Anjouan (Ndz(u)wani en comorien ou Anjoane ou Johanna ou Hanzoan ; en ) est une île d'origine volcanique de l'archipel des Comores située dans l'océan Indien, qui constitue un État fédéré de l'union des Comores. Sa capitale est Mutsamudu et sa population est d'environ en 2017.. Sa superficie est de . Anjouan est l'ile ayant la plus grande densité de population dans l'archipel des Comores.
Géographie thumb|left|L'île d'Anjouan vue depuis la Station Spatiale Internationale. Climat L'île d'Anjouan se situant à l'orient de l'archipel est dotée d'un climat tropical à saison alternée de tendance humide. De ce fait, on peut y constater des précipitations assez importantes tout au long de l'année. En termes de température, elles oscillent entre 18 et une trentaine de degrés tout au long de l'année.
Divisions administratives Le territoire de l'île d'Anjouan est divisé en communes (Loi du , promulguée le ). Pour des raisons administratives les communes sont groupées en préfectures, et réparties comme suit(http://halidiallaoui.over-blog.com/article-comores-les-decrets-du-21-juillet-2011-promulgant-les-lois-sur-l-organisation-territoriale-et-sur-l-84510874.html) : préfecture de Mutsamudu, chef-lieu Mutsamudu, 4 communes : Mutsamudu, Mirontsy, Bandrani ya Chirokamba, Bandrani-Mtsangani ; préfecture de Ouani, chef-lieu : Ouani, 3 communes : Ouani, Bazimini, Bambao Mtrouni (Tsembéhou) ; préfecture de Domoni, chef-lieu : Domoni, 5 communes : Domoni, Ngandzalé, Koni, Bambao Mtsanga, Jamilimé ; préfecture de Mrémani, chef-lieu : Mrémani, 5 communes : Adda, Mrémani, Ongodjou, Chaouéni, Mramani ; préfecture de Sima, chef-lieu Sima, 3 communes : Sima, Vouani, Moya.
Villes
Sites touristiques La citadelle de Mutsamudu, le marché de la ville. Le mausolée du président Ahmed Abdallah Abderamane à Domoni. Le parc du Mont Ntringui qui inclut le lac Dzialandze et le mont Ntringui. La région de Sima où se trouvent de nombreuses exploitations de plantes à parfum qui donnent leur surnom aux îles des Comores. Les chutes de Tratringa, à Bambao Mtrouni et la rivière du même nom. La plage de Moya et le col du même nom que les enfants dévalent sur des caisses à savon. La rivière de Jomani et le Cap Mangeat à l'entrée de Domoni. La cascade Tratringua a Ongoni-Marahani. Le mur de Momoni (uhura wa muji) à Domoni.
Environnement Une des principales menaces sur l'environnement terrestre à l'heure actuelle est la déforestation : de la forêt a été coupée entre 1995 et 2014 et la plupart des fleuves se sont asséchés. Cela entraîne la disparition des espèces sauvages, mais aussi la fragilisation du sol (créant coulées de boue et glissements de terrain lors des grandes pluies), ainsi qu'une moins bonne rétention d'eau dans les sols, créant des sécheresses préoccupantes..
La principale menace sur l'environnement marin est la pollution, la très large majorité des ordures (autant ménagères qu'industrielles) finissent ainsi à la mer, qui en rejette et accumule une bonne partie sur les plages, ce qui bloque également toute possibilité de développement touristique et augmente le risque de maladies du fait de l'insalubrité.
Histoire
Les plus anciennes traces d'installation humaine certaine dans l'archipel des Comores remontent au Moyen Âge, et les archéologues ne s'accordent pas encore pour savoir si les premiers habitants d'Anjouan étaient malgaches ou africains De même, l'arrivée de l'islam est encore disputée, et est datée, suivant les experts, entre le .
Sultanat de Ndzuwani (1500) Aux environs de 1500 est fondé le sultanat de Ndzuwani, qui englobe toute l'île, et nous a laissé des archives bien plus utiles aux historiens. À partir du , l'archipel des Comores se trouve en position stratégique sur les routes commerciales maritimes reliant l'Europe à l'Orient en contournant l'Afrique : les navigateurs européens de l'époque recommandent alors aux navires en route pour les Indes de faire une pause atlantique au Cap-Vert au printemps et une pause indienne aux Comores en septembre, afin de profiter au mieux des courants de mousson ; c'est l'île d'Anjouan qui est alors considérée comme la plus sûre pour les bateaux, ayant toujours une de ses trois côtes protégée du vent.. Cette situation va faire de Mutsamudu le principal port de commerce de la région pour plusieurs siècles et d'Anjouan l'île la plus riche et puissante de l'archipel, entraînant une prospérité sans précédent qui permet au sultan d'étendre ses ambitions sur les autres îles, ambition cependant jamais vraiment réalisée et contrariée à l'est par les prétentions des rois malgaches.
Les constituent une période particulièrement prospère pour les Comores, idéalement placées sur une route commerciale florissante entre l'Europe et ce qui devient l'empire omanais. Cependant, la rivalité entre sultans fait que les Comores ne deviennent à aucun moment un pays uni, capable de tenir tête aux menaces extérieures, ce qui rend cette prospérité précaire.
L'île, essentiellement visitée par des marins portugais, commence à être mieux connue en France à partir du . Ainsi, en 1751, l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert lui consacre une courte notice :
Le sultanat d'Anjouan (liste des sultans d'Anjouan) perd en 1830 son pouvoir sur Mohéli (liste des sultans de Mohéli) au profit du roi malgache Ramanetaka.
Dans les années 1830-1880, la chasse à la baleine (ou plutôt aux cachalots (Physeteridae)) attire des flottes européennes, en partie également pour embaucher du personnel local.
En 1851, par l'Expédition d'Anjouan, les États-Unis imposent à Anjouan un traité de commerce privilégié.
Période française (1885-1974) En 1885 s'achève la conférence de Berlin, pendant laquelle les puissances coloniales européennes s'accordent sur une répartition de leurs influences réciproques dans le monde, et notamment sur l'Afrique. La France possédait déjà Mayotte depuis 1841, ainsi que plusieurs comptoirs malgaches, et des entrepreneurs français étaient déjà implantés sur Anjouan : les trois îles comoriennes deviennent donc protectorat français en 1886http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/comores/presentation-de-l-union-des/article/geographie-et-histoire-82553. Alors qu'Anjouan avait longtemps été l'île la plus puissante de l'archipel, la domination revient alors à Mayotte, plus développée et occidentalisée à cette époque, et Anjouan se retrouve dans l'ombre de celle-ci ainsi que de la Grande Comore, au potentiel agricole et industriel considéré comme plus important.
En 1891, une révolte des paysans pauvres et des travailleurs de l'industrie menace très sérieusement la domination de la France sur l’île, les Français l'évacuent avant de la reconquérir au prix d’une expédition militaire .
Le , les îles de l'archipel des Comores anciennement appelées , dont faisait partie Anjouan, sont rattachées à la colonie de Madagascar. La France met en place à cette époque les principales infrastructures (routes, ports, administrations…) et installe des cultures d'exportation, comme la vanille et l'ylang-ylang.
Les 22 et , un cyclone ravage Mohéli et Anjouan et fait près de , en particulier dans cette dernière île, que visite alors François Mitterrand, ministre de la France d'Outre-mer.. À la suite des dommages causés aux infrastructures de transport, une importante partie des colons d’Anjouan s’installe à Moroni, anticipant le transfert de la capitale vers la Grande Comore en 1962.
Avec les progrès de l'indépendantisme malgache dans l'immédiat après-guerre, l'archipel des Comores devient un des éléments du territoire d'outre-mer des Comores en 1946. Un indépendantisme s'y développe à son tour, soutenu par l'Union soviétique.
Intégration au nouvel État comorien (1974) Par la consultation du 22 décembre 1974, Anjouan choisit l'indépendance vis-à-vis de la France et son intégration au nouvel État comorien. En 1974, les Anjouanais se prononcent à contre le maintien du statut de TOM de la République française (soit pour le maintien).
La capitale de l’État comorien est située à Moroni, en Grande Comore, achevant de marginaliser Anjouan qui fut autrefois la principale puissance locale de l'archipel.
Depuis l'indépendance, l'archipel subit de nombreux troubles et ne parvient pas à trouver le chemin de la démocratie. Il fait l'objet de coups d'État violents et de prises de main expéditives, soutenus occasionnellement par des mercenaires comme le Français Bob Denard, ultérieurement arrêté et condamné par la France.
Première crise séparatiste (1997)
En 1997, Anjouan et Mohéli proclament unilatéralement leur indépendance de la République fédérale islamique des Comores et souhaitent leur rattachement à la France, mais cette dernière refuse. Cette tentative de sécession entraîne un embargo mené par la RFIC et l'Organisation de l'unité africaine (OUA). Alors qu'en 1998, sous l'égide de l'OUA, Mohéli accepte de nouveau l'autorité de Moroni, Anjouan refuse toujours.
Le pouvoir sur l'île passe aux mains d'un triumvirat présidé par le foundi () Abdallah Ibrahim, non francophone, âgé de , Said Abeid Abdérémane, coordinateur national, et Mohamed Bacar. Le pouvoir central cherche alors à retrouver son autorité par la force mais échoue, militairement et politiquement. En 1999, Abdallah Ibrahim, résigné, confie le pouvoir à Abeid, le Coordinateur national. Le , Abeid est écarté par un coup d'État de la gendarmerie au profit de Bacar.
Bacar entame alors un long processus politique de réconciliation avec Azali Assoumani après la prise de pouvoir de celui-ci en Grande Comore afin de créer une nouvelle entité, l'union des Comores, où les îles bénéficient d'une très large autonomie. Bacar échappera à plusieurs coups d'État dont un mené par Abeid.
Chaque année de nombreux Comoriens d'Anjouan, de la Grande Comore et de Mohéli tentent, dans une certaine indifférence internationale, de rejoindre Mayotte dans des embarcations de fortune, les kwassa-kwassa, ce qui entraîne au passage la mort de nombreux naufragés On peut expliquer ce changement d'opinion des Comoriens par la grande misère que traversent leurs îles et par la situation enviée de la petite voisine mahoraise.
De son côté, Mayotte accueille malgré tout les exilés, même si elle voit sa population croître très rapidement. La population de Mayotte est composée de de réfugiés en provenance d'Anjouan. Cette situation pose de graves problèmes démographiques et sociaux mettant en jeu l'avenir et la stabilité économique de l'île où le contrôle des naissances se heurte aux tabous d'une population très majoritairement musulmane.
. L'union des Comores reste encore fragile, mais aussi bien la France que l'Union africaine et les populations de Mayotte et Anjouan espèrent une normalisation de la situation.
Seconde crise séparatiste (2007) Des soldats fidèles à Mohamed Bacar prennent le contrôle de la capitale d'Anjouan en . Bacar, devenu pour la première fois président d'Anjouan en 2002, cherche à obtenir l'indépendance de l'île.
Le , Mohamed Bacar est réélu au premier tour de l'élection à la présidence de l'île d'Anjouan. Le gouvernement de l'union des Comores, qui avait ordonné le report, estime que le scrutin s'est tenu dans l', et l'élection n'est pas reconnue par l'Union africaine (UA). Seule l'Afrique du Sud intervient diplomatiquement pour prévenir une intervention militaire de l'UA. Après l'annonce le du président de l'Union de son intention d'intervenir , le colonel Bacar repousse le les propositions de médiation internationale d'exil ou reddition..