vignette|La célèbre stryge de Notre-Dame de Paris d'Eugène Viollet-le-Duc.
Les stryges, ou striges sont des démons femelles ailés, mi-femmes, mi-oiseaux, qui poussent des cris perçants. Elles apparaissent dès l'Antiquité dans la croyance romaine (les premiers textes portant sur le sujet ont en effet été écrits en latin et semblent se référer à une ancienne croyance populaire).
Origine et antiquité Le terme « stryge » est emprunté au latin , génitif , « strige (genre de vampire ») du grec ancien , « chouette effraie »)
Les références à cet animal sont nombreuses dans la littérature gréco-latine, comme en témoigne en particulier l'article de Samuel Grant Oliphant : .. En latin, le est décrit assez précisément comme la chouette effraie dans les Fastes d’OvideJames George Frazer (dir.), 1933, Ovid, Fasti VI. 131-, , tr.. L'auteur en parle dans le récit d'une légendeOvide, Fastes, Livre VI (lire en ligne). :
Henri le Bonniec, dans des notes de sa traduction de l'ouvrageLes Fastes d'Ovide, traduit et annoté par Henri Le Bonniec, 1990 (présentation en ligne), p. 248., nous éclaire sur plusieurs points de l'extrait. Il explique que Crané (ou Craniè) est inconnue par ailleurs. Il juge plausible le rapprochement étymologique entre le nom de la stryge et son cri sinistreHenri le Bonniec renvoie au Dictionnaire Étymologique de la Langue Latine, Alfred Ernout - Antoine Meillet, p 656, "strido" (lire en ligne, p. 336 sur le site).. Selon lui, les Marses, peuple d'Italie centrale, qui ont métamorphosé les vieilles femmes en oiseaux, passaient pour d'habiles magiciens. Enfin, il remarque que le sacrifice de la truie est un excellent exemple d'un sacrifice de substitution.
C’est la seule description de ce type de ce rapace nocturne dans la littérature latine. Ailleurs, il est décrit comme étant de couleur foncée.
Démon et vampire À une époque ultérieure à la découverte des chauves-souris vampire d'Amérique, le terme « stryge » d'origine gréco-latine tend à être supplanté par le terme « vampire » d'origine slave. Les dictionnaires de l'époque établissent une équivalence entre les termes..
Les stryges s'en prennent essentiellement aux nouveau-nés, soit elles sucent leur sang, soit elles les enlèvent dans leurs serres crochues. Elles sont pour cela souvent confondues avec les vampires. Après la publication du Traité sur les vampires (1746) d'Augustin Calmet, qui introduit ces créatures dans l'univers francophone, la troisième édition du Dictionnaire de Trévoux, de 1752, renvoie ainsi au mot « stryge » pour expliquer, au lecteur français, le concept de vampire..
À cette époque, en Russie, le terme stryge fait référence à des morts qui restent visibles après leur trépas.
Les Saxons étaient convaincus que les stryges mangeaient ou suçaient le sang des vivants ; et que pour s'en préserver il fallait à tout prix brûler celles qu'ils avaient surprises et en manger la chair.
Naturalisme Le nom des stryges a été bien plus tard repris par les naturalistes pour désigner les Strigidae, famille de rapaces à laquelle appartiennent la plupart des chouettes et des hiboux. Il apparaît aussi dans le nom scientifique de certaines espèces de rapaces nocturnes.
Stryge de Notre-Dame vignette|Charles Meryon, La Stryge, gravure, 1853. On aperçoit la tour Saint-Jacques. La stryge de la cathédrale Notre-Dame de Paris est la plus connue de la galerie des chimères. Elle fut popularisée par le graveur Charles Meryon qui en publia une célèbre gravure en 1853.. Une photographie de Charles Nègre, prise en 1853 et désormais conservée au musée d'Orsay, la donne à voir avec, à ses côtés, le photographe Henri Le Secq en haut-de-forme.
Culture populaire
"Les striges" est le titre du récit inaugural du recueil "Coeur double" (1891), de Marcel Schwob. Dans cette brève nouvelle empreinte des thèmes du symbolisme (rêverie, femmes fatales, mélancolie, mort), les striges sont décrites en "vieilles femmes (...) faites en manière d'oiseaux", à la voix "suppliante et plaintive", qui dévorent les cadavres, et particulièrement celui de la bien-aimée du narrateur. Dans sa préface au recueil, Marcel Schwob suggère que ce dernier, comme l'humanité en général, est "le jouet de ses superstitions".
La même ambiguïté, constitutive du genre fantastique, règne sur la nouvelle "La Ruelle ténébreuse" (1932), de l'écrivain belge Jean Ray, où les striges sont désignées comme les coupables supposées d'une série d'assassinats et d'enlèvements dans la vieille ville de Hambourg. Ces créatures terrifiantes se dissimulent dans une ruelle mystérieuse, dont le tracé ne figure sur aucune carte, découverte par hasard par le narrateur.
Les Stryge apparaissent dans les séries de jeux vidéos Dragon Quest, The Strain et The Witcher.
Notes et références
Annexes Bibliographie . .
Articles connexes Le Chant des Stryges, bande dessinée Goule Harpies Lamie Lilith Strigoi Vampires Succube
Liens externes
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