William Turner, également connu sous le nom de J. M. W. Turner ou Joseph Mallord William TurnerTurner était connu par son prénom, William, au cours de sa vie. Cependant, il est maintenant généralement désigné par ses initiales au Royaume-Uni, afin d'éviter toute confusion avec un autre artiste du nom de William Turner (1789-1862)., est un peintre, aquarelliste et graveur britannique, né vers le à Londres, où il est mort le .

Initialement de la veine romantique anglaise, son œuvre est marquée par une recherche novatrice audacieuse qui le fait considérer, avec son contemporain John Constable, comme un précurseur de l'impressionnisme..

Renommé pour ses huiles, Turner est également un des plus grands maîtres anglais de paysages à l'aquarelle. Il y gagne le surnom de « peintre de la lumière ».. La plus grande partie des œuvres de Turner est conservée à la Tate Britain.

Biographie Naissance et famille William Turner a une telle manie du secret que sa date de naissance est incertaine. Lui-même revendique la date du , le jour de la fête de la Saint-Georges et l'anniversaire supposé de William Shakespeare, mais cette affirmation n'a jamais pu être vérifiéeTurner serait né entre la fin avril et le début du mois de mais sa date de naissance exacte est inconnue. La première date vérifiable est donc son baptême le . Avec le taux de mortalité infantile élevé, les parents baptisaient généralement leurs enfants peu après la naissance.. Son testament indique aussi le souhait qu'à cette date un dîner commémoratif soit donné à la Royal Academy. La première date dont les historiens sont sûrs est donc son baptême le à l'église Saint-Paul dans le quartier de Covent Garden à Londres.. Il est né au 21 Maiden Lane à Covent Garden. et ses trois prénoms sont ceux de son oncle maternel.

William Turner est le fils d'un barbier-perruquier, William Gay Turner (1745-1829), qui a sa boutique près de l'église Saint-Paul, au rez-de-chaussée de sa maison au d'une sombre venelle appelée Maiden Lane. Sa mère, Mary Marshall, est issue d'une famille de bouchers. Neurasthénique., elle perd progressivement la raison et entre en 1799 au St Luke's Hospital for Lunatics, puis au Bethlem Royal Hospital l'année suivante.. Elle y meurt en 1804. L'une des raisons de sa folie est probablement le décès de la jeune sœur de William, Mary Ann, née en et morte en avant ses .. Si les relations avec sa mère sont difficiles, il semble que, malgré ce contexte, l'enfance de Turner ait été . Il observe les bateaux qui accostent sur la Tamise, et côtoie les nombreux artistes qui vivent dans le quartier populaire de Covent Garden..

Débuts vignette|gauche|Drawing of St John's Church, Margate, vers 1786.

Parce qu'on lui suppose une santé fragile à la suite de la mort de sa sœur Mary Anne, et parce que la maladie de sa mère s'aggrave, le jeune Turner est envoyé à ses en 1785 chez un oncle maternel à Brentford, petite ville sur les rives de la Tamise, dans le Middlesex, à l'ouest de Londres. Il y va à l'école. C'est probablement à Brentford que son intérêt pour le dessin et la peinture s'éveille. L'exercice artistique connu le plus ancien de Turner est de cette époque ; il s'agit d'une série de coloriages simples de gravures issues du livre Picturesque View of the Antiquities of England and Wales d'Henry Boswell..

L'année suivante, en 1786, il suit son oncle et est envoyé à Margate, dans le Kent, au bord de la mer du Nord.. Il y est également scolarisé. À partir de cette époque, il commence à produire des dessins que son père expose à la vitrine de son commerce. et vend pour quelques shillings. C'est aussi à partir de ce moment qu'il signe ses œuvres. À Margate, il produit une série de dessins de la ville et de la zone environnante préfigurant son travail plus tardif. En 1789, Turner habite de nouveau chez son oncle, lequel a pris sa retraite à Sunningwell, à l'époque dans le Berkshire. Un carnet de croquis de cette période ainsi qu'une aquarelle d'Oxford attestent de sa poursuite artistique. L'utilisation de croquis au crayon sur place, comme le fondement préliminaire de peintures achevées plus tard, constitue la base de la manière de travailler que Turner conservera toute sa carrière.

Grâce au soutien de son père, il a l'occasion de travailler à Covent Garden comme coloriste d'estampes chez le graveur John Raphael Smith et l'éditeur Colnaghi. Son père est étonnammentLe choix d'une carrière artistique, notamment dans une famille d'employés et d'artisans depuis plusieurs générations, est toujours plus difficile et peu d'artistes peuvent s'enorgueillir du soutien de leur famille. Il soutiendra par la suite directement son fils en préparant ses toiles et ses couleurs dans son atelier et en devenant son « manager » (les deux possèdent le sens des affaires). . fier des facultés artistiques de son fils. Il se vante même à l'artiste Thomas Stothard que son .. Cependant, ses centres d'intérêt se fixent sur l'architecture puis le paysage.

À presque , il obtient son premier emploi de dessinateur chez l'architecte Thomas Hardwick. Il y réalise notamment des aquarelles de la reconstruction de l'église Saint-Marie de Wanstead. Marquant un vif intérêt pour l'architecture, il prend également des cours de perspective et de topographie auprès du dessinateur en architecture Thomas Malton le Jeune., son selon lui. Il se passionne alors pour le « paysage topographique » qui est en vogue en Grande-Bretagne et il en fait le cœur de sa technique..

Entrée à la Royal Academy vignette|Le Palais de l'archevêque à Lambeth, 1790.

Incité par l'artiste John Francis Rigaud, il entre le à l'école de la Royal Academy après un essai et une épreuve technique. Ce parcours est classique pour les artistes de son temps, même s'il se démarque par la suite par la précocité de l'ascension de l'artiste. La Royal Academy offre un enseignement gratuit et de haute qualité.. Il y côtoie Joshua Reynolds, premier président de la Royal Academy, et son influence, au moins théorique, est telle qu'il en fera mention dans son testament.

Turner réside alors avec sa famille, qui occupe un logement au , à Covent Garden, à quelques numéros de sa maison natale.

Il est autorisé à présenter des aquarelles à l'exposition d'été de la Royal Academy alors qu'il n'y est élève que depuis un an..

C'est à cette période, au cours de premiers voyages hors de Londres comme chez l'ami de son père John Narraway à Bristol en 1791, puis à Bath et à Malmesbury, qu'il réalise l'importance de dessiner des croquis préliminaires avant de poursuivre ses œuvres en atelier. Il développe ainsi l'habitude de prendre des idées à l'extérieur en été pour travailler en atelier en hiver. En 1792, Turner rend de nouveau visite à la famille Narraway et voyage dans le Sud du pays de Galles.

En 1792, il rencontre l'architecte John Soane et , deux hommes qui resteront proches de l'artiste.

En 1793, Turner reçoit le prix de la « Greater Silver Palette » par la Royal Academy. Il profite de l'été pour visiter Hereford et Tintern et de l'automne pour le Kent et le Sussex.

En 1794, il voyage dans les Midlands et le Nord du pays de Galles. La même année, il fait la rencontre de l'artiste Thomas Girtin.

En 1795, il se rend à nouveau dans le Sud du pays de Galles puis visite l'île de Wight. Il reçoit la même année une commission de John Landseer et de Richard Colt Hoare.

vignette|gauche|Pêcheurs en mer, 1796.

D'un style alors plutôt rigoureux, il expose en 1796 sa première peinture à l'huile, Pêcheurs en mer, à la Royal Academy. Cette peinture de marine d'une scène nocturne au large des Needles de l'île de Wight est à la fois réaliste par l'effet de Lune et de ses reflets sur la mer et romantique par son atmosphère. Elle marque également par son fort contraste. Selon le conservateur Andrew Wilton, ce tableau est . et montre une forte influence d'artistes tels que Horace Vernet, Philippe-Jacques de Loutherbourg, Peter Monamy ou encore Francis Swaine. L'huile sur toile est saluée par les critiques contemporaines et installe la réputation de Turner, à la fois comme un peintre à l'huile et peintre de marine.

C'est aussi à partir de cette année, 1796, qu'il expose chaque année à la Royal Academy, et ce jusqu'à la fin de sa vie. En tout, deux cent soixante aquarelles et peintures seront exposés par Turner à cet événement. Toujours en 1796, il se rend à Brighton.

En 1797, il visite le Nord de l'Angleterre, le Lake District et Harewood dans le Yorkshire afin de travailler pour Edward Lascelles.

En 1798, il visite le Kent avec le révérend Robert Nixon et Stephen Peter Rigaud, puis le pays de Galles à nouveau. Toujours en 1798, il décide de tout faire pour devenir membre de la Royal Academy. Si son talent est déjà reconnu, sa jeunesse est un frein. Il doit alors faire une véritable campagne pour obtenir les faveurs des membres de l'institution.

vignette|redresse|Abbaye de Tintern, 1794.

En 1799, il est recommandé au diplomate Thomas Bruce pour être son dessinateur en Grèce, mais Turner n'accepte pas les conditions et l'Italien Giovanni Battista Lusieri est choisi à sa place. En août et septembre, il travaille pour l'écrivain William Thomas Beckford qui lui achète plusieurs œuvres topographiques de son abbaye de Fonthill, puis en octobre, il visite de nouveau le Nord du pays de Galles, puis le village de Knockholt. La même année, il est finalement élu membre associé le , à .. Au-delà du prestige, c'est l’occasion pour lui de donner ses lettres de noblesse à la peinture de paysage, alors un courant mineur, à l'inverse de la tradition de la peinture d'histoire..

Au fil du temps, il rencontre ses premiers mécènes comme Thomas Monro et Richard Colt Hoare, et à la fin du siècle, il dispose d'une clientèle abondante et établie..

Un appui important pour son travail vient de Walter Fawkes, de Farnley Hall près d'Otley dans le Yorkshire, dont il devient un ami proche. Turner avait rendu visite à Otley en 1797, lorsqu’il avait , alors qu'il devait peindre des aquarelles de la région. Il aime tellement Otley et sa région qu'il va y revenir régulièrement le long de sa carrière. La toile de fond de Hannibal traversant les Alpes est réputée comme ayant été inspirée par une tempête sur le Chevin à Otley, alors qu'il se trouvait à Farnley Hall.

Les années 1790 sont marquées par l'influence du travail sur le paysage de Richard Wilson, lui-même inspiré par Claude Gellée. Le tableau Château de Dolbadarn, nord du pays de Galles ou encore Paysage avec le père de Psyché sacrifiant à Apollon en reprennent des caractéristiques.

Vers la notoriété vignette|La Cinquième Plaie d'Égypte, 1800. À partir de 1799-1800, il partage un studio avec le peintre John Thomas Serres.

En 1800, George Dance le Jeune dessine le portrait de Turner.

La même année, Turner expose La Cinquième Plaie d'Égypte à la Royal Academy. Il s'agit d'une œuvre entre la peinture d'histoire et la peinture de paysage. Le premier propriétaire du tableau est l'ancien client William Thomas Beckford et la somme déboursée participe à établir la renommée de Turner.. La Cinquième Plaie d'Égypte marque des influences du peintre français Nicolas Poussin.

Le duc de Bridgewater Francis Egerton commissionne en 1800 à Turner Bateaux hollandais dans la tempête comme pendant à Bateaux sur une mer tempétueuse de Willem van de Velde le Jeune. En Angleterre, Turner est souvent l'hôte de George Wyndham, d'Egremont, à Petworth House dans le Sussex, ce qui donne naissance à une série de peintures.

En 1801, il visite le nord de l'Écosse, le Lake District et Chester.

La consécration