Didier Grumbach, né en 1937 à ParisGodfrey Deeny, « Didier Grumbach, une histoire de style », Le Figaro, encart « Culture », jeudi 3 juillet 2014, page 38., est un industriel et homme d‘affaires français. Investi dans le développement économique et créatif de la mode, il préside de 1998 à 2014 la Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode.

Biographie Didier Grumbach est le petit-fils d'un confectionneur parisien. Son grand-père, Cerf Mendès-France, fonde la société de confection C. Mendès en 1902. Son oncle maternel est Pierre Mendès France, ancien président du Conseil de la République. Il est le frère de Sylvie Grumbach (agence de presse 2e Bureau), qui a été l'attachée de presse du Palace de son ouverture jusqu'en 1984.

Juriste de formation, il est intégré dans l‘entreprise familiale de confection de manteaux C. Mendès dès 1954, dont il devient le directeur en 1961Women's Wear Daily, 9 octobre 1961. En 1964, la société se spécialise dans le prêt-à-porter de la haute couture en mettant un terme à sa propre marqueNew York Times, 23 May, 1964. En 1967, elle détient les licences de marques de haute couture telles que Lanvin, Philippe Venet, Jean Patou, Madeleine de Rauch, Guy Laroche, Emanuel Ungaro, Jacques Heim, etc.WWD, 21 octobre 1966En 1966, à parts égales avec Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, Didier Grumbach devient cofondateur associé et cogérant de Saint Laurent rive gauche dont C. Mendès est le principal fabricant et ce, jusqu'en 1978. De 1968 à 1973, C. Mendès est associé à Givenchy dans Givenchy Nouvelle Boutique et fabrique durant cette période les uniformes d'Air France signés par Cristobal Balenciaga. En 1967, Didier Grumbach inaugure à New York, 1 East 54th Street, Paris Collections, Inc., première filiale américaine d'une société de prêt-à-porter françaisWWD, 7 novembre 1967 - Le Figaro, 2 mai 1968. La même année, il ouvre à Chalonnes-sur-Loire une usine de prêt-à-porter et, en 1968, l'usine d'Angers encore aujourd'hui consacrée à Yves Saint Laurent et propriété du groupe Gucci.

En 1971, Didier Grumbach fonde la société Créateurs & IndustrielsWWD, 26 & 29 mars 1971, 9 juillet 1971-English Vogue, June 1971-L'Express, 24-30 mai 1971- Elle, 20 mai 1971, une plateforme de rencontres entre créateurs et industriels (C&I). Il contribue ainsi à lancer l'internationalisation de la mode et à maintenir Paris comme l'un des pôles de la mode mondiale. Les stylistes signent désormais leurs modèles et deviennent des créateurs de mode. Le premier défilé de C&I se tient à Paris en dans les bureaux de C. Mendès (Emmanuelle Khanh, ). Andrée Putman rejoint C&I et en devient la directrice artistique. Le premier des concept stores () ouvre ses portes 45 rue de Rennes à Paris dans un espace jusqu'alors occupé par la gare routière de la SNCF. Financé à parts égales par Seibu, Charles of the Ritz, Balamundi et C. MendèsWWD, 16 janvier 1973-Vogue, novembre 1973, il présente la mode aussi bien que des objets conçus par des stylistes dans toutes les spécialitésMarie-France, octobre 1971. La plateforme créée par Didier Grumbach et Andrée Putman ne durera que cinq ans et se conclura par la vente de l'immeuble et une dissolution amiable. Néanmoins, la liste des stylistes qu‘elle a contribué à révéler donne une idée de son dynamisme, aussi bien sur le plan économique que créatif. Parmi ceux qui ont présenté chez Créateurs & Industriels leur première collectionWWD, octobre 1973-International Herald Tribune, 23 octobre 1973 (et qui fonderont ensuite, grâce à ces débuts, leur propre maison), on peut citer Emmanuelle Khanh, Issey Miyake, Jean-Charles de Castelbajac, Michel Klein, Christiane Bailly, Fernando Sanchez, Adeline André, Thierry Mugler, Jean Paul Gaultier, Marc Held, Agnès Comar, etc.

En 1974, C. Mendès signe un contrat de licence mondiale avec Valentino pour la production de la ligne de prêt-à-porter de luxe, Valentino Boutique Ltd, puis en 1976, avec ChanelWWD, 31 mars 1977.

En 1978, Didier Grumbach cède ses participations dans C. MendèsWWD, 12 décembre 1977 et devient président et associé de l'entreprise Thierry Mugler.

De 1980 à 1985, dans le cadre de Paris Collections, Inc. (qu'il a fondé en 1967)WWD, 6 juin 1980, 16 septembre 1980- Dallas Morning News, 28 septembre 1983- WWD, 4 octobre 1983, 21 janvier 1985, il développe en Amérique du Nord les collections de Saint Laurent rive gauche, Valentino Boutique, Chanel Boutique (dont le contrat avec C.Mendès est rompu en 1981). Pendant cette période, il est également président de Yves Saint Laurent, Inc.

En 1985, Didier Grumbach regagne ParisWWD, 21 janvier 1985 et rejoint l'Institut Français de la Mode (IFM) dont il contribue, avec Pierre Bergé, à sa création. Il y occupe les fonctions de Responsable du département marketing, puis Directeur des Études en 1989 et Doyen du corps professoral en 1997Journal du Textile, 1986. Il est aussi le Président de l'École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, qu'il a contribué à agrandir. À la tête de la chambre syndicale, il a entre autres pour mission d'ouvrir le monde de la haute couture aux marques de prêt-à-porter, une cause qui lui tient à cœur.

En 1982, Thierry Mugler, Didier Grumbach et Michel Douard constituent un LMBO qui reprend le contrôle de la marque Thierry Mugler au groupe italien GinochiettiWWD, 21 janvier 1986.

En 1991, Didier Grumbach préside pendant un an les réunions de la commission Strauss-Kahn qui se tiennent au ministère de l'Industrie pour définir l'avenir de l'appellation « Haute Couture »DNR, 25 août 1991-WWD, 7 février 1992-Le Figaro, 21 octobre 1992- La Tribune, 20 octobre 1992. En 1992, Thierry Mugler est le premier « membre invité » dans le calendrier de la haute coutureLe Figaro, 31 juillet 1992 (J. Samet).

En 1993, Didier Grumbach publie Histoires de la Mode aux éditions du Seuil.

Actionnaire dès 1990 de Thierry Mugler Parfums via la holding Mugler Triumvirat à laquelle le couturier lui-même, le groupe Marceau Investissements et la banque Banexi sont aussi parties prenantesJournal du Textile, octobre 1990-Le Figaro, 8 octobre 1990, il revendra ses actions en 1997 au groupe ClarinsLibération, pages "économie", 17 juin 1997.

De 1997 à 2017, Didier Grumbach est le président de l'Association Villa Noailles qui organise le Festival international de mode et de photographie fondé par Jean-Pierre Blanc. Dans ce cadre, se tiennent depuis 2001 les Rencontres Internationales du textile et de la Mode.

En 1998, il devient le président de la Fédération française de la couture, du prêt-à-porter, des couturiers et des créateurs de mode.

Depuis 1999, Didier Grumbach est le président fondateur du fonds d'investissement aux jeunes marques Mode & Finance qui associe Deveaux, LV Capital, GFT, Natexis, la Caisse des Dépôts, le Défi et le groupe Méderic. D'abord géré par Caroline Joubin, directrice de Natexis, il est aujourd'hui conduit par Isabelle Ginestet de la Caisse des Dépôts.

En 2008, son livre Histoires de la mode est réédité par les Éditions du Regard, enrichi d'une postface et d'illustrations. Il est traduit et édité en Chine, au Brésil, en Corée, en Roumanie, au Japon, en Inde, aux États-Unis.

Il a aussi été l'un des deux collectionneurs participant à la Commission d'acquisition du fonds national d'art contemporain (FNAC) du Centre national des arts plastiques.

Président de la Fédération française de la couture (depuis 1998) en même temps que de la Chambre syndicale de la Haute couture, il en a précisé les missions. Sa dernière réélection, à l'unanimité, date du . Il quitte ses fonctions à la Fédération en 2014 et en devient le Président d'honneur.

De à il est président de la Société des amis du Musée national d’art moderne.

Influence L'influence de Didier Grumbach sur le monde de la mode tient à son parcours personnel et à ses fonctions de président de la Fédération. Cette influence ne concerne pas seulement la France, elle s'étend aussi à l'étranger où il représente ce secteur de l'économie française dans les événements - notamment les différentes fashion weeks - et les médiasTaipei Times, 14 janvier 2009Libération, 23 juin 2009.

De par son parcours professionnel, il a la pratique des différentes filières de la couture : haute couture, prêt-à-porter couture, confection, prêt-à-porter industriel. Il en connaît les règles de fonctionnement, les enjeux commerciaux, les nécessités économiques. Outre ce point de vue d'industriel, il reconnaît les impératifs particuliers de la création artistique. Son point de vue sur la couture est pragmatique :

Pragmatique, aussi, dans son souci de la diffusion en prêt-à-porter. Issu du milieu de la confection et ayant vécu la période où la haute couture était ébranlée par l'arrivée de celui-ci, il en a saisi l'importance dès le début des années soixante :

Enfin, en tant que président de la Fédération française de la couture, et de la Chambre syndicale de la haute couture, Didier Grumbach a disposé d'un poids déterminant. Par exemple, les dates des fashion weeks parisiennes, leur lieu, la liste des créateurs invités, celle des journalistes accrédités sont du ressort des organismes qu‘il préside. Il a été particulièrement présent dans l'adaptation de la mode aux nouvelles technologies :

Didier Grumbach est d'autre part membre du conseil d'administration de l'association nationale pour le développement des arts de la modeComposition du conseil d'administration Site de l'ANDAM créée en 1989 à l'initiative du ministère de la Culture pour promouvoir la jeune création.

Notes et références

Voir aussi Article connexe Léon Cligman Années 1970 en mode

Bibliographie

Liens externes

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