Le mousqueton 1931Dénomination officielle par l'armée suisse. (abrégé Mq. 31/K. 31/Kar. 31)K pour Karabiner, le terme de "mousqueton" se réfère à une carabine, terme absent du vocabulaire francophone de l'armée suisse. est une arme militaire à répétition qui fonctionne selon le principe de la culasse à mouvement rectiligne (système Schmidt) du Fusil Schmidt-Rubin Modèle 1889, mais repensé par Adolf FurrerÀ qui l'on doit entre autres; le fusil-mitrailleur 1925, le PM 41/44, le lance mine M33, le canon DCA modèle 1938 ou le canon DCA M38. sous la dénomination : système W+F, culasse Furrer. L'appellation "Schmidt-Rubin K31" est donc un abus de langage.

Produit à dès 1933, il a été introduit non pas par un réarmement général, mais peu à peu dans l'armée suisse dès 1935. Les derniers exemplaires militaires furent produits en 1958, 1972 pour les privés.

Le Mq. 31 utilise la munition 7,5 mm GP11. Il sera remplacé par le Fass 57 dès 1957. De nombreux tireurs continuent de l'utiliser et certains, à l'équiper pour le tir à longue distance (TLD). À la fin des obligations militaires, l'arme d'ordonnance peut être conservée par le soldat, elle passe ainsi du statut Armée à Privé et le marquage P est poinçonné sur l'arme. En plus de l'armée, le mousqueton 31 a été également distribué aux douanes, à la gendarmerie et forces de polices, à l'équipe suisse de tir ainsi qu'une série privée aux particuliers. En 1957, la Garde suisse pontificale fut dotée de dont 20 furent remplacés en 1981. Dès 1991, les Fass 57 et les mousquetons 31 sont remplacés par le Fass 90.

Présentation Développé par le colonel Adolf Furrer (1873-1958), directeur de la Waffenfabrik de 1921 à 1940 et le colonel Robert Eduard Fierz (1883-1940), Chef du Service technique militaire du Département militaire fédéral, le mousqueton est l’arme personnelle du soldat suisse qui l’utilise comme arme de précision pour sa protection à courte distance, la grande précision de cette arme permet de toucher de très petits buts à des distances de plusieurs centaines de mètres. Grâce à sa culasse à mouvement rectiligne qui permet une manipulation simple pour recharger, la cadence de tir est rapide. Un bon tireur peut tirer bien ajustés par minute.

Développement Dans les années 1900, le soldat suisse est équipé du fusil 1911 pour l'élite et la landwehr (ce qui correspond approximativement à 40 % des effectifs de l'armée). Les troupes spéciales telles que la cavalerie, le génie, les mitrailleurs, les cyclistes, la subsistance sont équipés du mousqueton 1911 et le landsturm est doté du fusil 1889 avec sa munition la GP 1890 cylindro-hémisphérique.

Le fusil long M 1911 avec une longueur de n'était guère adapté aux troupes de montagnes, cavalerie, génie et cyclistes d'où l'idée de développer une arme courte pour toutes les troupes. La précision du Mq. 11 par rapport au fusil M 1911 avait déçu les milieux des tireurs. Or en Suisse, l'arme personnelle de guerre est aussi l'arme de stand.

Mousqueton d'essais 1930 La W+F a tenté d'améliorer la précision du Mq. 11 en fabriquant avec un canon plus lourd ( au lieu des du Mq. 11) et un col de crosse plus étoffé. Appelé mousqueton d'essais 1930, le diamètre à la bouche revient à la cote de ce qui permet l'utilisation du même porte-guidon que le Mq. 11.

Les essais furent peu satisfaisants et les armes furent cédées pour moitié aux gardes-frontières et moitié à la Garde suisse Vaticane, elles sont reconnaissables par un V devant le n° de l'arme. En 1929, le programme établi imposait les exigences suivantes ; Longueur égale au Mousqueton 11 Maniement semblable. Précision égale au fusil long. Coût abaissé.

En 1930, la W+F met au point le Mq. 31. Dix exemplaires sont soumis à des tirs comparatifs avec le fusil M 1911 et le Mq. d'essais 1930 à l'école de tir de Wallenstadt et dans quelques sociétés de tir. En , poursuite des essais avec ( 001 – 500 200) dans ; Six écoles de recrues d'infanterie. Une école de sous-officiers. Des écoles de recrues d'armes spéciales. Quarante sociétés de tir.

La performance du champion du monde de tir, Karl Zimmermann1114 points à Stockholm en 1929, fut très remarquée par le Conseil fédéral.

«...Au premier essai avec cette arme, M. K. Zimmermann, champion du monde de tir, a obtenu un résultat qui, il y a peu d'années encore, aurait fait sensation dans un match international de tir. Il avait cependant cette arme en main pour la première fois et ne s'était pas servi de cartouches spéciales... » (Message du Conseil fédéral du ) Le , par arrêté du Conseil fédéral, le Mq. 31 est déclaré d'ordonnance en remplacement du système 11. L'Assemblée fédérale arrête donc, le :

Art. 1. - Le mousqueton modèle 1931 est l'arme à feu de toutes les troupes portant fusil. Il leur sera remis graduellement à commencer par les compagnies de fusiliers et de carabiniers.(Dès 1935.)

Art. 2. - Les fantassins des brigades d'infanterie de montagne, qui portent encore le fusil et qui sont astreints aux cours de répétition, recevront en 1934 le mousqueton modèle 1911. Dès lors et jusqu'à la remise aux troupes du mousqueton 1931, les recrues des brigades d'infanterie de montagne recevront le mousqueton 1911.

Art. 3. - L'Assemblée fédérale prend acte de l'intention du Conseil fédéral de doter le landsturm, en 1934, du fusil 1911 ou 1896/11 (réalisant ainsi l'unité de munition ; auparavant, le landsturm était armé du fusil 1889).

Données techniques Calibre : (7,5 mm GP11) Longueur du canon: Longueur totale : 1105 mm Partie rayée : Nombre de rayures : 4 Longueur du pas des rayures : à droite. (10,63') Profondeur des rayures : Largeur des rayures : largeur du champ : Tolérance : 7,50 mm à 7,57 mm pour le règlement technique . Pression max. des gaz : (~ à la bouche) Vitesse initiale : Magasin : Poids du magasin vide : Poids de l’arme non chargée, avec bretelle et couvre-canon : Hausse : à joues, graduée de tous les Longueur de la ligne de visée: (490 mm pour le Mousqueton 11) Numérotation attribuée au Département militaire fédéral : de à On ne voulait pas dépasser le million. Nombre de pièces selon la nomenclature : 64 Dispersion totale de l'arme selon le fabricant : soit à Coût de fabrication : CHF 115.-VSAM Bulletin /14 p.34

Canon, culasse et boîte de culasse thumb|120px|alt=Culasse du mq. 31|Culasse du Mq. 31 thumb|120px|alt=Culasse démontée du mq. 31|Culasse démontée du Mq. 31 thumb|80px|alt=Extracteur (en haut) et éjecteur mobile (en bas)|Extracteur (en haut) et éjecteur mobile (en bas)

Le mousqueton 31 diffère du système 1911 en de nombreux points.

Le corps du canon, du porte-guidon à la chambre à cartouche, a un diamètre extérieur de et est plus étoffé que celui du mousqueton 11. (). Le diamètre extérieur à la bouche est de pour les mousquetons (Mq. 11 et Mq. 31) et de pour les fusils.

Le canon est en contact avec la monture à la hauteur de l'embouchoir et du col de la chambre à cartouche, (au niveau de l'embouchoir pour le garde-main), entre ces deux points, il est entouré d'une couche d'air de .

L'extrémité postérieure du canon à surface hélicoïdale est la paroi antérieure de la chambre des contreforts. C'est sur cette paroi que le tenon de fermeture inférieur (de droite) va s'appuyer lors de l'ouverture de la culasse pour permettre d'extraire sans effort la douille qui colle dans la chambre.

Les trois derniers chiffres du numéro de série sont reportés sur le canon monté d'origine.

La culasse comprend . En intégrant le cylindre à l'intérieur de la douille de fermeture (et non pas dans son prolongement) on obtint une culasse plus courte ( au lieu de ) donc un canon plus long de 60 mm comparé au mousqueton 11.

Les tenons de verrouillage se trouvent maintenant à l'avant de la culasse. (douille de fermeture), au milieu pour le système 11 et à l'arrière pour le Fusil Schmidt-Rubin 1889. La rigidité et donc la précision sont atteintes par la suppression du porte-à-faux et des vibrations. La liaison cylindre - écrou de fermeture est assurée par un verrouillage à baïonnette. (filetage carré pour le Mq. 11).

Le cylindre loge dans son bourrelet (cuvette de tir) le culot de la cartouche et transmet la pression des gaz (environ ) à la douille de fermeture.

Les deux demi-poignées du verrou sont en acier et rivetées à celui-ci, l'ébonite utilisée jusqu'alors s'étant révélée trop fragile.

La boîte de culasse contient les deux contreforts servant au verrouillage de la culasse qui est guidée par deux rainures conductrices obliques. L'éjecteur est mobile (fixe pour le Mq. 11).

L'appareil de percussion est composé de : la broche de percussion, du ressort de percussion, de la tige de percussion. À l'ouverture de la culasse, la bouterolle arme l'appareil de percussion en ramenant en arrière la broche et la tige de percussion et en comprimant le ressort. L'encoche postérieure (cran de repos) de la rainure hélicoïdale de la douille de fermeture empêche que la bouterolle ne soit repoussée en avant par le ressort de percussion, l'appareil de percussion reste ainsi armé.

Le verrou comporte deux chanfreins, le chanfrein antérieur se loge, culasse fermée, dans la fraisure postérieure du verrou pour empêcher qu'il bouge au "reposez armes" exécuté trop vigoureusement. Le chanfrein postérieur fixe de même la position de la culasse ouverte, le crochet saute dans son logement fraisé dans le bout avant du verrou pour empêcher qu'on arrache la culasse hors de sa boîte.

La détente est à double effet, le point d'arrêt (bossette) est à . et le départ à . L'appareil de détente est composé du levier de détente, la détente et la gâchette, le ressort de détente actionne ces trois parties assemblées.

Le magasin de six cartouches à double pile est amovible, il se garnit au moyen d'un chargeur de six coups introduits par l'ouverture de charge et par la pression de la naissance du pouce sur les cartouches. Noter le dégagement sur la droite de l'ouverture de charge réservant ainsi plus de place pour le pouce.

Guidon et hausse thumb|100px|alt=Hausse micrométrique Furter|Hausse micrométrique Furter thumb|100px|alt=Dioptre W+F (type K) et son iris|Dioptre W+F (type K) et son iris

Les organes de visées sont fixes au canon, la hausse à joues est brasée sur celui-ci. Elle est graduée de et incrémentée tous les . Le cran de mire est demi-rond.

Il existe des hausses ouvertes micrométriques ainsi que des dioptres adaptables et autorisés en stand.

L'encoche 1500 ne correspond pas à la portée maximale qui est d'environ . La portée verticale est de que le projectile atteint en .

Le guidon, à pointe carrée, est protégé latéralement, il est fixé au porte-guidon par une queue d'aronde et existe en différentes : (5,9 - 6,2 - 6,5 - 6,8 et .) et en trois épaisseurs : (2 - 2,2 - .) Le changement d'un guidon par un autre dans l'ordre des hauteurs, déplace le point d'impact de 16 cm. à 300 mètres.

La dérive se règle en déplaçant le guidon au moyen d'un outil particulier. Un déplacement latéral de déplace le point d'impact de à . Le porte-guidon est fixé au canon par une "cheville au canon" (vissé pour le Mq.. 11).

Il est à noter que selon le règlement, les guidons du Mq. 31 ne doivent pas être montés sur le Zfk55Règlement 65.334 f Page 41.

Le , le Département militaire fédéral (DMF) autorise les tireurs vétérans à utiliser pour le tir hors service le dioptre W+F.

Le dioptre allonge la ligne de mire à et peut-être engagé de , il existe trois inserts pour le tunnel. (1,8 / 2.0 / )Dioptre W+F Type K

On peut engager les mousquetons jusqu'à la distance de si les buts sont visibles. On ne tient alors pas compte de la gerbe de l'arme, comme pour le mousqueton à lunette, mais de l'ensemble des gerbes des mousquetonsRèglement de l'infanterie p.10.

Acier On distingue le type d'alliage ou procédé au marquage sur le tenon de reculLes alliages varient selon les possibilités et les difficultés d'approvisionnement durent la seconde Guerre mondiale.; AV = Acier - Vanadium CN = Chrome - Nickel MO = Molybdène