La plateforme de la Mède ou anciennement raffinerie de Provence ou raffinerie de la Mède est située à la Mède, une commune rattachée à la commune de Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône). Elle a été construite par la Compagnie française de raffinage puis mise en route en .
La raffinerie étant fortement déficitaire, il a été décidé en d’arrêter les activités de raffinage dite « classique » à la fin 2016 et d'entamer des travaux de reconversion en une plateforme abritant notamment une bio-raffinerie et une petite centrale solaire de . La capacité de production de biogazole dit « HVO » (huile végétale hydrotraitée) sera de par an à partir de son démarrage prévu mi-2018. Elle sera ainsi la première raffinerie de biogazole française de taille mondiale et l'une des plus grandes en Europe. Ce projet était contesté car la production de biogazole devait être essentiellement assurée grâce à de l'huile de palme, conduisant à la déforestation en Indonésie et en Malaisie. Les ONGE obtiennent la fin de l'utilisation de l'huile de palme d'ici 2023.
Reconversion au biogazole La raffinerie a arrêté sa production en puis des travaux de reconversion (toujours en cours) sont engagés par Total dans la production de biogazole dit « HVO » (huile végétale hydrotraitée) avec une capacité de par an à partir de son démarrage prévu mi-2018. La bio-raffinerie est conçue pour pouvoir traiter tout type d’huiles, de et génération : entre 60 et 70% d’huiles végétales (certifiées selon les critères de l’Union européenne) et entre 30 et 40% d’huiles alimentaires usagées résiduelles. .
Cette conversion permettrait de donner un futur au site qui était lourdement déficitaire avec notamment le maintien de , sur les , sur le site.
Ce projet est contesté car la production de biogazole devrait être essentiellement assurée grâce à de l'huile de palme, car c'est la matière première la moins chère (20 à 30 % moins coûteuse que l'huile de colza). Selon certains producteurs français de biogazole, cela pourrait avoir un impact sur la filière biogazole française existante fondée sur le colza ; de plus, l'ONG « Les amis de La Terre » dénonce ce projet car la production d'huile de palme conduit à la déforestation en Indonésie et en MalaisieBiocarburants : controverses autour du projet de Total à La Mède, Les Échos, 22 juin 2017. .
En , la préfecture des Bouches-du-Rhône a pris un arrêté d’autorisation pour les installations de la Mède lui permettant la fabrication de biocarburants. Total devra, conformément à l’arrêté, utiliser au moins 25 % d’huiles recyclées ou usagéesBouches-du-Rhône: Hulot appelle Total à réduire «au maximum» l'huile de palme dans sa future bio-raffinerie de La Mède, 20 minutes, 16 mai 2018.
Les Jeunes agriculteurs et la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) protestent en contre l'autorisation donnée à Total d'importer une grande part d'huile de palme en bloquant treize raffineries et dépôts de carburant à travers la France. Selon eux, le sol français fourni assez de colza et de tournesol pour alimenter une filière énergétique nationaleLes agriculteurs relancent la contestation contre la future bioraffinerie de Total, Les Échos, 7 juin 2018.. Les d'huile de palme que Total va importer mettent péril les exploitations de de colza, selon la FNSEA, alors que ce débouché représente 70 % de leur revenu. En 2017, plus de la moitié de l'huile de palme importée par l'UE a servi à fabriquer du biogazole pour les voitures et les camions, selon l'ONG belge Transport et Environnement. Produire un litre de biogazole à partir d'huile de palme revient à rejeter trois fois plus de dans l'atmosphère qu'un litre de gazole, selon une étude commandée par la Commission européenne et publiée par Transport et Environnent. Par ailleurs, l'huile de palme apporte (tigres de Sumatra, orangs-outangs, etc), selon un rapport du Conseil général de l'environnement et du développement durable, publié en Biocarburants : six questions pour comprendre le blocage des raffineries, Les Échos, 11 juin 2018..
Le , six associations de défense de l'environnement, dont France nature environnement, Greenpeace France, la Ligue pour la protection des oiseaux PACA et les Amis de la Terre, déposent un recours contre l’autorisation préfectorale de la raffinerie de Total à La Mède au tribunal administratif de MarseilleHuile de palme : action en justice contre la raffinerie de Total, France nature environnement, 5 juillet 2018..
L'Assemblée nationale française a voté le , contre l'avis du gouvernement, un sous-amendement au projet de la loi de finances 2019 stipulant que les produits à base d'huile de palme ne sont pas considérés comme des biocarburants. De ce fait, l'huile de palme perd, à partir de 2020, l'avantage fiscal lié à l'incorporation de substances végétales dans un carburant fossile ; elle ne pourra plus échapper à la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) majorée qui s'applique en dessous d'un certain taux de mélange (7 % en moyenne pour l'ensemble des carburants). Le surcoût de cette disposition pour la raffinerie de La Mède pourrait s'élever à 100 millions d'euros par anL'huile de palme sortie de la liste des biocarburants, Les Échos, 19 décembre 2018..
Une première cargaison de d'huile de palme brute en provenance d'Indonésie a été livré à la raffinerie en La Mède : 20 000 tonnes d'huile de palme en route pour la bioraffinerie de Total, France 3, 22 mars 2019.
Le , Total démarre sa raffinerie de La Mède ; l'huile de palme représentera près de la moitié des volumes de matières premières. Mais du fait de l'amendement voté en par l'Assemblée nationale, qui exclut l'huile de palme de la liste des biocarburants bénéficiant d'une fiscalité allégée à partir du , , selon le P.-D. G. de Total, Patrick Pouyanné, qui espère convaincre le gouvernement de faire annuler cette disposition par le Parlement avant son entrée en vigueurHuile de palme : Total démarre sa bioraffinerie de La Mède dans la controverse, Les Échos, 3 juillet 2019..
Le , le Conseil constitutionnel a débouté Total qui contestait la suppression de l'avantage fiscal dont bénéficient les biocarburants à base d'huile de palme ; cette suppression entre donc en vigueur au . Patrick Pouyanné a annoncé devant les députés qui l'auditionnaient en septembre que la production de biogazole à base d'huile de palme sera poursuivie mais qu'elle sera donc exportée, et la France continuera d'importer des biocarburants à base d'huile de palme comme elle le fait aujourd'hui au lieu de les produire localementBiocarburants : Total essuie un revers dans la bataille de l'huile de palme, Les Échos, 12 octobre 2019..
Les services des Douanes publient le une note à destination des fédérations professionnelles explicitant l'article de la loi de Finances qui supprime l'avantage fiscal pour les carburants fabriqués à partir d'huile de palme, mais précisant que les biocarburants produits à partir de « PFAD » (Palm Fatty Acid Distillate - distillats d'acide gras de palme) ne seront pas exclus car considéré comme des « déchets ». Les associations de défense de l'environnement dénoncent cette . La production mondiale de PFAD reste limitée, le raffinage de l'huile de palme ne produisant que 3,5 % à 5 % de ce sous-produitTotal : nouveau bras de fer autour de l’huile de palme, Les Échos, 22 décembre 2019.. L'association Canopée saisit le Conseil d’État qui rend sa décision le : les PFAD sont également exclus de la composition des biocarburants, comme tous les produits à base d’huile de palme.
Le , le P.-D. G. de Total annonce que Total n’importera plus d’huile de palme d’ici 2023.
Autres activités
En dehors de la production de biogazole et de biocarburant pour l'aviation, le site abritera également : une plateforme de logistique de stockage d'une capacité d' de m³ une unité de régénération de résidus maritimes en partenariat avec Ecoslops un centre de formation ( par an) Oleum Sud, en partenariat avec IFP Training une centrale solaire de Total transformera bien de l’huile de palme en biodiesel, La Tribune, 23 juin 2017. dotée de la technologie SunPower
Grèves Plusieurs grèves ont eu lieu sur le site de la Mède : Contre la loi travail en mai et (loi El Khomri) Contre le plan de restructuration de l'activité du raffinage en France et le plan social où sont supprimés (avec des départs volontaires et des reclassements) en .
Pollution À la suite de pluies en , le contenu d'un bassin de rétention d'hydrocarbures a débordé dans l'étang de Berre. Il s'agit d'un bassin de rétention et de décantation d'eaux usées de la raffinerie Total La Mède à Châteauneuf-les-Martigues. Les eaux contenant des hydrocarbures se sont déversées dans le canal reliant Marseille au Rhône sur environ puis les premiers arrivages à la côte ont souillé la rive Sud de l'étang. Le , un nuage d'une dizaine de tonnes d'hydrocarbures s'est échappé accidentellement de cette raffinerie. Du fait du vent, le nuage s'est ensuite rabattu plus au sud sur la commune de Sausset-les-Pins, située en bordure de Méditerranée, de l'autre côté de la chaîne de la chaîne de l'Estaque. Il semble que le fort vent ait en réalité permis d'éviter une véritable catastrophe, en éloignant le nuage d'hydrocarbures de la torche de la raffinerie. Finalement, plusieurs centaines d'habitations auront toutefois été endommagées.
Accident Le : explosion à la raffinerie, 6 techniciens morts et 1 autre grièvement blessé, dommages matériels étendus.
Références
Voir aussi Articles connexes Raffinage du pétrole Liste des raffineries françaises Liste de raffineries de pétrole
Liens externes Explosion de la Mède : le jugement Transformation de la raffinerie de la Mède Pollution accidentelle sur le site de La Mède HVO Unit award Accident du 7 août 2005 - Pollution P58 Grève contre le projet de loi El Khomri Site officiel
Provence Catégorie:Bouches-du-Rhône Catégorie:Groupe TotalEnergies Catégorie:Biocarburant en France Catégorie:Châteauneuf-les-Martigues