La guerre d'Irak, ou deuxième guerre du Golfe, commence officiellement le avec l'invasion de l'Irak (dite opération Liberté irakienne) par la coalition menée par les États-Unis contre le parti Baas de Saddam Hussein. L'invasion conduit à la défaite rapide de l'armée irakienne, à l'arrestation et à l'exécution de Saddam Hussein ainsi qu'à la mise en place d'un nouveau gouvernement.

Cette guerre est l'une des rares mises en œuvre. du concept de guerre préventive, ici menée pour parer à la menace des armes de destruction massive dont l'administration Bush affirmait, à tort, détenir la preuve dans un rapport présenté au conseil de sécurité de l'ONU le ...

Le président George W. Bush déclare officiellement l'achèvement des combats le , sous la bannière Mission accomplie. Toutefois, la violence contre les forces de la coalition conduit rapidement à une guerre asymétrique impliquant plusieurs groupes d'insurgés, des milices, des membres d'Al-Qaïda, l'armée américaine et les forces du nouveau gouvernement irakien.

La guérilla irakienne est menée côté sunnite, principalement par l'Armée islamique en Irak, par les baasistes de l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya et par les djihadistes d'Al-Qaïda en Irak qui forment en 2006 l'État islamique d'Irak. Plusieurs milices chiites sont également constituées, la principale étant l'Armée du Mahdi.

Le .., un attentat contre le sanctuaire Al-Askari à Samarra provoque la première guerre civile irakienne, entre sunnites et chiites, qui fait des centaines de milliers de morts. Elle s'achève en 2008 par la victoire des milices chiites qui prennent le contrôle de Bagdad et chassent la majeure partie de la population sunnite de la capitale, tandis que Nouri al-Maliki forme un gouvernement à la tête du parti islamiste chiite Dawa, 200-206. Contribution de Pierre-Jean Luizard..

À partir de 2009, les États-Unis se désengagent progressivement en finançant notamment les milices sunnites Sahwa afin d'affronter l'État islamique d'Irak. Alors que les milices chiites rallient progressivement le pouvoir, les Sahwa contribuent à marginaliser les djihadistes et à instaurer une relative accalmie en Irak. Le , les forces américaines achèvent leur retrait du paysHors cadres de formation et troupes de protection de l'ambassade... La coalition militaire en Irak aura duré , soit huit ans et neuf mois.

Le nombre des victimes du conflit n'est pas connu avec exactitude et varie considérablement selon les études et les estimations qui vont de à plus d'un million de morts pour la période 2003-2011, tant parmi les combattants que les civils.

Événements ayant précédé la guerre La détermination des États-Unis La deuxième guerre d'Irak est menée sous l'impulsion des États-Unis. Après avoir lancé une offensive en Afghanistan, lieu où Oussama Ben Laden se serait réfugié après les attentats du , et suspectant des liens entre le régime irakien et les terroristes d'Al-Qaïda, George W. Bush charge Donald Rumsfeld et Tommy Franks de constituer un plan d'attaque contre l'Irak. C'est le plan d'opération 1003V, qui est une « évolution » du plan de guerre de la première guerre du Golfe.

Les raisons invoquées officiellement sont principalement : la « lutte contre le terrorisme », l'Irak étant présenté comme responsable entre autres de l'attentat contre le navire militaire USS Cole, des attentats contre plusieurs ambassades des États-Unis en Afrique et de ceux du . Il a depuis été démontré que ces accusations étaient infondées, y compris par le Sénat américain, Saddam Hussein lui-même considérant l'extrémisme islamiste comme une menace pour son régime. ; l'élimination des armes de destruction massive que l'Irak était censé détenir. La possession de missiles longue portée et leur prolifération sont démontrées depuis les années 1990.. En , que plus de chimiques ont été trouvées.. Mais l'Iraq Survey Group (ISG) déclare en 2004 qu'il n'y a plus aucune production d'arme chimique depuis 1991, ni aucun programme en cours en vue d'en obtenir de nouvelles, et que seules ont collectées dans tout le pays abandonnées ou oubliées et dans un état dégradé, datant de la guerre Iran-Irak... ; l'arrestation de Saddam Hussein, l'instauration d'une démocratie et la pacification de l'Orient par un effet d'exemple. Mais ces éléments sont contestés par beaucoup d'analystes et journalistes. Les éléments avancés par les États-Unis à l'appui de leurs dires sur la présence d'armes de destruction massive, les recherches visant à fabriquer de telles armes ou encore les liens entre l'Irak et le terrorisme provoquent beaucoup de débats, surtout après la publication du memorandum de Downing Street. De plus, d'autres éléments suscitent des doutes sur les motivations de l'intervention, comme : les liens entre les néo-conservateurs et des entreprises d'exploitation pétrolière, notamment le Groupe Carlyle, Enron, Halliburton Energy Services (qu'a présidé Dick Cheney) et Unocal (dont Hamid Karzai fut l'un des conseillers) ; les liens entre les néo-conservateurs et des (dont Halliburton) ; la décision de l'Irak de ne plus commercialiser son pétrole contre des devises en dollars, mais en eurosSaddam a été éliminé parce qu'il voulait facturer son pétrole en euro et non plus en dollars !..

On peut donc distinguer deux sortes d'objectifs : les objectifs/enjeux officiels, énoncés lors des discours des représentants de la Maison-Blanche et relatés dans la presse, et l'avis de la doctrine qui s'exprime par des objectifs/enjeux officieux.

Les enjeux officiels Objectifs politiques Les objectifs politiques sont d'établir le plus rapidement possible un gouvernement de transition (gouvernement provisoire irakien) qui désignerait dans le peuple un gouvernement démocratique représentatif de toutes les communautés irakiennes (chiites, sunnites et kurdes), de capturer les membres du parti Baas et les juger, de renverser le régime dictatorial mis en place par Saddam Hussein et sa famille et d'affecter les biens (palais, argent...) qui leur seraient saisis à la reconstruction des infrastructures détruites lors de la guerre.

Objectifs humanitaires Les objectifs humanitaires sont de libérer l'Irak de son dictateur Saddam Hussein afin qu'il devienne un pays uni, stable et libre, de soutenir la reconstruction et l'aide humanitaire, de réduire les dommages causés aux infrastructures du pays et à la population civile, de condamner Saddam Hussein pour ses crimes (violation des droits de l'homme), de punir l'Irak pour ne pas avoir respecté les des Nations unies et le programme « pétrole contre nourriture », et de promouvoir la démocratie.

Objectifs militaires Armes de destruction massive Les objectifs militaires sont d'écarter la menace résultant des capacités de Saddam Hussein à mener une guerre, de neutraliser les armes de destruction massive (biologiques, chimiques et nucléaires) ainsi que les missiles à longue portée et les autres armements, de frapper des cibles militaires sélectionnées, et de rendre au Koweït des biens (œuvres d’art, matériel militaire) et des prisonniers de guerre saisis lors de la première guerre du Golfe.

Le , dans un entretien donné à la chaîne de télévision ABC News, le président George W. Bush reconnaît, concernant les armes de destruction massive, que . À la question de savoir si la guerre aurait été lancée s'il avait su que Saddam Hussein ne détenait pas ces armes, le président Bush a répondu :

Objectifs anti-terroristes Les objectifs anti-terroristes sont de détruire les poches de soutien au terrorisme situées en Irak et d'éliminer un allié d'Al-Qaïda qui aide et protège les terroristes, les finance, qui procure un refuge pour divers groupes terroristes palestiniens et qui met des armes et des bases militaires à la disposition des groupes terroristes iraniens.

Le , au lendemain des attentats du World Trade Center, George W. Bush convoque des membres de son administration, dont Richard Clarke, afin d’explorer les possibilités de liens entre les attentats du perpétrés par Al-Qaïda et l’Irak. Il demande à savoir si ou ..

Le , Richard Clarke envoie un rapport à Condoleezza Rice intitulé « Survey on intelligence information on any Iraq involvement in the September 11 attacks ». Il explique que seules quelques preuves anecdotiques lient l’Irak à Al-Qaïda et précise qu’il n’y a aucune trace concrète de l’intervention de l’Irak dans la préparation ou la mise en œuvre des attaques du . Il se justifie notamment en expliquant que Ben Laden n’aime pas le sécularisme de Saddam Hussein.

Pour justifier leurs soupçons sur l’existence de liens entre l’Irak et Al-Qaïda, les services de renseignement américains évoquent différentes rencontres entre Ben Laden ou ses sbires, et des personnalités irakiennes du renseignement : en 1994-1995, un officier du renseignement irakien aurait rencontré Ben Laden à Khartoum. Mais il n’y a aucune preuve que cette rencontre ait réellement eu lieu. ; en , l’Irak aurait invité des talibans sur son territoire après que Ben Laden a exprimé sa fatwa contre les États-Unis. En , ce sont cette fois des représentants irakiens qui se seraient rendus en Afghanistan pour rencontrer les talibans et Ben Laden. ; selon un unique rapport des services de renseignement tchèques transmis à la CIA, l’Égyptien Mohamed Atta, l'un des terroristes qui avaient détourné un avion de ligne et l'avaient lancé contre le World Trade Center le , aurait rencontré quelques mois avant les attentats, le , un officier des services de renseignement irakiens, identifié comme étant Samir al-Ani, diplomate à l’ambassade irakienne de Prague.. Une autre source identifie l'agent irakien comme étant Ahmad Al-Anian.. Cette rencontre présumée avait été mentionnée par le vice-président Dick Cheney lors de l'émission télévisée Meet the Press de NBC en 2001, qui avait dit lors de l'interview : « Il a été presque confirmé que [Atta] est allé à Prague et qu'il a rencontré un haut fonctionnaire des services de renseignement irakiens en République tchèque en avril, plusieurs mois avant l'attaque ». L'administration Bush voyait dans cette rencontre un lien entre l'Irak et les attentats du , et cet argument avait été utilisé pour justifier la guerre en Irak. Cependant, un câble de la CIA du , qui a été rendu public en 2014, jette le doute sur cette information. Le câble spécifie qu'. Au contraire, les experts pensaient que c'était peu probable ; la CIA et le FBI étaient « sceptiques [quant au fait] qu'Atta soit allé à Prague ». L'information provenait d'une source unique, qui pouvait être erronée et devait être confortée par des preuves supplémentaires ;