thumb|Trois femmes emballent des pères Noël en chocolat dans une chocolaterie en Allemagne, dans les années 1950. Une chocolaterie désigne, depuis le , une fabrique de chocolats. Le terme est aussi plus récemment employé pour désigner un magasin spécialisé dans la vente de chocolats.
La fabrique de chocolats Histoire
thumb|left|upright=0.7|Joseph Fry (J.S.Fry & Sons) ouvre une manufacture de pâte de chocolat à Bristol en 1780, dont les produits sont d'abord destinés aux drogueries et pharmacies. Bien que le chocolat soit travaillé et commercialisé à des fins médicinales dès 1780. (J.S.Fry & Sons), l'industrie chocolatière ne se développe véritablement qu'à partir du début du . Les premières fabriques de chocolat apparaissent alors en Europe, notamment en Suisse (Cailler, Suchard et Kohler entre 1819 et 1830), aux Pays-Bas (Van Houten vers 1820.) et en Angleterre (Cadbury, au début des années 1820., confectionne le premier chocolat noir à croquer). Ces fabriques font évoluer la pâte de cacao médicinale vers les premiers gâteaux et bonbons de chocolat de plus en plus populaires.
thumb|Fabrique Fry & Sons à Bristol vers 1882, gravure issue du livre Bristol Past and Present de J. F. Nicholls et John Taylor. Le concept de la tablette de chocolat (à six barres semi-cylindriques) est inventé en France par Menier en 1836. Les Anglais Fry & Sons utilisent un procédé semblable à partir de 1847 en utilisant un mélange de sucre, de beurre de cacao et de chocolat en poudre (inventé par le hollandais Van Houten) qu'ils versent dans des moules pour présenter un chocolat en plaque à partager. Le produit final est présenté au public lors d'une exposition à Birmingham en 1849 et la maison Fry & Sons devient l'une des principales chocolateries d'Angleterre dans les années 1860. Vers 1870, la famille Menier, de son côté, achète des terres au Nicaragua (l'un des principaux pays cultivateurs de cacao), ainsi que des navires permettant le transport des fèves de cacao vers leur usine moderne de production de chocolat, construite depuis peu à Noisiel en Seine-et-Marne.. L’aménagement du site, avec la construction de plusieurs nouveaux bâtiments (dressage, magasins des cacaos, emballage, expédition, etc.), suit un parcours logique de fabrication industrialisée du chocolat : chaque bâtiment est agencé en fonction de l’étape de fabrication qui le nécessite. La chocolaterie de Noisiel devient la plus importante du pays et est consacrée « Première chocolaterie du monde » lors de l’exposition universelle de Chicago en 1873. Fry & Sons, qui emploient salariés vers 1880, acquièrent à leur tour le titre de première chocolaterie du monde, avant de fusionner, en 1919, avec Cadbury.
En 1879 en Suisse, Peter, créateur du premier chocolat au lait à base de lait en poudre, s'associe avec l'inventeur du lait concentré, Henri Nestlé, pour fonder la firme Nestlé. Pendant ce temps, Lindt met au point le conchage, un procédé d'affinage permettant de fabriquer des chocolats plus fondants. Le chocolat blanc est produit pour la première fois en Suisse dans les années 1930 par Nestlé, en utilisant les surplus de beurre de cacao..
Principales fabriques historiques En Angleterre Cadbury (1824)
John Cadbury, épicier, fonde sa chocolaterie en 1824 à Birmingham.. Il achète un dépôt en 1831 pour installer son usine et commercialise seize sortes de boissons au chocolat différentes. En 1847, l'usine s'agrandit et se développe dans le centre de Birmingham. Cadbury fait également construire une cité ouvrière, la cité de Bournville, disposant notamment de son église et de son école. En 1905, après le départ à la retraite de John Cadbury, son fils George ouvre une usine importante à six kilomètres au sud de Bournville et crée un chocolat en barre. En 1919, Cadbury s'associe avec J. S. Fry & Sons. Le groupe est racheté par Kraft Foods en 2010.
Rowntree (1868)
Henry Isaac Rowntree, entrepreneur, fonde sa chocolaterie en 1868 à York après avoir herité celle de la famille Tuke. Son frère aîné Joseph Rowntree plus tard joigne l'entreprise, et devient le directeur à la suite de la mort d'Henry en 1883. Il achète un site dans le nord d'York en 1890 pour installer son usine, qui était complétée en 1906. Rowntree fait également construire une cité ouvrière, la ville de New Earswick, près de son usine et son fils Seebohm, qui deviendrait le directeur après le départ à la retraite de Joseph en 1923, publiait une étude des classes sociales dans la ville d'York aussi en 1906. En 1969, la chocolaterie fusionne avec l'anglais Mackintosh pour former Rowntree Mackintosh ; et le groupe est racheté par Nestlé en 1988. Ses produits célèbres, en particulier le chocolat en barre Kit Kat et les Smarties, continuent en production.
En Belgique Callebaut (1911)
thumb|Carte postale représentant la fabrique Callebaut d'origine. La chocolaterie Callebaut a été fondée par Octaaf Callebaut en 1911, à Wieze.. Entre 1911 et 1918 est créé le , qui a fait la renommée de l'entreprise. La famille invente ses premiers chocolats de couverture autour de 1920, en période d'entre-deux guerres, pour faire face au manque d'ingrédients. Callebaut exporte ses produits à partir des années 1960 et la maniabilité de son chocolat contribue à la renommée du chocolat belge. En 1996, la chocolaterie fusionne avec le français Cacao Barry. Le groupe Barry Callebaut est depuis considéré comme la avec 900 tonnes de production journalière.
En France Cemoi (1814)
Il s’agit de l’une des toutes premières fabriques de chocolat en France.. Elle est créée par Louis Parès à Arles-sur-Tech, dans les Pyrénées-Orientales.
Cémoi Chocolatier, actuellement à Perpignan, a réalisé un chiffre d'affaires de 395 millions d'euros avec 702 salariés en 2018..
Menier (1816)
vignette|Chocolaterie Menier à Noisiel (Moulin Saulnier). Antoine Brutus Menier fonde en 1816 l’entreprise Menier. Celle-ci, installée à l’origine dans le quartier du Marais à Paris, commence par produire et vendre des produits pharmaceutiques.. La fabrique est créée quatre-vingt sept ans après la chocolaterie Pailhasson, la plus ancienne maison de chocolat de France... L'histoire de l'entreprise Menier est intimement liée à l'histoire de la ville de Noisiel, en Seine-et-Marne, où elle s'est installée à partir de 1825. En 1867, Émile-Justin Menier, le fils d'Antoine, décide de recentrer l'usine sur la fabrication de chocolat. C’est aussi le moment de l’essor de la production et des effectifs de l’entreprise, qui passent de ouvriers en 1856 à plus de en 1867, puis à plus de en 1874.. L'usine fait construire de nombreux bâtiments, ainsi qu'une cité ouvrière, à l'image de leur concurrent anglais Cadbury. En 1893, la chocolaterie est consacrée plus grande entreprise de production de chocolat au monde. Noisiel doit son industrialisation à l'installation de la chocolaterie, où travaille alors une grande partie de la population de la commune. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, un Noisélien sur trois y travaille. La chocolaterie ne parvient cependant pas à faire face à la concurrence après la guerre, et la famille liquide l’entreprise en 1959. Nestlé-France en devient propriétaire en 1988 et y installe son siège social en 1996.
Poulain (1848)
D'abord confiseur à Paris, Victor-Auguste Poulain y découvre le procédé de fabrication du chocolat vers l'âge de 14 ans. Il s'installe à Blois en tant que confiseur, puis fonde la chocolaterie Poulain dans la même ville en 1848.. La première usine est construite en 1862. Albert Poulain, le fils de Victor-Auguste, fait construire un nouveau bâtiment en 1884, l'atelier sud (détruit en 1995), qui sera destiné aux activités de fabrication du chocolat, tandis que l'atelier nord déjà existant sera consacré au conditionnement. La fabrique s’étendait sur quand elle a fermé en 1992, à la suite de son transfert en périphérie.
Lanvin (1921)
Les Lanvin sont au tournant du une famille de fabricants de sucre du Nord de la France. Afin de fuir la concurrence, trop forte dans cette région, Auguste Lanvin prend la décision de délocaliser son usine en 1912 à Brazey-en-Plaine, près de Dijon. La « Sucrerie bourguignonne » nouvellement créée, la famille achète en 1921, une petite chocolaterie située à Dijon, rue Chabot Charny. Elle devient la « Sucrerie Bourguignonne et Chocolaterie Lanvin S.A. ». La chocolaterie se développe par la suite et prend de l'envergure en 1930 et créait en 1934 ce qui deviendra l'emblème de la marque : l'Escargot de Lanvin. Les années 1950 marquent l'essor industriel de la marque et en 1970, Lanvin tourne une publicité qui marquera les esprits : elle met en scène Salvador Dalí qu s'exclame : « Je suis fou... du chocolat Lanvin ! ». Cette époque marque l'apogée de la marque : elle détient 6 à 8 % du marché français du chocolat, et près de 20 % au moment de Noël. Aujourd'hui, la marque commerciale de chocolat Lanvin appartient à la société Helvétique Nestlé. L'usine est toujours basée à Dijon, dans la zone industrielle Cap Nord, sous le nom de « Chocolaterie de Bourgogne ».
En Suisse Cailler (1819)
thumb|upright|Chocolaterie Cailler à Broc. En 1819, François-Louis Cailler, un épicier, fonde à Vevey. la chocolaterie Cailler. En 1920, il acquiert ses connaissances de la production de chocolat lors d’un voyage en Italie et loue des bâtiments pour y fabriquer du chocolat à grande échelle. Dans les années 1820, il fabrique du chocolat de manière industrielle dans le moulin Chenaux Ziegler à Corsier-sur-Vevey grâce à la force hydraulique. La chocolaterie devient la première fabrique moderne de chocolat de Suisse, et la première à automatiser sa fabrication. À partir de 1867, l'un des gendres de Cailler, Daniel Peter, fabrique du chocolat sous le nom Peter-Cailler et invente le chocolat au lait en 1875. Alexandre-Louis Cailler, petit-fils de Cailler, agrandit la chocolaterie en 1899, dans la région de Broc tandis que Daniel Peter et Charles-Amédée Kohler deviennent partenaires en 1904, créant la Société générale de chocolats. Peter & Kohler réunis. Peter et Kohler s’associent à l’entreprise Cailler en 1911 afin de faire connaître au monde entier . La chocolaterie devient Peter, Cailler, Kohler Chocolats Suisses S.A. avant de fusionner à Vevey avec le groupe Nestlé en 1929 pour se nommer Chocolats Peter, Cailler, Kohler, Nestlé.
Suchard (1826)
thumb|upright|Ancienne affiche publicitaire de la chocolaterie Suchard, datant de 1862. La chocolaterie Suchard est fondée en 1826 à Neuchâtel par le confiseur Philippe Suchard.. L'année suivante, ce dernier met au point une nouvelle machine permettant un meilleur mélange du sucre avec la poudre de cacao. Sa fille Eugénie et son gendre Carl Russ reprennent l'usine en 1884, qui compte alors 200 employés.. La chocolaterie produit du chocolat au lait sous le nom de Milka à partir de 1901. Elle appartient désormais au groupe Mondelez (Kraft Foods) et la production a été transférée à l’usine Toblerone de Berne.
Lindt (1879)
La chocolaterie Lindt est fondée en 1879 à Berne par Rudolf Lindt, fils de pharmacien.. Il s’installe à l'époque dans une usine vétuste où il tente de mettre au point la recette de son chocolat idéal, plus fin. Il y serait parvenu en oubliant, un soir, d'éteindre les mélangeuses. En 1899, Lindt s'associe ensuite à Johann Rudolf Sprüngli-Schifferli, propriétaire de la chocolaterie de Kilchberg, au bord du lac de Zurich.. En 1905, Rodolphe Lindt prend sa retraite et la société de Berne est liquidée en 1928. Kilchberg devient par conséquent le siège de Lindt & Sprüngli. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la chocolaterie doit remplacer les installations obsolètes qui ont été mises à rude épreuve pendant les périodes de crise, et agrandir les locaux pour faire face à l'explosion de la demande. Le groupe dispose aujourd'hui de ses propres sites de production en Suisse, en Allemagne, en France, en Italie, aux États-Unis et en Autriche.
Circuit de fabrication Tri et stérilisation des fèves importées