Dominique Joseph René Vandamme, comte d’Unsebourg (aujourd'hui en Saxe-Anhalt), né le à Cassel et mort le dans cette même ville, est un général français de la Révolution et de l’Empire.
Durant la Révolution et le Consulat
Les premières armes Fils de Maurice Vandamme, chirurgien de Cassel et de Barbe Françoise Baert, élève du lycée Faidherbe« Où sont passés les personnages célèbres anciens élèves du Lycée Faidherbe ? », sur la page de l'Association des anciens élèves de Faidherbe. de Lille, puis de l’École militaire de Paris, il est entretenu par le maréchal de Biron.
Il s'engage comme soldat le dans le auxiliaire du régiment des colonies, s’embarque le à Lorient sur la flûte l’Uranie et arrive le à la Martinique où il est immédiatement incorporé dans le régiment de cette colonie. Sergent en 1789 et porté comme déserteur en 1790, il rentre en France le Tradition Magazine hors série .. Soldat au régiment de Brie à partir du , puis au d’infanterie, il reçoit son congé définitif le . Enthousiasmé par les idées de la Révolution française, il . Il la conduit à l’armée du Nord. Cette compagnie ayant été amalgamée au bataillon des chasseurs du Mont-Cassel, il devient chef de ce corps le .
Combats en Belgique
Les armées de Hanovre occupent Hondschoote. Les Britanniques campent devant Dunkerque, qu'ils menacent d'envahir. Il commande le bataillon de Cassel qu'il mène, en avant-garde, lors de la bataille d'Hondschoote du 6 au , sous les ordres de HouchardSelon la Biographie des célébrités militaires de Mullié (1850) : ..
Le , à vingt-deux ans, il est promu général de brigade. Il participe à la prise de Furnes le 30 vendémiaire an II. Il contribue, le thermidor, à la prise d’Ypres. En , lors de la prise de Nieuport sous les ordres de Moreau, une grande partie des émigrés qui s'y étaient réfugié furent massacrés. Contraint de se retirer devant des forces supérieures, il perd une partie de son artillerie. Dans cette même campagne, il se distingue et prend Menin.
Pendant la campagne de l’an III, commandant par intérim la division de Moreau, il emporte le fort de Schenk le 16 brumaire, et le 19, il chasse l’ennemi de Budwich. Lors de la réorganisation de l’état-major de l’armée, le 25 prairial, il est mis en congé de réforme. Cette disgrâce provient de sa dénonciation comme terroriste et comme ayant livré Furnes au pillageEn 1793, il lui est reproché des actes de violence envers les habitants de la Flandre, et de terribles représailles à l’égard des émigrés pris les armes à la main.. Le Comité de salut public, par arrêté du 7 vendémiaire an IV, le remet en activité de service.
Passage aux armées de l'Ouest
Envoyé dans l’Ouest le , il retrouve rapidement son grade dans l'armée de Sambre-et-Meuse commandée par Jourdan, puis dans l'armée de Rhin-et-Moselle. Il enlève, le 27 thermidor de la même année, la porte qui défend la petite ville d’Alpirsbach, passe le Lech sous le feu le plus meurtrier. À l’attaque des hauteurs de Friedberg, se précipitant sur les Autrichiens à la tête de trois régiments de cavalerie légère, il leur prend seize pièces de canon et les poursuit le sabre aux reins jusque dans la vallée de la Sarre. Quelques jours après il se fait encore remarquer par une attaque impétueuse des retranchements de Kehl et de Huningue. L’année suivante, au passage du Rhin à Diersheim, où il a un cheval tué sous lui, il effectue le premier débarquement, pénètre au-delà de Gengenbach, bat l’ennemi entre Zimmern et Renchen et le chasse sur le Kniebis.
L’attentat commis à Rastatt ayant rallumé la guerre, Vandamme, qui a été nommé général de division le 17 pluviôse an VII, a le commandement de l’aile gauche de l’armée du Danube. Un jour, faiblement accompagné, marchant à l’aventure reconnaître les avant-postes ennemis, il tombe dans une embuscade de dragons du régiment de Latour. Presque aussitôt abandonné des siens, il lutte seul contre huit adversaires, en tue deux, met les autres en fuite et regagne le camp français.
De nouvelles accusations ayant été dirigées contre lui, le Directoire, par un arrêté du 8 floréal, le traduit devant un conseil de guerre. Un autre arrêté en date du 2 fructidor annule le premier.
Alors le ministre envoie Vandamme sur les côtes du Nord-Ouest, afin de pourvoir à leur défense. Cette opération terminée, le il est placé cette fois dans l'armée de Hollande sous les ordres de Brune, se rend aux Pays-Bas, alors envahie par les forces combinées de l’Angleterre et de la Russie. Placé à l’aile gauche de l’armée gallo-batave, il prend une division russe tout entière à la bataille de Bergen, et contribue puissamment à la victoire française à la bataille de Castricum. Il poursuit Frederick, duc d'York et Albany, jusqu'à son rembarquement.
Le Consulat
Après peu de jours passés à Cassel pour se remettre de ses fatigues, le il retrouve son ami Moreau dans une campagne de l'armée d'Allemagne qui est couronnée de succès. Il se trouve au passage du Rhin par l’armée de ce nom, fait capituler le fort de Hohentweil, que défendent quatre vingt pièces de canon. Il combat ensuite à Hohenwiel le 2, à Stockach le 3, à Engen le 4, à Moeskirch le 5, à Menningen le 10.
Le il se marie à Cassel avec Marie Françoise T'Kint. Le , accusé cette fois d’abus et d’irrégularités administratives, il est de nouveau destitué, pour très peu de temps puisqu'il est affecté à l'armée des Grisons sous les ordres de Macdonald. Mis en traitement de réforme, le 29 thermidor an VIII et rappelé le 19 fructidor au service actif, il commande l’avant-garde de l’armée dite « de réserve », avec laquelle il franchit le Splügen.
Le , la paix de Lunéville met une fin à une campagne difficile, où Vandamme s'illustre très souvent. Accueilli à son retour de la manière la plus flatteuse par le Premier consul, il en reçoit une paire de pistolets de la manufacture de Versailles.
Il est nommé membre de la Légion d'honneur, le 19 frimaire an XII, et grand officier de l’ordre le 25 prairial suivant, alors qu’il a sous ses ordres la du camp de Saint-Omer.
Général de l'Empire
Les premières campagnes impériales
Le , c'est la première campagne d'Allemagne de Napoléon . Vandamme, qui commande la dans le corps d'armée du maréchal Soult, a, le 13 vendémiaire, l’honneur de porter les premiers coups à l’armée autrichienne en culbutant, au pont de Donauworth, le régiment de Colloredo qui déplore la perte de 60 hommes et 150 prisonniers.
Le lors de la bataille d'Austerlitz, il se bat pour la conquête du plateau de Pratzen et repousse l'infanterie russe à la baïonnette avant d'emporter le village d'Augezd puis celui de Telnitz. Sa division occupe la gauche du maréchal Soult. La victoire est décisive : et Autrichiens tués, blessés ou prisonniers (dont quinze généraux russes), quarante drapeaux et cent vingt canons pris. Ces actions valent à Vandamme, le 3 nivôse, la dignité de grand aigle de la Légion d'honneur, ainsi qu’une habitation dans les polders de l’île de Cadsand.
Le Napoléon l'envoie aux côtés de son frère Jérôme. À la tête d'une division wurtembergeoise, il s'empare de Glogau le , fait tomber Breslau qui capitule le , Brieg-sur-Oder le , Schweidnitz le , Neisse le . Se portant ensuite sur Glatz, il force, le , le camp retranché établi en avant de cette ville. Le il est fait grand-croix de l'ordre royal de Hollande et Frédéric de Wurtemberg le fait grand-croix de l'ordre militaire.
La campagne de 1809 et le camp de Boulogne
L’Empereur lui a donné le commandement de la militaire le et l’a investi de celui du camp de Boulogne le .
Il l’envoie, le , à Heidenheim, se mettre à la tête de Wurtembergeois formant le de la Grande Armée avec lequel le et conjointement avec le maréchal Lefebvre, il bat à Abensberg la division autrichienne du général Thierry, prend le à la bataille d'Eckmühl le château et le village de ce nom, et le repousse vigoureusement l’ennemi à Urfar. En il est blessé à Wagram. Réintégré à son retour de l’armée dans le commandement du camp de Boulogne, occupé pendant son absence par le général Sainte-Suzanne, il s’installe violemment dans la maison du maire et de faire jeter dehors les meubles qu’il ne trouve pas à sa convenanceCe magistrat se plaint de cette violation de domicile au ministre de la Guerre qui, ayant pris les ordres de l’Empereur, intime au général Vandamme l’ordre de quitter immédiatement la maison dont il s’est emparée et de garder les arrêts pendant vingt-quatre heures. Napoléon oublie cette incartade.. Napoléon l'envoie dans la militaire, après l’avoir nommé le , président du collège électoral de Hazebrouck. Il l’a quelque temps auparavant créé comte d’Unsebourg.
La campagne de 1813 et le désastre de Kulm
vignette|Capture du général Vandamme à la bataille de Kulm, le 30 août 1813. Illustration de Fritz Neumann, vers 1913.
Quoique destiné à commander les troupes westphaliennes faisant partie de l’armée expéditionnaire de Russie, il ne fait point cette campagne, ayant été mis en disponibilité le , par suite de ses démêlés avec le roi Jérôme.
Rappelé à la Grande Armée le , il y commande le . Maître de Haarbourg le , le 29 il occupe l’île de Wilhemsburg, ce qui lui permet de commencer le bombardement de Haarbourg, que l’ennemi évacue dans la nuit du 30 au 31. Il se prépare à marcher contre les Russes, quand un armistice suspend momentanément les hostilités.
Celles-ci étant reprises, il s’empare le de Perne et de Hodendorf, défait le 28, le duc de Wurtemberg, à qui il fait , passe une gorge des monts Métallifères entre la Saxe et la Bohême et marche sur Kulm (au nord d'Ústí nad Labem), où et Autrichiens commandés par le général Ostermann puis par le général Barclay de Tolly, le contraignent à battre en retraite après un combat opiniâtre. Le , le général Kleist et ses Prussiens attaquent la position de Vandamme sur ses arrières et déterminent le sort de la batailleIl est ensuite accusé d’avoir causé sa défaite en restant à Kulm au lieu de se retirer sur les hauteurs ; Vandamme, qui récuse toute faute, a souvent dit, depuis, qu’il prouverait, dans des Mémoires qu’il projetait de publier et par des documents authentiques, qu’il a suivi ses instructions, et que, d’ailleurs, il devait compter sur un renfort considérable qu’il attendit vainement. Quoi qu’il en soit, attaqué le 30 au matin, il se défend vaillamment, et peut-être même se serait-il dégagé si, vers deux heures, une colonne ennemie, en débouchant par les montagnes, n’eût tombé sur ses derrières. Alors, cerné de toutes parts par , Vandamme, malgré des prodiges de valeur, est mis en pleine déroute, et, criblé de blessures, il est fait prisonnier.. C'est la défaite de Kulm. Il est capturé par des cosaques alors qu'il tente de sauver son armée et, fait prisonnier, est emmené à Moscou, puis transféré à ViazmaConduit en présence de l’empereur Alexandre, ce prince s’oublie au point de l’apostropher des épithètes de brigand et de pillard. Faisant allusion aux soupçons d'assassinat ou tout au moins de complicité d'assassinat de Paul par son fils Alexandre. . Pourtant, il ordonne qu’on lui rende son épée, que le grand-duc Constantin lui a fait enlever. Cet épisode est contesté par Vandamme lui-même. - Albert Du Casse, Le général Vandamme et sa correspondance, Didier, Paris, 1870..
La campagne de Belgique
En 1814, à la signature de la paix, il est de retour en France le et est assigné à résidence à Cassel par ordre du gouvernement.