Maxime Jacob, en religion Dom Clément Jacob, né le à Bordeaux et mort le à l’Abbaye d'En-Calcat à Dourgne, est un compositeur français.

Biographie

Jusqu'en 1930 Maxime Jacob participe de très près à la vie musicale parisienne, jusqu’en 1927, date de sa conversion au catholicisme sous l’influence du philosophe Jacques Maritain, et de son entrée au monastère d’En Calcat en 1930. Il fut apprécié et encouragé à l’époque par des compositeurs de renom, comme Darius Milhaud, qui trouvait à Maxime des « dons extraordinaires », et à sa musique une « fraîcheur inaltérable » (Lettre de Milhaud à Maxime Jacob), ou Maurice Ravel, à l’origine de l’édition des 6 poèmes de Jean Cocteau et de celle des Impromptus-caprices en 1926, chez Jean Robert.

C’est lors de l’audition du Protée de Darius Milhaud par les Concerts Colonne qu’il décide de rencontrer l’auteur pour lui montrer ses essais. Milhaud, lui-même, ayant incité le jeune Maxime à préparer le Prix de Rome, lança l’idée de la création de l’École d'Arcueil, avec Henri Sauguet, Henri Cliquet-Pleyel et Roger Désormière, en l’honneur d’Erik Satie, pour prendre la relève du groupe des six en 1923. Ce qui fit dire à Paul Landormy que cette école a .

Maxime travaille ensuite avec Charles Koechlin et André Gedalge. Il rencontre Erik Satie grâce à Milhaud. Son Ouverture exécutée le , montre un musicien possédant un tempérament original. Il écrit aussi la musique de scène de Voulez-vous dansez avec moi de Marcel Achard qui remporte un vif succès ; il en va de même de Mathusalem.

Il compose un opéra-bouffe, Par la Taille d’Alfred Jarry, écrit, également de la musique de chambre et des pièces de piano pour Clément Doucet, célèbre pianiste belge (1894-1950), des mélodies sur des poèmes de Jean Cocteau, de Tristan Derème, de René Chalupt.

Invité des Salons parisiens, familier des artistes de ce temps, musiciens (Roland-Manuel, Jane Bathori, Maurice Delage, Manuel Rosenthal, Henry Barraud), poètes (Jean Cocteau, Jules Supervielle), ou écrivains (Raymond Radiguet, Louis Aragon, Antonin Artaud, René Crevel), Maxime Jacob était alors considéré comme le représentant, à travers l’École d’Arcueil, d’une certaine tradition musicale française : fraîcheur, spontanéité et simplicité étaient les mots qui revenaient le plus souvent pour qualifier sa musique ; son langage musical, très directement inspiré de Gounod, son pôle d’attraction, et de la musique modale, s’inscrivait alors parfaitement dans le cadre de l’esthétique néo-classique.

Après 1930 Si la production de Maxime Jacob avant son entrée au monastère peut paraître relativement importante, elle n’est en rien comparable (en qualité et en quantité) à la somme des œuvres composées de 1934 à sa mort, survenue en 1977 : 15 sonates pour piano, plus de 500 mélodies, 5 sonates pour violon, 2 pour violoncelle, 13 quatuors, 2 quintettes, un concerto pour piano, des œuvres pour orgue, deux oratorios : Le Vitrail de Sainte-Thérèse (1952) et Joinville et Saint-Louis (1971) d’après Péguy, de la musique symphonique, de la musique de film (pour Marc Allégret et Jean Renoir, notamment).

Il va prendre également une part active au nouveau répertoire liturgique francophone tel qu’il découle des consignes de Vatican II. La cantate La Voix constitue un bel exemple de ses efforts pour la reconversion du latin en français.

Si quelques-unes de ces compositions ont été éditées, la plupart sont restées en l’état de manuscrits (un catalogue très complet de ses œuvres a été établi par le Frère Christophe Chapuis, et peut être consulté à la bibliothèque de l’Abbaye d’En Calcat). L’écriture des sonates pour piano - si l’on excepte la première, datant de 1926 - couvre une période relativement courte qui s’étend de 1940 à 1951. Certaines de ces pièces furent jouées à Paris par sa principale interprète et dédicataire, son ami d’enfance la pianiste Marie-Rose Clouzot (1906-1996) (cousine germaine du cinéaste Henri-Georges Clouzot).

D’un point de vue technique et esthétique, le style de Dom Clément Jacob n’a que peu de choses en commun avec celui de Maxime : si l’influence de Gounod - le Gounod mélodiste - se ressent toujours au travers d’un certain goût pour la sensualité harmonique et mélodique, si Milhaud reste toujours un modèle - pour sa conception de la mélodie comme point de départ et d’arrivée de toute musique, ainsi que pour l’utilisation, non systématique, de la poly-harmonie ou de la polytonalité - la guerre, les deuils, et la vie spirituelle ont donné à l’œuvre du moine un souffle, une puissance, et une profondeur que celle du jeune dandy d’avant 1930 ne possédait pas. Les qualités précédemment citées de « fraicheur, spontanéité ou simplicité » n’ont certes pas disparu, mais elles se sont transformées en points d’ancrage, au service d’une pensée artistique et compositionnelle infiniment plus cohérente.

Bien que le contenu musical s’inscrive, encore et toujours dans une perspective néo-classique - clarté des articulations entre les parties, primauté de la mélodie, équilibre général des sections, usage de la symétrie - l’état d’esprit du compositeur, par la dimension spirituelle attachée à chaque phrase, à chaque accord, et à chaque note, ainsi que par la sensibilité religieuse manifestée, rattache également Dom Clément au Romantisme.

Catalogue des œuvres (non exhaustif) Œuvre pour piano Les Sonates DateŒuvreCommentaire1926SonatineAllegro – Andantino – Allegretto1929 en si majeurEdit. J. Jobert, Paris 1929, 23 pp. fo Création à Paris, le , par Jeanne Chailley-Bert.1940 en ré mineurAllegro con fuoco – Adagio – Scherzo – Hymne1940 en fa dièse mineurAllegro modérato – Barcarolle – Menuet – Rondeau1940 en mi bémolAllegro vivo quasi presto – Lamento – Allegro Création à Paris : Le Triptyque, le , par Marie-Rose Clouzot1941 en mi mineurAllegro vivo Adagio – Intermède – Presto Création à Paris : Le Triptyque, le , par Marie-Rose Clouzot1941 en la majeurPastorale – Nocturne – Bourrée – Farandole Création de Bourrée et Nocturne à Paris : Théâtre Montparnasse, le , par Marie-Rose Clouzot1942 en solAllegro – Andante – Scherzo – Finale1941-1942 en fa mineurPrélude – Scherzo – Ballade1944 en ut dièse mineurAllegro – Andante – Allegro Création à Paris : Le Triptyque, le , par Marie-Rose Clouzot1944 en do majeurPresto – Andante – Scherzo – Final1947 en mi bémolAllegro modérato – Andantino – Allegro1947 en la bémolAllegro vivo quasi presto – Andante – Allegro Création à Paris : Le Triptyque, le par Marie-Rose Clouzot1948 en la mineurAllegro modérato – Andantino – Vif et sombre1950 en sol bémol majeurAllegro modérato – Andantino (Berceuse) – Allegro vivo Création à Castres, en ou 1952 par Jane Ser1951 en ré majeurAllegro – Andantino – Andantino maestoso

Pièces Variées DateŒuvreCommentaire1921 à 1923Six Bucoliquesa) Doux, calme, modéré, b) Vif et gai, c) Modéré et un peu lourd, d) Vif, sec et brillant, e) Vif et gai, f) Très lent comme venant de loin, g) Allegretto (incomplet), h) Allegretto, i) Allegretto (= d) avec des variantes)1925Impromptus CapricesLes deux premiers Impromptus Caprices ont été créés par Ricardo Viñes Trois Impromptus-Caprices ont été édités (en fa, en la bémol et en ut). Ils ont été créés à Paris à L'Atelier le par Marcelle Ruff.19253 Romances sans paroles1926Six petits préludesa) Mélancolie, b) Le matin, c) Chanson, d) Le Castel, e) Regret de vacances, f) Un oiseau dans les bois Edit. J. Jobert, Paris 1927

Création en 1927 ou 1928 par Marie-Rose Clouzot en concert et Pierre d’Arquennes à la Radio.1926Au Pays des féesSix petites pièces très faciles pour le piano à deux mains a) Le Palais enchanté, b) Le précieux talisman, c) Chanson de lutin, d) La fée cerisette, e) Le petit prince Aladin, f) Berceuse de la Belle au bois dormant1927Prélude1930GuirlandesSix pièces pour piano avec un prélude et une conclusion Edit. A. Leduc, Paris, 26 pages, épuisé1934Le Jardin Clos "Hortus conclusus"a) Cantique des degrés, b) Berceuse, c) Campagne, d) Air de Prime, e) Ariel, f) Marie1939Dis petites études modernesa) Il pleut, b) Promenade, c) Musette, d) Barcarolle, e) Carillon, f) Tristesse, g) Petite danse, h) Pastorale, i) Prière, j) Printemps, k) Berceuse, l) Marche Edit. A. Leduc, épuisé1945Tendre mélodie1946Arabesque1946Offrande à l’amitiéEdit. dans Jardin d’enfants, second recueil, H. Lemoine, Paris 1946 N.B. C’est Tendre Mélodie avec quelques variantes minimes.1947Trois romances sans parolesa) Souple, lié, rubato, b) Allant, c) Mouvement de Barcarolle1953Passepied1953-1954Barcarollesa) Andantino, b) Allegretto, c) Andantino, d) Andantino, e) Andantino1955Deux Bagatellesa) Grimace, b) Le chemin du Paradis1956BerceuseDeux Capricesa) Vif, b) Allegro1956Feuillets d’Albuma) Assez lent, b) Allegretto, c) Assez vif, d) Andantino, e) Très rythmé, f) Doux et calme, g) Vif, h) Andantino, i) Allegro modérato, j) Andantino, k) Allegro modérato, l) Lent1957Feuillets d’album ()a) Modéré, b) Allegro, c) Andantino, d) Mouvement de Valse, e) Allegro, f) Lent, g) Tempo di minuetto, h) Allegretto, i) Calme, j) Allegro, k) Allegretto, l) Allegretto1958Isabelle et BrunoReprise d’un thème de Au pays des fées.1959-1960Nocturnesa) Andantino, b) Allegro, c) Andantino, d) Sans lenteur, e) Andantino1960Rêverie

Bibliographie Dom Clément Jacob, L’Art et la Grâce Jean Roy : « Max Jacob » dans La Revue musicale () P. Denis : « Dom Clément Jacob » dans L’Orgue (1956) Marie-Rose Clouzot : Souvenirs à deux voix : de Maxime Jacob à Dom Clément Jacob. Toulouse 1969, 188 pages

Discographie Dom Clément Jacob, Sonates pour piano n°5 et 14, Nocturnes n°2 et 3, Barcarolles n°3 et 8, Bernard Arbus (Sept. 2013, label CALLIOPE, disponible sur domclementjacob.com) Dom Clément Jacob, Sonates pour piano n°4, 9, et 11, Bernard Arbus, Lira d’Arco, 2004 Dom Clément Jacob, "Interludes liturgiques", Clément Jacob à l’orgue Casavant de l’abbaye d’En Calcat (Studio SM.25 cm. n°: SM 25M-132) Dom Clément Jacob, "Intégrale pour orgue", Raphaël Tambyeff à l’orgue de l’abbaye d’En Calcat (Disque Coriolan. CD. 1991) Dom Clément Jacob, "Interludes d’orgue", par le compositeur in : "Les quatre saisons en Chant Grégorien". (Maîtrise de la cathédrale de Strasbourg) Studio SM 1993 12 22.16. Dom Clément Jacob, "Messe dite de Massaguel". Textes officiels en Français. Paroisse de Massaguel avec la participation des enfants d’En-Calcat (Studio SM 17A - 183)

Filmographie L’Atelier du pianiste, créer Dom Clément Jacob, Réalisateur Pierre Arbus, Prod. Navalmédia Productions, 2013 Un moine d’En Calcat : de Maxime Jacob à Dom Clément Jacob, Réalisateur Max Leclerc, Coprod. ORTF, 1970

Références

Liens externes Dom Clément Jacob

Catégorie:Compositeur français de musique classique de la période moderne Catégorie:Naissance en janvier 1906 Catégorie:Naissance à Bordeaux Catégorie:Décès en février 1977 Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Décès dans le département du Tarn Catégorie:Élève du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris