Le Viennois est une région historique de l'ancienne province du Dauphiné, située à l'est du département du Rhône et de la métropole de Lyon ainsi qu'au nord du département de l'Isère et de la Drôme. Historiquement défini comme un des quatre pays du Bas-Dauphiné ou de l'avant-pays dauphinoisJusqu'au début du le Bas-Dauphiné ou l'avant-pays dauphinois était défini comme l'union des régions/pays du Viennois, du Valentinois, du Diois et du Tricastin. Cependant cette vision du Bas-Dauphiné s'est affinée tout au long du siècle, jusqu'à arriver à ce que le Bas-Dauphiné ne soit composé uniquement du Viennois. Alors pour ne pas confondre les deux termes, il vaut mieux utiliser le terme d'avant-pays dauphinois pour distinguer l'union des régions/pays du Viennois, du Valentinois, du Diois et du Tricastin et le Bas-Dauphiné en tant que région naturelle. avec le Valentinois, le Diois et le TricastinCosmographie élémentaire, Divisée en parties astronomique et géographique : « Le Dauphiné est divisé en deux parties : le Bas-Dauphiné et le Haut Dauphiné » (Lire en ligne).. Aujourd'hui, ce que l'on appelle Bas-Dauphiné n'est composé que du Viennois historique, ainsi actuellement on entendra parler plus du Bas-Dauphiné que du Viennois (sauf autour de Vienne). Le Viennois est délimité par la rive gauche du Rhône (de Pont-de-l'Isère à Aoste, en passant par Lyon), par la rive droite de l'Isère (de Pont-de-l'Isère à Moirans), par la rive gauche du Guiers puis du Guiers mort (d'Aoste jusqu'à Entre-deux-Guiers) et par le plateau du Grand-Ratz dans l'avant-pays cartusienAtlas historique des provinces et régions de France, Jean Sellier, page 149..
Plus explicitement, selon de nombreux auteurs des , et même du début du , le Viennois était défini comme étant la partie septentrionale du Bas-Dauphiné ou de l'avant-pays dauphinois. Cependant, depuis maintenant quelques décennies, les auteurs contemporains ont remplacé le terme de Viennois par celui du Bas-Dauphiné. Les raisons de ce changement de nom sont inconnues. Dorénavant, pour la même région, d'un point de vue historique, on utilisera plus le terme de Viennois et d'un point de vue géographique, géologique, etc., on utilisera plus le terme de Bas-Dauphiné. C'est ainsi que quand on parle de Viennois, en tant que région naturelle, il s'agit de l'extrémité occidentale des Terres froides, il est constitué de ses Balmes, dites Balmes viennoises, avec ses collines granitiques et schisteuses et ses plaines alluvialesLe guide des Pays de France, 1999,vol , page 568 à 770..
Le Viennois est aussi le nom donné à d’anciennes entités féodales, ecclésiastiques et administratives de l'Antiquité, du Moyen Âge et des Temps Modernes. Cependant il ne faut pas confondre ces différentes entités entre elles. Ainsi le Viennois défini en tant que partie septentrionale du Bas-Dauphiné ou de l'avant-pays dauphinois, ne doit pas être confondu avec l'ancien diocèse de Vienne ; l'ancien Comté de Vienne dit de Viennois (comitatus Viennensis) ou encore l'ancien pagus Viennensis, tous les trois s'étendaient sur la rive gauche du Rhône (empiétant sur les provinces du Lyonnais et du Vivarais) et qui ne s'étendait pas jusqu'à Voiron et l'avant-pays cartusien ; avec le Nord-Isère qui comprend certes plus de la moitié de la région mais exclut les parties lyonnaise, rhodanienne et drômoise du Viennois ; avec l'ancienne province romaine de Viennoise (ou Viennaise) qui s'étendait du lac Léman jusqu'à Marseille ; avec l'ancien archiprêtré de Viennois qui était un des quatre archiprêtrés composant le diocèse de Grenoble jusqu'à la Révolution française et ne doit pas être confondu avec l'antique diocèse de Vienne qui s'étendait au Bas-Empire dans tout le Sud de la Gaule romaine.
La capitale historique de cette région est la ville de Vienne.. Les principales villes de la région sont les actuelles villes de Bourgoin-Jallieu, Saint-Marcellin, La Tour-du-Pin et Voiron dans la partie iséroise, Villeurbanne et une partie de Lyon (3, 6, 7 et 8 arrondissements de Lyon) dans la partie lyonnaise et Romans-sur-Isère dans la partie drômoise.
Les habitants du Viennois sont appelés les Viennois, cependant ce gentilé n'étant pas très bien répandu dans la région, car au fil des dernières années le terme de Bas-Dauphiné a remplacé celui de Viennois, les Viennois auront donc tendance à se dire Bas-dauphinois (ou tout simplement Dauphinois), par conséquent le gentilé est seulement utilisé à Vienne et dans ses communes limitrophes.
L'emploi du francoprovençal, ou arpitan (dauphinois et lyonnais), était courant dans le Viennois sauf dans le sud du Viennois où l'occitan (vivaro-alpin) était couramment utilisé.
Géographie vignette|Les grands espaces géographiques composant le Viennois historique (Bas-Dauphiné actuel).Les grands espaces géographiques, sur le site de la préfecture de l'Isère (lire en ligne).
Situation Selon de nombreux auteurs des , , et même du début du , le Viennois est une quatre régions ou pays du Bas-Dauphiné ou de l'avant pays-dauphinois, délimité par le Rhône (à l'ouest et au nord), par le Guiers et le Plateau du Grand-Ratz (à l'est), par l'Isère (au sud). Le Viennois a pour régions historiques limitrophes : le Valentinois et le Diois au sud, le Grésivaudan au sud-est, la Savoie Propre à l'est, le Bugey au nord, le Lyonnais au nord-ouest et le Vivarais à l'ouest. Même si aujourd'hui le nom s'est au fur et à mesure troqué avec le terme de Bas-Dauphiné, les limites du Viennois n'ont pour autant changé.
Viennois et Bas-Dauphiné
Comme pour de nombreuses régions ou pays de France, et en particulier dans la région Rhône-Alpes, le Viennois correspond à une entité politique du Moyen Âge puis des Temps modernes (Pagus Viennensis puis Comitatus Viennensis et Bailliages de Viennois-La Tour (ou de Vienne) et de Viennois-Valentinois (ou de Saint-Marcellin), entité héritée des civitas gallo-romaines. Depuis le , ces « pseudo-pays naturels » ont été à la fois reconnus et inventés par les géographes, par les érudits locaux et par les anciennes populations rurales. C'est ainsi que fut défini dès l'Ancien Régime, la région ou pays du Viennois, en tant que subdivision du Bas-Dauphiné ou de l'avant-pays dauphinois. Cependant, avec l'avancée des recherches géographiques et géologiques à partir du , de nouvelles régions (celles-ci appelées régions naturelles), plus petites cette fois, ont été définies par les auteurs contemporains ainsi que par les administrations territoriales actuelles. Dans le Viennois, la situation est un peu complexe, d'une part sa région fut totalement « redécouper en régions naturelles ».
Par exemple, selon la préfecture de l'Isère, il existe au sein du département isérois naturellesLes 17 régions naturelles de l'Isère sur le site de la préfecture de l'Isère (lire en ligne)., dans ce découpage, le Bas-Dauphiné (Viennois historique) est divisé en naturelles : Balmes Viennoises, Bas Grésivaudan, Bièvre, Chambarans, Isle Crémieu, Plaine de Lyon, Terres Basses, Terres froides-Marches froides, Vallée du Rhône et Voironnais. D'autre part, des auteurs contemporains ont conservé le fait que le Bas-Dauphiné (Viennois historique) est une région naturelleLe Bas-Dauphiné. Recherches sur la morphologie d’un piedmont alpin (lire en ligne)..
Topographie et géologie Le Bas-Dauphiné (Viennois historique) est une zone de transition. Il se compose de collines, des plateaux, de larges vallées obstrués par des nombreux vallums morainiques. La région ainsi délimitée a un caractère bien marqué d'unité géographique. Cette unité est due au sol où dominent les grès et les poudingues datant de l'ère tertiaire, au climat de tendance continentale. Le relief du plateau est assez confus et son histoire géologique est un peu complexe. En effet, le pays est un ancien géosynclinal, commun d'ailleurs à une partie du sillon rhodanien. Dans ce géosynclinal, sur les terrains primaires probablement pénéplainés, s'est déposée une couche de terrains datant de l'ère secondaire : trias, lias et, par places, jurassique moyen, qui va en s'épaississant au fur et à mesure qu'on s'approche du Massif du Jura. Ainsi la surface pré-triasique, primitivement horizontale, apparaît, à la fin du secondaire, bosselée par des dépôts irréguliers, creusée par l'érosion fluviatile, avec des reliefs de roches dures: gneiss et calcaires jurassiques. La surrection des Alpes laisse devant le massif une dépression que combleront des dépôts d'origine alpine ; grès tendres de couleur jaunâtre ou verdâtre (molasses) et poudingues. La partie septentrionale, au bord du Rhône, ne sera probablement pas recouverte par ces dépôts miocènes, et là apparaît aujourd'hui un massif de calcaire jurassique, fragment méridional du Jura, l'Isle-Crémieu. Les dépôts miocènes ont d'ailleurs été légèrement plissés à la fin de l'ère tertiaire, car ils ont subi les derniers contre-coups du plissement alpin. Puis il semble que, postérieurement à ce plissement, les dépôts aient été pénéplanés, car ils apparaissent coupés en biseau à la surface du plateau. Cependant le phénomène le plus important a été un mouvement de surrection d'ensemble qui paraît avoir élevé les dépôts molassiques déjà aplanis à la fin du pliocène. Ce mouvement a été d'ampleur inégale, c'est particulièrement sur l'emplacement du débouché de la vallée de l'Isère qu'il s'est fait sentir. On trouvera des altitudes de au signal de Morsonnas. Les plateaux molassiques voient leur altitude décroître à partir. de ce point. Ils se présentent donc comme un immense cône dont les génératrices divergent. Sur ce cône se dépose ensuite une forte épaisseur de cailloux roulés (pliocène supérieur). Enfin, sur le tout, s'exercent les effets de l'érosion fluviale et glaciaire. Un réseau hydrographique s'enfonce d'abord assez facilement dans la masse du plateau, puis l'action des cours d'eau est puissamment relayée au quaternaire par l'apparition des glaciers alpins débouchant sur le Bas-Dauphiné (Viennois historique) par deux portes: la vallée de l'Isère vers Voreppe, la vallée du Rhône vers Saint-Genix-sur-Guiers. Ces deux glaciers, d'importance inégale, s'étendent donc l'un au Nord, l'autre au Sud. Au Sud, le glacier de l'Isère, le plus faible, allonge sur le bas pays deux langues, l'une dans la direction du sud-ouest, en bordure du Vercors (vallée actuelle de l'Isère) ; l'autre dans la direction de l'ouest (plaines de Bièvre-Valloire). Certaines parties du plateau sont donc respectées par l'érosion et constituent des espèces de môles, « de blocs, séparés par ces amples et profondes vallées »..
Climat Le Viennois tout entier appartient à ce que les géologues contemporains appellent une zone de transition (ici elle est à tendance continentale). Les pluies amenées par les vents d'ouest et du sud-ouest y sont abondantes (pluviosité moyenne, ). Le Sud, relativement plus élevé et en bordure immédiate des Préalpes, reçoit souvent plus d'un mètre d'eau. Charavines, à , reçoit , et Beaurepaire, plus à l'Ouest, plus bas et mieux abrité par le Massif Central, seulement . Le Nord, moins élevé, reçoit un peu moins de précipitations (Bourgoin-Jallieu, ), mais l'existence de nombreux marais et étangs y détermine, durant la saison froide, l'apparition d'épais brouillards. L'ensemble constitue donc une région humide. La température présente des contrastes assez marqués. entre les deux saisons extrêmes. Charavines, posé au bord du lac de Paladru, a de moyenne en hiver et de moyenne en été ; La Côte-Saint-André a en hiver et en été. Le nombre des jours de gelée est assez fort, il s'élève presque partout au-dessus de 70 et 80. L'hiver est donc assez rude. L'été présente parfois de fortes températures qui permettent la culture du maïs et même de la vigne sur quelques côtes privilégiées. C'est donc, en résumé, un climat qui convient particulièrement aux prairies, pâturages et arbres fruitiers rustiques. Exceptionnellement, certaines zones bien exposées ont des arbres fruitiers plus délicats et des vignobles..