Carmen Damedoz, née Marie Élise Provost le dans le et morte le dans le , est une danseuse et une aviatrice française, titulaire du brevet de pilote de l'Aéro-club de France, daté du , sous le nom de Carmen Damedoz.
Biographie
Vie personnelle Marie Élise Provost naît à Paris en 1890, fille de Richard Provost, terrassier, et Marie Louise Dirant, ménagèreActe de naissance 2801 du , arrondissement de Paris, Archives de Paris (avec mentions marginales de mariages, de divorce et de décès).
D'après les mentions marginales portées sur son acte de naissance, elle épouse en 1919 à Paris Prosper Jean Henri Maurice Berger, aviateur, dont elle divorce trois ans plus tardActe de mariage 2803 du , arrondissement de Paris, Archives de Paris (avec mention marginale de divorce), puis se remarie le avec Émile Léon Camus, à Pougny, dans la Nièvre. Mais ces mentions marginales sont annulées par deux jugements de 1924, transcrits en 1931, son mariage avec Émile Léon Camus datant en réalité du . Elle est toujours mariée avec lui quand elle meurt, veuve, en 1964.
Parcours Marie Élise Provost adopte le pseudonyme à consonance hispanique Carmen DamedozYves Le Chapelain, « La Vidamée », Bulletin municipal de Courteuil, 4, mars 2019, pp. 32-34 et se fait connaître comme danseuse, parfois vêtue d'un costume espagnol ou d'un châleMusée Rodin, Rodin et la danse, exposition - , dossier de presse, p. 10 Musée Rodin, Rodin et la danse, exposition - , dossier documentaire, p. 21 . Elle devient le modèle de plusieurs artistes, parmi lesquels Antoine Bourdelle, Alberto Giacometti ou Auguste Rodin, dont elle est proche au point de lui écrire : Musée Rodin, La Saisie du modèle. Rodin 300 dessins 1890-1917, exposition -, dossier documentaire, 2011, pp. 8, 15
En , à Issy-les-Moulineaux, Carmen Damedoz assiste au départ de la course aérienne Paris-Rome-Turin, organisée par Le Petit Parisien, et se découvre une vocation d'aviatrice. Dès les mois suivants, elle apprend le pilotage d'aéroplanes sur l'aérodrome de la Vidamée, près de Courteuil, et obtient son brevet de pilotage le , sur un biplan Sommer. Son vol de test n'est pas de tout repos : lors de son premier huit, le moteur de perd en puissance et l'aéroplane glisse au sol, occasionnant de légers dégâts et lui valant deux côtes cassées. Pour son second essai, elle pilote un Sommer équipé d'un moteur de et passe son test avec brio. Dernière femme à passer un brevet avant le déclenchement de la guerre, elle devient membre du groupe féminin Stella (société Stella ou Aéroclub féminin la Stella), regroupant les femmes aéronautes sportives.
En , aux commandes d'un monoplan Gnome-Saulnier équipé d'un moteur de , son moteur a une défaillance, mais elle remporte la médaille d'or du prix d'altitude féminin, offert par le sénateur Émile Reymond, en atteignant mètresou mètreshttp://www.flightglobal.com/pdfarchive/view/1913/1913%20-%201364.html selon les sources. Ce vol dure 38 minutes et se déroule sur l'aérodrome de la Vidamée. La revue L'Aérophile la décrit comme étant une des aviatrices les plus connues de son époque. Son énergie et sa ténacité sont qualifiées d'exceptionnelles.
Au début de la guerre, elle est mobilisée et mise à disposition avec son appareil, auprès du ministre de la Guerre, mais on ne fait pas appel à elle. Trésorière de l'Union patriotique des aviatrices de France, dont Marthe Richer est la secrétaire, elle réclame avec cette dernière le droit de contribuer à l'effort de guerre en tant qu'aviatrices. Mais les autorités militaires refusent leur participation.
En 1922, elle est photographiée nue aux côtés d'Alberto Giacometti dans l'atelier de l'académie de la Grande-Chaumière, par Marion Walton, une élève américaine de l'école.
Marie Élise Provost meurt en 1964, en son domicile du 227, avenue Gambetta à ParisActe de décès 1217 du , arrondissement de Paris, Archives de Paris (vue 16/31).. Elle est inhumée cinq jours plus tard au cimetière parisien de Saint-OuenRegistre journalier d'inhumation, , cimetière parisien de Saint-Ouen, Archives de Paris (vue 15/31).
Iconographie Carmen Damedoz, photographie parue dans L'Aérophile, , p. 118 Marion Walton, Alberto Giacometti et le modèle Carmen Damedoz, tirage argentique sur papier, 1922, Marion Walton papers, 1915-1976. Archives of American Art, Smithsonian Institution Damedoz, aviatrice, carte postale, Modern Photo Privat, sans date
Bibliographie Françoise Chapart, « Un passé tout récent et déjà oublié : les aviateurs de la Vidamée », Comptes rendus et mémoires, Société d'histoire et d’archéologie de Senlis, 1977, pp. 49-62
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Danseuse française du XXe siècle Catégorie:Aéronaute français Catégorie:Aviatrice française Catégorie:Femme dans l'armée française Catégorie:Membre de la Stella Catégorie:Nom de scène Catégorie:Naissance en mai 1890 Catégorie:Naissance dans le 14e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en mai 1964 Catégorie:Décès dans le 20e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 73 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière parisien de Saint-Ouen