thumb|DS19 modèle 1958 (4 cylindres, 1,9 l, 75 ch.

La Citroën DS (nom formé de deux initiales accolées se prononçant « déesse ») et sa déclinaison simplifiée la Citroën ID (nom formé de deux initiales accolées se prononçant « idée ») sont commercialisées par Citroën entre 1955 et 1975, tout d'abord en berline puis en break et cabriolet. Le « D » vient probablement de l'usage du moteur le plus récent alors de Citroën, le « moteur série D », qui équipait la Traction 11 D jusqu'en . L'ID et la DS reprennent le même principe de la traction qui a fait la renommée de Citroën.

Historique Conception Dessinée par le sculpteur et designer italien Flaminio Bertoni en collaboration avec André Lefebvre, ingénieur issu de l'aéronautique, et l'ingénieur hydraulicien Paul Magès., la DS aurait pu être en partie inspirée de la Studebaker Commander Starliner, dessinée par Raymond Loewy.. Cette automobile est révolutionnaire par bien des aspects. À l'origine, son long capot est prévu pour accueillir un moteur 6-cylindres, mais tant le 6-cylindres en ligne de la 15, que celui à plat, ne purent être adoptés, pour cause de mise au point non aboutie et d'encombrement car ce moteur 'pénétrait' dans l'habitacle. Son nom de code est « VGD » (Véhicule de grande diffusionPatrick Bollon, Esprit d'époque, 2002, 114), la conception du projet étant lancée par le PDG de Citroën Pierre-Jules Boulanger puis son successeur Pierre Bercot.. Elle est le point de mire du salon de l'automobile de 19556 octobre 1955 : Présentation de la première DS 19 au Salon de l'Automobile, sur you.leparisien.fr, Le Parisien, par P.A. Reynaud, consulté le 15 septembre 2014.. Elle est dotée d'une ligne extrêmement audacieuse, qualifiée même de révolutionnaire, et d'un confort intérieur remarquable grâce à sa suspension hydropneumatique propre à la marque jusqu'en . La DS comporte également de nombreuses innovations techniques qui la démarquent du monde de l'automobile de son époque en Europe : direction assistée, boîte de vitesses assistée à commande hydraulique, freinage assisté par des freins à disque à l'avant, pivot de direction dans l'axe des roues et, à partir de , phares pivotants, puis, à partir de , introduction de l'électronique (moteur à injection). Innovation de sécurité importante : le volant de direction monobranche, copié sur la Humber Humberette de 1903 et conçu pour éviter de briser la cage thoracique du conducteur en cas de choc frontal violent. Sur le tachymètre des DS 21 présentées en seront également rappelées les distances de freinage associées aux principales vitesses sur route.

Réception La DS est vite adoptée par les cadres supérieurs et les notables puis par les vedettes et les élus de la République, jusqu'au général de Gaulle qui en fait la voiture officielle de la présidence (elle lui sauvera la vie en 1962 au cours de l'attentat du Petit-Clamart)..

En 1999, la DS est élue « meilleur objet de design mondial du XXe siècle ». Cette même année, elle est nommée par le magazine britannique .

Arrêt et succession La DS reste populaire et concurrentielle durant toute sa carrière, le plus haut niveau de production étant atteint en 1970. À la fin de sa vie, certains aspects comme l'habitacle assez étroit ou le levier de vitesse au tableau de bord commencent néanmoins à paraître vieillots. Finalement, après vingt ans de production, durant lesquels plus d'un million trois cent mille DS sortent des chaînes de production, du break au cabriolet, dont DS et , elle est remplacée par la Citroën CX au milieu des années 1970.

Véhicule de collection devenu culte, une DS 23 cabriolet est vendue en .

Caractéristiques Carrosserie et châssis

left|thumb|DSuper bleu Platine AC632, caisse abaissée. left|thumb|Les clignotants arrière de la DS sont installés dans le prolongement de la gouttière

Après sa présentation en avant-première au théâtre Marigny, au magasin Citroën de l'avenue des Champs-Élysées et surtout au salon de Paris le (à la fin de la première journée, douze mille exemplaires sont commandésCatherine Saint-Jean, « 1955, la Citroën DS : Éloge de la volupté », Le Figaro, lundi 21 juillet 2014, page 14.). La marque a opté pour une stratégie publicitaire efficace, attirant notamment l'attention en faisant circuler plusieurs modèles dans Paris à l'époque du salon. La DS suscite un fort enthousiasme du public, tant sa carrosserie rompt avec tous les canons esthétiques alors en vigueurJean-Louis Loubet, « 1955 : naissance d'une déesse… », L'Histoire , octobre 2005, p. 24-25.. À l'avant le museau est effilé, et le pare-chocs doublé en son centre évoque une fine calandre chromée. À l'arrière les feux clignotants bordant le pavillon se donnent des airs de tuyères de réacteur, et la sortie de l'échappement est en « queue de carpe » (uniquement les deux premières années). Un carénage intégral est fixé sous l'avant de la voiture : cette tôle profilée comporte deux entrées d'air destinées au refroidissement des disques de freins qui sont accolés à la boîte de vitesses (refroidissement avec système à effet Venturi). L'équipement intérieur est lui aussi inhabituel sur une voiture de cette époque : volant mono-branche comme sur la Humber "Humberette" de 1904, tableau de bord futuriste, pédale-bouton en guise de pédale de frein, freins à disque de série à l'avant, etc.

Même les détails secondaires sont étonnants : fixation des roues par un simple écrou central (jusqu'en 1966), roue de secours inclinée placée à l'extrême avant de la voiture, sous le capot devant le radiateur, voie arrière plus étroite de que celle de l'avant, pneus avant et arrière de largeurs différentes, dépose nécessaire de l'aile arrière (maintenue par deux emboîtements vers l'avant et un boulon à l'arrière) pour accéder à la roue lors d'un remplacement, levier de vitesses commandant le démarreur, pare-brise en courbe avec montants très fins… (pare brise qui causa des soucis à sa fabrication, car cette forme innovante n'avait jamais été pratiquée alors).

Sur le hayon de la DS break, à double ouverture, on trouve deux plaques d'immatriculation : l'une verticale et en retrait et l'autre à plat horizontalement afin d'être visible même quand le volet bas du hayon est baissé. Comme sur la berline, l'assiette arrière de la caisse est maintenue horizontale même à pleine charge grâce au correcteur d'assiette de la suspension, ce qui l'a fait adopter par de nombreux commerçants. thumb|Phare à longue portée directif Concernant la carrosserie, la première modification d'importance apparaît au salon de Paris de 1962, pour le millésime 63 : nouveau pare-chocs avant avec butoirs en caoutchouc en forme de boomerangs verticaux encadrant la plaque d'immatriculation. La jupe inférieure n'est plus disjointe de la caisse, alors que les ailes avant sont imperceptiblement modifiées, le tout pour une amélioration de l'efficacité aérodynamique (+ ), et une modernisation de la ligne. En septembre 1967 (année-modèle 1968) l'avant est de nouveau redessiné, intégrant quatre phares carénés. Citroën, qui a racheté Panhard & Levassor en 1965, va "emprunter" l' idée (pour une DS...) des double phares de la 24 CT). Les grosses optiques extérieures incluant les codes s' ajustent à l'assiette comme sur les modèles postérieurs à 1965, tandis que les optiques intérieures à longue portée à iode peuvent s'orienter suivant la trajectoire de la voiture, du moins sur les modèles dotés de la direction assistée. En série sur toutes les versions de DS, ce dispositif est en revanche en option sur les autres modèles de la gamme ID. left|thumb|upright=1.8|DSuper vert argenté (AC527). thumb|Tableau de bord DS 1956-61 thumb|Tableau de bord DS 1961-68 thumb|Tableau de bord DS 1968-75 L'intérieur connaît lui aussi plusieurs générations de tableau de bord. Le tableau initial de la DS 19, en matière synthétique d'une pièce, présente à chaque extrémité des aérateurs remplaçant des déflecteurs. C'est un exercice de style d'une grande pureté et très design ; il possède en particulier une splendide montre intégrée au cendrier (jusqu'en avril 1959). Il est remplacé en (année-modèle 1962) par une version plus ergonomique, plus moderne, mais surtout plus simple à fabriquer et à monter. L'esprit de la première planche de bord est conservé, mais la pureté du design initial s'est quelque peu dissipée. En septembre 1968 (année-modèle 1969), nouvelle concession à la modernité avec la suppression des chromes, mais l'esprit demeure toujours. Les ID sont équipées d'une planche de bord horizontale sans abaissement de la visière devant le passager avant, mais avec des aérateurs similaires. Le dernier tableau de bord, commun à toute la gamme "D" apparaît au millésime 1970 (septembre 1969) avec trois cadrans ronds : voyants de contrôles testables par un bouton-poussoir, tachymètre et compte-tours ; la partie supérieure est rembourrée pour des raisons de sécurité. N'offrant sur le papier que des avantages, le style de cette planche de bord n’est, pour beaucoup, pas au niveau de ses prédécesseurs.

Indépendamment des modifications techniques et de style, intervient le lancement au salon 1964 (millésime 1965) de la finition Pallas, disponible sur toutes les DS et ce jusqu'à l'arrêt de la production. Extérieurement, elle se reconnaît à ses panneaux de custode et ses pieds-milieu en aluminium brossé, ses baguettes de ceinture supérieure de caisse et de bas de caisse en inox, ses baguettes de protection latérales avec insert en caoutchouc nervuré rejoignant les catadioptres, ses enjoliveurs de roues spécifiques, dont un modèle éphémère strié radialement pour la seule année-modèle 1965, ses clignotants avant entouré d'inox comme ses feux arrière de plastique d'aspect inox et dont les stops sont de couleur orangée jusqu'en 1973 environ. Sur certains marchés étrangers (Belgique, Suisse, etc.) les stops sont rouges, tandis que le sommet de la porte de coffre est garni d'une baguette supérieure en inox similaire à celles des portes ainsi que d'un logo "Pallas" posé à gauche symétriquement à l'éventuel logo "DS21". Les projecteurs complémentaires longue portée à iode, simplement posés sur l'avant des ailes avant de jusqu'en , sont de série sur les Pallas puis DS21, mais en option sur les autres modèles. Une couleur gris métallisé moyen palladium est également disponible et spécifique à cette finition luxueuse Pallas. Intérieurement, les portes sont entièrement capitonnées, les poignées intérieures reçoivent des plaques de propreté en inox, le sol est recouvert d'un tapis Dunlopillo, les seuils de portes en inox, les dossiers des sièges avant plus hauts, le pavillon tendu de tissu et, en option, elle peut recevoir un garnissage de cuir noir ou naturel et/ou un accoudoir central avant.

Évolution mécanique thumb|left|DS capot moteur ouvert thumb|Compartiment moteur de Citroën DS thumb|Détail de la suspension arrière thumb|Détail de la suspension avant