L’univers de Naruto est un univers de fiction créé par Masashi Kishimoto dans lequel se déroule l’histoire du shōnen manga Naruto, et des anime associés.

Dans l’univers de Naruto, issu de nombreuses influences, les protagonistes principaux sont des ninjas animés d’une force spirituelle appelée chakra, qui leur permet d’utiliser toute une palette de techniques de combat (jutsu) fictives, variant selon l’utilisateur. En complément à cette originalité, l’apparence de ces ninjas est loin des stéréotypes habituels du Japon féodal auxquels la série emprunte cependant de nombreuses notions, les mélangeant avec certaines venues du shintoïsme, du bouddhisme, ou même du taoïsme et de l’hindouisme.

Les ninjas sont organisés en villages cachés, servant leur pays par des missions diverses et variées lorsqu’ils ne sont pas en guerre. Chaque village a sa propre organisation interne, et le chef, le plus puissant des ninjas du village, appelé kage, possède une certaine autonomie, même s’il est nommé par le daimyo, représentant le commandement civil du pays, et auquel il reste subordonné.

La hiérarchie suit les règles du shōnen, où les jeunes sont formés par leurs aînés.

Création et conception

Influences

Afin de créer des personnages aussi originaux que possible, Masashi Kishimoto a observé les autres mangas shōnen. Il cite notamment comme influence le mangaka Akira Toriyama, créateur de Dragon Ball, dont le personnage débordant d’énergie et à la réflexion naïve, Son Gokû (qui représente pour lui ), a inspiré le héros Naruto, ou les jeux de regards inspirés de ceux de Son Gokû et Freezer. Le de Goku a également inspiré celui de Naruto (possédé par un démon, et à l’enfance malheureuse).

Kishimoto cite également l’influence de Toriyama pour ses dessins animaliers ; il pense qu’un bon dessinateur de mangas doit être également un bon dessinateur animalier, et c’est pourquoi le monde de Naruto possède une faune riche et variée (les animaux apparaissant sous forme d’invocations en sont de nombreux représentants) ; il précise qu’il aime particulièrement les chiens, et que c’est pourquoi ceux-ci jouent divers rôles importants dans le manga.

Les armes qui composent l’arsenal très varié du monde de Naruto sont également souvent inspirées de celles vues dans d’autres mangas.

L’auteur mentionne également des influences du monde du cinéma et de la télévision, comme celle du film Matrix qu’il dit adorer et qui lui a inspiré certains éléments de costumes, comme celui de Gaara qui lui remonte haut sur le cou lors de ses apparitions suivant l’examen chūnin. Il affirme aussi avoir vu de nombreux films de la série Jingi du réalisateur Kinji Fukasaku, aimant les modes et coutumes japonaises représentées dans ces yakuza eiga (notamment les relations maître-élève), et beaucoup de séries dramatiques (tokusatsu) quand il était jeune (lui ayant notamment inspiré le concept des « équipes » de ninjas). Le monde des jeux vidéo de rôles (RPG) lui a également inspiré des éléments de l’univers de Naruto, comme la disparité dans les équipes, ou les signes exécutés pour créer des techniques, rappelant les incantations.

Pour ses paysages et costumes, le mangaka s’inspire parfois de la Chine, aimant dessiner des statues de dragons, ou n’hésitant pas à représenter un crapaud dans un costume de moine guerrier Shaolin ; mais il est également influencé par le style japonais, pour certains dessins d’arbres ou de montagnes notamment, et s’est inspiré des habits qu’il portait enfant (notamment pour concevoir le costume de Naruto), aimant les habits un peu démodés, mais gardant un côté « cool ». Les paysages de son enfance (dans un de la préfecture d’Okayama) lui ont inspiré certains dessins de forêts et de rivières. Il déclare pour trouver l’inspiration.

Concernant la gastronomie, Kishimoto s’inspire tout autant de la nourriture traditionnelle japonaise (ramen, dango, yakiniku…), que de la malbouffe des pays occidentaux (chips, sodas, friandises).

Création de l’univers du manga

droite|vignette|alt=Représentation d’un renard à neuf queues|Illustration dans le Shanhaijing, représentant un .

Quand Kishimoto a pensé à la mise en scène du manga Naruto, il s’est tout d’abord concentré sur le design du village caché de Konoha. Kishimoto affirme que ce design a été créé , mais admet que le paysage s’inspire des alentours de sa maison d’enfance située dans la préfecture d’Okayama au Japon.

Kishimoto a créé Konoha sans préciser de période historique (la supposant toutefois ) ou d’emplacement géographique en rapport avec le monde réel, ajoutant que l’emplacement du village est simplement . Il note tout de même que s’il devait définir un climat et une topographie, ils seraient proches de ceux de la ville de Kyōto au Japon, cette information étant assez spéculative, du fait qu’il n’a jamais visité cette ville.

Comme le monde de Naruto est un univers de fiction, Kishimoto précise qu’il a dû (comme des restrictions dans l’utilisation des armes), et les appliquer de manière systématique, afin que l’action se déroule agréablement.

Pour construire son univers, Kishimoto aime également effectuer ses propres recherches dans la culture japonaise qu’il apprécie beaucoup, pour ensuite y faire référence ; il voulait également puiser dans l’astrologie chinoise qui fut très présente au Japon. On peut noter par exemple l’apparition dans la narration de certains monstres légendaires des rites shinto ou de la tradition japonaise, comme kyūbi no kitsune, le renard à neuf queues, le bake-danuki, le tanuki transformiste, et le Nekomata (trois animaux polymorphes), ou le baku et Yamata-no-Orochi.

Certaines techniques portent également les noms de dieux majeurs du shintoïsme : Tsukuyomi, Amaterasu, Susanoo, Izanagi et Izanami ; de même, on retrouve certains objets légendaires, comme les épées Kusanagi et Totsuka, et le miroir de YataLes articles liés contiennent plus de détails à ce sujet.. Le symbole du tomoe est également largement repris sous diverses formes tout au long du manga.

On peut également faire certains rapprochements avec des éléments tirés d’œuvres de la littérature asiatique, les Sannin ayant par exemple des noms similaires et des caractéristiques proches des personnages du conte Jiraiya Goketsu Monogatari… De même, le bâton utilisé par le Hokage, issu d’une transformation du « Roi des Singes » Enma, peut changer de dimensions et est indestructible, telle l’arme utilisée par le singe Sun Wukong, personnage principal du Voyage en Occident de Wu Cheng'en qui avait déjà inspiré Son Gokû à Akira Toriyama.

Chakra

vignette|gauche|alt=Représentation du malaxage du chakra|Principe de malaxage du chakra.

Le du sanskrit , est dans l’univers de Naruto un flux énergétique parcourant tout être vivant via les , réseau de minuscules canaux tels les vaisseaux sanguins. Le système circulatoire du chakra est présent non seulement au niveau macroscopique, entourant les organes internes décrits comme « produisant le chakra », mais également au niveau cellulaire, reliant les noyaux les uns aux autres.

Comparable au du taoïsme et servant à l’exécution de jutsu, il est généré par la combinaison de l’, créée par la condition physique et l’entrainement du ninja, et de l’, créée par la volonté ou l'intelligence . Des signes incantatoires peuvent aider à son malaxage et sa manipulation.

Chaque ninja possède, lorsqu’il « malaxe » le chakra, un sens naturel de rotation autour de l’axe du corps ; ce sens peut être déterminé en observant la courbure des cheveux au sommet du crâne. Ressentir son sens de rotation du chakra demande un , mais permet à un ninja d’éviter des interruptions intempestives du flot du chakra lors de l’utilisation du ninjutsu.

Pour justifier l’utilisation de pouvoirs « spéciaux », Masashi Kishimoto explique qu’il a dû trouver une explication plausible. Il a donc inventé un concept de « force » (similaire au concept de Star Wars, de Ki dans Dragon Ball Z ou de « points magiques » dans les jeux de rôle), qu’il a nommé chakra sans pour autant avoir une affinité particulière avec le mysticisme est-indien.

Circulation du chakra

vignette|droite|alt=Représentation des huit portes de circulation du chakra dans le corps humain|Les huit « portes » dans le corps humain. vignette|gauche|upright=0.85|alt=Représentation des méridiens et cavités de chakra vus par le Byakugan|Les méridiens et les cavités de chakra (tenketsu) vus par le Byakugan.

La circulation du chakra est régulée à travers le corps par 361 réparties le long des méridiens qui, par le biais de manipulations précises, peuvent augmenter ou stopper totalement le fluxLes techniques du clan Hyûga et de leur kekkei genkai, le Byakugan, se reposent entièrement sur ce principe.. À cela s’ajoutent huit « portes », des concentrations de points vitaux le long du méridien principal qui agissent comme de véritables barrages à la force autodestructrice du flux.

En levant les verous psychiques, des techniques de concentration permettent de s’affranchir de telles limites et d’accomplir des comme la Fleur de Lotus recto ou verso en ouvrant les portes. Une telle pratique permet naturellement de décupler sa force, mais comme beaucoup de techniques ultimes, elle est à double tranchant et les répercussions de l’ouverture de portes sont extrêmement sévères pour la condition physique de l’utilisateur. L’ouverture de la huitième porte est décrite comme l’accès à une force colossale, supérieure même à celle des ninjas les plus forts, mais aussi comme synonyme de mort. De rares ninjas comme Gaï Maito, ou Rock Lee, peuvent lever les verous psychiques et ouvrir les portes.

Nature du chakra

Godai Seishitsu Henka

droite|vignette|upright=1.25|alt=Diagramme des relations dominant-dominé entre éléments|Diagramme des relations dominant-dominé entre éléments.

Selon l’univers du manga, l’exécution des ninjutsu élémentaires nécessite la pratique du , consistant à changer la nature du chakra en l’un des cinq éléments de la tradition japonaiseDans le cas présent, le cinquième élément est remplacé par un autre le rappelant : la foudre. :

le , qui permet l’utilisation des techniques ; le , qui permet l’utilisation des techniques ; la , qui permet l’utilisation des techniques ; la , qui permet l’utilisation des techniques ; l’, qui permet l’utilisation des techniques .

Ces éléments sont liés entre eux par une sorte de pierre-feuille-ciseaux à cinq éléments : le feu consume le vent ; l'eau éteint le feu ; la terre absorbe l'eau ; la foudre brise la terre ; le vent tranche la foudre. Ce cercle de relations est assez important car pratiquer une technique liée à une affinité signifie, certes, avoir un point fort contre un second élément, mais aussi une faiblesse contre un troisième.

Affinité

vignette|alt=Représentation du papier à chakra permettant de tester les affinités|Papier à chakra.

Le chakra de chaque individu possède une affinité plus forte avec un des cinq éléments de baseDans le cas de certains kekkei genkai, il y a parfois une seconde affinité. De plus, un ninja développe parfois une seconde affinité moins forte sur un second élément avec le temps. : cette particularité facilitant la manipulation de l’élément en question, la connaissance de son affinité permet, en se spécialisant, de développer ses compétences. La détermination de l’élément de plus grande affinité nécessite l’utilisation d’un papier spécial qui est rempli de chakraLe bois utilisé pour le fabriquer est issu d’un arbre « nourri » au chakra toute sa vie. :

si le papier brûle, le chakra possède une affinité de type feu ; si le papier se coupe, le chakra possède une affinité de type vent ; si le papier se froisse, le chakra possède une affinité de type foudre ; si le papier se désagrège, le chakra possède une affinité de type terre ; si le papier s’humidifie, le chakra possède une affinité de type eau.