vignette|upright=1.5|Différents types de logiciels malveillants.
Un logiciel malveillant ou maliciel, aussi dénommé logiciel nuisible ou programme malveillant ou pourriciel (de l'anglais Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.), est un programme développé dans le but de nuire à un système informatique, sans le consentement de l'utilisateur dont l'ordinateur est infecté. Il existe plusieurs méthodes utilisées par les pirates pour infecter un ordinateur, comme le (hameçonnage par courriel) ou le téléchargement automatique d'un fichier par exemple.
De nos jours, le terme « virus » est souvent employé, à tort, pour désigner toutes sortes de logiciels malveillants. En effet, les maliciels englobent les virus, les vers, les chevaux de Troie, ainsi que d'autres menaces. La catégorie des virus informatiques, qui a longtemps été la plus répandue, a cédé sa place aux chevaux de Troie en 2005.
Terminologie Le terme « logiciel malveillant », dont l'usage est préconisé par la Commission générale de terminologie et de néologie en France, est une traduction du mot anglais « », qui est une contraction de « » (qui signifie « malveillant », et non « malicieux ») et « » (« logiciel »). Les synonymes utilisés sont : « maliciel », « logiciel nuisible », « logiciel pernicieux » (variante essentiellement employée au Canada), « pourriciel ».., « antiprogramme »..
Classification Les logiciels malveillants peuvent être classés en fonction des trois mécanismes suivants : le mécanisme de propagation (par exemple, un ver se propage sur un réseau informatique en exploitant une faille applicative ou humaine) ; le mécanisme de déclenchement (par exemple, la bombe logique — comme la bombe logique surnommée vendredi 13 — se déclenche lorsqu'un évènement survient) ; la (par exemple, le virus Tchernobyl tente de supprimer des parties importantes du BIOS, ce qui bloque le démarrage de l'ordinateur infecté).
La classification n'est pas parfaite, et la différence entre les classes n'est pas toujours évidente. Cependant, c'est aujourd'hui la classification standard la plus couramment adoptée dans les milieux internationaux de la sécurité informatique.
Dans une publication, J. Rutkowska propose une taxonomie qui distingue les logiciels malveillants suivant leur mode de corruption du noyau du système d'exploitation : ne touche pas au noyau (ie, applications, micrologiciel), corruption d'éléments fixes (code), corruption d'éléments dynamiques (données) et au-dessus du noyau (hyperviseurs).
Virus Les virus sont capables de se répliquer, puis de se propager à d'autres ordinateurs en s'insérant dans d'autres programmes ou des documents légitimes appelés « hôtes ». Ils se répartissent ainsi : virus de secteur d'amorçage; de fichier ; de macro ; et de script. Certains intègrent des rootkits. Les virus peuvent s'avérer particulièrement dangereux et endommager plus ou moins gravement les machines infectées.
Vers Les vers (worm) sont capables d'envoyer une copie d'eux-mêmes à d'autres machines. Ils peuvent être classés selon leur technique de propagation : les vers de courrier électronique ; Internet ; IRC ; les vers de réseau ; et ceux de partage de fichiers. Certains, comme le ver I Love You, ont connu une expansion fulgurante.
Chevaux de Troie Les chevaux de Troie (Trojan horse) sont divisés en plusieurs sous-catégories, et comprennent notamment les portes dérobées, les droppers, les notificateurs, les logiciels espions (dont les keyloggers) etc. Ils ont chacun des objectifs spécifiques. Certains chevaux de Troie utilisent également des rootkits pour dissimuler leur activité.
Maldocs Les maldocs (contraction du terme anglais ) sont des documents informatiques malveillants..
Ils se distinguent selon leur mécanisme de propagation : Maldoc de vulnérabilité Exploite une vulnérabilité préexistante. Exécute sa charge utile à l'ouverture. Exemple : document malveillant au format PDF. Maldoc de fonctionnalité A directement accès aux ressources du système. Fait passer sa charge d'un système à un autre. Exemples : documents malveillants aux formats AutoCAD, HTA, ou de suite bureautique contenant une macro
Autres menaces D'autres menaces existent. Elles ne sont pas dangereuses en elles-mêmes pour la machine, mais servent à installer des infections ou à réaliser des attaques DNS. Il s'agit des outils de déni de service (DoS et DDoS), des exploits, inondeurs, nukers, du pharming, et des programmes qui servent à créer des logiciels malveillants, en particulier les virtools, les générateurs polymorphes, ou les chiffreurs de fichiers. Les publiciels (adware) et les rogues (rançongiciels ou riskwares) ne sont pas non plus directement dommageables pour la machine. Il s'agit de programmes utilisant des techniques de mise en marché (ouverture de fenêtres intempestives, enregistrement automatique dans la barre URL, modification des liens référencés) bien souvent contraires à l'éthique.
Certains éléments, qui ne sont pas à l'origine conçus pour être malveillants, sont parfois utilisées à des fins illégales et/ ou compromettantes. Il s'agit notamment des composeurs, téléchargeurs, serveurs FTP, mandataires (proxy), Telnet et Web, clients IRC, canulars, utilitaires de récupération de mots de passe, outils d'administration à distance, décortiqueurs et moniteurs.
Environnement de prédilection Les programmes malveillants ont été développés pour de nombreux systèmes d'exploitation et applications. Pourtant, certains d'entre eux n'ont jamais été concernés. En effet, les auteurs de virus privilégient les systèmes d'exploitation largement utilisés ; les systèmes comportant des vulnérabilités ; et ceux pour lesquels une documentation détaillée est disponible (puisqu'elle inclut des descriptions des services et des règles en vigueur pour écrire des programmes compatibles). Le volume de logiciels malveillants destinés à Windows et Linux est à peu près proportionnel à leurs parts de marché respectives.
Historique La démocratisation massive de l'utilisation des ordinateurs fut accompagnée d'une explosion du nombre de virus. Ces derniers ont ensuite évolué parallèlement aux technologies. Dans les années 1980, ils visaient un ensemble de systèmes d'exploitation et de réseaux ; dans les années 1990, ils servaient surtout à dérober des informations confidentielles comme celles relatives aux comptes bancaires ou les mots de passe ; de nos jours, la majorité des virus exploitent les failles de Microsoft Windows, le système d'exploitation le plus répandu à travers le monde.
Années 1940-1960 : La reproduction automatisée Selon certains spécialistes, le concept de virus informatique trouve son origine dans les travaux de John von Neumann au sujet des automates mathématiques à reproduction automatique, célèbres dans les années 1940, et en 1951, il avait exposé plusieurs méthodes pour les créer. En 1959, Lionel Penrose, un mathématicien britannique, avait présenté ses propres théories sur le sujet, dans un article intitulé « Self-reproducing Machines »https://www.scientificamerican.com/magazine/sa/1959/06-01/ ,(en) Publication dans Scientific American de juin 1959 (accès payant) , publié dans le Scientific American. À la différence de Neumann, il décrit un modèle simple à deux dimensions pour cette structure qui peut être activée, se multiplier, muter et attaquer. Peu après la publication de l'article de Penrose, Frederick G. Stathl reproduit ce modèle en code machine sur un IBM 650. À cette époque, ces travaux n'étaient pas destinées à développer des virus informatiques. Elles ont ensuite servi de fondations à de nombreuses études réalisées plus tard sur la robotique et l'intelligence artificielle.
En 1962, un groupe d'ingénieurs des laboratoires Bell Telephone (composé de V. Vyssotsky, G. McIlroy et Robert Morris) créèrent un jeu — baptisé « Darwin » — qui consistait à suivre et détruire les programmes des concurrents, chacun des adversaires étant capable de se multiplier. Ce jeu est bâti autour d'un « arbitre » dans la mémoire de l'ordinateur qui définit les règles et l'ordre de bataille entre les programmes concurrents créés par les joueurs. Le jeu consiste à supprimer les programmes des concurrents et à contrôler le champ de bataille.
Années 1970 : les réseaux dédiés Les premiers virus sont apparus dès les années 1970, notamment Creeper, sur des réseaux dédiés comme ARPANET (un réseau informatique de l'armée américaine, prédécesseur d'Internet). Ce virus était capable d'accéder à un système distant via un modem et de s'y insérer, affichant alors un message d'avertissement à l'utilisateur infecté : . Peu après, le programme Reaper a été créé par des auteurs anonymes, avec pour but d'éliminer Creeper lorsqu'il le détectait. Il s'agissait en fait d'un autre virus, capable de se propager sur les machines mises en réseaux. En 1975, Pervading Animal, un autre jeu développé pour un Univac 1108 est apparu. , les experts n'ont pas encore défini s'il s'agissait d'un virus ou du premier cheval de Troie.
Années 1980 : premières épidémies Dans les années 1980, les virus sont apparus en nombre et les premiers chevaux de Troie ont été développés. Ces derniers n'étaient pas capables de se reproduire ni de se propager, mais une fois téléchargés et installés, ils endommageaient les systèmes. L'utilisation répandue des ordinateurs Apple II a suscité l'intérêt des auteurs de virus : la première épidémie de virus informatiques (notamment Elk Cloner via les disquettes de démarrage) à grande échelle a alors touché cette plate-forme.
En 1986, la première épidémie de virus informatique compatible avec IBM a été découverte. Il s'agissait de Brain, un virus furtif (en cas de tentative de lecture du secteur infecté, il affichait les données originales saines), capable d'infecter le secteur d'amorçage, mais dépourvu de charge utile, et donc inoffensifBrain a été fabriqué par deux frères pakistanais, Basit et Amjad. Source: DEFCON 19 : The history and the evolution of computer viruses, par Mikko Hypponen. Détail à 03:48.. À la suite d'une perte de contrôle de ses auteurs, le virus se propagea à travers le monde en seulement quelques mois. C'est cette même année que Ralf Burger, un programmeur allemand, inventa les premiers programmes capables de se copier, en ajoutant leurs fichiers DOS exécutables au format COM.
En 1987, le célèbre virus Lehigh — qui tire son nom de l'université de Pennsylvanie éponyme qui l'a découvert — était le premier à endommager directement les données. En effet, il lançait une routine destructrice qui, finalement, supprimait toutes les données de valeur avant de s'auto-détruire. Il fut particulièrement étudié au sein de l'université de Lehigh et ne connut pas d'expansion à travers le monde. À cette époque, les utilisateurs commencèrent à considérer sérieusement les questions de sécurité informatique.