François Mansart, né le à Paris et mort le dans la même ville, paroisse Saint-Paul, est un grand architecte français.

Il est considéré comme le principal précurseur de l’architecture classique en France.

Biographie Né dans le faubourg Saint-Victor, il est le fils d’Absalon Mansart, maître charpentier au service du roi., et de Michelle Le Roy, elle-même issue d’une famille d'architectes et d'ingénieurs dont Philibert Le Roy, l'architecte du Versailles de Louis XIII.. Il est le quatrième de sept enfants. Son père meurt en 1610 alors qu’il n’est âgé que de 12 ans..

Formation Il entre en 1611 comme apprenti auprès du maître maçon Charles Mouret à Paris, judqu'en 1614. À partir de 1614, il se rend à Rennes où il assiste son beau-frère, Germain Gaultier, sculpteur et architecte de la ville. C'est à cette occasion qu'il rencontre Salomon de Brosse et . De 1618 à 1621, représentant son oncle Marcel Le Roy, il mena les travaux de reconstruction du Pont-Neuf de Toulouse sur les plans de Jacques Lemercier. En 1621, il partit en Normandie pour accomplir une mission semblable sur le pont de RouenCosta, 1994, p. 463..

Son oncle lui laissa une totale autonomie, ces constructions marquèrent l'achèvement de sa formation.

Mansart n'eut pas l'occasion d'aller en Italie, car il ne pouvait pas interrompre son activité.. Il apprit l'architecture grâce à sa vaste bibliothèque qui lui fit connaître l'architecture française du et l'architecture italienne..

Carrière Sa première réalisation notable est la façade de l'église des Feuillants, dont il fournit le dessin en 1623. Cette composition, qui rencontre un certain succès en son temps, est très inspirée de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais (1616) de Salomon de Brosse.. La même année, il participe à la rénovation du château de Berny. Cette rénovation plaît à Jean de Choisy, chancelier du duc d'Orléans, qui décide de lui confier la construction du château de Balleroy en 1631. Ce château présente déjà toutes les particularités du style de Mansart : les volumes sont pyramidants, les toits sont écrêtés et coiffés de lanternons et l'escalier est suspendu grâce à une importante maîtrise de la stéréotomie. Cette composition reprend le plan du château du Plessis-Belleville (1628) qu'il avait réalisé. Il reprend également le même système d'escalier en pierre de taille logé dans un pavillon central.. De plus, il crée ici une terrasse côté cour et côté jardin, ce qui ouvre le château sur le jardin ; cette formule est très souvent reprise par la suite. En 1634, Gaston d'Orléans décide de faire appel à lui pour créer un nouveau château de Blois, dont seulement une partie a été réalisée (il s'agit de l'actuelle aile Gaston d'Orléans). C'est un projet colossal, abandonné en 1638, à la naissance du futur roi Louis XIV, car Gaston d'Orléans cesse dès lors d'être l'héritier du trône. Ici aussi, il emploie des toits écrêtés et réalise une composition pyramidante. En 1641, René de Longueil fait construire son château de Maisons par Mansart, qui reprend de nombreux éléments du château de Balleroy et qui devient un véritable modèle pour l'architecture ultérieure, comme l'indique Jacques-François Blondel dans son Cours d'Architecture (1771). Il établit véritablement la renommée de l'architecte, qui se distingue aussi par les frais de construction qu'il occasionne ; en effet, il n'hésite pas à détruire ce qu'il juge mal construit pour le reconstruire ensuite. C'est ainsi qu'après avoir construit une aile du château de Maisons, il la fait détruire et reconstruire pour obtenir un résultat le satisfaisant.. L'arrestation de René de Longueil fait suspendre les travaux, qui reprennent en 1658. Finalement, alors que ses constructions sont très appréciées, le chantier du Val-de-Grâce, qui lui avait été confié en 1645, lui est repris et donné à Jacques Lemercier en raison des frais que ses exigences engendraient.

Fin de vie vignette|Plaque commémorative au n°5 rue Payenne. À sa mort, de maladie, au 5 rue Payenne à Paris, où il avait toujours vécu, François Mansart a été inhumé à Saint-Paul..

Il ne s’était pas marié et n’eut pas d’enfants.

Œuvres François Mansart est crédité des réalisations suivantes :

Châteaux et palais vignette|Le château de Maisons-Laffitte, souvent considéré comme le grand œuvre de Mansart. 1623-1627 : Château de Berny 1627-1628 : Château de Pamfou 1628-1630 / 1655-1656 : Château du Plessis-Belleville 1631 : Château de Balleroy 1631-1632 : Château de Montrouge 1631-1649 : Château de Coulommiers en Brie (parachèvement) 1633-1662 : Château de Pontchartrain 1633-1647 : château du Tremblay sur Mauldre 1635-1638 : Aile Gaston d’Orléans du château de Blois, construite pour Gaston d’Orléans et qui servira de modèle pour le Palais du Luxembourg 1638-1651 : Château de Limours (avant-cour et jardins) 1639-1642 : Château de Chambord (travaux pour Gaston d'Orléans) 1642-1643 : Château du Haut-Fontenay à Fontenay-le-Fleury 1641-1650 / 1658-1660 : Château de Maisons-Laffitte, reconnu comme le chef-d’œuvre de Mansart et un modèle d’architecture classique, copié dans toute l’Europe 1644-1645 : Galerie Mazarine de l'actuelle Bibliothèque nationale, site Richelieu 1644-1666 : Château de Fresnes 1646-1648 : Château de Petit-Bourg (jardins) 1648-1652 : Hôtel de Guénégaud (Paris, rive gauche) 1656-1659 : Château de la Ferté à Reuilly vers 1660 : Château de Gesvres à Crouy-sur-Ourcq. vers 1660 : Château de Soisy Premiers plans (repris par Hardouin-Mansart) du château de PomponneRémi Mathis, « Travaux au château de Pomponne » Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), dir. A. Gady, Paris, Maison des sciences de l'homme, 2010, p. 305-306. Plusieurs projets inachevés pour l'aménagement du palais du Louvre , dont une nouvelle façade orientale (1664-1666)Jean-Claude Daufresne, Louvre & Tuileries: architectures de papier, Paris, Liège/Bruxelles, Mardaga, 1987, p. 61-66 ;  William Peter Jackson Smith, « MANSART FRANÇOIS - », Encyclopædia Universalis [en ligne], "Projets pour le Louvre et la chapelle des Bourbons à Saint-Denis". Château de Guiry, à Guiry-en-Vexin, achevé en 1665. Château de Villette à Condécourt, achevé vers 1669 par son neveu, Jules Hardouin-Mansart.

Édifices religieux vignette|Église Notre-Dame du Val-de-Grâce, Paris. 1623-1625 : Façade de l'église du couvent des Feuillants de Paris 1632-1634 : Temple du Marais (ancienne chapelle du couvent de la Visitation Sainte-Marie), à Paris. Sa construction a été assurée par l’entrepreneur maître-maçon Michel Villedo 1632-1637 : La Visitation du Faubourg Saint-Jacques 1645-1646 : Église Notre-Dame du Val-de-Grâce, à Paris 1657-1665 : "portail" de l'église des Minimes

Hôtels particuliers et maisons vignette|L'Hôtel de Guénégaud, seul hôtel particulier de Mansart demeuré intact..1631-1632 : Hôtel de Montmorency, rue Sainte-Avoye 1635-1650 : Hôtel de la Vrillière "renommé" Hôtel de Toulouse, siège actuel de la Banque de France (1635), et sa Galerie dorée, pour Louis Phélypeaux à Paris 1642-1643 : Hôtel de Chavigny, rue du Roi-de-Sicile 1642 : La maison de Mansart, rue Payenne 1644 : Hôtel de Blérancourt, place Royale 1648 : Hôtel de Jars, rue de Richelieu après 1648 - vers 1660 : Hôtel de Guénégaud du Plessis 1651-1653 : Hôtel de Guénégaud, rue des Archives à Paris avant 1651-1665 : Hôtel de Condé au faubourg Saint-Germain avant 1652 : Hôtel dit de Châteauneuf, rue Coquillière, Paris 1653-1658 : Hôtel de La Bazinière, quai Malaquais 1660-1661 : Hôtel Carnavalet, surélévation de trois ailes de l'hôtel du et création d'un escalier (v. 1650) 1660-1664 : Maison de La Bazinière à Issy

Autels 1624-1628 : Autel de Saint-Martin-des-Champs 1628 : Autel de la Vierge dans la cathédrale Notre-Dame de Paris

Monuments funéraires 1655-1657 : Tombeau de Nicolas de Bailleul 1656 : Tombeau des L'Aubespine 1664-1665 : Mausolée des Bourbons à Saint-Denis (projet)

Postérité François Mansart était un architecte français connu pour la noblesse et la majesté de son architecture. Il s’efforçait de perfectionner les modèles de l’Antiquité et avait un profil précis et correct. Il était également doué pour concevoir la distribution générale d’un plan. Cependant, certains lui ont reproché d’être tombé dans la pesanteur en s’éloignant de l’élégance et de la grâce caractéristiques du siècle de François et en exagérant la noblesse et la dignité pour donner plus de grandeur à ses édifices. Malgré cela, il avait un esprit solide, une imagination féconde, le sentiment du beau et une aversion pour le mauvais goût. Il était également modeste et souvent insatisfait de ses dessins, même lorsqu’ils étaient appréciés par les connaisseurs. La plupart des nombreux édifices érigés par Mansart ont presque tous disparu et ne sont connus que par les gravures ou par une liste laissée par Charles Perrault. Aujourd’hui, pour apprécier le talent de François Mansart, il ne reste plus que le château de Maisons-Laffitte, gravé en sept planches par Mariette, la façade restaurée de l’hôtel Carnavalet à Paris, le temple protestant du Marais et l’hôtel de Guénégaud.

Mansart a popularisé l’usage des mansardes. Les mansardes sont des fenêtres en saillie sur un toit en pente qui permettent d’aménager des pièces sous les combles. Elles sont souvent associées à l’architecture française du siècle.

François Mansart a vécu au siècle (1598-1666) et est considéré comme l’un des plus grands architectes français. Il préfigure les générations suivantes du classicisme marquées par les architectes Louis Le Vau, Claude Perrault et Jules Hardouin-Mansart.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Jean-Pierre Babelon, « François Mansart et la peinture », dans Anna Ottani Cavina, Michel Laclotte (éd.), Mélanges en hommage à Pierre Rosenberg. Peintures et dessins en France et en Italie, XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, éd. de la Réunion des musées nationaux, 2001, p. 53-61. . Andrée Chauleur, Pierre-Yves Louis, François Mansart, les bâtiments : marchés et travaux (1623-1665), Paris, Champion, 1998. Georges Costa, « François Mansart à Toulouse », in Bulletin Monumental, 1994-4, p. 459-470, (lire en ligne). . .

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Articles connexes Une mansarde, ou toit « à la Mansart », contient terrasson et brisis Les architectes Jules Hardouin-Mansart et Pierre Delisle-Mansart ses petits-neveux et ont ajouté son nom de famille aux leurs par opportunisme. Les architectes Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne et Jean Mansart de Jouy sont ses arrière-arrière-petits-neveux.

Liens externes

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