vignette|Armoiries de Marseille. L'histoire de Marseille retrace les de la cité depuis sa fondation.

Bien que son site soit occupé dès les temps préhistoriques comme en témoigne la grotte Cosquer, la ville est fondée en 600 par des colons grecs venus de Phocée. Elle deviendra la principale cité grecque de la Méditerranée occidentale et principale porte de communication entre les civilisations grecque et gauloise.

Romaine après sa conquête par Jules César en 49 , éclipsée par Arles, elle reprend peu à peu son rang et devient après les conquêtes des Wisigoths puis des Francs jusqu'au , l'une des places majeures de l’Église romaine dans le sud-est de la France grâce à l'influence de l'abbaye de Saint-Victor fondée par Jean Cassien.

Au Moyen Âge, Marseille décline et subit la peste noire et des temps troublés qui s'achèvent au , alors que la ville et le duché de Provence deviennent possession française, d'où un rôle nouveau dans l'affirmation de la puissance royale. Principal port français de Méditerranée, elle est assiégée deux fois pendant les guerres d'Italie mais l'entente avec l'Empire ottoman lui permet d'occuper une place prépondérante dans le commerce des Échelles du Levant.

Acquise à la Révolution dans sa première phase, Marseille se révolte contre le pouvoir jacobin en 1793 et se montre réfractaire à celui de Napoléon dont les guerres continuelles pénalisent son commerce.

La ville connaît une très forte expansion au avec le développement industriel et commercial en lien avec l’importance croissante de l'empire colonial français. Après les destructions durant la Seconde Guerre mondiale et la fin de l'empire français, Marseille se relève pour retrouver, à la fin du , une situation plus favorable. Terre d'immigration, surtout italienne jusqu'au milieu du , elle reste une cité cosmopolite où les tensions sociales accompagnent la diversité culturelle.

Avant la fondation de Massalia

Occupation préhistorique L'espace côtier de Marseille est occupé au Paléolithique supérieur par les humains ainsi qu'en témoigne la découverte en 1991 de la grotte Cosquer, dans l'une des calanques de Marseille, à environ six kilomètres au sud de l'actuel site de la ville. L'occupation de ce qui pourrait être, selon Jean Clottes, un « sanctuaire » a eu lieu à deux périodes : vers et de avant le présent, comme l'atteste la datation des peintures pariétales.

Pour la période plus récente, des fouilles ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique qui remonte à , près de la gare Saint-Charles. D'autres vestiges ont été découverts dans les grottes de L'Estaque, comme dans celle du quartier Les Riaux où furent retrouvés un foyer et des poteries mésolithiques en terre noire.

Ligures vignette|upright=1|Implantation des Ségobriges et des Salyens au

Au dernier millénaire avant notre ère, la région était occupée par les Ligures, peuple autochtone qui pourrait avoir connu des invasions celtes. De même, les habitants de cette côte purent entrer en contact avec des commerçants phéniciens, étrusques notamment, mais aussi ibèresDominique Garcia, Les Celtes de Gaule méditerranéenne, définition et caractérisation () dans . Aux alentours du site de Marseille, dominait un peuple celto-ligure, les Salyens, dont l'oppidum était Entremont, près de l'actuelle Aix-en-Provence.

D'après les auteurs anciens, le terroir marseillais aurait été occupé par une tribu celto-ligure, celle des Ségobriges, qui se serait implantée dans les collines autour du site de Marseille, les contreforts du Massif de Marseilleveyre étant le plus souvent mentionnés.

Marseille antique

Massalia, ville grecque (600 - 49 ) La légende de Gyptis et Protis (600 ) La fondation de la cité, « la plus ancienne ville de France. », remonte à 600 ; elle est le fait de colons grecs venus de Phocée en Asie mineure, l'actuelle Foça, proche d'Izmir (Smyrne) en TurquieLa date de fondation est donnée par différents auteurs antiques : Aristote dans sa Constitution des Marseillais (vers 350 ), et Justin dans une œuvre, lAbrégé des histoires philippiques de Trogue Pompée, rédigée sans doute au ; les découvertes archéologiques ne s'opposent pas à cette datation..

Les Phocéens recherchaient des emplacements susceptibles de devenir des emporia ou comptoirs sur la côte. Cette activité correspond à un effort de création d'un réseau commercial, bâti par des marins et servi par des bateaux rapides à rames, les pentécontères et non une colonisation de peuplement, ce qui facilitait les implantations, les colonies ne requérant que peu de terres. En naviguant par cabotage, ils auraient découvert la baie du Lacydon (l'actuel Vieux-Port de Marseille), une calanque profonde, large et bien orientée (est-ouest), abritée du vent dominant par des collines élevées, propice à un établissement commercial.

Les conditions exactes de la fondation font défaut à l'histoire de la ville, on ne retient aujourd'hui qu'une légende, reprise par Justin et par Athénée Livre XIII des Deipnosophistes : une œuvre rédigée au début du et citant Aristote qui en donne le récit et décrit comment Protis, l'un des commandants de la flotte grecque est choisi lors d'un banquet d'accueil par Gyptis, la fille du roi des Ségobriges, pour devenir son mari.

La nouvelle Phocée La topographie première du site de la Marseille grecque est encore perceptible de nos jours. Promontoire environné par la mer, orienté vers le sud, il est dominé par trois buttes successives : la butte Saint-Laurent (26 mètres d'altitude en 1840), la butte des Moulins (42 mètres), et enfin la butte des Carmes (environ 40 mètres)Gantès, « La Topographie initiale de Marseille » dans . Très vite la ville basse, l'astu, s'agrandit et englobe la butte des Carmes avant la fin du Une dernière extension à l'époque hellénistique lui permet d'atteindre une surface d'environ cinquante hectares, que la ville ne dépassera pas avant le . La polis s'étale alors au niveau de la campagne environnante, la chôra.

Les phocéens honorent leurs divinités favorites et les célèbrent dans l'Éphésion dédié à Artémis d'Éphèse et dans le sanctuaire d'Apollon delphinien, ainsi que mentionnés par StrabonGéographie IV, 1, 4.

Ils importent aussi les lois et les usages oligarchiques ioniens et comme le cite Aristote, élaborent une Constitution des marseillais, conférant le pouvoir à quinze timouques dont trois détenant l'essentiel du pouvoir choisis dans une assemblée de 600 sénateursPolitique, Livre VIII, chapitre 5-2.

Marseille contre Carthage (540 ) left|upright=1.2|thumb|Aires d'influence en Méditerranée occidentale en 509

Le surgissement de Massalia et des colonies rattachées, cité puissante pouvant mettre en cause la domination de Carthage et des Phéniciens ainsi que des Étrusques sur les routes maritimes et commerciales conduit les Phocéens à l'affrontement avec les Phénico-puniques dont l'expansion est continue aux s..

La bataille d'Alalia est le point culminant dans cette série de conflits impliquant Étrusques, Carthaginois et Grecs pour la délimitation des domaines d'influence en Méditerranée occidentale. La piraterie pratiquée par les Phocéens fut, d'après Hérodote, le prétexte qui déclencha une réaction de Carthage. Celle-ci s'allia pour la circonstance aux Étrusques pour affronter les Phocéens lors d'une bataille navale au large d'Alalia, vers E. Lipinski, « Alalia » dans ..

Les Phocéens furent défaits et Alalia passa aux Carthaginois. Cependant, les Massaliotes se sentirent vainqueurs en ce qu'ils se virent reconnaître de facto le contrôle de la côte ligure de l'Est avec des places fortes comme Olbia (Hyères) ou des comptoirs comme Antipolis (Antibes), jusqu'à l'ouest avec Emporion (Empúries). Ils bâtirent le Trésor des Marseillais à Delphes pour célébrer cette victoire.

Les conflits de Massalia avec les Carthaginois vont durer tout au long du , consolidant l'alliance de Marseille avec Rome contre l'ennemi commun.

Marseille et la Gaule ( au ) thumb|upright|Statue de Pythéas. Œuvre de Auguste Ottin.

La croissance forte de Marseille et du réseau des colonies massaliotes est citée comme l'une des raisons qui provoquent la création de la fédération des Salyens à la fin du , à partir de la réunion des « Celto-ligures » de Provence, entre le Var et le Rhône, autour de centres proto-urbains. La fédération salyenne s'avéra être un voisin « encombrant » pour les Massaliotes, ce qui avait provoqué de nombreuses tensions économiques et sans doute culturelles, dont rendent compte les auteurs antiques (notamment Tite-Live et Strabon). Dans un premier temps, de telles tensions avec les indigènes avaient entraîné plusieurs interventions militaires des Grecs dans l'arrière-pays marseillais. Sur la côte, les pirates ligures obligent parallèlement la cité grecque à renforcer constamment la protection de ses lignes commerciales maritimes par la création de places coloniales de défense.

Grand port maritime ouvert sur toute la Méditerranée, Marseille abrita de nombreux marins et explorateurs renommés, comme Euthymènes qui explora au-delà des colonnes d'Hercule, les côtes de l’Afrique jusqu'à l'embouchure du fleuve Sénégal au ou surtout Pythéas, qui, vers 340-325 , effectue un voyage dans les mers du nord de l'Europe, atteint l’Islande et le Groenland et approche du cercle polaire. Marseille a redécouvert son port antique en 1967 et a su le mettre en valeur dans le Jardin des Vestiges.

Massalia connaît une forte croissance et devient une cité prospère, vivant des relations commerciales fortes avec la Grèce, l'Asie Mineure puis Rome et l'Égypte. La ville compte entre et , ce qui en fait le plus grand centre urbain de Gaule. Les principales routes commerciales entre le Nord et l'Ouest de l’Europe et l’Orient empruntant les fleuves (en particulier Rhône et Saône), Massalia occupe une place stratégique. L’ambre, l’étain descendent le Rhône quand remontent le vin et les articles de luxe comme céramique, vaisselle.

C'est aussi probablement par la cité phocéenne que furent introduits en Gaule les premiers vignobles. Les fouilles de 2006 et 2007 sur la colline Saint-Charles ont ainsi mis au jour les vignobles les plus anciens de France. Un vin renommé est produit sur place qui rend nécessaire la fourniture de nombreuses amphores et la production de la céramique. À partir du av. J.-C., les produits locaux se substituent aux importations de Phocée ou d'Athènes.

Enfin, Massalia est à l’origine de la monnaie dans la région en émettant des pièces pour le commerce local dès 490 av. J.-C., puis des oboles d’argent vers 450 av. J.-C., enfin des drachmes d’argent au début du , ces monnaies portant le nom de la ville et acquérant une grande renommée.

Marseille et Rome (218 - 49 )

Massilia ville romaine (49 - 414) La conquête de Marseille par César (-49)

Le développement aux À l'époque d'Auguste, la ville connaît une nouvelle grande phase de construction. L'agora-forum est reconstruit comme en témoignent les fragments de dallages découverts par Fernand Benoit au sud des Caves de Saint-Sauveur. Le forum est bordé à l'ouest par un autre grand édifice, le théâtre, dont quelques gradins ont été conservés jusqu'à nos jours dans l'enceinte du collège du Vieux-PortUne fouille récente liée à l'agrandissement de ce collège en a retrouvé des traces Collège du Vieux-Port - Institut national de recherches archéologiques préventives. Des thermes sont installés le long du port : les vestiges, remontés sur la place Villeneuve-Bargemon, sont aujourd'hui visibles quasiment à leur emplacement d'origine derrière l'Hôtel de Ville..