La Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) est une organisation politique française de rassemblement des gauches, entre 1965 et 1968.
Créée sous l'impulsion de François Mitterrand le , elle résulte de la fusion des groupes parlementaires socialistes et du Rassemblement démocratique. Elle constituait alors ce qu'on appelait à l'époque « la gauche non communiste », par opposition au Parti communiste français (PCF) qui était la formation politique de gauche dominante.
Composition La FGDS regroupe : la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO, parti socialiste) de Guy Mollet ; le Parti radical (RAD) de René Billères ; la Convention des institutions républicaines (CIR) de François Mitterrand ; l'Union des groupes et clubs socialistes (UGCS) de Jean Poperen ; l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche (UCRG) d'Alain Savary.
Historique Au début des années 1960, une première tentative de rassemblement de la gauche et du centre, sous l'impulsion de Gaston Defferre, a échoué faute d'accord entre la SFIO et le MRP. À la suite de la candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1965, la Convention des institutions républicaines souhaite relancer l'idée d'un rassemblement, axé cette fois plus à gauche.. La fédération est créée le . En décembre, entre les deux tours de la présidentielle, Mitterrand en prend la présidence et Charles Hernu en est le délégué général.
La FGDS bénéficie du demi-succès fondateur de la candidature de François Mitterrand qui parvient à mettre en ballottage le général de Gaulle. Elle forme un contre-gouvernement dont Mitterrand est le président. En 1966, la FGDS se dote d'un programme et conclut un accord de désistement avec le PCFSerge Berstein, La France de l’expansion, Tome 1 : La République gaullienne, 1958-1969, Paris, Le Seuil, 1989, .. Elle obtient un succès aux élections législatives de 1967 en faisant élire (dont 4 apparentés membres du PSU). Dès lors, un renforcement des structures internes à la Fédération s'amorce en vue d'une fusion de ses composantes. Mais la crise de mai 68 et la déclaration de candidature précipitée et finalement prématurée de F. Mitterrand à la présidence de la République donnent un coup de frein aux réformes internes.
La FGDS recule ensuite fortement aux élections législatives de 1968, ne totalisant que 16,5 % des suffrages exprimés et ne conservant que à l'Assemblée nationale (sur 118 sortants). Les députés issus de la CIR sont tous éliminés à l'exception de François Mitterrand. Ce dernier est lui-même contraint de siéger comme non-inscrit car la SFIO décide alors de redonner la priorité à l'affirmation de son identité socialiste et reconstitue son propre groupe parlementaire. Mitterrand démissionne de la présidence de la fédération le . C'est la fin de la FGDS.
La SFIO lance le processus de fusion en l'obtenant d'abord de l'UCRG au sein du nouveau Parti socialiste, en , en attendant la grande fusion de toutes les composantes à Épinay-sur-Seine, en 1971. La FGDS fut donc le creuset de l'actuel Parti socialiste.
Groupe parlementaire 1967-1968 +Répartition partisane des députés FGDSPartiNombre de députésSection française de l'Internationale ouvrière76Parti radical-socialiste24Convention des institutions républicaines15Parti socialiste unifié (apparenté FGDS)4Divers gauche2 Total121
1968-1969 +Répartition partisane des députés FGDSPartiNombre de députésSection française de l'Internationale ouvrière40Parti radical-socialiste15Convention des institutions républicaines1Divers gauche1 Total57
Élections législatives de 1967
+Répartitions des circonscriptions par partiParti ou composante Circonscriptions Proportion23855,48 %89 20,75 %75 17,48 %16 3,73 %11 2,56 %Candidats429100,00 %
Répartition par circonscription