Didier Lallement, né le à Lyon (Rhône), est un haut fonctionnaire français.

Préfet, plusieurs fois en poste territorial, directeur de trois administrations centrales (les collectivités locales, l'administration pénitentiaire et l'aviation civile) et secrétaire général de deux ministères (Écologie et Intérieur), il est préfet de police de Paris de à . Il est secrétaire général de la mer du au .

Biographie Famille et formation Didier Lallement naît le dans le de Lyon. Son père est représentant de commerce et sa mère employée à La Samaritaine.

Il est diplômé de l'Institut supérieur de gestion et titulaire d'un DESS en administration et gestion des collectivités locales..

Il est divorcé et père de cinq enfants..

Engagement politique de jeunesse Ex-animateur des étudiants socialistes du CERES, il participe à la délégation que, par solidarité avec le mouvement sandiniste, la tendance chevènementiste du Parti socialiste envoie au Nicaragua révolutionnaire durant l'été .. Durant ses années d'études, il milite aussi à l'UNEF et à l'Union des Grandes Ecoles (UGE).

Après le CERES, il fréquente les francs-maçons du Grand Orient de France à Paris.

Carrière Sous-préfet Il commence sa carrière en comme chef de bureau à la mairie d'Épinay-sur-Seine. Il travaille au syndicat intercommunal d'Épinay-sur-Seine, où il est successivement secrétaire général adjoint puis secrétaire général jusqu'en ..

Entre et , il est chef de cabinet de Roger Bambuck, secrétaire d'État chargé de la Jeunesse et des Sports.. En , il devient conseiller technique au cabinet du secrétaire d'État aux Collectivités locales, Jean-Michel Baylet.. L'année suivante, il rejoint la préfecture de l'Essonne, où il est sous-préfet et directeur de cabinet du préfet..

En , il retourne au secrétariat d'État aux Collectivités locales, où il est chargé de mission puis directeur de cabinet de Jean-Pierre Sueur, secrétaire d'État chargé des Collectivités locales, avant de retrouver l'administration préfectorale comme secrétaire général de la préfecture de la Marne entre et . Il est ensuite chef du service de l'action régionale et rurale à la DATAR.

En , il est appelé comme conseiller technique au ministère de l'Intérieur, dans le cabinet de Jean-Pierre Chevènement., puis est nommé directeur général des Collectivités locales au sein du ministère. Occupant ces fonctions de à , il propose notamment au ministre l'accélération des regroupements intercommunaux, qui se traduira par la loi relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale du . Le , il est nommé parallèlement président du Conseil national des opérations funérairesArrêté du portant nomination au Conseil national des opérations funéraires, JORF, , , , NOR INTB9800022A..

Préfet de département En , il est nommé préfet de l'Aisne..

Un an plus tard, en , il devient directeur de l'Administration pénitentiaire..., fonction qu'il occupe jusqu'en . Sous l'autorité du garde des Sceaux de l'époque, Dominique Perben, Didier Lallement est à l'origine de la création du Bureau du renseignement pénitentiaire et des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ÉRIS).

En , il devient préfet de Saône-et-Loire., avant d'être nommé en directeur du cabinet de Dominique Perben, devenu ministre des Transports, de l'Équipement, du Tourisme et de la Mer (en , fonctions assurées par le ministre de l'Écologie, hormis celle du tourisme). À l'Équipement, il contribue à la suppression de la Direction des routes et à la fusion du corps des ingénieurs des ponts et chaussées et de celui du génie rural, des eaux et forêts, cette dernière effective en .

Il est ensuite quelques mois directeur général de l'Aviation civile et commissaire du Gouvernement auprès de la société Aéroports de Paris en .

Secrétaire général du ministère de l'Écologie entre Décret du portant nomination à l'administration - (Didier), JORF, , , texte , NOR DEVC0766443D.Décret du portant nomination du secrétaire général du ministère et du commissaire général aux transports - (Didier), JORF, , , texte , NOR DEVK0814393D. et sous Jean-Louis Borloo, il met en œuvre la nouvelle organisation des services administratifs. Entre et , il est aussi haut fonctionnaire de défense et de sécurité auprès du ministreDécret du portant nomination du commissaire aux transports et aux travaux publics et de bâtiment - (Didier), JORF, , , texte , NOR DEVK0900665D..

Préfet de région De à , il est préfet de la région Basse-Normandie, préfet du Calvados.. Il est ensuite, entre et , secrétaire général du ministère de l'Intérieur et haut fonctionnaire de défense. Pendant cette période, il met notamment en place, dans les zones de défense, les secrétariats généraux pour l'administration du ministère de l'Intérieur (SGAMI), qui visent à mutualiser les fonctions support de la Police nationale et de la Gendarmerie.

En , il devient conseiller maître à la Cour des comptes, et préside jusqu'en la troisième section de la deuxième chambre, compétente sur les sujets d'énergie, de commerce et d'artisanat.. Il est par ailleurs commissaire du Gouvernement auprès de la fondation du musée Clemenceau et membre du conseil d'administration de l'Institut français des relations internationales..

À l'été , il ambitionne le poste de préfet de police de Paris, libéré par le départ à la retraite de Bernard Boucault, mais celui-ci est remplacé par Michel Cadot. Après la victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle de , le prestigieux poste à la tête de la préfecture de police lui échappe à nouveau, Michel Delpuech succédant en à Michel Cadot rendu indisponible à la suite de son accident de vélo.

Le , il est nommé préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde. en poste à Bordeaux, en remplacement de Pierre Dartout.. Il entre en fonction le .. Auparavant, Alain Juppé, maire de Bordeaux, avait été rassuré par Dominique Perben, alarmé sur l'image détestable précédant cet homme « à poigne ».

Préfet de police de Paris Le , Didier Lallement est finalement nommé préfet de police de Paris, succédant à Michel Delpuech, limogé en raison de sa gestion des manifestations pendant le mouvement des Gilets jaunes.. Il prend ses fonctions le lendemain.

Le Monde indique qu'il doit sa nomination à Dominique Perben, qui aurait directement proposé son nom à Emmanuel Macron après le regain de violence de l' des Gilets jaunes à Paris. Il est décrit par son entourage professionnel comme un et autoritaire, choisi par le gouvernement pour .. En effet, dès sa nomination, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lui demande publiquement de ne pas lésiner sur les moyens lors des prochaines manifestations à Paris :

Dès sa prise de fonction, il crée les brigades de répression de l'action violente motorisées (BRAV-M). Ces unités, et plus largement les préconisations du préfet en matière de maintien de l'ordre, figurent comme exemple à suivre dans le schéma national du maintien de l'ordre publié en par le ministère de l'Intérieur...

Sa relation avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, est d'abord difficile en raison d'une gestion peu concertée des manifestations des Gilets jaunes et de la gestion du campement de réfugiés installé porte de la Chapelle, avant qu'elle ne se s'améliore après l'attentat de la préfecture de police de Paris..

Didier Lallement quitte ses fonctions le . Il déclare, dans un courrier adressé aux agents de la préfecture de police, partir avec . Il lègue sa casquette d'uniforme au musée de la préfecture de police. Laurent Nuñez lui succède..

Secrétaire général de la Mer Le , il est nommé secrétaire général de la Mer, à compter du .. En parallèle, Capitaine de vaisseau réserviste au sein de la réserve opérationnelle, il exerce des fonctions à l'Etat-Major de la Marine.

Il est promu au rang de Grand-Officier de l'Ordre national du Mérite, le 7 juin 2024.

Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite le Décret du portant cessation de fonctions et nomination par intérim du secrétaire général de la mer, JORF, , , texte , NOR PRMX2500074D..

Controverses vignette|Panneaux contre Didier Lallement lors de la manifestation contre la loi « Sécurité globale » le à Paris.

Irrégularité d'attribution de marché En , un audit de la Société du Grand Paris (SGP) révèle des irrégularités dans les conditions d'attribution des marchés publics, alors que si Didier Lallement a exercé les fonctions de président de la Commission d'examen des offres (CEO) de la Société du Grand Paris, il ne l'était pas pendant la période au cours de laquelle ces irrégularités ont été relevées. Pour la Cour des comptes,

Maintien de l'ordre pendant la crise des Gilets jaunes (Bordeaux)

Le , le député La France insoumise de la Gironde, Loïc Prud'homme, dit avoir été matraqué par la police lors d'une manifestation des Gilets jaunes à Bordeaux. Didier Lallement apporte son soutien aux forces de l'ordre : . À la suite de cet incident, La France insoumise lance une pétition pour demander sa démission..

Fin , un rapport de l'Observatoire girondin des libertés publiques (qui regroupe différentes associations, telles que la Ligue des droits de l'homme, le Syndicat des avocats de France, Médecins du monde ou Greenpeace), qualifie de les stratégies de maintien de l'ordre de Didier Lallement à l'égard des manifestations, dont celles des Gilets jaunes, lorsqu'il était préfet de Gironde. Le rapport. dénonce notamment l'usage de sommations , la mise en place de pelotons voltigeurs à motos (dissous en après l'affaire Malik Oussekine), ainsi que l'usage jugé abusif des nasses, ce qui aurait entraîné des traitements dégradants et des problèmes de santé chez certains manifestants..

En , à la fin du premier anniversaire du déclenchement du mouvement, il est critiqué pour avoir répondu à une militante Gilet jaune . Certains l'interprètent comme un manquement à son devoir de réserve ou de neutralité républicaine, comme une volonté de diviser le pays portant ainsi atteinte à l'intérêt général, et de discréditer les Gilets jaunes en les confondant avec les casseurs. La préfecture de police rétorque que Didier Lallement parlait du ....

En , Mediapart évoque plusieurs notes émises par des et , critiquant les ordres donnés par Didier Lallement dans le cadre du maintien de l'ordre à Paris...

Violences lors d'une manifestation féministe Le , à l'occasion de la journée des droits des femmes, la police réprime à Paris une marche féministe. Les violences sont dénoncées non seulement par les féministes et des personnalités politiques de gauche, mais aussi dans son propre camp par des élus de droite et des membres de LREM. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner demande un rapport à la Préfecture de police, Marlène Schiappa désapprouve dans un tweet , et le député LREM Aurélien Taché affirme son soutien aux manifestants sur Twitter tout en demandant que le rapport soit . Le sénateur de Paris Philippe Dominati (LR), émet des doutes sur la doctrine du maintien de l'ordre de Didier Lallement.. Celui-ci argue que et que ..

Crise de la Covid-19

Propos sur les patients hospitalisés Dans la matinée du , Didier Lallement est interrogé en direct sur BFM TV depuis la Porte d'Orléans, dans le cadre des contrôles routiers pour le respect du confinement.. Il commence par demander aux Parisiens de respecter les règles du confinement et indique que ceux qui y contreviendraient seraient sanctionnés ; il déclare ensuite :

Une polémique se développe en réaction à ces propos.. De nombreuses voix, dans la sphère politique mais aussi parmi les médecins, appellent à sa démission.... Quelques heures plus tard, la préfecture de police de Paris publie un communiqué dans lequel le préfet ses propos et indique que .