Le Madawaska, souvent appelé Haut-Saint-Jean ou parfois Madaouaska, ou encore l'Acadie des terres et forêts, est une région du nord-est de l’Amérique du Nord. Elle comprend le nord du comté d'Aroostook dans l’État américain du Maine ainsi que le comté de Madawaska et le Nord du comté de Victoria dans la province canadienne du Nouveau-Brunswick. L'auteur Rino Morin-Rossignol a proposé, de façon plutôt humoristique, que les habitants de cette région prennent le nom de « Acadien(ne)s géo-sylvestre » en raison des influences acadiennes sur cette contrée.
Géographie
Situation et limites thumb|Le Madawaska s’étend en amont de Grand-Sault et de ses chutes. thumb|Paysage des environs de Grand-Sault. Le Madawaska est également réparti entre l'État américain du Maine et la province canadienne du Nouveau-Brunswick. Il occupe la haute vallée du fleuve Saint-Jean en amont des chutes de Grand-Sault jusqu’aux Sept Îles sur une longueur d'environ et une largeur variant de à , soit une superficie de Thomas Albert, Histoire du Madawaska, .. Avant la séparation du territoire entre le Canada et les États-Unis, survenue en 1842, le Madawaska s’étendait de la vallée de l’Aroostook au lac Témiscouata, soit une superficie d’environ . La région forme grossièrement un croissant, comprenant le nord du comté d'Aroostook sur la rive sud du fleuve et le comté de Madawaska sur la rive nord. Une portion du comté de Victoria, qui occupe les deux rives du fleuve, est aussi comprise dans le Madawaska. Le Madawaska est bordé au nord-ouest par la région québécoise du Témiscouata, au sud-est par la basse vallée du fleuve Saint-Jean et sur les autres côtés par les Appalaches.
La principale ville est Edmundston. Les autres villes importantes sont Fort Kent, Grand-Sault, Madawaska, Saint-Léonard et Van Buren.
Voici la liste complète des municipalités comprises dans le Madawaska : Nouveau-Brunswick : Comté de Madawaska: Baker Brook, Paroisse de Baker Brook, Clair, Paroisse de Clair, Lac-Baker, Paroisse de Lac-Baker, Edmundston, Paroisse de Madawaska, Notre-Dame-de-Lourdes, Rivière-Verte, Paroisse de Rivière-Verte, Saint-André, Sainte-Anne-de-Madawaska, Paroisse de Sainte-Anne, Saint-Basile, Saint-Basile 10, Saint-François-de-Madawaska, Paroisse de Saint-François, Saint-Hilaire, Paroisse de Saint-Hilaire, Paroisse de Saint-Jacques, Saint-Joseph, Saint-Léonard, Paroisse de Saint-Léonard, Siegas. Comté de Victoria : Denmark, Drummond, Paroisse de Drummond, Grand-Sault. Maine: Comté d’Aroostook : Fort Kent, Frenchville, Grand Isle, Hamlin, Madawaska, Sainte-Agathe, Saint-François, Van Buren.
Géologie
Climat
Le climat du Madawaska est caractérisé par des étés courts et frais et par des hivers longs et froids.
Milieu naturel
Faune et flore
Histoire
Économie
Le principal moteur économique du Madawaska est l'exploitation forestière.
Transport Réseau routier thumb|La route 2. thumb|Terminus de la route 1 à Fort Kent. La route 2, faisant partie de la route transcanadienne, dessert la plupart des communautés de la rive nord. Les autres villes sont aisément accessibles à partir de celle-ci via la route 120. La route 17 relie Van Buren et Saint-Léonard à Campbellton. Sur la rive sud, la route 1 relie toutes les villes à Bangor et Portland via l'Interstate 95. La route 11 relie Fort Kent par une région moins habitée à l'ouest.
Le pont Clair-Fort Kent, le pont international Edmundston-Madawaska, le pont Saint-Léonard–Van Buren et les ponts de Grand-Sault permettent de franchir le fleuve.
Réseau ferroviaire
La ligne principale du Canadien National reliant Rivière-du-Loup à Moncton passe par le Madawaska. Plus précisément, elle passe par Lac-Baker, Edmundston et Grand-Sault, du côté canadien. À partir de Grand-Sault, le chemin de fer Van Buren Bridge & Construction Company dessert Saint-Léonard, traverse le fleuve et se rend à Van Buren. Ces deux lignes sont uniquement utilisées pour le transport de marchandises. Par contre, la réouverture du train de passagers Moncton-Edmundston est projetée Article de l'Acadie Nouvelle du mai 2007.
Transport fluvial
Le fleuve Saint-Jean n'est plus utilisé pour le transport commercial depuis la construction du barrage de Mactaquac. Il y a par contre des ports de plaisances dans plusieurs villes.
Transport aérien
Saint-Léonard possède un aéroport régional, l'aéroport de Saint-Léonard, avec des vols vers Fredericton. Le Madawaska américain ne possède pas d'aéroport commerciaux, il faut se rendre à l'aéroport de Presque Isle.
Culture Identité culturelle
thumb|Le drapeau de la république du Madawaska, à gauche sur la photo La majorité des habitants du Madawaska sont francophones. Ils se font généralement appeler Brayons au Canada et Acadiens du Maine aux États-Unis. C’est en 1785 que le Madawaska voit s’installer sa première colonie de populations d’origine européenne : des Acadiens accompagnés de quelques Canadiens.. Ils seront rapidement rejoints par d’autres Canadiens du bas Saint-Laurent. L’appellation Brayons a été popularisée par la création de la foire brayonne en 1978. Étant surtout associée aux citadins d’Edmundston, elle ne fait pas l’unanimité dans les autres municipalités du comté de Madawaska.
Aux États-Unis, la population possède un fort sentiment identitaire Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre .. La plupart s'identifient comme Français mais de plus en plus comme Acadiens depuis les années 1970 et certains s'identifient aussi comme franco-américains mais ce terme est inapproprié. La perception de l'identité varie par contre d'un habitant à l'autre et dépend du lieu de naissance, du fait que la personne a souffert de discrimination ou non, de la généalogie, du contexte de la conversation et de la langue dans laquelle elle a lieu. Bien que plusieurs liens aient été identifiés entre la culture locale et celle des Cadiens de la Louisiane, les Acadiens du Maine s'identifient plus aux Canadiens français ou aux Acadiens. De plus, même s'ils ont de nombreux liens sociaux et d'affaire avec le Canada, les habitants du Maine se considèrent surtout Américains et font une différence entre leur identité d'Acadiens du Maine et la signification politique d'être francophone au Canada.
Les Acadiens du Maine font peu état de leurs liens avec les Malécites, bien qu'ils considèrent qu'ils ont toujours eu des liens amicaux avec eux. Des études prouvent par contre de nombreuses influences malécites dans la toponymie, le folklore, la cuisine et l'artisanat.
Malgré certaines différences culturelles et une frontière internationale, les deux côtés du Madawaska ont des liens importants. Par exemple, Van Buren et Saint-Léonard partagent un festival et le même drapeau depuis 1989.
Aux États-Unis, les Scots d'Ulster, les Anglais, les Américains anglophones et les Suédois sont collectivement appelés les « Anglais ». La culture des Anglais est considérée incompatible par certains, surtout chez les plus âgés, et les liens avec ces derniers sont déconseillés. Cette situation est due à la longue domination économique et politique des Anglais sur les Français et à la discrimination dont souffrent les francophones dans le reste du pays.
Langues thumb|Le français acadien. La seule étude exhaustive du « français de la Vallée » a été effectuée par Geneviève Massignon en 1946 et publiée en 1962 Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre .. Elle conclut que contrairement aux communautés « purement acadiennes » des Provinces maritimes, le Madawaska possède une langue plus « canadianisée » due à la proximité du Québec. Elle y nota un mélange de vocabulaire et de phonétique acadien et canadien français mais une morphologie typiquement canadienne-française. Les avis sur le caractère unique du français du Madawaska divergent. Les mots d'origine maritime, dont certains seraient communs aux régions francophones du Canada, y seraient fréquents, alors que des mots liés aux patates seraient uniques. Selon Yves Cormier, de l'Université Sainte-Anne, la langue conserve certains éléments du vieux français utilisés nulle part ailleurs. Selon Ronald Labelle, du Centre d'études acadiennes, le seul caractère distinctif du français du Madawaska est son accent et que, bien qu'on y retrouve des mots acadiens, il ne diffère pas du français québécois
Du côté américain, le Madawaska est la région du Maine où la langue française est la plus utilisée. La langue peut être entendue dans la vie quotidienne de toutes les communautés et certains villages ont même des messes célébrées en français. L'usage du français décline au Madawaska américain chez les personnes âgées de moins de 30 ans et la proportion d'enfants d'âge scolaire ayant le français pour langue maternelle a baissé de 18 % entre 1987 et 1991. La plupart des habitants de la région comprennent toujours la langue mais certains ne sont pas capables de s'exprimer. En 1970, la proportion de francophones s'élevait à 85,9 % à Fort Kent et à 96,5 % à Sainte-Agathe. En 1990, cette proportion était de 88 % à Fort Kent, Madawaska et Van Buren. L'usage du français décline graduellement à l'ouest de Fort Kent et à l'est de Van Buren mais diminue brusquement au sud de cette dernière. Le français est utilisé couramment avec l'anglais dans une conversation.
L'éducation se faisait à l'origine en français dans les écoles tenues par les communautés religieuses. Avec l'instauration de l'école publique obligatoire, son enseignement a été banni des années 1910 aux années 1960, sauf comme « langue étrangère » et son usage en classe était puni. Les programmes scolaires bilingues ont commencé dans les années 1970. En 1991, 40 % des enfants savaient s'exprimer dans les deux langues mais cette proportion montait à 55 % à Fort Kent.
Bien que l'anglais soit compris par la majorité de la population, les unilingues anglophones sont désavantagés au Madawaska, à l'embauche comme dans la vie quotidienne. Leur langue inclut des influences françaises dans le vocabulaire et la syntaxe.
Pas d'information sur les langues amérindiennes du Madawaska.
Architecture
Matériaux
Architecture domestique