Saint-Jacut-de-la-Mer est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Géographie

Localisation vignette|285px|Carte de Saint-Jacut-de-la-Mer et des communes alentour. vignette|285px|right|Carte géologique du Massif armoricain, avec au nord-est le batholite mancellien et ses nombreux plutons de granite cadomien (Trégor, Lanhélin, Louvigné, Vire, Avranches). Ce batholite dessine une ellipse de (d'Alençon à la Rance) sur (de Vitré à Vire)Carte géologique de la France au 1/50000 Fougères 13-17, éditions du BRGM, 1981, p. 5. Saint-Jacut-de-la-Mer se situe au nord-est du département des Côtes-d'Armor, presque à la limite de celui d'Ille-et-Vilaine.

La commune est bordée au sud par les communes de Créhen et Beaussais-sur-Mer.

Le village se trouve sur une presqu'île bordée à l'ouest par la baie de l'Arguenon et à l'est par la baie de Lancieux et la baie de Beaussais.

Au nord de la presqu'île se trouve l'archipel des Ébihens, qui fait partie de la commune. L'îlot de La Colombière, après avoir été une carrière de granite depuis au moins le , est un site pittoresque classé depuis le . ..

Cadre géologique Saint-Jacut est localisée dans la partie médiane du domaine nord armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique de Saint-Jacut se situe plus précisément dans un bassin sédimentaire essentiellement briovérien limité au sud par un important massif granitique cadomien, le pluton de Lanhélin qui fait partie d'un ensemble plus vaste, le batholite mancellienDe , nom latin de la région du Maine, domaine structural de la partie nord-est du Massif armoricain dénommé en 1949 par le géologue Pierre Pruvost. Il est caractérisé par un Précambrien récent au sein duquel se sont mis en place des granitoïdes intrusifs antérieurement au dépôt des terrains paléozoïques ; ce domaine surélevé a été épargné par les transgressions marines du Cambrien...

L'histoire géologique de la région est marquée par le cycle cadomien (entre 750 et 540 Ma) qui se traduit par la surrection de la chaîne cadomienne qui devait culminer à environ .. À la fin du Précambrien supérieur, les sédiments briovériens environnants sont fortement déformés, plissés et métamorphisés par l'orogenèse cadomienne qui implique un fort épaississement crustal, formant essentiellement des schistes et des gneiss.. Cette déformation développe une succession d'antiformes (Saint-Jacut-Rothéneuf, Le Minihic-sur-Rance et Plouer) correspondant à des chevauchements à vergence sud-est, séparés par des synformes (la Richardais et Saint-Suliac) d'orientation N60°, plis d'autant plus déversés vers le Sud que l'on se rapproche du noyau migmatitique E. Le Goff (coord) et al, Carte géologique de la France à 1/50 000 - Saint-Malo N° 207., éditions du BRGM, 2009, p. 93. Ce noyau de forme elliptique (25 km x 6 km), ceinturé d'une enveloppe gneissique et micaschisteuse, correspond à la région de Dinard-Saint-MaloBRUN J.-P., MARTIN H. (1978) – Relations métamorphisme-déformation au cours de l’évolution géodynamique d’un dôme migmatitique : le massif de Saint-Malo (France). Bull. Soc. Géol. France, 7, XX, p. 91-101.. L'épaississement, consécutif à l'écaillage tectonique du domaine orogénique, provoque la fusion crustale à l'origine de la mise en place des dômes anatectiques (migmatites de Guingamp et Saint-Malo, développées aux dépens des sédiments briovériens) qui est datée entre 560 et 540 Ma J. Chantraine (coordinateur) et al., Carte géologique France (1/50 000), feuille Lannion (203), éditions du BRGM, 1999, p. 89. Les massifs granitiques du Mancellien. scellent la fin de la déformation ductile de l'orogenèse cadomienne..

Les paragneiss à grain fin, en bancs décimétriques et finement foliés, affleurent au nord de Saint-Jacut-de-la-Mer. De nombreuses veinules quartzo-feldspathique traduisent les effets d'un début de migmatisation, ces roches étant d'ailleurs en contact avec des migmatites..

Au Nord-Ouest de la presqu'île de Saint-Jacut-de-la-Mer, plusieurs îlots granitiques, entre autres La Colombière et La Grande-Roche ont été naguère exploités intensément pour l'obtention de pierre de taille en leucogranite..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Jacut-de-la-MerLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleurtuit à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Jacut-de-la-Mer est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (55,5 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (46,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (55,5 %), zones agricoles hétérogènes (32,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (7 %), zones humides côtières (2,8 %), terres arables (1,1 %), prairies (0,7 %)..

L'institut national de l'information géographique et forestière (IGN) met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Toponymie

Attestations anciennes

Le nom de la localité est attesté sous les formes S. Jacobus entre 1009 et 1019, Monasterium S; Jacobi entre 1024 et 1034, S. Jacobus en 1090, monasterium S. Jacuti vers 1092, Loco sancti Jacobi(?) en 1152., Sancti Jaguti de Insula Maris en 1163, monasterium Landoac en 1191-1212, Sancti Gigut en 1249, Sancti Jacuti de Insulis en 1251, Sanctum Jagu en 1330, Saint Jagu en 1332, Sainct Jagu en 1339, Saint Jagu de l'Isle en 1352, 1395, 1499, Saint Jagu en 1367, 1394, 1405, 1409, 1423, 1451, 1522, 1583, Sancti Jacuti, Landoel et Landoual en 1516., Landoual en 1590, Landoal en 1574, Saint Iagu au , Landouard en 1659, Saint Jaygout en 1709, Saint Jagut en 1731.

Saint-Jacut devient Saint-Jacut-de-la-Mer le , forme qui devient officielle par l'arrêté préfectoral du ..

Étymologie

Le nom de la localité est associé par Hervé Abalain à Jacut de Landoac. Il indique que Jacut est une forme bretonnisée de Jacob.. Pour Jean-Yves Le Moing, la forme latinisée Jacutus semble dériver d’un plus ancien Jacobus, dans un contexte où le culte de saint Jacques est particulièrement développé dans l’ancien évêché de Dol. Le t final de Jacutus pourrait résulter d’une réfection du nom latin en Haute-Bretagne, liée à la disparition de la consonne finale de Jacob à l’époque de la transition linguistique entre le breton et le gallo.. Selon Erwan Vallerie, la forme Sancti Gigut attestée en 1249 est un exemple de francisation précoce des noms bretons, illustrée par la substitution de [ʒ] à [j] à l'initiale, qu'il interprète comme l'indice d'un état de bilinguisme jusqu'au milieu du ..

Appellation en gallo

En gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale, le nom de la localité est attesté sous plusieurs formes contemporaines. Une prononciation locale gallèse a été rapportée par Henri-François Buffet dans un ouvrage de 1954 sous la forme « Saint-Jagu »... Bernard Tanguy mentionne les formes gallèses parlées Saint Jagu et Saint Jégu. Dans un dictionnaire publié en ligne en 2016, l'association Chubri restitue la prononciation locale , entendue à Bréhand, Plélan-le-Petit et Pleurtuit, qu'elle retranscrit Sint Jéghu suivant l'écriture MOGA.. À partir d'attestations écrites, elle mentionne également les formes Sint Jaghu [sɛ̃ʒaɟy] et Sint Jèghu . Régis Auffray restitue les graphies Saint-Jaghu et Saint-Jeghu dans son dictionnaire bilingue gallo-français.

Appellation en breton En breton, le nom de la localité est attesté sous les formes Sant Jegu et Sant Yegu en 1732, Sant Jagu en 1881Paul Feval, Histor burzudus ha beachou Corentin Kemper scrivet ganthan he unan, Feiz ha Breiz, 1881, Sant Jakut en 1893Anna Mezmeur, Istor Breiz, 1893, J.-A. Lefournier, Brest., Sant Jakut ar Mor en 1902Loeiz ar C’hlerg, Ma beaj Jeruzalem, R. Prud’homme, 1902., Sant Yagu en 1914 dans la revue trégorroise de langue bretonne Arvorig, Sant-Yagud-ar-Mor en 1978. La forme bretonne normalisée recommandée par la Commission de Toponymie de l'Institut culturel de Bretagne en 1998 puis par l'Office public de la langue bretonne est ., à comprendre « Saint-Jacut-de-l'Isle ».

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 15,0 % des toponymes de la commune sont d'origine bretonne..

Gentilé et surnom traditionnel