Le Highland est une race de grands poneys, originaire d'Écosse. Ses origines restent nébuleuses, mais il a assurément reçu l'influence de chevaux scandinaves, puis ibériques et arabes, et celle de chevaux de trait, en particulier du Clydesdale. L'étalon fondateur de la race, Herd Laddies, naît en 1881 ; le registre généalogique est fondé en 1896 puis la société du poney Highland, la Highland Pony Society, l'est en 1923.
Comme tous les poneys britanniques semi-sauvages, le Highland est très rustique. C'est l'un des poneys britanniques les plus grands et les plus forts, avec une morphologie semi-lourde et des crins très abondants. Il est connu pour arborer une robe aux caractères primitifs exprimés par le gène Dun, tels que la raie de mulet et les zébrures sur les membres. Il dispose d'une excellente longévité et d'une bonne santé générale, bien qu'il soit vulnérable à l'obésité et à la fourbure de printemps.
Longtemps utilisé pour le travail ou comme animal de bât par les fermiers écossais, qui l'apprécient pour sa force et son agilité, il est désormais réputé pour l'équitation de loisir, tout particulièrement en randonnée équestre et à l'attelage. Le Highland reste néanmoins une race rare, avec un effectif mondial d'environ . Il s'est exporté vers d'autres pays : après le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne possèdent le cheptel le plus important.
Dénomination et sources Le poney Highland tient son nom de sa région d'origine, les collines des Hautes terres d'Écosse.. Un synonyme désormais obsolète pour le désigner est « poney écossais » (Scottish pony)..
Jusqu'en 1932, plusieurs types sont distingués chez cette race. Le Western Highland (poney des îles de l'Ouest, ou poney des Hébrides) est plus petit et plus léger que le Scottish Mainland, ou Garron, qui peut dépasser et qui dépasse toujours , taille que le Western Highland ne dépasse au contraire jamais. Le terme Garron dérive de gearran, un mot gaélique écossais désignant un hongre ou un cheval de travail. Le poney des Hébrides est parfois rattaché à la race Highland, la plupart de ses représentants ayant été absorbés par elle. Ces différents types ont été mélangés entre eux, seul l'Eriskay ayant été préservé dans sa spécificité. Cependant, une partie des éleveurs de Highland ne reconnaissent pas l'Eriskay comme une race distincte..
L'ouvrage Scotland's native horse: Its history, breeding and survival, publié en 1992 par le docteur en médecine vétérinaire Robert W. Beck., constitue d'après la critique qu'en fournit Marace Dareau (université d'Édimbourg) une défense de l'opinion de son auteur, selon lequel l'Eriskay est la race de chevaux originelle historique de toute l'Écosse, plutôt que le Highland, qui a été croisé avec des chevaux d'origine extérieure.. Selon Dareau, le qui traverse cet ouvrage .
Histoire vignette|gauche|Poney Highland monté en .|alt=Un homme en armure et portant une couronne monte un poney marron et noir. La question de savoir si le Highland trouve des origines préhistoriques, ou si ses ancêtres ont été introduits en Écosse durant l'Antiquité, est longtemps restée controversée, mais l'origine de tous les chevaux domestiques du monde a été récemment établie dans la steppe pontique (d'après une vaste étude publiée dans Nature en 2021), ce qui rend la thèse d'une origine préhistorique du Highland invalide.. L'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) indique 1830 comme étant la date d'origine de la race, et trace l'origine du Highland aux crofters, c'est-à-dire de petits chevaux de ferme (crofts). Génétiquement, le poney Highland présente des affinités avec les chevaux de trait écossais et avec le Lipizzan, ce qui confirme les preuves historiques d'une introgression du Clydesdale et de l'Andalou.
Origines La tradition populaire, citée entre autres par le journaliste équestre anglais Elwyn Hartley Edwards et par Bonnie Lou Hendricks de l'université de l'Oklahoma, soutient que les plus anciens ancêtres du Highland remonteraient à la dernière glaciation. Elle veut que des chevaux sauvages aient gagné l'Écosse à l'époque où la Grande-Bretagne était reliée au continent.
Il existe des preuves archéologiques d'une présence chevaline en Écosse à partir de l'âge du bronze, où des montures sont amenées depuis la Scandinavie. Des ossements datés de 800 ans ont notamment été retrouvés. CAB International décrit le Highland comme un vieux type de poney celte.
Le journaliste équestre Martin Haller soutient que l'ancêtre du Highland a été amené par les Vikings. Au Moyen Âge, les échanges entre l'Écosse et les pays scandinaves entraînent en effet la propagation de petits chevaux de type Fjord et Døle, expliquant une relative ressemblance entre ces races, et également avec l'Islandais. De nombreux échanges s'effectuent avec l'Islande. Pour Hendricks, les plus anciennes sources à propos de la race remontent au , et Robert Bruce lui-même aurait monté un poney des Highlands. Bonnie Prince Charlie est réputé pour avoir monté un poney Highland pendant les rébellions jacobites au .
Croisements et influences vignette|Poney Garron écossais, présumé descendant de chevaux de trait de type Percheron.|alt=Photographie en noir et blanc d'un cheval lourd vu de profil. Le Highland connaît de nombreux croisements au cours de son histoire. Vers 1535, le roi français Louis XII fait don de chevaux de trait (de type Percheron) au roi écossais Jacques V, qui apportent leur influence au cheptel local écossais. Au cours des 200 ans suivants, la race aurait reçu un apport de sang espagnol. Les ducs d'Athol, les premiers éleveurs connus, ont ensuite apporté l'influence du cheval oriental à la souche locale. Au , l'éleveur John Munro Mackenzie a croisé un étalon Arabe syrien qui a fondé une lignée particulière sur l'île de Mull, la lignée de . L'influence du Clydesdale est aussi notable.. Le Highland a donc été croisé avec le Percheron, l'Ibérique, l'Arabe et le Clydesdale.. Comme le Fell et le Dales, il a absorbé la vieille race du Galloway.
Au Au , le Highland est plus petit d'environ que les poneys modernes ; ce sont les croisements avec le Clydesdale, afin de l'orienter vers les travaux forestiers, qui ont augmenté sa taille. Des poneys hauts d'environ sont couramment montés par des hommes écossais adultes, qui peinent parfois à tenir leurs pieds éloignés du sol.. La construction de routes par la Commission Roads en 1813 facilite l’accès à l'Écosse, entraînant l'arrivée de propriétaires terriens, de sportsmen et de touristes.
Le scientifique écossais John MacCulloch décrit entre 1811 et 1821 sa chevauchée sur un poney Highland d'une valeur de cinq pounds, portant deux fers aux antérieurs.. La reine Victoria décrit elle aussi, dans son journal, un voyage équestre sur un poney local dans les Highlands. Reprenant une anecdote citée par M. Hall dans ses Voyages en Écosse., le comte Achille de Montendre en fournit la description suivante en 1844 :
vignette|Gravure dépréciative d'un Highland Poney par dans son ouvrage British Agriculture, en 1860.|alt=dessin d'un cheval noir
De même, le recueil de la Bibliothèque vétérinaire de 1849 le décrit comme .
D'après Louis Moll et Eugène Gayot, le croisement entre les races Highland et Clydesdale rencontre une grande popularité durant les années 1870 et 1880..
Le premier poney officiellement enregistré comme un Highland est Herd Laddie, fils de Highland Laddie, né en 1881 et devenu étalon en 1887, au haras d'Atholl. La plupart des poneys actuels descendent de cet étalon. Le registre généalogique de la race est créé en 1889 (selon CAB International) ou 1896 (selon Hendricks).
Depuis le vignette|Poney Highland bâté, dessiné par Archibald Thorburn en 1919.|alt=Dessin à l'encre d'un cheval marron et noir portant un harnachement et broutant l'herbe. Le Highland est mis à profit par la remonte de plusieurs corps de pendant la guerre des Boers. La Highland Pony Society est créée en 1923, et gère depuis lors le registre généalogique de la race. La motorisation des activités agricoles entraîne ensuite un fort déclin du nombre de poneys. En 1952, pour fournir du travail estival à ses poneys de chasse au cerf, Evan Ormiston ouvre le premier centre de randonnée équestre bâtée de Grande-Bretagne à . Cette activité se répand ensuite sur la totalité de l'île. D'après Hendricks, . C'est souvent à travers cette activité que la race a été découverte puis exportée hors d'Écosse.
En 1976, une harde de poneys Highland semi-sauvages sur l'île de Rùm (Hébrides intérieures) fait l'objet d'une étude par Tim Clutton-Brock et ses collègues, qui démontrent l'existence de hiérarchies bien définies entre ces poneys, et une augmentation marquée de la fréquence des interactions agonistiques lorsque de la nourriture est apportée, sans effet sur les systèmes de rangs du troupeau.. Les données de cette étude sont réanalysées par John M. Roberts et Bridget A. Browning en 1998, qui notent que la proximité est plus grande chez les paires de poneys dont la différence d'âge est moindre et dans lesquelles le toilettage mutuel est fréquent..
La reine Élisabeth II a possédé des chevaux Highland et Fell dans ses écuries du château de Windsor, ainsi qu'un élevage de Highland au château de Balmoral... L'un des principaux spécialistes et éleveurs de Highland, Robert Davidson de Crieff, est décédé en 2022..
Implantation en France Le Highland est importé en France en 1969., année de création de l'Association française du poney Highland (AFPH).. Son élevage se développe dans un premier temps en Bretagne, puis s'étend aux régions Centre et Île-de-France. L'élevage du Guilou, situé à Larret dans le pays d'Iroise, devient une référence de la race à la fin des années 1980, avec plus d'une centaine de Highland. En 1987, six poneys Highlands sont importés par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) afin d'être relâchés dans la réserve naturelle nationale du marais d'Yves, et d'y jouer le rôle de « tondeuses écologiques ». En 2003, ce site compte une quinzaine de juments et un étalon, répartis sur trois réserves de la LPO. Des Highland jouent également ce rôle de tondeuse écologique dans la réserve naturelle nationale du Platier d'Oye, au moins depuis 1991..
Implantation en Allemagne La première jument Highland arrive en Allemagne en 1987, suivie en 1990 par l'étalon Duart of Glenmuick. Le IG Highland Pony "Der Clan" e. V. est créé en 1993, puis reconnu comme filiale de la Highland Pony Society d'Écosse..
Description vignette|gauche|Poneys Highland semi-sauvages de l'île de Rùm.|alt=Groupe de poneys poilus vus de dos. Le Highland est rattaché au groupe des poneys des montagnes et des landes (mountain and moorlands ponies). Il est le plus grand et le plus fort des poneys des îles Britanniques, proche d'un cheval de trait.. Sa parenté génétique avec le Clydesdale, dont il est aussi proche géographiquement, a été confirmée en 2005. Cela a aussi permis de le distinguer de la race Eriskay, qui n'a pas connu de croisements avec le Clydesdale. Il est relativement distant génétiquement des races du Fell et du Dales, et présente une grande diversité de nucléotides..
Il est désormais sélectionné plutôt dans sa version légère, pour une équitation de loisir et de manège. Il conserve néanmoins de nombreuses caractéristiques propres aux races primitives, notamment sa robe.
Taille et poids vignette|Poney Highland primé lors du de 2005, présentant une obésité visible.|alt=Poney gris vu de profil portant un flot.
La taille au garrot de ce grand poney varie de à selon l'auteur italien Gianni Ravazzi, à selon CAB International, à selon d'autres sources. Selon le standard officiel, pour être reconnu comme Highland, il ne doit pas dépasser . Lætitia Bataille et Amélie Tsaag Valren indiquent cependant l'existence de poneys mesurant jusqu'à .