Guer (Gwern-Porc'hoed en breton) est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Géographie Situation La commune de Guer comprend quatre parties : Guer-Coëtquidan, Saint-Raoul, La Telhaie et Bellevue-Coëtquidan où l'on trouve les écoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan, situées à cheval sur la commune voisine de Saint-Malo-de-Beignon.

Guer est limitrophe de la forêt de Paimpont, souvent identifiée comme la mythique forêt de Brocéliande, liée à la légende arthurienne. Guer fait partie historiquement du pays de Porhoët.

Communes limitrophes vignette|gauche|Carte de Guer et des communes avoisinantes.

Le finage de Guer a la forme d'un rectangle dont la longueur est selon un axe nord-sud, ce qui explique la création de sections et de paroisses séparées de celles du bourg : Saint-Raoul au nord et la Telhaie au sud.

Relief et hydrographie Le territoire de Guer est assez accidenté : la partie la plus haute, qui atteint jusqu'à , est située dans l'angle nord-ouest de la commune, à sa limite avec Saint-Malo-de-Beignon et fait partie du camp de Coëtquidan. Le point le plus bas () est à l'opposé, dans l'angle sud-est de la commune, dans la vallée de l'Aff, à l'endroit oú cette rivière quitte la commune. Mais l'intérieur de la commune est parsemé de buttes (la butte du Dran est à et domine la partie centrale de la commune, dont le bourg qui est vers une cinquantaine de mètres d'altitude ; au sud de la commune la butte de la Telhaie atteint et au nord celle de Saint-Raoul atteint ; celle de la Motte n'atteint que , mais domine la région avoisinante).

Guer est limité à l'est par l'Aff, qui sépare son territoire de ceux de Plélan-le-Grand, Loutehel, Maure-de-Bretagne (désormais Val d'Anast), Les Brulais et Comblessac ; ce cours d'eau sert aussi de limite départementale entre le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine..

Plusieurs affluents de rive droite de l'Aff traversent le finage de Guer, le plus important étant l'Oyon, qui traverse la partie centrale de la commune, passant au sud-ouest du bourg ; le Ruisseau de Saint-Nicolas rejoint l'Aff un peu plus en aval que l'Oyon et traverse la partie méridionale de la commune. Le Ruisseau de Saint-Malo, un autre affluent de l'Aff, sert de limite communale au nord, séparant Guer de Saint-Malo-de-Beignon.

Dans le détail, elle est drainée par l'Aff, l'Oyon, le Saint-Malo, le ruisseau de Saint-nicolas, le ruisseau de Carafor, le ruisseau de la Fléchaie, le ruisseau de la Gouie, le ruisseau du Minerai de coëtquidan, le ruisseau du Pont de bas, le Vau Marqué et divers autres petits cours d'eau..

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : les étangs de Carafor, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploërmel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Transports La RN 24 (axe routier Rennes-Lorient), aménagée en voie express, ouvre en 1994, remplaçant l'ancien tracé de cette route nationale, qui passait par Beignon et Campénéac. Guer est relié à cette voie express, via la D 773 par l'échangeur de Val Coric, ce qui a permis la création de la zone d'activités de Val Coric Est.

Guer est aussi desservi par les anciennes Route nationale 772 (de Ploërmel à Chäteaubriant) et Route nationale 773, désormais déclassées en routes départementales (RD 773 et RD 773).

La voie verte reprend le tracé de l'ancienne voie ferrée dont les rails ont été enlevés dans la décennie 1990.

Paysages et habitat Guer présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux ("villages") et fermes isolées.

Selon l'abbé Le Claire dans son ouvrage publié en 1915, les principaux villages de la paroisse étaient : la Bardoulais, le Boucher, la Boulais, la Bruyère, la Chaussée (en partie en Carentoir), Le Clos-Arraud, Les Cormiers, Couenuel, le Hanlée, Larmelais, Léteneuc, Les Moustiers, la Peignardais, le Prado, la Ruézie, Saint-Étienne, Saint-Marc, Saint-Nicolas, Tellian, le Tertre-Bréchépy, Tessiac, la Touche-Buis, Tréveneuc, le Valescan, la Vallée-Perrot, la Ville-Boscher (et en plus ceux de la trève de Monteneuf)..

De nos jours les principaux écarts sont : Bellevue-Coëtquidan : ce quartier s'est beaucoup urbanisé depuis l'implantation du camp de Coëtquidan et l'arrivée en 1945 des Écoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan. La HoussayePol Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, t.II, 1890, : Laillé (de), (Sceau de 1404). La Telhaie Saint-Raoul

Urbanisme Typologie Au , Guer est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de GuerUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Guer, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols

Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu8,9 %462Zones industrielles ou commerciales et installations publiques1,8 %96Équipements sportifs et de loisirs0,05 %3Terres arables hors périmètres d'irrigation32,5 %1690Prairies et autres surfaces toujours en herbe6,3 %327Systèmes culturaux et parcellaires complexes30,4 %1581Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants2,4 %124Forêts de feuillus3,6 %189Forêts de conifères8,8 %457Forêts mélangées5,3 %274Source : Corine Land Cover.

Toponymie La localité est attestée sous les formes anciennes Wern en 836., Guer en 1122, Guern, Guer et GernErnest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume 2, . en 1124, Guer en 1187, Guer en 1426, Guer en 1426, en 1427, en 1442, en 1444, en 1480, en 1513, en 1514, Guerne en 1709., Guer en 1739, en 1815 et vers 1850.

Le toponyme Guer est issu du mot breton , lui-même issu du mot gaulois verno signifiant « aulnes ». En breton, gwern peut également signifier « marais ». Cependant, l'un des sens n'exclut pas l'autre, l'aulne étant un arbre qui aime beaucoup l'humidité et est fréquemment présent au bord des marais..

Même si le secteur de Guer est acquis au bilinguisme breton-français dès le , le passage de l'initiale // vers // dans les formes anciennes atteste de l’usage du breton dans la région.. Ce nom de lieu a par la suite perdu son -n final dans la forme administrative qui devient Guer..

En breton, la forme actuelle est , d'après les attestations du nom dans la production écrite en langue bretonne ces dernières décennies. Celle-ci est aussi la forme donnée en breton dans l'ouvrage sur noms de lieux bretons d'Hervé Abalain., le site des archives départementales du Morbihan., le site Infobretagne, consacré à l'histoire et au patrimoine des communes de Bretagne., le site historique et patrimonial consacré au Pays de Guer-Coëtquidan., le portail géographique et cartographique de Bretagne Geobreizh., la fédération régionale des troupes de théatres en breton C'hoariva., l'émission de France 3 Bretagne Bali Breizh..

est aussi la forme normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne.

Porc'hoed à la suite de Gwern permet de différencier la localité de Guern, autre commune du Morbihan, dont la forme en breton est simplement Gwern.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 33,8 % des toponymes de la commune sont de langue bretonne..

Deux prononciations locales du toponyme ont été rapportées sous les formes « Guè » et « Djèr » en 1954 par Henri-François Buffet.. Elles sont reprises et présentées par Erwan Vallerie comme des formes gallèses en 1995.

Histoire

Préhistoire

Le pays de Guer-Coëtquidan connut sa première occupation humaine à l’Âge de pierre : de nombreux mégalithes en témoignent encore, principalement au lieu-dit “les Pierres droites”, sur les hauteurs de Monteneuf.

Antiquité

Le territoire actuel de Guer était traversée par une voie romaine (qui allait de Rennes (Condate Riedonum) et Juliomagus (Angers) à Carhaix (Vorgium), dénommée au Haut Moyen-Âge "chaussée d'Ahès", et encore au début du "la Roanne" (déformation de "la Romaine") qui venait de Carentoir et se dirigeait vers Caro, via Guer et Monteneuf. Un autre chemin romain reliait le camp de Saint-Étienne à celui des Portes en traversant la lande dite de Saint-Méen, longeant la route actuelle de Guer à Monteneuf..

Des tegulae nombreuses ont été trouvées dans l'ancien camp romain situé au-dessus du hameau de Saint-Étienne (le prieuré Saint-Étienne fut fondé en 1140 à l'emplacement de l'ancien camp romain). Le camp des Portes se trouve à environ de Monteneuf. Le village de Saint-Raoul a été construit à l'emplacement d'un établissement romain..

Trois sépultures datant du Bas-Empire romain ont été trouvées en 1968 à l'Hérupée en Guer .. Le matériel funéraire retrouvé dans ces tombes, comprenant de l'armement de style germanique et une monnaie datée de la fin du , a été associé à la présence de Lètes francs dans la région de Rennes par André Chédeville et Patrick Galliou.

Moyen Âge

Hagiographie