L'École nationale d'administration pénitentiaire (Énap) est une école d'application française chargée d'assurer la formation initiale et continue de tous les agents (fonctionnaires (élèves) et contractuels (stagiaires)) de l'administration pénitentiaire. Implantée depuis 2000 à Agen (Lot-et-Garonne), elle a le statut d'établissement public à caractère administratif rattaché au ministère de la Justice.

Outre son activité principale d'enseignement et de formation professionnelle, l'école assure une importante activité de recherche appliquée au champ pénitentiaire et participe à la conservation et à la valorisation du patrimoine et de l'histoire pénitentiaire.

Historique L'Énap est la lointaine héritière du Centre d'études pénitentiaires de Fresnes, créé dans la foulée de la réforme portée en 1945 par Paul Amor et Pierre Cannat pour former les cadres des personnels ayant vocation à rejoindre les établissements réformés.

En 1962 est créée l'École de formation des personnels de l'administration pénitentiaire (EFPAP), installée dans des villages vacance famille en Alsace (à Albé, puis à Obernai). Elle devient par la suite l'École d'administration pénitentiaire (EAP) et occupe à partir d' les locaux d'un ancien centre de jeunes détenus dans l'Essonne, sur le domaine de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis.

L'école est rebaptisée École nationale d'administration pénitentiaire (Énap) par un arrêté du .. Au cours des années 1990, la direction de l'Administration pénitentiaire (DAP) conçoit la formation des fonctionnaires comme un enjeu majeur et décide la réorganisation structurelle et pédagogique de l'Énap.

Après son installation à Agen en et sa transformation en établissement public administratif placé sous la tutelle du garde des Sceaux en , l'Énap augmente ses capacités d'accueil en 2005 avec la création de nouveaux bâtiments. L'un d'eux, d'une superficie de , est ainsi entièrement affecté à l'enseignement par simulation, nouvelle méthode d'apprentissage des gestes et pratiques professionnels mise en place par la reconstitution rigoureuse des locaux et situation carcérales (ateliers cellulaires, simulation d'accès, etc.).

En , le garde des Sceaux annonce le lancement de travaux d'extension de l'école afin d'accroître sa capacité pédagogique et hôtelière. Le projet, mené par l'Agence publique pour l'immobilier de la justice (APIJ), comprend la construction d'un quatrième village d'hébergement d'une capacité de supplémentaires. L'Énap inscrit dans son cahier des charges la recherche d'une haute performance énergétique et environnementale. Le nouveau village, appelé Riac, est inauguré le .

En , le directeur de l'école pointe devant une promotion d'élèves une variété de comportements indécents. En 2024, Mediapart indique que deux plaintes pour « viol » ont été déposées l'année précédente par des élèves femmes dénonçant des agressions commises dans les logements des élèves de l’Énap.

Organisation En tant qu'établissement public administratif, l'École nationale d'administration pénitentiaire est administrée par un conseil d'administration et dirigée par un directeur.

Directeurs Le poste de directeur de l'école est actuellement occupé par Sophie Bondil, directrice hors classe des services pénitentiaires, en poste depuis le . Son adjoint est Jean-Philippe Mayol, en poste depuis 2016.

Elle a successivement été dirigée par : Localisation de l'écoleDirecteurCorpsDébut de mandatFin de mandatFresnes (1945-1962)Marie-Marguerite Mariani.Directrice des services pénitentiaires1945Hubert Bonaldi Directeur des services pénitentiaires19611962Albé puis Obernai (1963-1964)Marcel Vesse.Directeur des services pénitentiaires1964Fleury-Mérogis (1965-2000)Pierre Campinchi Directeur des services pénitentiaires19771984Jean-Claude Herenguel Directeur des services pénitentiaires19841987Daniel PhilipponDirecteur des services pénitentiaires19871989Dominique Fetrot Directeur des services pénitentiaires1989Georges Camps Directeur des services pénitentiaires19891995Francis Lintaff Directeur des services pénitentiaires19951998Patrick Mounaud Directeur des services pénitentiaires19982000Agen (depuis 2000)20002002Georges Vin Directeur des services pénitentiaires20022007Valérie Decroix Directrice des services pénitentiaires20072010Philippe Astruc Magistrat de l'ordre judiciairePhilippe Pottier Directeur pénitentiaire d'insertion et de probationSophie BleuetDirectrice des services pénitentiairesChristophe MillescampsDirecteur des services pénitentiairesSébastien CauwelAdministrateur de l'État3 avril 2024Sophie BondilDirectrice des services pénitentiaires5 juillet 2024En cours

Présidents du conseil d'administration Le conseil d'administration de l'école est actuellement présidé par Hélène Cazaux-Charles, avocate générale près la Cour de cassation, conseillère d'État en service extraordinaire et ancienne directrice de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), nommée par décret le .

Il a successivement été présidé par :

2001 - 2003 : Guy Canivet ; 2003 - 2008 : Gilbert Azibert ; 2008 - 2011 : Jean-Olivier Viout ; 2012 - 2018 : Philippe Lemaire ; 2018 - 2022 : Jacques Launay ; depuis le : Hélène Cazaux-Charles.

Formation alt=|vignette|466x466px|Vue du bâtiment d'enseignement de l'Énap. Personnels formés L'École nationale d'administration pénitentiaire forme :

les personnels de direction (catégorie A+) : directeurs des services pénitentiaires (DSP) ; formation d'un an et stage d'un an ; les personnels de surveillance (catégories A et B) : surveillants, brigadiers-chefs et officiers ; formation de six mois à un an (suivant le niveau hiérarchique) ; les personnels d'insertion et de probation (catégorie A) : directeurs pénitentiaires d'insertion et de probation (DPIP) et conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP) ; formation d'un an et stage d'un an ; les personnels administratifs (catégories B et C) : adjoints administratifs (AA) et secrétaires administratifs (SA) ; les personnels techniques (catégories A, B et C) : directeurs techniques, techniciens et adjoints techniques ; les personnels spécialistes : membres des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ÉRIS), surveillants chargés des extractions judiciaires (PREJ), formateurs et responsables de formation des personnels, moniteurs de sport ; les moniteurs et moniteurs associés dans différentes spécialités (tir, incendie, secourisme, techniques d'intervention) ; les agents du service national du renseignement pénitentiaire.

Les attachés d'administration, sauf ceux intégrant les greffes pénitentiaires, ne sont pas formés à l'Énap et sont nommés directement dans l'administration pénitentiaire après leur formation par les instituts régionaux d'administration (IRA). Ceux nommés à un poste dans les greffes pénitentiaires suivent une formation non validante dite d'adaptation à la prise de fonction.

Les formations dispensées à l'Énap allient périodes théoriques et stages qui conduisent à faire de la formation pénitentiaire une formation de haut niveau, en vue de l'adapter aux nouveaux enjeux européens des Règles pénitentiaires européennes (RPE).

Classe préparatoire En tant qu'école du service public, l'Énap comprend depuis 2021 d'une classe préparatoire « Talents du service public » (CPT), qui succède à la classe préparatoire intégrée (CPI) existant depuis 2010. Elle permet à un petit nombre d'étudiants ou de demandeurs d'emploi sélectionnés à partir de leurs mérites de bénéficier d'une préparation intensive au concours de directeur des services pénitentiaires (catégorie A+) ainsi qu'aux autres concours de catégorie A et B de l'administration pénitentiaire. Ce dispositif s'inscrit dans le cadre de la politique d'égalité des chances dans l'accès à la haute fonction publique portée par le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques.

Niveau de recrutement NiveauPersonnels de direction, de surveillanceet d'insertion et de probationPersonnels administratifsPersonnels techniquesBac+3 Directeurs des services pénitentiaires Directeur pénitentiaire d'insertion et de probation Conseiller pénitentiaire d'insertion et de probationAttaché d'administration (via IRA)Directeur techniqueBac+2Officier Pénitentiaire BaccalauréatSurveillant PénitentiaireSecrétaire administratifTechnicienDNB / CAP / BEPAdjoint techniqueAucun diplômeAdjoint administratif

Difficultés de recrutement

Selon Émilie Blachère de Paris Match, l'Énap a beaucoup de mal à recruter. Pour cette raison, la note éliminatoire au concours de surveillant pénitentiaire serait seulement de 5/20. L'examen se présente sous la forme d'un questionnaire de culture générale, d'une épreuve sportive, d'un entretien oral et d'une évaluation psychiatrique. Seulement 20 % des inscrits se présentent aux examens, et près de la moitié des personnes admises intègrent l'école. Lors du recrutement, l'administration fait en sorte d'écarter les candidats fichés pour radicalisation djihadisteÉmilie Blachère, Gardien de prison à Condé-sur-Sarthe : "Mon quotidien", parismatch.com, 30 juin 2019.

Campus et infrastructures

vignette|439x439px|Le campus de l'Énap à Agen (Lot-et-Garonne). Les bâtiments destinés à la formation (amphithéâtres, salles de classe, médiathèque, gymnase, stand de tir, bâtiment de simulation) sont situés à gauche, tandis que les d'hébergement sont regroupés à droite. L'École nationale d'administration pénitentiaire est installée au sud d'Agen, en Lot-et-Garonne. Son campus de 16 hectares comprend de nombreuses installations à destination des élèves :

un bâtiment d'enseignement ; trois amphithéâtres ; un bâtiment de simulation ; un stand de tir ;

un gymnase doté d'une salle de musculation ; quatre d'hébergement d'une capacité d'accueil de ; une médiathèque , partenaire de la Bibliothèque nationale de France ; un espace mémoriel ; un espace muséal destiné aux pratiques culturelles en prison ; un centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines (CRHCP) ; un centre interdisciplinaire de recherche appliquée au champ pénitentiaire (CIRAP); un observatoire de la formation.

Médiathèque Gabriel Tarde

La médiathèque Gabriel Tarde est un outil d'information à disposition des enseignants, chercheurs, élèves et personnels pénitentiaires. Elle assure la gestion et la conservation de ses collections et les met en valeur à travers la constitution de dossiers documentaires, de bibliographies sélectives et de présentation de documents. Elle est divisée en deux parties : le fonds contemporain, la bibliothèque avec de nombreux rayonnages, des revues, journaux, usuels, etc. On y trouve également des ordinateurs à disposition des élèves ; le fonds historique, où se trouve le centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines (CRHCP) avec une bibliothèque spécialisée d'histoire ( documents) qui comporte des ouvrages de référence. Les élèves peuvent également avoir accès aux fonds, mais seulement pour consulter sur place. Elle a pris le nom de Gabriel Tarde, magistrat criminologue du , en hommage a la donation de sa bibliothèque personnelle faite à l'Énap en 2002. Ce fonds est venu enrichir le centre de ressources sur l’histoire des crimes et des peines (CRHCP).

Centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines

Le Centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines (CRHCP) a été intégré au sein de la médiathèque Gabriel Tarde en . Il rassemble, conserve et met à disposition des publics une documentation rare et peu accessible jusque-là. thumb|200px|alt=Fonds Gabriel Tarde|Le fonds Gabriel Tarde. thumb|200px|alt=Fonds Fontainebleau; uniforme 1966|right|On trouve dans le fonds Fontainebleau un uniforme de personnel pénitentiaire de 1966. La vocation de ce centre est de faciliter l'étude et l'essor des recherches sur l'histoire des crimes et des peines, en développant six grands thèmes : Histoire de l'administration pénitentiaire, des prisons et des bagnes ;