thumb|Blason de Rennes Cet article traite de l’histoire de la ville de Rennes.

Préhistoire et Antiquité Préhistoire Aucune trace d'occupation humaine datant du Paléolithique n'est à relever à l'emplacement de la ville actuelle. Cette période est en effet marquée par une faible pénétration humaine en Bretagne du fait de la prédominance des forêts et de l'absence de possibilités de déplacements. Dans les environs, un biface moustérien a été retrouvé sur le site de l'aéroport de Saint-Jacques-de-la-LandeLouis Pape, Rennes antique, in Histoire de Rennes, éd. Privat, ..

Quelques rares objets isolés datant du Néolithique ont été trouvés sur divers sites à l'emplacement de RennesPlace Sainte-Melaine, la Prévalaye, faubourg de Paris, prairies Saint-Georges, les Trois-Croix., ce qui pousse Jacques BriardAuteur de Rennes à l'Âge de Bronze, 1970. à douter de l'existence d'une « vivace occupation néolithique du terroir rennaisCité dans Histoire de Rennes, éd. Privat, .. »

Les objets datant de l'âge du Bronze (haches à douille, lames d'épées) trouvés à Rennes et dans les environs sont plus nombreux, assez pour attester d'une fréquentation des lieux à cette époque, sans qu'il y ait toutefois d'établissement importantLouis Pape, Rennes antique, in Histoire de Rennes, éd. Privat, ..

Époque gauloise vignette|alt=Carte représentant la localisation des divers peuples gaulois avant la conquête romaine.|Les peuples gaulois avant la Conquête.|gauche|242x242px À l'époque gauloise, se trouve à l'emplacement de l'actuelle Rennes un endroit nommé au Condate, ce qui en gaulois signifie « confluent ». Il est aujourd'hui difficile d'évaluer l'importance de la cité qui se développe avant la conquête romaine, les seules traces archéologiques subsistant étant celles de la ville gallo-romaine. : pour Louis PapeAuteur de la section « Rennes antique » du livre Histoire de Rennes aux éditions Privat, à 64., qui cite Ptolémée pour source, Condate est déjà une ville, capitale des Riedones. Il la situe aux alentours de la cathédrale, des portes Mordelaises et de la place de la Mission, et s'interroge sur le fait qu'elle soit ou non un oppidumLouis Pape, Rennes antique, in Histoire de Rennes, éd. Privat, ..

Certains auteurs sont plus affirmatifs, tel Michel de Mauny, qui dans L'ancien comté de Rennes, va jusqu'à préciser qu'il s'agit d'une bourgade construite selon le principe de l'éperon barré.

Dans l'Histoire de Rennes parue en 2006, cette affirmation est mise en doute : les recherches archéologiques ont montré l'existence d'un certain nombre d'enclos (dont celui fouillé en 1993 à Beaurade, qui était constitué d'habitations protégées par des fossés, daté des années -250 à -150), mais rien qui indique quelque chose de plus grand qu'un établissement agro-pastoral comme il en existait de nombreux sur le territoire des Riedones, comme dans toute la GauleJean-Claude Meuret, Les origines : du confluent à Condate, in Histoire de Rennes, PUR, .

Époque romaine

Après la conquête romaine, Condate devient le chef-lieu de la cité des Riedones (en latin de l’époque , qui elle-même appartient à la Gaule lyonnaise. La cité est à son tour subdivisée en pays (ou ), dont on ignore aujourd’hui le nombre exact et les limitesLe pays de Rennes - Histoire et identité, .

On connaît mieux en revanche l’organisation de Condate, grâce à des stèles des retrouvées en 1868 puis 1968, quai Duguay-Trouin. Trois de ces stèles sont dédiées à Titus Flavius Postuminus, qui a selon elles « exercé toutes les charges publiques » (le cursus honorum) dans sa patrie, la Civitas RiedonumJean-Claude Meuret, Les origines : du confluent à Condate, in Histoire de Rennes, PUR, , et a été flamine à vie du dieu Mars Mullo, le principal dieu des RiedonesJean-Claude Meuret, Les origines : du confluent à Condate, in Histoire de Rennes, PUR, . Le livre précise que Mars Mullo n'accède sans doute à ce statut qu'après la conquête romaine..

Entre le règne d'Auguste et le milieu du , Condate, très éloignée des zones troublées des frontières de l’Empire, connaît une longue période de paix où la ville s'étend librement, en l'absence de rempartsLouis Pape, Rennes antique, in Histoire de Rennes, éd. Privat, ., et profite de sa situation au centre d'un réseau routier en étoile vers les capitales des cités voisines (Angers, Corseul, Vannes, Le Mans, Avranches…) et de sa position de porte d'accès vers le reste de l'Armorique pour se développer.

La crise qui secoue l'Empire d'occident durant la seconde moitié du n'épargne pas Condate, qui comme beaucoup de cités gauloises devient la cible des bandes armées qui battent la campagne, poussant les habitants à enterrer leurs trésors, un grand nombre d'entre eux ayant été retrouvés en divers endroits de la ville (tel que la patère de Rennes), et motivant l'envoi d'un contingent de 1000 soldats francs, les Lètes, pour défendre la citéJean-Claude Meuret, Les origines : du confluent à Condate, in Histoire de Rennes, PUR, . La majeure partie de la ville est alors rasée et les matériaux récupérés pour l'édification d'un très solide rempart bâti avec soin (et non pas à la hâte comme on a pu le dire) sur la colline du confluent, qui a servi jusqu'à la fin du , et a posé de sérieux problèmes lors de sa démolition au Louis Pape, Rennes antique, in Histoire de Rennes, éd. Privat, ..

Le ainsi construit voit une drastique réduction de la ville du Haut-Empire, qui passe d'environ 100 hectares à une zone fortifiée de 9 à 10 ha, bordée au Sud par la VilaineJean-Claude Meuret, Les origines : du confluent à Condate, in Histoire de Rennes, PUR, Gérard Coulon, Les Gallo-Romains : vivre, travailler, croire, se distraire - 54 av. J.-C.-486 ap. J.-C., Paris : Errance, 2006. Collection Hespérides, , , et vaut à la ville son surnom d' (« La ville rouge », le mur étant principalement constitué de briques.)Michel de Mauny, L'ancien comté de Rennes, . Le nom de Condate lui-même est également abandonné à la même époque, et la ville, prenant alors le nom du peuple dont elle est la capitale, est à partir de là appelée , ce qui dérivera ensuite pour donner à Rennes son nom actuelJean-Claude Meuret, Les origines : du confluent à Condate, in Histoire de Rennes, PUR, .

L'arrivée des premiers chrétiens date du milieu du et leur premier lieu de culte aurait été établi dans l'église du Vieux-Saint-Étienne, hors de l'enceinte gallo-romaineA. Chédeville, H. Guillotel, La Bretagne des saints et des rois , 1984, .. Toutefois, pour Louis PapeDans Histoire de Rennes, éd. Privat, ., l'organisation du diocèse de Rennes ne remonte pas au-delà du début du , le plus ancien évêque connu de manière sûre est AthéniusCe qui ne signifie pas que c'est le premier., ayant participé au concile de Tours de 461 et à la réunion conciliaire de Vannes de 465 (sacre de Patern). Sans doute pour des raisons de sécurité maritimeHypothèse de F. Merlet, cité par Louis Pape dans Histoire de Rennes, éd. Privat, ., un redécoupage administratif fait que la perd en faveur d'Aleth toute sa partie nord-ouest ainsi que son accès maritime. Ces nouvelles limites correspondant à peu près à celles de l'évêché de Rennes ultérieur.

La mention de Redonum, chez Geoffroy de Monmouth (Histoire des Rois de Bretagne), a focalisé l'attention des chercheurs sur la ville de Rennes depuis le début du . Ceux-ci ont considéré que Rennes aurait été prise par Magnus Maximus, le soir même de son débarquement en Gaule, au printemps 383. Léon Fleuriot, entre autres historiens, se base sur Zosime, qui désigne les Bouches du Rhin comme lieu de débarquementFrançois Paschoud, Zosime : Histoire nouvelle. Tome II. partie (Livre IV). Belles Lettres. 1979. p 300Léon Fleuriot : Les origines de la Bretagne. Payot. 1982. p. 119François Zosso et Christian Zingg, Les empereurs romains. 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C., Errance, 1994, p 173.. Moyen Âge Armoricains et Francs : Rennes, ville frontière

Aux , après la chute de l'Empire romain d'Occident, l'Ouest et le Nord de l'Armorique voient s'installer des Bretons qui donnent bientôt leur nom à la péninsule. Rennes, qui reste le chef-lieu de la cité des Riedones, fait partie d'une vaste entité territoriale : les Armoricains contrôlent une grande partie du nord-ouest de la Gaule. Attaqués par Clovis, ils se replient vers l'ouest et Rennes se retrouve en situation de place forte proche de la nouvelle frontière entre le royaume des Francs et les Armoricains. Ils diffèrent par la langue, l'organisation politique, mais la religion catholique les rapproche en dépit d'usages liturgiques qui diffèrent sur de nombreux pointsGuy Devailly, Rennes au Moyen Âge, in Histoire de Rennes, éd. Privat, ..

Le successeur de l'évêque saint Amand (mort vers 505) est saint Melaine (mort vers 530) alors abbé du monastère de Platz en Brain-sur-Vilaine: les traditions, transmises par les Vitae écrites longtemps après sa mort, racontent ses miracles et le présentent comme le protecteur du peuple face aux exactions des puissants locauxXavier Ferrieu, Histoire de Rennes, 2001, . Soucieux de restaurer la discipline dans son diocèse, il condamne la pratique itinérante du culte et la participation des femmes à la liturgie du clergé bretonHdR PUR . Vraisemblablement, Melaine et Patern de Vannes auraient négocié vers 497 une paix avec ClovisA. Chédeville, H. Guillotel, La Bretagne des saints et des rois , Rennes, 1984, PP. 55-56. dont Melaine devient le conseiller: Armoricains et Francs traitent alors sur un pied d'égalitéMichel Rouche, Clovis, Paris, 1996, .. Enterré au nord-est de la ville, un lieu de culte se développe rapidement sur sa tombe avant que ne s'y installe un monastère.Dans la seconde moitié du , les relations entre ces deux peuples se dégradent, l'enjeu principal étant la domination du Vannetais, le pays lui-même étant devenu le royaume breton de Broërec (Pays de Waroch, du nom du roi Waroch ayant réalisé sa conquête vers 578), tandis que dans que la ville de Vannes elle-même se maintiennent un comte franc et un évêque gallo-romain. Rennes devient alors vers 585 la base arrière du duc franc Beppolène, chargé de soumettre Waroch. Ce dernier tente en vain d'imposer son fils aux RennaisA. Chédeville, H. Guillotel, op. cit., ..

Une place forte de la Marche de Bretagne Les Carolingiens, en arrivant sur le trône, s'efforcent de reconstituer le royaume des Francs, et Pépin le Bref, après une expédition en Bretagne en 753, établit une Marche de Bretagne regroupant les comtés de Rennes, de Vannes et de Nantes, dirigée par un préfet dont le plus connu est RolandAndré Chédeville, De la cité à la ville, in Histoire de Rennes, PUR, .. Durant cette période, Rennes sert de base pour les expéditions franques en territoire breton, jusqu'à ce qu'en 831 Louis le Pieux règle le conflit en nommant (envoyé de l'empereur) pour l'ensemble de la Bretagne (incluant donc l'ancienne marche-tampon) un comte breton, Nominoë. Ce dernier reste fidèle à l'empereur jusqu'à la mort de celui-ci, puis à son successeur Charles le Chauve, jusqu'en mai 843Guy Devailly, Rennes au Moyen Âge, in Histoire de Rennes, éd. Privat, ., date à laquelle il est attaqué par le comte de Nantes Renaud d'Herbauges après avoir recueilli Lambert, fils du précédent comte de NantesAndré Chédeville, De la cité à la ville, in Histoire de Rennes, PUR, .. Charles le Chauve réagit en novembre, amenant son armée jusqu'à Rennes. Les sources divergent sur ce qui advient alors : pour Guy Devailly, Charles s'empare alors de la ville qui est libérée en 845 par Nominoë et Lambert. Pour André Chédeville, le roi franc n'attaque pas à ce moment et se retire, la prise de Rennes par Charles et son siège par Nominoë et Lambert n'intervenant qu'en 850Guy Devailly, dans Histoire de Rennes, éd. Privat, et André Chédeville, dans Histoire de Rennes, PUR, . Les deux auteurs évoquent la possibilité d'une brèche dans les remparts de la ville..