L'École navale est l'école militaire d’enseignement supérieur française qui assure la formation initiale des officiers de la Marine nationale. Ceux-ci sont destinés à occuper des postes de commandement à bord des bâtiments de surface, des sous-marins, dans l'aéronautique navale, dans les formations de fusiliers marins et commandos puis au sein des états-majors.

Elle constitue l'une des sept grandes écoles militaires françaises. C’est aussi l'une des françaises accréditées au à délivrer un diplôme d'ingénieur..

L’École navale et son institut de recherche (IRENav) sont installés sur un site de au sud de la rade de Brest, à Lanvéoc-Poulmic.

Elle est commandée par le contre-amiral Benoît Hédé-Haüy, depuis le .

Historique Histoire de l'école vignette|redresse|Un des Borda, à bord duquel l'école navale était installée de 1840 à 1913. vignette|redresse|Un élève de l'école de marine de Brest, dessin attribué à Jean-Baptiste Isabey (1767-1855), localisation inconnue.

La formation des officiers de vaisseaux de la marine royale a longtemps été assurée par un apprentissage embarqué essentiellement empirique et pratique. Sous l'Ancien Régime, de nombreux officiers de la Marine royale (en particulier de la Flotte du Ponant) sont des jeunes nobles formés par l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui possède une importante flotte. À partir de leur institution au , les Compagnies des Gardes de la Marine et du Pavillonmais supprimées en 1786. basées dans les ports de guerre Brest, Rochefort et Toulon, forment les officiers. Une première « école navale », dénommée École royale de la Marine du Havre est ouverte en 1773 par le roi Louis XV pour rénover la formation des officiers de la Marine royale. Mais Louis XVI la ferme en 1775, et remet en service les Compagnies des gardes de la Marine..

Sous le premier Empire, à partir de 1810, les Écoles spéciales de marine, embarquées, à Brest sur le Tourville et à Toulon sur le Duquesne, prennent le relais.

Fondé le , le Collège royal de la Marine leur succède. en 1818 à Angoulême et fonctionne jusqu'à la fin de la Restauration (1830) sous la direction de l'amiral Barbier de la Serre. Ce collège était implanté sur le lieu de l’actuelle gare de chemin de fer.

En 1827, par décision du gouvernement de Charles X, est rétablie à Brest une école embarquée sur un vaisseau-école, l'Orion qui prend le nom (confirmé en 1830) d’École navale.. L'École restera embarquée (à flot) jusqu'en 1914, date à laquelle elle est transférée à terreBien que située sur la terre ferme, l'école a longtemps été considérée comme une unité à la mer : son commandant était désigné comme "Commandant l'École navale et la goélette Étoile".. Elle est aujourd'hui implantée au sud de la rade de Brest, à Lanvéoc, dans l'anse du Poulmic.

Les élèves de l'École navale sont surnommés Bordaches, à partir du nom des vaisseaux baptisés Borda (trois successifs entre 1840 et 1913) et qui ont accueilli l'École navale jusqu'en 1913. Un synonyme est types-baille.

En 2017, l'école devient un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel avec le statut de Grand établissement sous tutelle du ministère de la Défense..

Les Borda successifs de l'École navale Instituée en 1830, l'École navale fut d'abord embarquée à bord de vaisseaux désarmés, mouillés (ou amarrés sur coffre) dans la rade abri de Brest. Le premier vaisseau à bord duquel elle fut installée se nommait lOrion ; ce dernier fut remplacé en 1840 par le Commerce de Paris, ancien vaisseau en bois à trois-ponts admis au service en 1808. Le Commerce de Paris ayant un nom inapproprié pour une École navale, on le rebaptisa Borda (du nom de Jean-Charles de Borda, célèbre savant français et ingénieur du génie maritime du ).

Ce nom perdura ensuite puisque ses deux successeurs immédiats conservèrent la tradition des BordaDe ce nom provient le surnom de "Bordaches" donné aux élèves..

En 1863, on transféra l'École sur le Valmy (devenant Borda deuxième du nom), puis en 1890 sur L'Intrépide (devenant Borda, troisième du nom). En 1913 cet ultime Borda fut remplacé par le Duguay-Trouinhttps://www.navires-14-18.com/fichiers/D/DUGUAY_TROUIN_MN_V5.pdf. précédemment vaisseau-école d'application des aspirantsRemplacé dans ce rôle en 1912 par le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc, lancé en 1902, et qui l'assumera jusqu'en 1928 (avec une interruption pendant la Première Guerre mondiale). et qui devint à son tour (officieusement et symboliquement) Borda, quatrième du nomEn fait, si le Duguay-Trouin conserva son nom, ces vaisseaux école (sauf lOrion) reçurent donc le nom (simple) de Borda sans quantième (II, III, IV) pour les distinguer ; ce qui n'aurait été nécessaire que s'il y avait eu attribution simultanée de ce nom à plusieurs unités..

Commandants de l'école navale

Les traditions à bord du Borda La cérémonie d'entrée au Borda vignette|redresse|L'arrivée du Duguay-Trouin (ou Borda V) à Brest en 1901. .

Les autres traditions

L'argot baille

L'École navale est traditionnellement appelée La Baille (et non « la Navale »). Son argot est l'argot baille.

L'apprentissage du métier de marin

L'École navale à terre vignette|redresse|Défilé des troupes de l'École navale sur l'hippodrome de Longchamp le . vignette|redresse|L'inauguration de l'École navale par le président de la République Albert Lebrun le . Dès le début du , un projet d'installation à terre de l'École navale a failli aboutir, l'emplacement choisi étant à la Pointe, dans le quartier de Recouvrance à Brest, mais il échoua faute de financement. L'école s'installa toutefois en 1915 dans des bâtiments existants à Laninon, également à Recouvrance.

La première pierre de l'École navale est posée le par Georges Leygues, alors ministre de la Marine, et elle est inaugurée le à Saint-Pierre-Quilbignon, alors commune indépendante de BrestJournal "La Croix" du , consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k414406n.r=Quilbignon.langFR. par le président de la République Albert LebrunJournal "Le Temps" du 31 mai 1936, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k262864f/f6.image.r=Quilbignon.langFR.. vignette|La promotion 1942, photographiée au château de Castille (Clairac), en 1944. Le , à la suite du sabordage de la flotte à Toulon, les élèves de l'École navale sont renvoyés dans leurs foyers. À l'automne 1943, il est décidé de réouvrir l'École à Clairac (Lot-et-Garonne), où les capacités d'hébergement et un large plan d'eau permet aux élèves de la promotion 1942 de travailler. Elle y restera jusqu'à la fin de la guerre, les élèves officiers ayant rejoint le maquis le .

Indépendamment de cette mise à terre de l'école, l'année terminale d'instruction et de formation à la mer (l'École d'application) a été préservée sous la forme de la traditionnelle campagne (parfois autour du monde), en particulier à bord des Jeanne d'Arc successives : la Jeanne d'Arc (1899), la Jeanne d'Arc (1930), la Jeanne d'Arc (porte-hélicoptères) (1964). Depuis le désarmement de cette ultime Jeanne d'Arc en 2010, la campagne d'application se déroule désormais sous le nom de "Mission Jeanne d'Arc" au sein d'un groupe de bâtiments comprenant l'un des trois Porte-hélicoptères amphibies (PHA) et une frégate.

En 1945, les destructions importantes subies par l’École navale de Saint-Pierre-Quilbignon pendant la Seconde guerre mondiale ne permettaient pas d’accueillir rapidement les élèves officiers dans des conditions acceptables. Elle fut transférée dans des baraquements provisoires à la base d'hydravions de LanvéocAyant pris en compte le développement dans les marines du "fait aérien" et l'importance des opérations aéronavales au cours de la Seconde Guerre mondiale, ce transfert visait en même temps à placer les élèves dans un environnement aéronautique propre à leur en inculquer la culture., située dans la baie du Poulmic. Les bâtiments définitifs de la nouvelle « École navale » à cet endroit furent inaugurés en 1965 par le général De Gaulle.. L'ancienne École navale de Saint-Pierre-Quilbignon abrite désormais le centre d'instruction naval de Brest qui compte le lycée naval de Brest, l'école de maistrance et l'École des mousses.

Filière Officier Cursus ingénieur vignette|redresse|Garde au drapeau de l'École navale. vignette|redresse|Galon d'élève-officier. Le cursus ingénieur est un cursus en trois ans après les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Fin 2009, l'École navale (aussi connue sous le nom de Centrale Poulmic) a adapté sa formation afin de s'inscrire complètement dans le schéma européen d'enseignement. Les étudiants sont recrutés sur banque d'épreuve du Concours Centrale-Supélec après deux ou trois ans de maths sup et maths spé (MP, PC, PSI). Le cursus s'articule sur six semestres, soit 180 crédits ECTS : semestre 1 : formation maritime et militaire élémentaire ; semestre 2 : tronc commun scientifique ; semestre 3 : options scientifiques et Relations internationales ; semestre 4 : voie d'approfondissement scientifique et environnement de la Défense ; semestre 5 : projet de fin d'études ; semestre 6 : campagne d'application à la mer : Mission Jeanne d'Arc.

À la fin de ce cursus, ils se voient attribuer le titre d'ingénieur diplômé de l'École navale (et depuis 2009 le grade universitaire de master). Ce diplôme est reconnu par la commission des titres d'ingénieurs (CTI). vignette|redresse|Épée d'officier des commissaires de marine (poignée, garde, dragonne d'officier supérieur).|alt=Epée d'officier d'un corps non combattant (poignée, garde, dragonne d'officier supérieur). Après cette formation, ils poursuivent avec la formation maritime supérieure et spécialisation (cf. ci-dessous), ils sont promus enseigne de vaisseau de première classe .

Cursus officier sous-contrat Le cursus formation de l'officier est suivi par les officiers sous-contrat. Cette formation initiale de l'officier dispensée à l'École navale vise à inculquer à ces jeunes diplômés de l'enseignement supérieur d'origines très diverses une culture maritime, une culture militaire et une formation d'ingénieur. Cette formation dure un an.

Elle est sanctionnée par l'attribution pour : les officiers de marine filière conduite des opérations : par le brevet de chef de quart passerelle certification internationale STCW*95 ; les officiers de marine filière énergie, propulsion : par le brevet de chef de quart machine ;

À la fin de cette année de formation, les aspirants sont nommés enseignes de vaisseau de deuxième classe, ils poursuivent avec la formation maritime supérieure et spécialisation (cf. ci-dessous).

Cursus des officiers recrutés sur concours interne vignette|redresse|Béret avec insigne de l'École navale. Jusqu'en 1969, certains matelots, quartiers-maîtres et officiers mariniers recrutés par concours suivaient une préparation spécifique de quinze mois au Cours préparatoire d'officiers (CPEO) sur le site de l'École navale. Un nouveau concours permettait à certains d'entre eux d'entrer à l'École des officiers de marine (EOM) dont la scolarité et le classement étaient communs de ceux de l'École navale et recevaient en fin de scolarité un diplôme d'ingénieur de l'École des officiers de marine de même niveau que celui d'ingénieur de l'École navale. Le nombre d'élève officiers de marine était environ le dixième de celui de l'École navale. L'École militaire de la flotte, crée en 1969 et placée sur le site de L'École navale, forme des matelots, quartiers-maîtres et officiers mariniers recrutés par concours interne et par dossier et permettant l'accès aux corps des officiers de marine et des officiers spécialisés de la marine. Les élèves de l'École militaire de la flotte défilent derrière leur propre drapeau. En 2002 a été mis en place à l'École navale un cursus spécifique de formation ouvert au personnel non officier de la marine recruté par concours et d'une durée de deux ans, appelé École navale interne (ENI). Ce cursus a été mis en sommeil en 2015.