Amfreville (prononcé /̃frəvil/) est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie. Elle a été une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Picauville du . au .
Géographie Localisation Le bourg d'Amfreville occupe une position centrale à d'altitude. Dans les marais passe la limite séparant des communes de Neuville-au-Plain, Fresville, Sainte-Mère-Église, et Picauville.
Géologie et relief Le point culminant se situe au lieu-dit le Mont, à d'altitude, au nord-ouest du bourg, sur une hauteur qui fait fonction de limite avec Gourbesville. Les basses prairies du marais d'Amfreville descendent jusqu'à deux mètres d'altitude près du Merderet.
Paysages La commune est peu boisée, comme tout le Cotentin, mais le bocage fait que l'arbre et la haie lui donne de loin une allure de forêt, les parcelles étant souvent de petite taille. Seuls les prés au bord du marais sont dépourvus d'arbres, puisque le marais « blanchit » chaque année vers janvier-février.
Milieux naturels et biodiversité La commune fait partie du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.
Urbanisme La commune se compose d'un bourg principal (Amfreville) et de plusieurs écarts.: la Fontaine, la Féricotterie, les Landes, le Sis, les Ancres, le Motey, les Helpiquets, les Cardets, Rubec, Hameau aux Brix, Cauquigny (église), le Bourg Neuf, Hameau Flaux, le Château (et sa chapelle), la Pesquerie, Durencru, la Percillerie, Bergerie des Avocats, les Heutes, la Moinerie (château), Rue maison neuve.
La portion est d'Amfreville, bordée par le Merderet, présente de nombreux marais et prés humides : l'Essert, Pièces du Pont, l'Île, les Croisées, le Tiers, le Closet, le Parquet, Pièces d'Envie, les Marais. La partie ouest, structurée en champs, est quasi-inhabitée (seulement le manoir de la Moinerie).
Toponymie Amfreville Amfreville est attesté en 1150 sous la forme Ansfrevilla..
Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). Le premier élément est l'anthroponyme norrois ÁsfridrNom des communes de la Manche, localement adapté en Normandie sous la forme francique Ansfrid, d'où le sens global de « domaine rural d'Ásfridr »Ce nom d'origine germanique bien connu représente la combinaison des éléments Ás- (forme scandinave) ou Ans- (forme francique) « Ase, dieu guerrier » et -fridr (forme scandinave) ou -frid (forme francique) « paix »..
Cauquigny Cauquigny est attesté en 1154 sous la forme CalqueneioFrançois de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 94..
Toponyme formé avec le suffixe gallo-roman -ACU ou -IN-IACU ajouté à un anthroponyme. Ce premier élément est de forme et d'origine discutées : François de Beaurepaire proposa une formation en -IN-IACU à partir d'un nom de personne de type germanique °Calko, soit °CALKINIACU, « (le domaine) de Calko ». Ce dernier pourrait représenter une forme réduite de °Scalc(h)o, qui est quant à lui bien attestéMarie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du , Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 196a. Scalco, variante Scalcho, est l'hypocoristique des noms dont le premier élément est °scalc- « serviteur », présent entre autres dans le mot maréchal < francique °marh-skalk « domestique chargé de soigner les chevaux ; palfrenier ». En outre, cette chute précoce de s- initial devant consonne en gallo-roman est attestée par un certain nombre d'autres exemples.. L'origine germanique du nom et son emprunt tardif permettent de justifier le maintien de [k] devant [i], là où l'on attendrait une forme dialectale en [ʃ] ou française en [s]. Ernest Nègre avança une protoforme °CALCANIACU, dérivé toponymique en -ACU d'un surnom gallo-romain hypothétique °Calcaneus, lui-même tiré du latin calcaneus « talon », donc « (le domaine) de °Calcaneus »Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. I, 1990, p. 544, § 8836..
De ces deux hypothèses, la seconde pose le moins de problèmes phonétiques, mais postule l'existence d'un nom jamais attesté. La première est plus vraisemblable, mais l'argument phonétique est un peu plus délicat, quoique plausible.
Micro-toponymie Rubec vient à la fois de l'ancien français ru et du norrois bekkr, ces derniers ont le même sens : « ruisseau »Revue économique francaise - 1948.
Motey est un toponyme fréquent dans le nord de la France dès le , il vient de l'ancien français mostier « église »Toponymie générale de la France, Volume 1 par Ernest Nègre.
Les lieux-dits en Y-ère/-erie résultent du fort accroissement démographique normand du . Ils désignaient la ferme de la famille Y, fondée sur les nouvelles terres obtenues par les grands défrichements. Les essarts prennent le nom des défricheurs, suivi de la désinence -erie ou -ièreVoir Histoire de la Normandie.
Les autres lieux-dits en (Hameau / Le(s)…)-Y s'avèrent plus récents, ils indiquaient un bien de la famille Y.
Histoire Protohistoire Sur le territoire communal fut découvert des coins en bronze d'époque celtique.
Moyen Âge Au , la paroisse relève de l'honneur de Néhou., et a pour seigneur Baudouin de Reviers.
Selon Théodose du Moncel, s'appuyant sur Charles Duhérissier de Gerville, le seigneur d'Amfreville en 1329 est Guillaume Avenel des Biards. Par mariage, le titre échoit à Jean de Tardes, baron de l'Angle-de-Néhou, qui épouse Françoise des Biards en 1503, puis à Nicolas, baron de Mouy, uni à Françoise de Tardes, dame d'Amfreville, de Néhou et des Biards, en 1533. Leurs fils et petit-fils en héritentThéodose du Moncel, « Châteaux de Nacqueville et d'Amfreville », Annuaire du Département de la Manche, volume 34, J. Elie, 1862, p.47-49.. Le fief devient ensuite la propriété de la famille du Poërier, puis des Davy, ces derniers obtenant l'érection en marquisat. Les Davy d'Amfreville donne plusieurs marins, dont François Davy d'Amfreville, ainsi que deux cardinaux de la curie romaine et deux grands baillis du Cotentin. La seigneurie d'Amfreville a été la possession de la famille Davy qui étaient également seigneurs du Perron et de Virville à Saint-Aubin-du-Perron, de Boisroger, de Quettreville, de Guéhébert, de Muneville, de Feugères, de Montcuit, de Mary et de Saint-Malo-de-la-Lande.. À la mort du commandeur d'Amfreville, en 1780, la famille du Mesnildot hérite du domaine, vendu ensuite aux Sesmaisons.
Temps modernes En 1567, les héritiers du sieur de Mouy, de Langle de Néhou et Amfreville, sont taxés pour ces fiefs de dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief d'Amfreville, plein fief de haubert dont le chef était à Amfreville, sera érigé en baronnie en 1615, puis en marquisat en 1686..
Sous l'Ancien Régime, Amfreville faisait partie de la généralité de Caen, de l'élection de Valognes (en 1612/1636 et 1677) puis de Carentan (en 1713) et de la sergenterie de Pont-l'Abbé.
Révolution française et Empire En 1812, Amfreville absorbe Cauquigny, au sud-est de son territoire.
Le , le maire, Jean-Baptiste Charpentier, ultra-royaliste et fraîchement nommé à la fin des Cent-Jours, fit couper les cordes du drapeau tricolore du clocher afin d'en précipiter sa chute..
Politique et administration
Par décision du conseil de la commune nouvelle de Picauville, le statut de commune déléguée d'Amfreville est supprimé à partir du Cotentin : la suppression des communes déléguées actée par les élus..
Population et société Les habitants de la commune sont appelés les Amfrevillais.
Démographie
Économie La commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) Beurre d'Isigny et Crème d'IsignyAOP Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny..
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Château d'Amfreville des , , avec poterne du et chapelle du voûtée d'ogives, partiellement inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du ... Manoir de la Moynerie des , de style gothique flamboyant inscrit à l'Inventaire général du patrimoine culturel.. La chapelle de l'ancien prieuré de la Lande a été rasée, il y a fort longtemps. Le pigeonnier est une énorme tour blanche. L'habitation actuelle a dû être reconstruite de fond en comble après avoir été partiellement incendiée en 1944. Du ., il subsiste des fenêtres à meneaux et la porte double du rez-de-chaussée de la tour qui a échappé au sinistre, et qui ne s'ouvre plus que sur un sentier. Les ouvertures à l'étage ont été refaites à l'identique. Ferme Les Ancres (1821). Ferme du Hameaux aux Brix des . Église Saint-Martin des , , avec sa nef du , son chœur des et son clocher-tour coiffé en bâtière du remanié au . L'intérieur a conservé son style gothique. L'église abrite de nombreuses œuvres classées au titre objet aux monuments historiques en 1972Œuvres mobilières à Amfreville. : une poutre de gloire (tref) et sa statue christ en croix, des stalles, un calice et patène, une chaire à prêcher, un maître-autel, tabernacle, exposition, retable, ciborium (baldaquin), deux statues : Anges adorateurs, deux reliquaires, un coffret aux saintes huiles (boîte aux saintes huiles) et deux ampoules, ainsi que les statues : Vierge à l'Enfant du , saint Sulpice du , saint Éloi, saint Martin et une seconde Vierge à l'Enfant du . Sur une clef de voûte armorié est figuré le blason de la famille Poërier d'Amfreville, avec la date de 1706 : d'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles d'argent, et d'un croissant du même en pointe.. Chapelle Saint-Ferréol de Cauquigny du , reconstruite en 1944. If funéraire du cimetière. Ancien presbytère et son portail des , inscrit à l'Inventaire général du patrimoine culturel en 1985.. Rives du Merderet.
Pour mémoire Motte féodale.
La commune est également concernée par le périmètre de protection des monuments inscrits hors de la commune : la mairie de La Pernelle et l'église de Montfarville.
Personnalités liées à la commune Adrien de Poërier, baron d'Amfreville, Cauquigny et Colomby, président au Parlement de Rouen, fondateur du couvent des capucins de Valognes en 1620. Charles-François Davy (1628-1692), marquis d'Amfreville, lieutenant général des armées navales, permettra à l'amiral de Tourville, lors de la bataille de la Hougue, de se dégager, mais meurt de ses blessures à Brest. Ses frères, René-Hervé Davy et Jacques Davy commandent aussi à la Hougue le Vermandois et le Gaillard.
Héraldique
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Liste des communes de la Manche Liste des anciennes communes de la Manche
Liens externes
Notes et références Notes
Références Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2014 (site de l'IGN, téléchargement du )
Amfreville Amfreville Amfreville Catégorie:Commune membre du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin