Les chaussures sont les vêtements destinés aux pieds, les protégeant du froid, de l'humidité, des aspérités du sol, etc.

Il s'agit également d'un accessoire de mode qui vêt les femmes comme les hommes. Le terme chaussure dérive du verbe chausser, issu du latin calceare « mettre des souliers ». La plus vieille chaussure du monde, en écorce et découverte aux États-Unis, aurait plus de . La plus ancienne chaussure en cuir, un mocassin, vieille de , a été découverte dans une grotte en Arménie.

La forme des chaussures peut varier, notamment en fonction de la mode et du statut social. La matière la plus couramment utilisée pour fabriquer les chaussures est le cuir. L'artisan spécialiste de la réparation des chaussures est le cordonnier, métier qui a fortement décliné dans les pays occidentaux.

Description

vignette|gauche|Diagramme des parties d'une chaussure masculine. Une chaussure se compose principalement du semelage, partie inférieure qui protège la plante des pieds, plus ou moins relevée à l'arrière par le talon et de la tige, partie supérieure qui enveloppe le pied et qui comprend essentiellement l'empeigne (partie avant de la tige d'une chaussure, du cou-de-pied à la pointe, appelée aussi claque), les quartiers (deux pièces formant l'arrière de la tige) et la languette. Lorsque la tige recouvre la jambe (et maintient la cheville), on parle de bottes. Dans le cas contraire, on parle de soulier.

Plusieurs types de montages existent pour solidariser la partie supérieure d'une chaussure à la semelle., comme le Montage Goodyear.

Histoire Les êtres humains ont très longtemps vécu pieds nus, ce qui semble être (dans l'absolu) la meilleure manière de respecter les pieds.

La protection de la plante des pieds se justifie d'abord à l'extérieur en milieu hostile (chaud/froid, torride/glacial, sec/humide, épineux/rocaille/rocher/sable/savane...) pour toute activité physique (chasse, travail, guerre) exigeant durablement la station debout, ou des déplacements rapides ou prolongés (migration humaine).

Chez les chasseurs-cueilleurs, la première protection a probablement été l'utilisation de peaux et fourrures animales, plus ou moins bien traitées. Le travail du cuir, dont maroquinerie et mégisserie, sont d'abord, depuis l'antiquité mais aussi la préhistoire (histoire du tannage), des métiers de l'artisanat, parfois de l'artisanat d'art.

Les chaussures les plus anciennes (à avoir été conservées), faites en écorce d'armoise, vieilles peut-être de 10 000 ans, ont été trouvées dans une grotte de Fort Rock dans l'Orégon (États-Unis).

Le port de chaussure a ainsi été longtemps un privilège pour mâles adultes, et un interdit pour prisonniers et esclaves (éventuellement munis d'entraves).

Presque toutes les cultures ont la tradition de (décrottoir, tire-botte, chausse-pied), aussi bien pour la maison que pour le lieu de culte, généralement avec ablution. On peut être invité à porter des chaussures d'intérieur (chausson, pantoufle) ou des protège-chaussure (linge doux dit patins, couvre-chaussure, voire équipement de protection individuelle médical ou non).

Les mêmes raisons d'hygiène motivent la recommandation de ne pas .

Semelle

L'élément principal de toute chaussure est la semelle, probablement d'abord d'origine végétale, puis animale.

en corde ou en tresse de fibres végétales naturelles (Égypte antique) (Corée, en saekki, corde de paille de riz) Waraji (Japon, corde de paille de riz) Zōri (Japon, corde de paille de riz) Espadrille (chanvre, spart, alfa), alpargata en espagnol, espardenya en catalan. Lapti (Russie et pays baltes, écorce tressée de tilleul, bouleau ou orme) (bast shoe)

Sparterie et vannerie sont effectuées traditionnellement en famille, puis par un artisan vannier. En 1875, l'anglais Richard Marsh met au point la machine à tresser, rendant possible l'établissement de corderies.

Ce type de semelle, d'usure rapide, peut être réalisée en fibre de jute, de sisal, de kénaf, de raphia, de palmier et d'autres végétaux.

en bois

Le sabot intégral (couvert ou non) traditionnel paysan, de France et d'Europe occidentale, réalisé par un sabotier, est une variante récente (1500-1900) des différents modèles de semelle intégrale en bois. (Cantabrie, Espagne du nord-ouest), (Philippines, mangoustanier), Chopine, sous-chaussure en bois (patten (en, du français patte, Trippe (all.)), pas avant 1400, Geta (Japon), (Corée), Okobo (Japon), Paduka (Inde), Galoche, Socque, Sabot (en bois vert, hêtre, bouleau, etc.), peu avant 1500 (?) (clog, zoccolo), (Suède, en aulne).

en cuir vignette|Chaussure Areni-1, la chaussure en cuir la plus ancienne (à ce jour), Vayots Dzor (Arménie, âge du cuivre).

Le mot "chaussure" dérive du mot latin tardif "calcea" désignant une fine pantoufle de cuir portée à la maison.

La « première » chaussure en cuir daterait du quatrième millénaire . Découverte en Arménie, c'est une pièce de cuir cousue pour recouvrir un avant pied comme un mocassinPinhasi R, Gasparian B, Areshian G, Zardaryan D, Smith A et als. First Direct Evidence of Chalcolithic Footwear from the Near Eastern Highlands, PLoS ONE, 2010;5(6):e10984. doi:10.1371/journal.pone.0010984.. Ötzi, plusieurs siècles plus tard, était équipé de mocassins.

La semelle en cuir se compose d'une ou plusieurs couches de cuir (peau d'animal traitée), superposées et reliées ou cousues, correspondant au type de sol pour l'usage recherché.

Abarka Babouche Caligae Chappal, Crépide Ghillie

Opinga

Poulaine Tabi / Jika-tabi

Histoire moderne La sandale, prototype ou paradigme de la plupart des chaussures basses modernes, de type soulier, consiste en une semelle, plus ou moins rigide, maintenue sur le dessus du pied et/ou à la cheville (cou-de-pied) par des lanières puis des lacets. L'empeigne (partie supérieure) est un développement couvrant la partie antérieure du pied (métatarse, tarse, quartier, contrefort) : soulier. La tige, partie allongée couvrant le bas de la jambe (cheville, mollet/tibia/fibula), constitue une extension : (soulier), bottine, botte, cuissarde.

Tout type de chaussure peut être garni et renforcé par des éléments métalliques (soulier à clous, chaussure ferrée), et être enfilé sur des chaussettes, des bas, voire des chaussons.

Divers équipements de protection des pieds et du bas de la jambe et/ou des chaussures existent : baguette (arrière, pour enfilage), couvre-chaussure, crampon, éperon, guêtre, jambière, languette (sous-laçage), patin (de protection, de sport (à glace, à roulettes)), pointe, protège-tibia, raquette à neige, tricouni...

Le port de chaussure limite ou empêche le port de bijoux de pied, comme bracelet de cheville ou bague d'orteil. La chaussette peut devenir objet esthétique, comme le bas.

Au , les chaussures à la poulaine sont longues et effilées. Elles étaient conçues pour adhérer le plus près possible des orteils. Ce modèle a ainsi donné naissance aux chaussures à l'orteil qui épousaient parfaitement la forme des orteils. Au , les souliers à pied d'ours ou bec de canard sont en vogue. Ce sont des souliers très ouverts à large bout carré dont le bout pouvait atteindre 15 cm de large. Ils se fixent sur le cou-de-pied avec une lanière. Au , les protège-chaussures s'enfilent sur la chaussure pour la protéger des saletés de la rue.

Les chaussures à boucle existent en Europe depuis le Moyen Âge (on dit que ce sont les Grecs qui ont inventé les premières chaussures ; c’étaient des sandales, d’abord portées par les empereurs). Il s'agit à l'origine d'un fermoir métallique monté sur les poulaines, plus facile à utiliser que des lacets. Les moines également l’utilisent, ce qui a donné en anglais le nom « mon shoots ». À l'époque contemporaine, le soulier à boucle du vestiaire masculin est porté généralement avec un costumeScavini, « Chaussure, on la boucle ! », Le Figaro Magazine, semaine du 23 septembre 2016, page 111..

Les chaussures ont évolué tout au long de l'histoire du costume et de la mode, selon l’époque. Accessoire pratique, elles sont aussi un signe permettant de refléter le statut social.. Les chaussures chez les Romains sont l'indice du rang et de la fortune.. Les chaussures sont des accessoires d'apparat dans les cours royales, Marie-Antoinette possédait jusqu'à 500 paires.

Pour tout événement formel (assemblée, bal (bal des débutantes), célébration, cérémonie, défilé, établissement de luxe, gala, parade, réception, soirée), un apprêt particulier est prescrit (norme sociale, code vestimentaire, consommation ostentatoire), visant une forme d'élégance, excluant (ou au moins déconseillant jusqu'à une période récente : tenue correcte exigée) toute tenue décontractée ou informelle, y compris pour les chaussures et leurs accessoires.

Jusqu'à la fin du , en France, les chaussures, esthétiques, mais souvent inconfortables, reflètent surtout la stratification sociale : les nobles montrent ainsi qu'ils n'ont pas besoin de marcher longtemps, contrairement aux classes moins aisées qui empruntent des chemins en général mal entretenus..

Les guerres des paysans du monde germanique (1430-1526) s'organisent autour des conjurations du Bundschuh : les insurgés du Bundschuh portent un drapeau figurant une chaussure de campagne à lacets, la chaussure de l'homme ordinaire mais fédéré contre la botte à éperons du seigneur et la fine chaussure de l’ecclésiastique. La révolte des Nu-pieds (Normandie, 1639) est le nom d'une des nombreuses jacqueries qui ont soulevé le monde paysan sur quelques millénaires.

Le terme de piéton désigne d'abord le soldat fantassin, combattant et se déplaçant à pied, par opposition aux combattants à cheval : l'infanterie représente la très grande majorité des forces armées en cas de conflit, au moins jusqu'en 2000. Lors de la retraite de Russie (1812), l'importance de la qualité des chaussures a été bien documentée (chaussette russe, bande molletière).

L'industrialisation de la fabrication de la chaussure date en Europe du milieu du . En attestent l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772) et la Descriptions des arts et métiers (1761-1788). De nouveaux matériaux utilisés (caoutchouc, matières plastiques) modifient les procédés de fabrication, les techniques de commercialisation et les modes de consommation. Ensuite, la mondialisation bouscule les industries régionales, nationales, continentales.

Types de chaussures

Chaussures classiques féminines

Certaines chaussures sont portées exclusivement par les femmes

Escarpin, parfois dénommé décolleté les escarpins pour hommes seraient en désuétude Stiletto ou talon aiguille Salomé (chaussure) Babies (chaussures) Ballerine (chaussure) Découpé Chaussure à semelle compensée Chaussure transparente

Chaussures classiques masculines D'autres chaussures sont à l'inverse portées uniquement par les hommes : Richelieu, chaussure masculine la plus formelle, à laçage fermé et qui se porte habituellement avec un costume. En tenue de soirée, un smoking, voire un habit à queue-de-pie ou plus souvent à queue de morue, se portent avec des souliers noirs vernis, c'est-à-dire richelieus non brogués ou escarpins (pour homme). Monk ou Double Boucle, chaussure masculine à boucles, dérivée de la chaussure Derby, de formalisme intermédiaire et s'accordant avec une large palette de tenues. Derby, chaussure masculine classique la moins formelle, à laçage ouvert, et s'accordant également avec une large palette de tenues.

Chaussures classiques mixtes Le mocassin est porté aussi bien par les hommes et que par les femmes. Les variantes du mocassin sont le loafer (parfois nommé collège) et le penny loafer.

Les chaussures dont la tige recouvre la jambe sont la botte et ses variantes : la bottine, le bottillon, et la cuissarde.

Il existe maintenant des chaussures de type Derby, Richelieu, voire Monk pour femme, adaptées avec un talon.

Chaussures légères et d’intérieur