LYerres (prononcé ) est une rivière d'Île-de-France, affluent de la rive droite de la Seine, qui traverse la campagne et quelques villes dont une reprenant son nom située en Essonne.
Étymologie vignette|L'Yerres près de Soignolles-en-Brie vue depuis le viaduc de l'ancienne ligne de Vincennes. vignette|L'Yerres au niveau du moulin de Pompierre dans la commune de Bernay-Vilbert. L'Yerres (ou Yères) était appelée la rivière d'Erre en 1384, Edera au , probablement d'un ancien AturaErnest Nègre, Toponymie générale de la France - Volume 1, 1990.. Le nom actuel a subi l'influence de l'ancien français yerre 'lierre'. Le -s final n'est pas fondé.
Géographie De de longueur, l'Yerres occupe un bassin versant de , couvrant trois départements : la Seine-et-Marne, l'Essonne et le Val-de-Marne. Il intéresse 121 communes et environ . Pour 85 % de sa surface, ce bassin est couvert de cultures et de forêts, essentiellement en Seine-et-Marne. Les zones urbanisées, environ 10 % du total, sont concentrées en aval près du confluent avec la Seine.
L'urbanisation rapide, dans la partie basse de son cours, a maintenant réduit le nombre de prairies inondables, refuges de biodiversité, qui régulaient ses crues.
La rivière prend sa source en Seine-et-Marne, au nord du hameau de Courbon, en bordure de la route départementale D 20E, sur la commune de Guérard. La rivière est appelée ru des Tournelles avant de devenir l'Yerres en aval de l'étang de Guerlande. La rivière se jette dans la Seine à Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne.
L'Yerres est une rivière calme, d'une profondeur variant de 1 à selon les zones argileuses qu'elle traverse. De son parcours sinueux, elle part des marécages situés aux alentours de Courbon non loin de Mortcerf, traversant ensuite la forêt de Crécy en contournant l'étang de Guerlande. Près de Touquin, l'Yerres grossit en « fusionnant » avec le ru de l'étang de Beuvron, qui selon les géographes pourrait être la vraie « Yerres » tant les débits des deux ruisseaux sont proches. La même hypothèse a été émise pour la Visandre. C'est en aval des sources abondantes près de Voinsles que l'Yerres s'élargit pour donner forme à une rivière large et paisible.
Principaux affluents De sa source à Courbon, à son embouchure à Villeneuve-Saint-Georges, où elle se jette dans la Seine, son cours fait . L'Yerres reçoit vingt neuf (29) affluents, dont par ordre géographique, d'amont en aval :
le ru des Marnières le ru de l'Étang de Beuvron le ru de la Fontaine Saint-Jean la Visandre le ru de Vulaine le ru des Fontaines Blanches l'Yvron le fossé du Miroir le ru de Bréon la Marsange le ru d'Avon le ru de Fontaine le ru de Vaulois la Barbançonne le ru Blanchard le ru de Ganisse le ru du Cornillot la Rigaude le Gord le fossé Daniel le Réveillon le ru d'Oly, qui prend sa source en forêt de Sénart, traverse les communes de Draveil, Montgeron, Vigneux-sur-Seine, et Villeneuve-Saint-Georges pour se jeter dans l'Yerres dans le quartier de Belleplace.
Communes traversées vignette|L'Yerres à Rozay-en-Brie. vignette|redresse|L'Yerres à Bernay-Vilbert (début septembre). En Seine-et-Marne Guérard ~ La Celle-sur-Morin ~ Hautefeuille ~ Pézarches ~ Touquin ~ Le Plessis-Feu-Aussoux ~ Voinsles ~ Lumigny-Nesles-Ormeaux ~ Rozay-en-Brie ~ Bernay-Vilbert ~ Courtomer ~ Argentières ~ Chaumes-en-Brie ~ Ozouer-le-Voulgis ~ Yèbles (sur quelques centaines de mètres) ~ Solers ~ Soignolles-en-Brie ~ Grisy-Suisnes ~ Évry-Grégy-sur-Yerres ~ Brie-Comte-Robert ~ Combs-la-Ville
Dans l'Essonne Varennes-Jarcy ~ Quincy-sous-Sénart ~ Boussy-Saint-Antoine ~ Épinay-sous-Sénart ~ Brunoy ~ Yerres ~ Montgeron ~ Crosne
Dans le Val-de-Marne Périgny ~ Mandres-les-Roses ~ Villeneuve-Saint-Georges
Protection de la vallée de l'Yerres et de ses abords
Une partie de la vallée de l'Yerres et ses paysages sont un site classé depuis 1965 au titre de la loi du 2 mai 1930, ce qui confère une très haute protection au patrimoine naturel et paysager. Les séquences actuellement classées vont de : Brie-Comte-Robert à Combs-la-Ville (77) ; Varennes-Jarcy (91) à Villeneuve-Saint-Georges (94) par décret paru au journal officiel fin 2006 ; Le classement en loi Paysage 1930 initié au début des années 1980 par l'association ECBVY et les amis de Mandres est intervenu en . Ce classement poursuit son cours sur celui de l'Yerres, entre Brie-Comte-Robert et la source de l'Yerres en Seine-et-Marne.
Randonnée La vallée de l'Yerres depuis la gare de Villeneuve-Saint-Georges peut être suivie en empruntant soit le chemin de randonnée de la vallée de l'Yerres qui passe par le Mont Griffon à Yerres, puis la vallée du Réveillon à Villecresnes, puis par les champs de Mandres-les-Roses et de Périgny où il retrouve l'Yerres jusqu'à sa source, soit par la Liaison Verte des bords de l'Yerres et du Réveillon jusqu'à Périgny en suivant la vallée de l'Yerres et en rejoignant le chemin de randonnée de la vallée de l'Yerres.
Hydrologie L'Yerres est une rivière très irrégulière, beaucoup plus que sa voisine l'Essonne par exemple. Son débit a été observé sur une période de 41 ans (1967-2007), à Courtomer, localité du département de Seine-et-Marne située malheureusement à assez grande distance de son confluent avec la Seine. Le bassin versant de la rivière y est de sur un total de pour l'entièreté du bassin.
Le module de la rivière à Courtomer est de . L'Yerres présente de très importantes fluctuations saisonnières de débit, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau de 2,23 à , de décembre à début avril inclus (avec un maximum en février), et des basses eaux d'été de mai à novembre inclus avec un minimum mensuel moyen de moins de en août et en septembre.
Étiage ou basses eaux En période d'étiage, le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche, soit par seconde seulement, ce qui est proportionnellement près de 100 fois moins que le VCN3 de l'Orge par exemple.
Crues Les crues sont assez importantes et créent des menaces pour certaines zones de son bassin. Ainsi le débit instantané maximal enregistré à Courtomer a été de le , tandis que la valeur journalière maximale était de le même jour. Ces valeurs sont près du triple de celles de l'Essonne (rivière), bien que le bassin versant de l'Yerres soit quatre fois moins étendu.
Le QIX 10 est de , le QIX 20 de et le QIX 50 de . Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 20 et . D'où il ressort que les crues maximales de étaient bien plus que cinquantennales, certainement au moins centennales et, en tout cas, tout à fait exceptionnelles. Plus récemment, la crue du qui a atteint 3,07m et le débit 30 m³/s a eu des impacts sur des zones qui ne sont que très rarement voir encore jamais inondées.
Lame d'eau et débit spécifique L'Yerres est une rivière peu abondante, alimentée par des précipitations réduites. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, une des plus faibles de France, nettement inférieure tant à la moyenne de la totalité du bassin de la Seine (), qu'à la moyenne d'ensemble de la France. Le débit spécifique (ou Qsp) atteint par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Pour apprécier la diversité de comportement des petites rivières de l'Île-de-France, une comparaison entre les données de l'Orge et ses affluents, l'Yvette et la Rémarde, de l'Yerres, de l'Essonne et du Grand Morin paraît utile.
NomLocalitéDébits (en m/s)Maxim.enregistré Lamed'eau(mm)Surfacebassin(km)ModuleVCN3(étiage)QIX 2QIX 5QIX 10 QIX 20 QIX 50 QIX 100 Essonne Ballancourt8,4204,000131719222524,71421 870 Orge Morsang3,9001,100233034384441,2133922 RémardeSaint-Cyr0,663 0,17058,510121512,5142147YvetteVillebon1,3400,26091315171918,2 189224YerresCourtomer1,470 0,003202432404872,8109429Grand MorinPommeuse5,6801,80054779311013097,9 233770
On peut voir que les régimes de l'Yerres et du Grand Morin se partagent la palme de l'irrégularité et de l'importance des crues, ce qui n'est pas étonnant, étant donné leur proximité au sein du plateau briard. Les deux grandes différences - liées sans doute - sont d'une part que le Grand Morin conserve un solide débit aux étiages, tandis que celui de l'Yerres (à Courtomer) tombe quasi à zéro. D'autre part, la lame d'eau mesurant l'écoulement du Grand Morin vaut plus du double de celui de l'Yerres, dont le bassin apparaît comme particulièrement sec face aux autres petites rivières du sud-est et de l'est de l'Île-de-France.
L'Essonne est régulier, car son débit d'étiage ne tombe qu'à un peu moins de la moitié du débit moyen, et dont le niveau de crue cinquantennale — le QIX 50 — ne dépasse pas trois fois ce même débit. Quant à l'Orge et ses affluents, ils occupent une position intermédiaire dans ce classement.
Service de Gestion de l'Yerres Genèse La gestion de l'Yerres est assurée par un syndicat mixte créé en 1990, le SMIRYA (Syndicat mixte interdépartemental de la région de l'Yerres et de ses affluents) formé : du Syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Villeneuve-Saint-Georges (SIARVSG) ; et du Syndicat intercommunal pour l’aménagement de la vallée de l'Yerres (SIAVY).
Le SMIRYA a été dissous le , et ses compétences ont été reprises par le SyAGE. Le SyAGE est le Syndicat mixte pour l’Assainissement et la gestion des eaux du bassin versant de l'Yerres. C'est un établissement public français composé de 85 communes et de 21 groupements de communes sur 3 départements.
L'objectif du Syndicat est de répondre aux réglementations et recommandations européennes et françaises pour atteindre le bon état écologique de l'eau, en gérant la ressource à l'échelle du bassin versant de l’Yerres. Pour cela, il assure trois compétences qui lui ont été déléguées par les communes adhérentes : l'assainissement collectif et non collectif, la gestion des eaux et la mise en œuvre du Schéma d'aménagement et de gestion des eaux.
L’assainissement collectif et non collectif Cette compétence comprend la maîtrise des eaux pluviales et de ruissellement (collecte, transport, stockage & dépollution).
Elle comprend aussi la collecte et le transport des eaux usées vers la station d’épuration de Valenton, depuis le premier plan quinquennal mis en œuvre par le Syndicat, de 1992 à 1996.
Cette compétence comprend aussi le contrôle de la séparativité des eaux des installations privatives. C’est-à-dire que le Syndicat vérifie que les eaux usées et les eaux pluviales empruntent deux réseaux séparés, de façon à éviter tout rejet polluant dans le milieu naturel.
Enfin, la maintenance et la réhabilitation des ouvrages existants, l’intervention d’urgence sur tout le système d’assainissement 24h/24 et 7j/7, la gestion des rejets industriels ainsi que le Service public d’assainissement non collectif (SPANC) viennent compléter le panel d’actions mises en place pour cette compétence.
La gestion des eaux Le , le SIARVSG s'est doté de la compétence de l'aménagement hydraulique de la vallée de l'Yerres et de ses affluents. Cette compétence comprend aussi l'entretien des berges et l'accès au cours d’eau. Et le , par délibération du Comité syndical, le SIARVSG a pris en charge les travaux d’entretien de la rivière, en se substituant au Syndicat de la rivière d'Yerres qui, créé sur les bases de l'ordonnance de Louis-Philippe du , fut alors dissous. Enfin, le , le Comité syndical du SyAGE a adopté par voie de délibération le schéma d'aménagement des berges de l'Yerres et du Réveillon, qui a pour but de rendre la rivière plus accessible au grand public en aménageant un coulée verte suivant l’Yerres, dès son entrée dans le territoire jusqu’à sa confluence avec la Seine.