Christian Fouchet, né le à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise) et mort le à Genève, est un diplomate et homme politique français.
Il est notamment le ministre de l'Éducation nationale au deuxième plus long mandat de la Cinquième République, et ministre de l’Intérieur au moment des événements de Mai 68. Il est auparavant ambassadeur au Danemark de 1958 à 1962.
Il est le père de la romancière Lorraine Fouchet.
Biographie Jeunesse et études Christian Fouchet suit des études de droit et obtient une licence de droit. Il s'inscrit également à l'École libre des sciences politiques, et est diplômé en économie politique. Il y côtoie Charles d'Aragon.
Il décide ensuite de se tourner vers le monde militaire, et devient élève-officier à l'école de l'Air de Mérignac en 1940. Dans un article publié dans La Marseillaise (date inconnue, probablement 1944-1945) et intitulé « Complot », Fouchet raconte qu'en , les élèves-officiers et lui-même ont reçu pour mission de « protéger » le maréchal Pétain et le général Weygand, qui voulaient continuer la guerre, contrairement aux personnalités politiques : il explique qu'on a réuni les élèves-officiers en leur disant que des civils voulaient arrêter la guerre et faire arrêter Pétain de Weygand qui voulaient la continuer ; que ces E-O ont été disséminés dans Bordeaux avec des fusils-mitrailleurs..
Il rallie la France libre le , après le discours du maréchal Pétain annonçant la négociation d'un armistice, devançant d'un jour l'appel du 18 Juin, et se met au service du général de Gaulle à Londres le .
Aviateur des Forces aériennes françaises libres, il passe son brevet de parachutiste, puis devient correspondant de guerre au Proche-Orient. Il participe aux campagnes du Fezzan et de Libye. En 1943 il rencontre Antoine de Saint-Exupéry à Alger, les deux hommes deviennent amis.
Postes diplomatiques
Envoyé comme secrétaire à la délégation du CFLN à Moscou au printemps 1944BnF, Fonds Jean-Richard Bloch, Varia , 1943-1944, f. 16-18. Il est mentionné plusieurs fois par l'écrivain Jean-Richard Bloch en exil à Moscou, et ce dès le 26 février 1944 : « Visite à Cathala. Vu le capitaine Foucher ». Le site de l'Assemblée nationale fait donc une erreur en évoquant son arrivée en poste en août 1944, il est ensuite délégué en Pologne à Lublin. Il est le premier occidental à entrer dans Varsovie avec l'Armée rouge fin . Il organise le regroupement des milliers de prisonniers et déportés français libérés des camps allemands en territoire polonais.
À partir d', il est consul général de France à Calcutta avec juridiction sur l'Inde entière et la Birmanie, il y fait la connaissance d'Alexandra David-Néel, ils deviennent amis et restent en contact jusqu'à la mort d'Alexandra en 1969 à presque 101 ans.
Il est ambassadeur au Danemark de 1958 à 1962, et président du comité chargé d'étudier le projet d'union politique européenne des Six États de la CEE, ou Plan Fouchet, qui n'aboutit pas.
Haut-commissaire en Algérie Du au , il est haut-commissaire en Algérie. Nommé le , il arrive à l’aérodrome de la Réghaïa le . De Rocher Noir où il emménage avec son équipe (Bernard Tricot est son secrétaire et délégué général, Georges Buis dirige le cabinet militaire), il a pour mission d’organiser le référendum sur l’autodétermination. Il condamne dans de nombreux discours les actions des membres de l’Organisation Armée Secrète (OAS) qui ne respectent pas le cessez-le-feu.
Le , l'armée tire sur des civils qui tentent de forcer les barrages des forces de l'ordre à Alger, rue d'Isly. Des dizaines de morts (hommes, femmes, enfants) sont décomptés.
Le , Fouchet adopte six mesures contre l'OAS. Annoncées publiquement le , elles visent trois catégories de la population soupçonnées de soutenir l’OAS : les notables, la police et la jeunesse. « L’opération Fouchet » consiste à révoquer des fonctionnaires, à expulser cinquante Algérois et à interner des personnalités oranaises. Des Attachés Temporaires Occasionnels (ATO) et des gendarmes mobiles sont recrutés afin de surveiller les édifices publics visés par l’OAS.. Enfin, pour rompre le lien entre la jeunesse et l’OAS, deux mesures sont prises : l’appel anticipé des conscrits européens d'Alger et d'Oran âgés de (dont le nom de code militaire est « le plan Simoun »)., imposé par l’ordonnance du ministre des Armées Pierre Messmer, et la dissolution de l'Association des étudiants algérois (AGEA)..
Mandats politiques
Il adhère au RPF qu'il représente à l'Assemblée nationale de 1951 à 1955 comme député de la Seine. Il accompagne le général de Gaulle lors de son voyage en Tunisie.
Ministre chargé des Affaires marocaines et tunisiennes Du au , il est ministre chargé des affaires marocaines et tunisiennes dans le gouvernement de Pierre Mendès France.
Ministre chargé de l'Information Du au , il est ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l'Information.
Ministre de l'Éducation nationale Comme ministre de l'Éducation nationale du au , il détenait le record de longévité à ce poste sous la : quatre ans, trois mois et vingt-six jours, avant d’être devancé par Jean-Michel Blanquer en 2021.
Il est l'auteur de la réforme Fouchet des universités à laquelle succède la loi Faure du , et qui instaure notamment la création des instituts universitaires de technologie, la suppression de la propédeutique, la création du DEUG, et alternative de la licence et de la maîtrise, ambition qui fait que Georges Pompidou, le Premier ministre, va en parler à l’Assemblée pour dire qu'il .
Ce train de réformes contribue à moderniser les programmes des études scientifiques et à créer de nouvelles formations professionnelles comme les maîtrises d'informatique et d'électronique, ou instaurer la carte scolaire.
Même après son départ, l'UNEF se bat contre la réforme Fouchet des universitésLA SIGNIFICATION POLITIQUE DE LA REFORME FOUCHET, tract de mars 1966 et les règlements des résidences universitaires, accusés de freiner la démocratisation des universités et participe avec les comités lycéens au mouvement de 1967 contre les ordonnances sur la sécurité sociale, avec lequel une demi-douzaine de lycées ont déclenché une grève de solidarité""L'explosion de mai, 11 mai 1968" par René Backmann, Lucien Rioux, 1968. Les principales manifestations en province ont eu lieu à Lyon (huit mille manifestants), Le Mans, Lille (trois à cinq mille), Saint-Étienne (deux mille cinq cents), Bordeaux, Grenoble, Rouen (deux mille) ou encore Marseille, Le Havre, Dijon, Toulon (mille à mille cinq cents).
Ministre de l'Intérieur Il devient ministre de l'Intérieur du au dans les gouvernements de Georges Pompidou, ce qui englobe les événements de Mai 68.
Élu député de Meurthe-et-Moselle en 1967 sous l'étiquette UD- République, réélu en 1968 et 1973 sous l'étiquette UDR, il se porte candidat à la présidence de la République après la mort de Georges Pompidou, mais il se retire en faveur de Jacques Chaban-Delmas le , juste après l'appel des 43 en faveur de Valéry Giscard d'Estaing.
Il meurt le à Genève et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division).
Christian Fouchet était docteur honoris causa des universités de Montréal et d'Ottawa.
Une place porte désormais son nom dans sa ville natale de Saint-Germain-en-Laye.
Publications roman Le Carnaval des lépreux, feuilleton publié dans « Carrefour » en 1949. Christian Fouchet, Au service du général de Gaulle, Plon, 1971. Christian Fouchet, Les lauriers sont coupés, Plon, 1973.
Décorations ( avril 1961) ; chevalier (18 juin 1946)
avec étoile de vermeil (26 aout 1946).
Croix des Veterans of Foreign Wars Nombreuses décorations étrangères (Tunisie, Comores, Danemark, Mexique, Pérou, Italie, Cambodge, Allemagne, Pakistan, Irak, Liban, Suède, Dahomey)
Archives Inventaire des « Papiers Christian Fouchet » conservés aux Archives nationales sous la cote 97AJ.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie François Boulet, « Christian Fouchet, de Saint-Germain-en-Laye au Général de Gaulle », in Actes du colloque Christian Fouchet, un Saint-Germanois en politique, Bulletin des Amis du Vieux Saint-Germain, , 2017, . Lorraine Fouchet, J'ai rendez-vous avec toi, éditions Héloïse d'Ormesson, 2014. Pascal Geneste et Aurore Cartier, Papiers Christian Fouchet, Paris, Archives nationales, 2010. . .
Jérôme Pozzi, « Christian Fouchet en Lorraine. Une tentative d'implantation réussie », in Actes du colloque Christian Fouchet, un Saint-Germanois en politique, Bulletin des amis du vieux Saint-Germain, , 2017, .
Liens externes
Catégorie:Naissance en Seine-et-Oise Catégorie:Naissance en novembre 1911 Catégorie:Naissance à Saint-Germain-en-Laye Catégorie:Élève de l'École libre des sciences politiques Catégorie:Personnalité du Rassemblement du peuple français Catégorie:Personnalité de l'Union pour la nouvelle République Catégorie:Personnalité de l'Union des démocrates pour la République Catégorie:Conseiller général de Meurthe-et-Moselle Catégorie:Gaulliste Catégorie:Ambassadeur de France au Danemark Catégorie:Ministre de la Cinquième République Catégorie:Ministre français de l'Éducation nationale Catégorie:Ministre français de l'Intérieur Catégorie:Ministre français des Affaires algériennes Catégorie:Député de la Seine Catégorie:Député de Meurthe-et-Moselle Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Titulaire de la croix de la Valeur militaire Catégorie:Personnalité de la France libre Catégorie:Ministre de la Quatrième République Catégorie:Député de la deuxième législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la IIIe législature de la Ve République Catégorie:Député de la IVe législature de la Ve République Catégorie:Député de la Ve législature de la Ve République Catégorie:Grand officier de l'ordre du Ouissam alaouite Catégorie:Commandeur des Palmes académiques Catégorie:Décès en août 1974 Catégorie:Décès à 62 ans Catégorie:Décès à Genève Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 68) Catégorie:Ministre de l'Éducation nationale durant la Cinquième République française