Guénin est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Géographie

Ce territoire, limité au nord par Pluméliau, à l'est par Évellys et Plumelin, au sud par La Chapelle-Neuve et Baud, et à l'ouest par Saint-Barthélemy, est traversé du nord au sud par le cours sinueux de l'Ével, affluent de rive gauche du Blavet. Sa superficie est de , dont un tiers environ est en culture, un tiers en landes, et le reste en prés et en bois.

Le Manéguen (la "Montagne blanche") est un massif granitique dont les deux sommets culminent à 155 mètres et dominent les prairies vallonnées qui l'entourent et qui sont constituées de schistes briovériens. Sa singularité géologique lui vaut une réputation de mystère et de nombreuses légendes ont trait à ce site ; une christianisation s'est produite par la suite, chacun de ses deux sommets portant une chapelle. Un pardon encore très suivi se déroule chaque année au mois de juilletSerj Le Maléfan, "Granites de Bretagne", Coop Breizh, 2013, ..

Communes limitrophes vignette|left|Carte de Guénin et des communes avoisinantes.

L'étroit et long appendice méridional de la commune, qui rattache à Guénin le hameau de Kerdélis, isole presque la partie orientale du finage de Baud du reste du territoire communal de cette localité.

Description

La partie centrale du finage communal, traversée par l'Ével (qui dessine plusieurs méandres, certains accentués), est vallonnée et dominée par les collines de Tosten Justice (qui culmine à 144 mètres d'altitude) et du Maneguen (155 mètres d'altitude). Deux affluents de l'Ével limitent la commune : le ruisseau de Téléné au sud-est et le ruisseau du Frémeur ; une partie de la limite orientale est marquée par le ruisseau de Kermorvan, dit aussi de Kerdualic. Le point le plus bas du territoire communal (32 mètres) est à son extrême sud, là où l'Ével quitte la commune, en aval du pont et du moulin de Kerdéhel. Le bourg, en position relativement centrale au sein de la commune, est vers 80 mètres d'altitude. L'étang de Guénin est un étang communal. : un sentier piétonnier en fait le tour ; c'est un lieu de pêche et de loisirs fréquenté l'été par les habitants de la région..

Guénin présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux (villages) et fermes isolées. La commune, éloignée des grands centres urbains, n'est pas concernée par la rurbanisation ; quelques lotissements se sont toutefois construits aux alentours du bourg.

La commune est traversée par la voie express RN 24 allant de Rennes à Lorient et desservie par les échangeurs de Bonvallon côté est et de Grand-Golher plus à l'ouest, via la D 179 qui traverse le bourg de Guénin ; la D 768 (ancienne RN 168), partiellement elle aussi à 4 voies de circulation, part également de cet échangeur proche de Baud en direction de Pontivy en traversant la partie occidentale de la commune.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Evel, le Frémeur, le Kernars, le ruisseau de Tallené et divers autres petits cours d'eau..

L'Ével, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Réguiny et se jette dans le Blavet à Quistinic, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Ével sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 723 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/02/1964 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bignan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Guénin est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Baud, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu2,0 %57Zones industrielles ou commerciales et installations techniques0,6 %18Terres arables hors périmètres d'irrigation63,8 %1842Prairies et autres surfaces toujours en herbe8,1 %223Systèmes culturaux et parcellaires complexes11,6 %336Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants3,2 %92Forêts de feuillus6,9 %199Forêts mélangées2,8 %80Landes et broussailles1,0 %30Source : Corine Land Cover.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Guinin en 1387, Guignin en 1422, Guynin en 1482, Guinin en 1516, Guiny en 1630.

Il est formé sur un unique anthroponyme

Le nom breton de la commune est Gwennin.

Microtoponymie Sur cette commune, se trouve le site de Ménez Gwenn ou Mané Gwenn, « la montagne blanche, sacrée, sainte ».

Le toponyme Tosten Justice, qui correspond à la colline la plus élevée de Guénin, s'explique par les piliers de justice qui s'y trouvaient sous l'Ancien Régime.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Au sommet de la colline de Manéguen, la "pierre du sacrifice", creusée de petits bassins, pourrait être un ancien autel druidique, aménagé pour des rituels. On raconte des personnes étaient offertes en sacrifice à la divinité du lieu. Des vieillards venaient également ici pour finir leurs jours ici selon une croyance locale..

La voie romaine allant de Darioritum (Vannes) à Vorgium (Carhaix) traversait la commune (borne milliaire de Dosten) ; Locmiquel est un site gallo-romain : on y a trouvé de nombreux fragments de briques romaines, ainsi qu'à Keralbaud ; des restes de fortifications à Kerival correspondent probablement à un camp romain..

Moyen-Âge Guénin est un démembrement de l'ancienne paroisse de Baud. On trouve à Guénin un lieu-dit Lenvaud qui, semble attester l'appartenance primitive de Guénin à Baud. La paroisse de Guénin faisait autrefois partie du doyenné de Porhoët et de la vicomté de Rohan.

Une légende raconte qu'en l'an 1300 la colline du Manéguen fut illuminée d'une exceptionnelle blancheur durant plusieurs jours et plusieurs nuits ; son nom en proviendrait ("Montagne blanche" en français).

En 1380 le manoir de Thevenel appartenait à Alain de Thevenel..

Jean de Tenuel fit construire au le manoir de Tenuel ; la seigneurie de Tenuel était alors la plus importante de la paroisse.. Parmi les autres nobles du dont l'histoire a retenu les noms, Pezron le Pozrou du village de Téléné, et Guillaume des Portes.

Selon un aveu de 1471, Guénin était au sein de la Vicomté de Rohan, une des 46 paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan..

Temps modernes

En 1742 la famille Martel, qui possédait alors la seigneurie de Teruel, fit reconstruire le manoir. Comme ils étaient seigneurs prééminenciers de la paroisse, ils participèrent largement à la reconstruction de l'église paroissiale comme l'atteste le blason situé sur sa façade.

La paroisse de Guénin était divisée en 6 frairies, celles du bourg, du Manéguen, de Téléné, de la Haye, de la Rivière et de la Lande ; deux chapellenies y existaient..

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Guénin en 1778 :

Révolution française

Pierre Guillerme, recteur de Guénin depuis 1787, refusa de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé ; il dut s'exiler en Espagne, où il resta jusqu'au Concordat ; les biens du presbytère furent vendus comme biens nationaux. Plusieurs paroissiens de Guénin participèrent à la Chouannerie.

Émile Sageret écrit que vers 1798 « depuis Pontivy jusqu'à Locminé, tous les jeunes gens étaient aux chouans, disait-on, sauf à Noyal-Pontivy où les royalistes ne comptaient encore aucune recrue et au Moustoir-Remungol où il n'y en avait que deux »..

Le Guénin décrit en 1843

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Guénin en 1843 :

Légende du mel beniguet (« marteau béni ») vignette|left|Le mel beniguet de la chapelle Saint-Meldéoc de Locmeltro