L’histoire de l'armée de terre australienne décrit les événements ayant affecté l'armée de terre de l'Australie depuis le retrait des forces militaires britanniques en 1870.

Les deux armées : la Milice et les forces permanentes (1870-1947) Pendant les 80 ans qui ont suivi la première implantation d'une colonie britannique en Australie, les seuls soldats professionnels en Australie furent des membres d'unités de l'Armée britannique.

Le premier conflit dans lequel un grand nombre de soldats nés en Australie ont combattu outre-mer a été les guerres maories entre 1863 et 1872, bien que la quasi-totalité des 2 500 hommes aient servi dans les unités coloniales néo-zélandaises ou même plus simplement dans l'armée britannique.

Lorsque les unités britanniques ont été retirés en 1870, les six colonies australiennes avaient déjà leurs propres unités de réserve, des volontaires employés à temps partiel, connues sous le nom de milice ou de « volontaires » (volunteers). Les gouvernements coloniaux ont commencé à former des unités d'artillerie professionnelles pour servir dans les batteries côtières. À partir de 1877, des officiers britanniques furent envoyés pour conseiller les colonies sur les questions de défense et, au début des années 1880, la première conférence inter-coloniale de défense fut organisée.

Au cours de l'année 1885, le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud envoya un bataillon d'infanterie, d'artillerie et des unités d'appui pour la courte campagne britannique au Soudan.

Au cours de la dépression économique du début des années 1890, les grandes grèves dans les diverses colonies ont obligé les gouvernements à mobiliser et à menacer de recourir à la milice contre les grévistes. Ces décisions ont été très impopulaires et ont conduit au succès historiquement important des campagnes contre la formation de forces régulières. Un système « à deux armées » fut créé, avec des unités d'infanterie qui formeraient la milice, alors que l'artillerie et les autres unités de soutien restaient dans les forces armées permanentes.

Comme la création du Commonwealth d'Australie approchait, le les unités d'artillerie furent fusionnées pour former la première unité de l'armée fédérale australienne.

Guerre des Boers (1899-1902) Avant la création du Commonwealth d'Australie et la formation d'une armée nationale, les six gouvernements coloniaux australiens, autonomes et indépendants, envoyèrent des contingents en Afrique du Sud pour servir dans la deuxième guerre des Boers.

Le Queensland, le premier proposa, en , quelques mois avant la déclaration de guerre de fournir un détachement de 250 hommes pour soutenir la Grande-Bretagne dans une guerre qu'il sentait imminente. En parallèle, le gouvernement britannique demanda aux gouvernements de Nouvelle-Galles du Sud et du Victoria d'envoyer des soldats en Afrique du Sud.

Les premiers soldats à partir furent ceux de Nouvelle-Galles du Sud qui arrivèrent en Afrique en . Un autre détachement, parti d'Australie en et connu comme le Australian Regiment, fut une unité d'infanterie, composée principalement de volontaires des colonies du Victoria, Tasmanie, Australie-Méridionale et Australie-Occidentale, qui a arriva sur un seul navire au Cap en . En raison de la façon dont la guerre devait se dérouler, ces troupes furent converties de l'infanterie en infanterie montée, troupes se déplaçant à cheval mais combattant à pied.

Devant la forte résistance des forces Boers, les britanniques furent conduits à recruter davantage dans les colonies australiennes. Connus sous le nom de Bushmen, ces soldats étaient généralement des bénévoles très compétents en équitation et au tir mais sans expérience militaire. Après la création de la Fédération australienne, le , huit nouveaux bataillons montés australiens furent envoyés.

Bon nombre d'unités australiennes ont eu une courte période de service et certaines ont fait l'objet de restructuration. Les unités australiennes furent souvent incorporées dans des unités multinationales, telles que la Bushveldt Carbineers, dans laquelle servirent Harry "Breaker" Morant et Peter Hancock avant de passer en cour martiale et d'être fusillés pour crimes de guerre.

Les unités australiennes servirent dans des actions remarquables comme les batailles de Sunnyside, Slingersfontein, Rose Hill, les sièges de l'Eland's River, Rhenosterkop et Haartebeestefontein. Les Australiens participèrent à la prise de Johannesburg et pénétrèrent les premiers dans Pretoria. Plus tard, les 11 et , ils participèrent à la bataille de Diamond Hill.

En tout, 16 175 Australiens, avec 16 314 chevaux, servirent dans la guerre des Boers; 251 furent tués au combat, 267 sont morts pour d'autres raisons et 43 ont été portés disparus en action. Six croix de Victoria ont été attribuées à des membres des contingents australiens. Beaucoup d'Australiens ne prolongèrent pas leur service armé, un certain nombre restèrent après la guerre et s'installèrent dans le pays, tandis que d'autres, après être retournés en Australie, revinrent en Afrique du Sud.

1901-1914

Pendant que la guerre des Boers faisait rage, le Commonwealth d'Australie fut créé le . Le , répartis en de métier, 18 603 miliciens payés et 8 863 bénévoles, furent transférés à la nouvelle armée australienne. Toutefois, les unités ont continué d'être administrées individuellement selon les différentes anciennes lois coloniales. Le général britannique Sir Edward Hutton, ancien commandant des forces militaires de Nouvelle-Galles du Sud, devint le premier commandant des Forces du Commonwealth le et se mit au travail pour élaborer un statut intégré pour la nouvelle armée.

La Loi sur la défense de 1903 (Defence Act of 1903) regroupa toutes les unités soue le même système de lois. Ce système interdisait d'augmenter les effectifs de l'infanterie et précisait que les milices ne pouvaient pas être utilisées dans les conflits syndicaux ni servir en dehors de l'Australie. La grande majorité des soldats restèrent dans les unités de la milice, maintenant connue sous le nom de Citizen Military Forces (Forces armées des citoyens) ou CMF.

En 1911, deux modifications importantes furent apportées à la loi à la suite d'un rapport de Lord Kitchener : la création du collège militaire royal de Duntroon et la mise en route d'un système de service national universel obligatoire: les garçons de 12 à 18 ans devenaient des cadets, et les hommes âgés de 18 à 26 devaient servir dans les CMF.

Première Guerre mondiale vignette|37-52 Soldats du bataillon traversant une rivière en Nouvelle-Bretagne. Lorsque le Royaume-Uni déclara la guerre à l'Allemagne au début de la Première Guerre mondiale, le gouvernement australien suivit sans hésitation. Cette décision était attendue par la population australienne, en raison, à l'époque, du très grand nombre de citoyens australiens nés là-bas ou de citoyens de première génération anglo-australiens. À la fin de la guerre, près de 20 % de des membres des forces australiennes étaient nés au Royaume-Uni, même si presque tous s'étaient engagés comme Australiens en Australie.

Parce que les milices existantes n'avaient pas le droit de servir outre-mer, un groupement expéditionnaire de volontaires, l'Australian Imperial Force (AIF) fut créé à partir du . Le gouvernement australien s'engagea à fournir , partagés entre une division d'infanterie, une brigade de cavalerie et des unités de soutien. Le premier commandant de l'AIF fut le général William Bridges, qui prit également le commandement de la division d'infanterie.

Toutefois, la première cible d'action pour l'Australie se trouva à proximité du pays; ce fut de s'emparer des avant-postes coloniaux allemands dans le Sud-Ouest du Pacifique et en Nouvelle-Guinée. Une force de fut réunie à cette fin. Connu sous le nom de Force expéditionnaire navale et terrestre australienne (Australian Naval and Military Expeditionary Force (AN&MEF (AN & MEF)), elle débarqua en Nouvelle-Guinée près de Rabaul le et après quelques combats, la garnison allemande capitula le .

Partie d'Australie-Occidentale le , l'AIF fut d'abord envoyée en Égypte sous contrôle britannique à l'époque pour anticiper toute attaque de l'Empire ottoman et en vue d'ouvrir un nouveau front contre les puissances centrales. L'AIF disposait de quatre brigades d'infanterie. Les trois premières composaient la division. La brigade rejoignit la seule brigade d'infanterie de Nouvelle-Zélande pour former la division de Nouvelle-Zélande et d'Australie.

Le corps d'armée combiné d'Australie et de Nouvelle-Zélande (Australian and New Zealand Army Corps (ANZAC Corps)) formé au départ des deux divisions précédentes et commandé par le général britannique William Birdwood, entra en action lorsque les forces alliées débarquées sur la péninsule de Gallipoli, le (maintenant commémoré comme l'Anzac Day). La bataille de Gallipoli dura huit mois et fut un échec sanglant. À la fin de la campagne, les Australiens avaient eu et ou malades. Le contingent initial avait continué de croître avec l'arrivée de la division australienne qui avait été formée en Égypte avant de se rendre à Gallipoli, en août.

Après le retrait de Gallipoli, l'infanterie connut une expansion importante avec les deux premières divisions qui furent divisées en deux pour créer deux autres divisions (les et ). La division formée en Australie fut envoyée en France. Les brigades de cavalerie servirent dans l'infanterie à Gallipoli. En 1916, elles récupérèrent leurs chevaux et formèrent les divisions de cavalerie en Égypte avant d'aller combattre les forces turques dans le Sinaï et en Palestine. L'Australie a également fourni la majorité des troupes de la nouvelle brigade impériale de chamellerie.

La première division australienne à faire le baptême du feu sur le front occidental fut la division qui fut jetée sans préparation dans la futile bataille de Fromelles, une mesure de diversion de la bataille de la Somme qui coûta à la division pour rien. Les , et comme l'Anzac Corps, participèrent à la bataille de Pozières et la bataille de la ferme du Mouquet au cours de la bataille de la Somme. En Égypte, la brigade de cavalerie aida à repousser la tentative turque de capture du canal de Suez lors de la bataille de Romani.

Au cours de l'année 1917, les cinq divisions combattirent en France dans trois offensives alliées: la bataille de Bullecourt (qui fit partie de la bataille d'Arras), la bataille de Messines et de la troisième bataille d'Ypres. Pendant ce temps, la cavalerie australienne était entrée au sud de la Palestine. Après deux tentatives pour briser la défense turque de la bande de Gaza, la victoire décisive vint lors de la troisième bataille de Gaza au cours de laquelle les Australiens prirent la ville de Beersheba dans une dramatique charge de cavalerie. À la fin de l'année, les forces britanniques avaient capturé Jérusalem.

L'offensive allemande du printemps 1918 éclata par l'assaut des lignes britanniques au sud de la Somme. Les Australiens furent appelés pour mettre fin à l'avance allemande de l'est d'Amiens au cours de la bataille de Villers-Bretonneux. Dans le cadre des préparatifs pour les contre-offensives britanniques, le corps d'armée australien nouvellement formé commandé par le général John Monash, combattit à la bataille du Hamel, largement considérée comme la meilleure mise en œuvre de la stratégie militaire sur le front occidental. La dernière offensive alliée commença avec la bataille d'Amiens, le , et les divisions australiennes avec le corps d'armée canadien, furent le fer de lance de l'avance au sud de la Somme. Fin septembre, les divisions australiennes étaient gravement diminuées, avec seulement les et (reconstruite) divisions jugées aptes à continuer l'action. Le , le corps australien fut mis au repos et ne reprit pas les combats jusqu'à la fin de la guerre.