Plérôme est un terme provenant du (pleroma) qui signifie « plénitude ». Il désigne également le monde céleste, formé par l'ensemble des éons que le croyant gnostique pense qu'il atteindra à la fin de son aventure terrestre. Ce terme se retrouve une quinzaine de fois dans le Nouveau TestamentHenry Duméry.. Il est également présent dans la pensée platonicienne et dans certains textes de Carl Gustav Jung.vignette|Plérôme valentinien
Le plérôme (plénitude) dans le Nouveau Testament Dans le Nouveau Testament, le mot plérôme signifie « plénitude ». Il apparaît par exemple dans la prière de saint Paul (Épître aux Éphésiens, III, 19) : « Ainsi, vous recevrez la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu'est la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur, vous connaîtrez l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance, et vous entrerez par votre plénitude dans toute la Plénitude de Dieu. »
Le Plérôme chez les gnostiques Selon Charlotte A. Baynes, « dans la langue des gnostiques, plèrôma dénote deux idées principales. D'une manière générale, il signifie la plénitude des perfections et attributs divins, en contraste absolu, comme terme positif, avec l'aspect négatif de la Déité ineffable dont nul esprit humain ne peut former un concept défini. En second lieu, il désigne le Monde Idéal, l'archétype et le modèle parfait caché au ciel, dont toute manifestation phénoménale subséquente est une copie imparfaite »C. A. Baynes, A Coptic Gnostic Treatise, The University Press, 1933, 17-18..
La doctrine de Valentin, un gnostique égyptien vivant sous l'empereur Hadrien, emprunte au Timée de PlatonPlaton, Timée, 37 c sqq. son opposition de l'éternité et du temps, de l'Entité immuable, au-dessus du temps, et des entités mobiles, celles qui président aux périodes cosmiquesHenry Duméry dans l’Encyclopaedia Universalis.. Selon saint Irénée, dans la gnose, chaque type d'homme retournera à l'élément qui lui est consubstantiel, garantissant ainsi un retour du semblable au semblable : .
Le Plérôme, réunion de toutes les entités, ressemble au monde intelligible qui contient les archétypes du réel. D'après le témoignage du Pseudo-Hippolyte de Rome, le Plérôme de Valentin comprend 34 éons (le Père et Jésus compris), ou 33 (sans Sigè), ou 28 (Père/Silence, Intellect/Vérité, Logos/Vie, + 10 émanant d'Intellect/Vérité + 12 émanant de Logos/Vie) ou 30 (si l'on écarte Sigè et Sophia des éons intérieurs, et, comme éons extérieurs, Stauros-Horos, Jésus ; ou si l'on groupe 28 + Christ/Esprit-Saint).
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Le Plérôme chez Carl Gustav Jung
Dans son ouvrage Les Sept Sermons aux morts, habituellement qualifié de « gnostique » et dont il attribue la substance à Basilide, Carl Gustav Jung enseigne ainsi ce qu'est le Plérôme : Les Sept sermons aux morts, 10 à 15..
Il oppose à cet omniprésent non-être ce qu'il appelle la Créatura.
Jung assimile l'abandon de l'individuation humaine à une régression. Il affirme cependant :
Il déclare que sur le plan spirituel, le Plérôme diffuse sa lumière dans l'air ambiant, et que sur ce plan, nous faisons partie intégrante de l'infini et de l'éternité.
Jung distingue au sein du Plérôme (en tant que Creatura vouée à la séparation) dix paires d'opposés, de couples de contraires. On y retrouve par exemple l'énergie et la matière, le bien et le mal, l'unité et la multiplicité. Mais ces couples n'ont pas d'existence, car chaque élément de la paire se compense et s'annule . On retrouve, entre le Plérôme et la créature, les éléments d'un dialogue intérieur qui constitue la véritable individuation humaine, ceci au moyen de données ésotériques et gnostiques.
Bibliographie Œuvres Source : Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre I, trad. Adelin Rousseau (1965-1982), Cerf, 1984, 749 p. Source : Hippolyte de Rome, Philosophumena, ou Réfutation de toutes les hérésies, livre VI, trad. Augustin Siouville (1928), Milan, Archè, 1988, 249 p. Écrits gnostiques, Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade », 2007, 1830 p. Carl Gustav Jung, Les Sept Sermons aux morts (Septem sermones ad mortuos, 1916), trad. Élisabeth Bigras, Paris, L'Herne, 1996, 147 p.
Études
H. Leisegang, (1924), La gnose, Paris, Payot, 1971, coll. "PBP". V. Macdermot, The Concept of Pleroma in Gnosticism, in M. Krause (éd.), Gnosis and Gnosticism, Nag Hammadi Studies, 17, Leiden, 1981, p. 76-81. Madeleine Scopello, Les Gnostiques, Paris, Le Cerf, 1991.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Gnose Gnosticisme Éon (ontologie) Valentin (gnostique)
Liens externes
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