est une actrice française, née le à .

Issue d'une grande famille d'industriels liée au cinéma, elle commence sa carrière au milieu des années 2000 et se fait rapidement repérer en 2008 avec La Belle Personne de Christophe Honoré, dans un rôle de jeune fille mélancolique et grave qui devient dès lors l'un des plus fréquents de son répertoire. En plus de lui ouvrir les portes du cinéma français, ce film lui offre plusieurs opportunités à Hollywood, où elle enchaîne des rôles secondaires dans de prestigieuses productions américaines telles qu'Inglourious Basterds (2009) de Quentin Tarantino, Robin des Bois (2010) de Ridley Scott et Mission impossible : Protocole Fantôme (2011) de Brad Bird.

En 2013, sa notoriété internationale éclate avec La Vie d'Adèle, récit d'apprentissage d'amours lesbiennes présenté au Festival de Cannes par Abdellatif Kechiche. Le jury présidé par Steven Spielberg décide de remettre la Palme d'or au film, mais aussi, pour la première fois dans l'histoire du festival, de la faire partager entre le réalisateur et les deux actrices principales, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos.

Ce succès critique l'accompagne dans la suite de sa carrière, qui la porte aussi bien vers des superproductions comme deux films James Bond que dans des projets plus intimistes et éclectiques, la ramenant à de nombreuses reprises au Festival de Cannes, dont elle devient l'une des figures coutumières. La qualité de son jeu d'actrice est régulièrement remarquée, qui lui vaut d'être nommée cinq fois pour un César ainsi qu'à un BAFTA du cinéma et un BAFTA du jeu vidéo. Elle collabore notamment avec des réalisateurs renommés tels que Wes Anderson, Rebecca Zlotowski, Benoît Jacquot, David Cronenberg, Arnaud Desplechin, Yórgos Lánthimos, Denis Villeneuve ou encore Hideo Kojima.

Biographie Jeunesse et formation Léa Seydoux, de son nom complet Léa Hélène Seydoux Fornier de Clausonne., naît le dans le de Paris.. Elle est originaire de deux des plus grandes familles de la bourgeoisie d'affaires française : les Schlumberger et les Seydoux, croisées à la fois par ses parents et ses arrière-grands-parents.. Sa mère, Valérie Schlumberger, a travaillé comme styliste-couturière et mannequin. , et lors de l'enfance de Léa Seydoux elle se consacre surtout à des activités caritatives au Sénégal. Son père Henri Seydoux est ingénieur et entrepreneur, fondateur notamment de l'entreprise de haute technologie Parrot.. Lors de leur mariage en 1982, sa mère a déjà deux filles et un fils d'une précédente union. et aura deux autres filles avec Henri Seydoux, Léa et sa sœur aînée Camille ; par la suite, son père a deux fils d'un second mariage avec le mannequin Farida Khelfa..

vignette|alt=Photo d'un homme souriant et portant des lunettes sur la scène d'une conférence.|gauche|Le père de Léa Seydoux, Henri Seydoux (ici en 2016) est le cofondateur de la société de technologie Parrot. Cette ascendance lie Léa Seydoux à de nombreuses personnes d'influence dans l'industrie culturelle françaiseSauf mention contraire, les fonctions listées à la suite sont celles que les membres de la famille de Léa Seydoux occupent dans les années 2000, 2010 et 2020, soit lors de sa période d'activité en tant qu'actrice.. Par son père, elle est ainsi la petite-fille de Jérôme Seydoux, président du groupe producteur et distributeur de films Pathé. ; la petite-nièce de Nicolas Seydoux, président du conseil de surveillance du groupe rival Gaumont, ainsi que de Michel Seydoux, producteur de cinéastes indépendants et notamment du film Dune de Jodorowsky ; et la cousine de Sidonie Dumas, fille de Nicolas Seydoux et directrice générale de Gaumont.. Le père et le grand-père de Léa Seydoux étant cependant en froid à la suite du décès de sa grand-mère, dans un conflit qui les amène notamment à ne pas se voir pendant dix ans., l'actrice dit ne pas être proche de Jérôme Seydoux et ne lui devoir en rien sa propre carrière. Par sa mère, Léa Seydoux est aussi la belle-sœur de l'écrivain Serge Bramly et la tante de l'écrivaine Carmen Bramly.. Si les familles Seydoux et Schlumberger restent relativement méconnues en-dehors des cercles industriels, plusieurs journaux relèvent que la mise en lumière médiatique intense de Léa Seydoux en France à partir du Festival de Cannes 2013 les sort de l'ombre et dévoile auprès du grand public leur influence dans des secteurs tels que le cinéma, le football (les clubs du LOSC et de l'Olympique lyonnais), la haute technologie (Parrot mais aussi PrestaShop), la restauration (Big Mamma) ou encore la mode (plusieurs marques indépendantes de prêt-à-porter)..

vignette|alt=Photographie d'une petite plage bordée de palmiers et de maisons, avec un quai de pierre et quelques embarcations légères au mouillage.|Dans son enfance, Léa Seydoux passe plusieurs mois par an sur l'île de Gorée, face à Dakar au Sénégal, où sa mère se consacre à des activités caritatives. Ses parents, souvent absents, divorcent quand Léa Seydoux a trois ans, et elle est alors élevée par sa mère Valérie.. Celle-ci réside une partie de l'année sur l'île de Gorée, au Sénégal ; sa fille l'y rejoint régulièrement.. Elle passe également plusieurs étés aux États-Unis, dans le Maryland, où son père l'envoie en colonie de vacances pour y apprendre l'anglais.. aux côtés d'une cousine. À Paris, Valérie Schlumberger élève ses cinq filles dans un grand appartement du , près du lycée Fénelon., dans un mode de vie décrit par ses enfants comme ascétique et qui conduit Léa Seydoux à paraître comme une marginale à l'école ; sa mère ne l'encourage d'ailleurs pas particulièrement à suivre le système scolaire assidument. Elle étudie notamment au Cours Carnot dans le et y laisse l'impression d'une enfant réservée et indolente, manquant d'assurance du fait d'une vie de famille éparpillée. Entretemps, son père se remarie avec la mannequin mondaine Farida Khelfa, ce qui amène la jeune fille à voir à la maison Christian Louboutin, un intime de ses parents et associé de son père ou bien encore, dans la propriété familiale de l'île Moustique, des célébrités telles que Mick Jagger, Lou Reed ou Elle Macpherson.

Malgré cette enfance passée dans un milieu privilégié et dans un cadre protestant., Léa Seydoux connaît une scolarité peu assidue et n'est titulaire d'aucun diplôme, ayant quitté le lycée après avoir échoué au baccalauréat. , elle confie par la suite le regretter parfois. Elle raconte dans de nombreux entretiens que cette vie de bohème dans une famille recomposée et avec des parents peu présents lui a donné l'impression de grandir orpheline. et a fait d'elle une enfant malheureuse quoique aimée, souffrant d'être différente, avec une timidité qui l'isole des autres et des difficultés de lecture : Elle aurait d'ailleurs souffert de dépression au sortir de l'adolescence..

Débuts (2005-2007) vignette|gauche|redresse|alt=Photographie au format portrait et en couleurs d'une jeune fille blonde sur un tapis rouge.|Léa Seydoux à la Mostra de Venise en 2009. Adolescente, Léa Seydoux envisage un temps de devenir chanteuse d'opéra., considérant le chant comme un moyen de pallier sa difficulté à s'exprimer avec ses proches., et étudie brièvement le chant au Conservatoire de Paris. Elle décroche cependant en prenant la mesure de la rigueur et des sacrifices exigés à long terme. Elle commence à s'intéresser au milieu du cinéma en classe de première, lorsqu'une amie lui fait fréquenter des acteurs. Léa Seydoux est alors mise en contact avec un agent artistique, qui lui trouve de petits rôles, et lui fait se rendre compte de l'intérêt de prendre des cours pour progresser.. Entre 2005 et 2006, après avoir cherché une formation au hasard dans un annuaire, elle entre en parallèle du lycée à l'école de théâtre parisienne des Enfants Terribles, dont le directeur Jean-Bernard Feitussi la convainc pour continuer de bénéficier de ses cours de se confronter à sa timidité et à la scène, et de ne plus s'asseoir au dernier rang. À la même époque, elle s'éprend d'un comédien qui ne fait pas attention à elle et qu'elle se décide alors à impressionner par sa future carrière ; cette ambition la motive d'autant plus à prendre cette profession au sérieux, malgré des remarques décourageantes de ses proches, et notamment de son père, qui ne considère pas le fait d'être actrice comme un véritable métier. Dans des entretiens, Léa Seydoux souligne comment le théâtre aide alors l'adolescente à lutter contre sa timidité maladive., ce qu'elle maintient par la suite : l'attrait du cinéma pour elle est qu'il lui permet de s'exprimer et d'interagir avec le monde malgré sa très grande timidité. Elle considère que cette difficulté à s'intégrer lui permet d'apparaître comme une page blanche sur laquelle il est plus facile de projeter les personnages qu'elle interprète. Elle affirme aussi dans maintes publications devoir son succès au cinéma à son seul travail d'actrice plutôt qu'à l'influence et à la renommée de sa famille., et avoir en partie choisi cette voie parce qu'elle n'a rien à perdre et a le sentiment , élevée sans éducation cinéphile. Elle vise l'indépendance financière :

En 2006, après quelques mois de cours, elle se fait représenter par l'agence Profil, entame des castings et décroche l'un des rôles principaux dans la chronique adolescente Mes copines de Sylvie Ayme. Retenue parmi au terme d'auditions durant lesquelles elle doit démontrer des techniques de danse et choisit de le faire sur des chorégraphies de son idole, Michael Jackson, elle déclare a posteriori que son illustre patronyme n'a pas semblé attirer l'attention, bien que le groupe Pathé que dirige son grand-père soit l'un des producteurs finaux du film. Le projet lui vaut l'apprentissage des techniques de tournage, et lance sa carrière. Elle change d'agent et apparaît dans plusieurs autres projets : le clip Ne partons pas fâchés pour le chanteur Raphael réalisé par Olivier Dahan, lequel lui fait d'ailleurs passer des essais pour un petit rôle dans La Môme, ainsi qu'un certain nombre de spots publicitaires, de Coca-Cola aux glaces La Laitière en passant par la mode, comme pour la marque American Apparel, ou pour Levi's dans une publicité avec Raphaël Personnaz.. À seulement, elle grimpe pour la première fois les marches du Festival de Cannes en 2007, pour le long métrage Une vieille maîtresse de Catherine Breillat, ancienne compagne d'un de ses oncles. Cette même année, elle est sélectionnée dans la promotion Talents Cannes 2007 au sein du court métrage La Consolation de Nicolas Klotz, qui vise à mettre en scène de jeunes comédiens prometteurs.. S'ensuivent quelques autres petits rôles dans des films français, comme De la guerre en 2008, sa première collaboration avec Bertrand Bonello. Le film est plutôt fraîchement accueilli par la critique mais lui permet de côtoyer plusieurs grands noms du cinéma français, tels Mathieu Amalric ou Asia Argento...

Révélation critique (2008-2009) vignette|redresse|alt=Photographie au format portrait et en couleurs d'une jeune fille blonde sur un tapis rouge.|L'actrice à la Mostra de Venise 2009, pour la présentation de Lourdes. En 2008, l'actrice est propulsée pour la première fois tête d'affiche d'un long métrage, La Belle Personne de Christophe Honoré, une relecture moderne du roman La Princesse de Clèves. Son interprétation du premier rôle, qui se refuse à la passion au nom de sa haute idée de l'amour, est particulièrement relevée par la critique., qui considère que ce personnage lui fait , alors pourtant qu'elle fait face à l'expérimenté Louis Garrel ; elle est d'ailleurs nommée au César du meilleur espoir féminin, remporté cependant cette année-là par Déborah François. Ce rôle-révélation lui donne l'impression d'avoir trouvé sa « première famille » et une raison d'être : partager des films avec autrui.