vignette|droite|class=pageimage|Partie de pelote basque sur le fronton de Bidart.

La pelote basque () regroupe plusieurs jeux de balle issus du jeu de paume. Dans la plupart des spécialités, le jeu consiste à envoyer, de volée ou après un rebond, la pelote sur un mur principal, nommé fronton, afin qu'elle retombe sur l'aire de jeu nommée cancha. Le point continue jusqu'à ce qu'une équipe commette une faute (falta) ou n'arrive pas à relancer la pelote avant le deuxième rebond.

La pelote est un jeu universel, legs d'autres civilisations, que les Basques ont adapté et transformé avec leurs propres caractéristiques. Déjà évoquée dans la mythologie basque ou sur des stèles funéraires, pratiquée depuis des siècles dans des zones de jeux situées en montagne, la pelote basque s'inspire au du jeu de paume pour y apporter de nombreuses modifications et créer de nouvelles et nombreuses spécialités. Face à face ou contre un mur, en intérieur ou en extérieur, à main nue ou utilisant divers instruments, avec l'introduction du caoutchouc dans la fabrication des pelotes, progressivement, les innovations vont faire émerger les particularités et les règles de la pelote basque actuelle. Vers la fin du , une pelote basque spectacle avec des pilotaris professionnels naît et côtoie jusqu'à ce jour la pelote basque traditionnelle, toujours active sur les frontons.

La Fédération internationale de pelote basque (FIPB) reconnaît huit spécialités., tandis que la Fédération française de pelote basque (FFPB) en reconnaît onze en 2025.. Parmi les plus connues on trouve la main nue, souvent considérée comme la plus noble, le grand chistera (nommée cesta punta quand elle est pratiquée en jaï-alaï), considéré comme la plus spectaculaire, ou la paleta gomme pleine (appelée couramment pala), la plus accessible techniquement et financièrement et donc la plus pratiquée de part et d'autre des Pyrénées.

La pelote basque se pratique principalement dans le sud-ouest de la France métropolitaine et dans le nord de l'Espagne, mais aussi dans de nombreux pays ayant connu une forte immigration basque. En 2025, elle est reconnue par le ministère des sports français comme une discipline de haut niveau..

Les terrains de jeu

L'aire de jeu ou cancha, correspondant à la surface de jeu, est délimitée au sol par des lignes. Le mur sur lequel doit être envoyée la pelote, dans le cas des jeux indirects, est appelé frontis. Les terrains de jeu où se pratique la pelote basque peuvent prendre des formes et des dimensions très variées selon leur situation géographique et la date de leur construction.

L'installation la plus fréquemment rencontrée au Pays basque français est le fronton place libre (nommé simplement fronton en français et plaza en basque) alors qu'au Pays basque espagnol, les frontons mur à gauche sont les plus répandus (appelés simplement frontón en espagnol et pilotaleku, « lieu de la pelote », en basque). Des deux, seul le fronton espagnol est reconnu par la Fédération internationale de pelote basque (FIPV). La pelote basque se joue également en trinquet, terrain couvert et fermé, plus souvent côté français. En effet, le trinquet est directement hérité de la salle de jeu de paume français dans laquelle une partie du toit (tambour) a été enlevée pour dégager le frontis. Exporté en Argentine, le trinquet argentin diffère légèrement des trinquets européens car une autre partie du tambour a été supprimée pour dégager le mur du fond, ou mur de rebot (de l'espagnol rebote, « rebond »). C'est sa forme qui a été choisie par la FIPV pour la pratique de la pelote internationale. Le trinquet de la Cavalerie, construit en 1929 à Paris, a été une des premières répliques de trinquet argentin en France. Le fronton argentin (frontón argentino), entre mur à gauche et trinquet, ou le fronton cubain (frontón cubano), mur à gauche très court, sont encore d'autres variantes.

Matériel et équipement

Tenue du pelotari

Lors des tournois, le pelotari (joueur de pelote) est vêtu d'un pantalon blanc et d'un polo à col aux couleurs du club. Le port des lunettes de protection dans les spécialités de pala, paleta, frontenis et xare et d'un casque pour les spécialités jouées en intérieur avec pelote de cuir est obligatoire.

Les pelotes

La pelote est la balle utilisée pour les jeux de pelote basque. Il en existe de différentes tailles, poids et compositions qui varient selon la discipline pratiquée.

La pelote est constituée d'un noyau en buis de de diamètre (1). Il est entouré d'un fil élastique (2) (main nue française, paleta, pala place libre, joko garbi ou grand chistera), pour constituer le noyau dont le poids est réglementé selon le jeu et l'âge des joueurs. Ce noyau peut être aussi en latex (3) : cesta punta, xare, pala corta, remonte.

Un fil de pure laine vierge (4) est ensuite enroulé en contrôlant scrupuleusement son tassement tout au long du processus de fabrication. Un réseau de fil de coton (5) est cousu en surface pour maintenir la laine et éviter qu'elle ne regonfle. Des « huit » en peau de chèvre (6) sont découpés et cousus ensemble à la main (7) en une ou deux couches. Ces « huit » sont taillés dans du parchemin (cuir non tanné) pour la cesta punta, le xare ou le remonteSource : Jean-Paul Mendiharat, ancienne fabrique de pelotes Pumpa à Saint-Pée-sur-Nivelle..

Dans certains cas, cette différence se fait dans une même discipline en fonction de la catégorie : de poussin à senior. La dimension de la pelote est réglementée très précisément : elle varie de de diamètre ; son poids va de .

Les instruments de jeu thumb|Vitrine 1 d'instruments de jeu au Complexe de pelote basque à Pau. thumb|Vitrine 2 d'instruments de jeu au Complexe de pelote basque à Pau.

Les gants

Les gants en cuir Les gants en cuir existaient pour se protéger la main au jeu de paume. L'utilisation de gants allongés prenant déjà un peu la forme du chistera est antérieure à ce dernier. Les premières traces écrites remontent au début du .

La forme et la taille des gants varient en fonction de la discipline, de la morphologie du joueur ou encore de sa place dans le jeu (avant ou arrière). L'artisan choisit ses dépouilles de vachettes à l'abattoir pour obtenir les peaux les plus adaptées à la fabrication des gants. Il prépare ses peaux lui-même. Après humidification, la peau est tendue sur une forme de bois, copie de gants anciens. Trois couches sont successivement posées en respectant des périodes de séchage intermédiaires. Elles sont ensuite cousues avec un fil tressé, poissé à la main et terminé à une extrémité par une soie de sanglier permettant de le passer dans les trous préparés dans l'épaisseur de peau. Le gant proprement dit est ensuite cousu à l'arrière du panier. L'intérieur de ce panier est ciré pour permettre à la pelote de bien glisser pendant le jeu.

Dans tout le Pays basque, trois personnes seulement fabriquent les gants de pasaka et de laxoa, également utilisés par les cordiers au rebot. Deux d'entre eux, âgés de plus de 70 ans, résident en Espagne et le troisième réside en France, à Saint-Jean-de-Luz.

Les gants en osiers ou chisteras

Un chistera est un panier (xister en basque et cesta en espagnol) en osier fixé à la main du joueur par un gant en cuir.

Il fut inventé en 1857 par Jean Dithurbide (dit Gantxiki) à Saint-Pée-sur-Nivelle. pour remplacer les lourds gants de cuir d’origine, utilisés pour attraper et renvoyer les pelotes. Plus léger, le chistera permet d’envoyer la pelote plus loin et fatigue moins le bras. Un atelier de fabrication s’est ouvert à Ascain et les chisteras font leur apparition en partie à Espelette en 1862. Depuis 1887, à Bayonne, puis Anglet, la famille Gonzalez, de père en fils, continue de façonner et tresser, à la main, des chisteras de châtaignier et d’osier. Ils sont les seuls fabricants côté français alors qu'on compte une vingtaine de fabriques côté espagnol. On distingue actuellement trois types de chisteras selon leur taille et leur profondeur : le petit chistera, le grand chistera et le chistera de remonte.

thumb|Chistera joko garbi.Le chistera joko garbi, petit gant ou petit chistera est un chistera au panier peu profond. La pelote doit être réceptionnée et renvoyée sans être arrêtée. Si la pelote est conservée dans le chistera, il y atxiki, c'est une faute. La pelote ne doit pas non plus rebondir dans le chistera : le kask kask, bruit dû au rebond, est assimilable au berjes (faute quand un joueur touche du corps la pelote avant de la frapper ou après l'avoir frappée). Le jeu se nomme joko garbi, ce qui signifie « jeu propre/pur » en basque, quand il se joue en fronton mur à gauche de ou en place libre. Ce type de gant est aussi utilisé par trois joueurs de chaque équipe au rebot tandis que les cordiers sont équipés de gants en cuir.

thumb|Grand chistera.Le grand chistera, grand gant ou cesta punta en espagnol est un chistera à grand panier. Le pelotari peut arrêter la pelote, faire quelques pas avant de la relancer, le tout dans un même mouvement. Si le temps est jugé trop long ou la prise d'élan trop importante, il y a faute. Si la pelote rebondit dans le chistera après la réception au-delà des côtes latérales ou de la poche de rétention, il y a faute (pumpa). Contrairement au petit gant, la réception se fait sur la pointe (en espagnol ) du panier (en espagnol ). En France, le jeu se nomme grand chistera quand il est joué en place libre et cesta punta quand il est joué en jaï-alaï (fronton mur à gauche long).

Le chistera de remonte est un chistera typique espagnol à panier peu profond (comme le joko) mais plus long. Il y a une petite différence au niveau des matériaux utilisés : de l'osier pour le joko et le grand chistera, du rotin pour le remonte. Il est utilisé en jaï-alaï uniquement en Espagne.

Fabrication d'un grand chistera

La naissance d'un chistera commence en lisière de forêt par le choix très strict des pièces de châtaignier de de diamètre environ, coupées à la lune descendante pour une meilleure souplesse et mises à sécher. Le châtaignier est une essence de bois qui allie souplesse, solidité et résistance aux insectes. Les meilleures parties longitudinales sont prélevées en évitant le cœur du bois et l'aubier. Un travail de cintrage et de calibrage crée l'armature du chistera. La fabrication du chistera est inscrite à l'inventaire français du patrimoine culturel immatériel.

Les côtes qui donneront la forme à la coque sont taillées en lanières, dans des tiges de châtaignier préalablement cintrées et rabotées pour obtenir la forme et la taille qui diffèrent selon la place qu'elles occupent. Elles sont en nombre impair (une lame centrale et six paires de lames latérales) pour que les éclisses d'osier se croisent lors du tressage. La forme de la coque est ainsi précisément adaptée à la morphologie du joueur et à son style de jeu.

Avant le tressage, les éclisses d'osier sont soigneusement calibrées en largeur à l'aide d'un rabot de gabarit, et en épaisseur en passant sous une lame retournée. Les éclisses sont humidifiées pour avoir la souplesse nécessaire lors du tressage qui peut demander de travail et l'utilisation de . Pour chaque chistera, il faut compter de travail, réparties sur les différentes saisons de l'année pour aboutir à une pièce unique d'un gant de joko garbi ou d'un grand chistera au creux plus prononcéSource : fabrique de chisteras Onena à Anglet..

Les palas et paletas

Les palas et paletas sont des raquettes en bois permettant de frapper la pelote. Elles sont les descendantes des battoirs et triquets utilisés au jeu de paume. Il en existe plusieurs types, se différenciant par la forme, les dimensions et le poids.

La paleta gomme creuse, paleta gomme ou baline (paleta goma, paletón, paleta pelota, pala ancha en espagnol) est la plus large, son poids peut aller de ; elle sert à frapper une pelote en gomme creuse de caractérisée par un grand rebond. On y joue en trinquet et en mur à gauche de .