Les langues tchadiques sont une des branches de la famille des langues dites chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques). Elle compte près de 200 langues195 selon Ethnologue, repris dans Bernard Caron, « Langues tchadiques », dans Emilio Bonvini, Joëlle Busuttil et Alain Peyraube, Dictionnaire des langues, Presses Universitaires de France, , 2011. halshs-00643958., qui sont parlées en Afrique de l'Ouest et centrale : au nord du Nigeria, au sud du Niger, au sud du Tchad et dans le nord du Cameroun, par plus de de locuteurs.

Le haoussa, la langue tchadique la plus parlée, est présente au Nigeria et au Niger, avec environ de locuteurs. Aucune autre langue tchadique n'est parlée par plus de personnes ; le bata et le mousgoum seraient parlés par plus de personnes. Beaucoup de locuteurs de langues tchadiques adoptant aujourd'hui d'autres langues et les transmettant à leurs enfants, un grand nombre d'entre elles sont menacées d'extinction.

Classification

L'appartenance des langues tchadiques à la famille afro-asiatiques fait consensus depuis les années 1960-1970 : entre autres traits communs, l'opposition sourd/sonore/glottalisé dans le système consonantique, le système pronominal, et la marque du féminin en -t. Les langues tchadiques ont notamment pour traits communs de n'avoir ni cas ni classes nominales, et peu de prépositions.

Les langues tchadiques sont réparties en quatre groupes significativement différents : langues tchadiques occidentales : haoussa, ankwé, angas, pero ; langues biu-mandara ou centrales : dugvor, gude, guidar, mafa, mbudum, Mofu-gudur, mousgoum, tera, tsuvan, zizilivakan, zulgo-guemzek ; langues tchadiques orientales : dangaléat, bidiyo, migaama, toumak, soumray, sokoro, saba ; langues masa : langues masa du Nord (marba, massa, moussey, zumaya) ; langues masa du Sud (herdé, mesmé, ngeté, pévé). Toutefois, la séparation entre les langues masa et les langues centrales proposées par Paul Newman ne fait pas consensusVoir notamment Tourneux, H., « Place du masa dans la famille tchadique », Proceedings of the Fifth International Hamito-Semitic congress 1987, H. G. Mukarovsky, 1: 249-260..

Emprunts

Les langues tchadiques font de nombreux emprunts aux langues nilo-sahariennes, ce qui suggère une longue période de coexistence Ehret, Christopher, « The Nilo-Saharan background of Chadic », dans P. Newman et L. M. Hyman (éd.), West African linguistics: studies in honor of Russell G. Schuh, . Studies in African Linguistics Suppl. 11, Columbus, Ohio University Press, 2006. En revanche, malgré leur proximité géographique actuelle avec les langues adamaoua, les interactions entre ces deux groupes de langues sont limitées.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Liens externes

W. Vycichl (Un. de Fribourg), « Les langues tchadiques et l'origine chamitique de leur vocabulaire » Travaux de Russel G. Schuh (Université de Los Angeles) sur les langues tchadiques

* Catégorie:Langue chamito-sémitique