordiaux de l'individu.
Engrammes et enregistrement mémoriel La deuxième clé de la dianétique est le fonctionnement de la mémoire et son occultation progressive par ce que l'auteur définit comme étant des « engrammes ».
Pour Ron Hubbard, au départ, chaque individu est doté d'une mémoire créée parfaite, complète, utilisable, théoriquement capable d'accéder instantanément à tout souvenir de ses activités passées. Selon lui, toutes les perceptions de l'organisme sont enregistrées et potentiellement accessibles pour le « mental analytique », et ce depuis le premier instant de la conception de l'œuf (étant entendu que les perceptions d'un œuf fécondé, puis d'un embryon, n'ont rien à voir avec l'expérience commune, et sont, de ce fait, difficilement identifiables en tant que souvenirs).
Dans sa vie, l'individu peut faire face à des situations d'échec radicales ou à des chocs émotifs violents. Dans ces situations, le « mental analytique » ne fonctionne plus et laisse place au mental réactif qui enregistre la souffrance (en dianétique, on emploie le terme succomber).
Pour les scientologues (les neurologues n'ont pas la même définition du mot engramme), la résultante est un engramme, un enregistrement complexe de la mémoire inconsciente qui emprisonne à la fois la charge émotionnelle forte causée par la douleur ou la souffrance ainsi que toutes les perceptions associées à cet instant. Ces perceptions seraient enregistrées, mais ne sont plus accessibles par le « mental analytique » dans un rappel mémoriel normal. Selon ce raisonnement, les perceptions brutes resteraient accessibles au « mental réactif ».
Activation des engrammes
D'après l'auteur de la théorie, un « engramme » peut ne jamais être réactivé. Il reste « dormant » sans autre dommage qu'une perte d'accès à la mémoire.
Lorsque le sujet se trouvera à l'avenir dans un état de conscience déprimé, avec le « mental réactif » aux commandes, il peut se retrouver face à une situation comportant assez d'éléments semblables à l'événement auquel il a précédemment succombé. Dans ce cas, le « mental réactif » accède aux enregistrements de l'engramme, et peut y trouver la perception de paroles qui avaient été proférées à cet instant (« dors », « va-t'en », « tais-toi », etc.). Il prend cela comme un ordre ou un conseil, solution immédiate de son problème : l'injonction est exécutée à la lettre, suivant un mécanisme qui rappelle l'hypnose. C'est la première activation de l'engramme, qui conduit à un premier comportement aberrant.
Le comportement aberrant fait boule de neige, s'activant de plus en plus fréquemment et créant des « chaînes d'engramme » dans lesquelles chaque intervention du « mental réactif » s'explique par l'activation du complexe précédent et empêche une intervention correcte du « mental analytique », facilitant encore plus une défaillance ultérieure. Par leur accumulation, les chaînes d'engrammes entravent progressivement le fonctionnement du « mental analytique ».
Comportement « aberré »
D'après Hubbard, l'engramme activé induit un type de comportement répétitif, qui peut aller à l'encontre des intérêts objectifs de l'individu, et à la longue lui gâcher la vie. Avec l'accumulation des réactivations, le « mental analytique » devient progressivement paralysé, et la mémoire de plus en plus inaccessible. C'est ce que Ron Hubbard appelle un « comportement aberré ».
Audition dianétique
La dianétique est focalisée sur la technique de l'audition dianétique. Cette audition est un processus qui doit nécessairement se dérouler entre deux personnes volontaires ou qui acceptent la séance : l'auditeur, supposé objectif et analytique, et l'autre, qui entre en contact avec ses engrammes inconscients pour s'en libérer. La théorie se limite à fournir aux auditeurs les points de repère pour leur intervention. L'auditeur n'est pas nécessairement membre ou formé par l'Église de scientologie (bien qu'en pratique, la dianétique soit surtout diffusée par elle). La méthode de base (telle qu'exposée par l'auteur dans son livre fondateur) est volontairement exposée de manière très simple, concrète et pragmatique, de manière à la rendre facile à mettre en œuvre par un auditeur en auto-formation (dont le livre est la seule référence).